Eloge de l’introversion (2): formidable complémentarité

introvertis et extravertis sont complémentaires

 

L’introversion, pourtant simple trait de caractère, a été beaucoup mise au pilori au profit d’une extraversion prétendument plus collaborative. Injonction idiote à devenir ce qu’on est pas, plutôt que d’apprendre à vivre et travailler ensemble. Il est grand temps de faire passer ce jugement péremptoire au recyclage à fausses bonnes idées, pour comprendre l’extraordinaire complémentarité des introvertis et extravertis.

introvertis et extravertis sont complémentaires

 

Introvertis et extravertis: une merveilleuse complémentarité

Dans cette jolie vidéo version RSAnimate, Susan Cain, grand défenseur des introvertis, reprend son bâton de pèlerin pour parler cette fois-ci de la merveilleuse complémentarité professionnelle des introvertis et extravertis.

Une sacrément chouette notion à se remettre au milieu de la comprenette pour mieux travailler ensemble, au lieu de vouloir s’acharner à transformer des gens en ce qu’il ne sont pas, sous prétexte d’idées préconçues sur les qualités et les défauts.

 


 

L’extraversion n’est pas une qualité indispensable

Car on a excessivement mis en valeur l’extraversion comme une qualité indispensable à la réussite professionnelle, dans une espèce de confusion des genres entre personnalité extravertie et personne tournée vers les autres ou ouverte aux autres.

  • Un extraverti fait plus de bruit et est plus visible qu’un introverti. Ça n’en fait pas nécessairement un collègue merveilleusement ouvert à l’altérité, à l’accueil des opinions et idées qui diffèrent des siennes. Ça n’en garantit même pas une sociabilité réelle et non auto-centrée. Bref, un extraverti peut être quelqu’un de très bien, tout autant qu’il peut être un abruti comme un autre.
  • Un introverti, parce qu’il est plus discret, n’en est pas nécessairement pour autant plus dénué d’idées ou plus fermé aux autres. Il peut au contraire être très à l’écoute et avoir une grande capacité à accueillir et à s’imprégner des idées des autres. Ou pas. Bref, un introverti peut être quelqu’un de très bien, tout autant qu’il peut être un abruti comme un autre.

En d’autres termes, ce n’est pas tant le trait de caractère qui est déterminant, que ce que chacun de nous va en faire, au delà des idées reçues et des jugements péremptoires. Or, extravertis et introvertis, comme beaucoup d’opposés, sont admirablement complémentaires, pour peu qu’ils trouvent moyen de respecter le mode de fonctionnement de l’autre.

 

Convergence et collaboration

Introvertis et extravertis sont complémentairesJ’aime beaucoup cette notion de complémentarité, de chercher les lieux de convergence plutôt que de pointer les difficultés à l’excès, au point de transformer un simple trait de personnalité en défaut rédhibitoire, quitte à donner dans le clonage systématique version petit cliché parfait – et détestable – des caractéristiques des winners et des losers.

Et c’est ce que fait Susan Cain ici, en prenant l’exemple de Steve Jobs et Steve Wozniak. Si Steve Jobs le showman extraverti n’avait pas existé, l’ordinateur conçu essentiellement par Steve Wozniak le discret ne serait probablement jamais devenu ce qu’il est. Malheureusement, nous sommes devenus une société dans l’ensemble trop focalisée sur des caractéristiques perçues comme positives, telles que le charisme, le bagout, voire l’étalage de soi et devenons par trop oublieux que la personnalité n’est que ce qu’on en fait.

Or, reconnaître la complémentarité des extravertis et introvertis est un excellent moyen à la fois de favoriser une collaboration mutuellement positive et en même temps de respecter la personnalité de chacun plutôt que de forcer les uns à rentrer dans les moules des autres.

En d’autres termes, cultivons notre singularité, considérons nos traits de caractère comme des réalités à exploiter plutôt que comme des qualités ou des défauts, et enfin creusons la connaissance de nous-mêmes pour identifier avec qui et comment nous travaillons efficacement d’une part et dans le plaisir d’autre part, les deux étant étroitement liés.

 

Voir aussi

Eloge de l’introversion (1)
Les qualités de nos défauts
Cultivons l’authentique!
De l’art de cultiver