Reconversion: 8 bonnes raisons de ne pas changer de métier

8 bonnes raisons de ne pas franchir le cap de la reconversion

Que faire de son désir de reconversion lorsqu’en y pensant, la première chose qui nous vient, ce sont des raisons de ne même pas y penser? Il est vrai qu’explorer une envie de changer de métier est une parenthèse jubilatoire dans laquelle on se retrouve avec soi-même. Mais quand les bonnes excuses s’en mêlent, nous gagnons peut-être à les écouter!

8 bonnes raisons de ne pas franchir le cap de la reconversion

Explorer le désir de reconversion

Je suis évidemment une enthousiaste de la reconversion : j’y consacre ma vie professionnelle et une bonne partie de ma réflexion. Je participe activement à la promotion d’une idée qui m’est chère : explorer la désir de changer de métier dès qu’il pointe le bout de son nez, parce que cette réflexion permet de prendre des décisions fortes, en son âme et conscience, et d’agir dans le sens de son plaisir au travail :

– Le désir de reconversion est l’indicateur d’une insatisfaction et d’un déplaisir qui méritent d’être étudiés de près, a minima pour éviter le burnout en procédant à un job crafting raffiné et décomplexé. Voir Job crafting: devenir l’artisan de son propre plaisir au travail

– Réfléchir ne veut pas dire se reconvertir : et surtout pas n’importe quand et n’importe comment. C’est une réflexion qui peut être interrompue à tout moment et peut aussi mener à un renoncement en connaissance de cause, au profit du job crafting. Voir Renoncer à un désir de reconversion professionnelle

– Réfléchir et explorer : les portes de la sérendipité : explorer le désir de bifurcation professionnelle est  souvent l’occasion de découvrir des possibilités professionnelles qu’on imaginait pas et qui peuvent déboucher sur de beaux lendemains professionnels.

– Se lancer en connaissance de cause et avec un projet construit, avec envie, à un moment opportun soigneusement choisi, ou même d’un seul coup d’un seul et à fond, parce qu’un déclic s’est produit.

Au cas où vous ayez envie de quelques bonnes raisons supplémentaires:

lorsqu'un désir de reconversion émerge, écouter ses messages, qui ne veulent pas toujours dire qu'il faut changer de métier

Non à la reconversion obligatoire !

Mais si je championne* l’exploration de tous les désirs de reconversion, en revanche, je ne suis pas adepte de la reconversion à tout prix, de la reconversion obligatoire qui serait présenté comme le Graal d’une carrière moderne, quitte à faire de l’atypisme ou de la bifurcation une nouvelle norme : ceux qui ont changé de métier ne sont pas nécessairement les winners de demain et ceux qui restent dans leur métier ne sont pas forcément des abrutis qui n’ont rien compris.

Et même pour ceux dont le métier est en passe de disparaître. On peut évidemment les encourager à se tenir au courant des mutations de leur secteur pour qu’ils anticipent les changements majeurs et s’évitent un atterrissage forcé la tête dans le bac à sable, forts dépourvus quand leur métier n’existera plus.

Cependant, même pour ces métiers en voie de disparition, libre à chacun de décider quel moment sera approprié à ces yeux pour creuser la possibilité d‘une reconversion.

Je ne suis pas persuadée qu’il soit utile ou souhaitable de chercher à convaincre n’importe quel bipède, tenté ou non par une reconversion, qu’il DOIT s’y mettre MAINTENANT, qu’il n’y a plus aucune carrière linéaire et que toute autre option ou considération n’est qu’une excuse pour rester englué dans un quotidien professionnel que, du coup, il méritera bien, vilain tisserand de son propre malheur. Je suis persuadée au contraire qu’on a le droit à tout, y compris à aimer le travail qu’on a choisi dès le départ ou à préférer rester dans un job qui ne nous comble pas. Georges Braque disait “Contentons-nous de faire réfléchir. Ne cherchons pas à convaincre”.

Contentons-nous de faire réfléchir. Ne cherchons pas à convaincre

Chercher absolument à faire entendre ce que nous croyons raison, c’est mettre une forme de pression sur le dos de quelqu’un qui n’en a pas besoin: la pression est l’ennemi principal des itinéraires de reconversion, donc pas la peine d’en rajouter 😉

C’est la raison pour laquelle, concernant la reconversion, je préfère mettre mes idées par écrit, et laisser chacun en faire ce qu’il veut;)

8 bonnes raisons de ne pas chercher à changer de métier

Voici donc 8 excellentes raisons de ne pas chercher à changer de métier, même quand on en a le désir qui nous titille les neurones de l’estomac.  On pourrait croire qu’elles sont de « bonnes excuses », mais elles sont en réalité des raisons plus que valables : les excuses cachent souvent le fait qu’on n’est pas prêt, par certain, pas convaincu, ce qui est à la fois révélateur de manque de motivation et de détermination et par ricochet diminue fortement les chances de réussite.

Aussi plutôt que de réussir un plantage en beauté, écoutez ces petites voix : tant qu’elles sont là, c’est que les freins sont supérieurs aux bénéfices et s’auto-entretiennent. Inversement, dès lors que vous commencerez à les questionner, il sera temps de vous lancer non pas dans une reconversion, en tout cas pas dans un premier temps, mais dans la réflexion et l’exploration de votre désir.

  1. Je n’ai pas le temps
  2. Ce n’est pas le moment, j’ai des enfants en bas âge/je déménage à la fin de l’année etc.
  3. Je ne peux pas me le permettre financièrement
  4. Je n’ai aucune idée de ce que je veux faire alors ce n’est même pas la peine 
  5. Je n’ai pas de passion
  6. Je suis trop jeune/vieux
  7. C’est trop compliqué
  8. Je ne sais pas comment m’y prendre pour faire le bon choix/ne pas me tromper

Inutile de lutter contre ces convictions : elles créent votre réalité à l’instant où vous les pensez. Ce sont donc des bonnes raisons parce qu’elles produisent un système de croyances qui entrave le dynamisme nécessaire  à un changement de métier et la détermination à y parvenir. Voici quelques exemples de la façon dont ces croyances vont venir pourrir toute tentative de vous reconvertir :

 – Le temps : si je considère que je n’ai pas le temps, alors je ne prendrai pas le temps, je ne trouverai pas de temps pour la réflexion et les démarches et expérimentations nécessaires.

 – L’argent : nos croyances génèrent des zones aveugles sur tout ce qui les contredit. Si vous croyez ne pas avoir les moyens de changer de métier, vous allez passer à côté de toutes les opportunités de financement et votre créativité pour inventer des façons de la financer va se mettre aux abonnés absents.

 – La passion : devant l’avalanche d’injonctions à « vivre de sa passion », ceux qui ont le sentiment de ne pas en avoir (clin d’œil aux multipotentiels) y voient une entrave définitive. C’est le cas de beaucoup de mes clients, qui souvent ne se rendent pas compte qu’ils sont en fait enthousiasmés par des formes singulières de stimulation intellectuelle, ce qui est déjà une façon de vibrer). C’est seulement au moment où ils ont eu envie (ou ont été en mesure) de dépasser cette croyance, de la remettre en question, qu’ils ont pu s’autoriser à explorer sans mettre en place des stratégies d’échec.

Ceux qui ont des intérêts multiples et pas de passion ont du mal à identifier une voie de reconversion

L’on pourrait évidemment être tenté de vous expliquer que tout cela, ce sont de mauvaises raisons et clairement, il y a des tombereaux d’exemples de gens qui ont changé de métier tout en étant exactement dans les situations que d’autres vont avancer comme excuse. Je pense à la DG d’une start-up devenue avocate alors qu’elle avait 4 enfants en bas âge et un crédit  à rembourser. Mais justement, dès lors qu’on a besoin d’une excuse pour ne pas le faire, c’est que ce n’est pas (encore) le moment et peut-être que ce ne le sera jamais. Cette ex-DG devenue avocate, quant à elle, ne considérait aucun de ces éléments comme des freins… sinon elle ne l’aurait pas fait.

Ces excuses-là, je me les suis servies sur un plateau pendant plusieurs années, alors que je m’ennuyais tellement dans ma vie professionnelle que ma seule motivation, c’était l’anticipation, l’attente des voyages que je faisais à chaque vacances. J’avais besoin d’être acculée pour me lancer, la vie s’en est chargée : c’est suite à un accident que j’ai changé de métier.

Et c’est souvent le cas! De plus en plus de reconversion ont lieu après un burnout et autres accidents de la vie, comme si ces moments de souffrance étaient le déclic nécessaire et il est à l’évidence bien dommage et bien dommageable que nombre d’entre nous aient besoin de ça pour sortir de leurs croyances sur les changements impossibles. Mais comme on dit en Albion en voie de brexitation, on peut mener un cheval à la rivière, on ne peut pas l’obliger à boire. Et même en l’abreuvant de promesses des preuves de son audace et de sa bravoure, d’injonctions à « oser », s’il choisit de faire la sourde oreille, c’est son affaire. Et s’il se sent obligé de boire alors qu’il pense ladite rivière polluée, il a de fortes chances de se payer une intoxication carabinée;)

Ecouter les excuses qu'on se donne pour ne pas explorer un désir de reconversion

Une seule bonne raison et 6 moteurs de reconversion

Ainsi, si le désir de reconversion vous titille les neurones de l’estomac, tout dépend de votre envie de questionner ces freins qui vous empêchent d’y réfléchir. Tout d’abord, si ces convictions mettent un terme abrupt à tout timide débat intérieur, ou si vous ne ressentez pas d’envie de changer de métier, et bien ne faites rien.

Inversement, si vous êtes curieux d’alternatives, désireux d’aller jeter un œil au-delà des barrières de vos convictions ou si elles font l’objet d’un débat houleux entre votre tête et vos tripes, alors allez-y, lancez-vous dans la réflexion ! Et encore une fois, la première étape consiste simplement à réfléchir au projet et ne vous oblige en rien à vous lancer. Cette première étape vous permettra de déterminer si vous portez en vous  la seule bonne raison de changer de métier : en avoir profondément envie et que le désir en soit impulsé par un ou plusieurs de ces 6 moteurs.

moteurs impulsion recovnersion

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Aller plus loin

Vous voulez explorer votre désir de reconversion et élaborer un projet professionnel en harmonie avec vos désirs et appétences? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual.

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4 Comments

  • AD dit :

    Merci infiniment pour cet article de rentrée qui met l’eau à la bouche. La réflexion qu’il suscite chez moi porte sur la différence entre risque et danger. Dans le premier cas, j’ose, bien qu’il existe une probabilité que les choses ne se passent pas comme prévu. Je sors de la célébrissime “zone de confort”. Dans le second, je perds tout si ce que j’entreprends ne fonctionne pas. Du coup, comment faire pour qu’il s’agisse de risque et non de danger ? Comme vous le dites, avoir une conscience situationnelle. A mes yeux les risques sont acceptables voire même souhaitables. En effet rester dans sa zone de confort entraîne effectivement ennui, non qualité de vie, complaisance et enfin mésestime… Pas folichon. Mais cette conscience situationnelle ne se trouve pas plus facilement sous une patte de coccinelle qu’un pied de cheval !

  • Gérard dit :

    Bonjour,

    Passionnant, cet article ! On sent que c’est du vécu.

    J’ai également changé de vie professionnelle 8 fois en 40 ans, et à chaque fois, j’ai vécu le même stress. Selon les âges, mes préoccupations et barrières pour changer étaient: les enfants pas assez grands, puis les études des enfants à financer, puis la peur d’une nouvelle vie …
    Et chaque décision de changement de vie a été provoquée par un drame (burn out, problèmes financiers ou de couple …) La leçon que j’en ai tirée et que je souhaite partager est qu’il ne faut pas attendre trop tard pour réfléchir à sa reconversion, mettre en place une stratégie, et l’appliquer à sa vie.
    Gérard

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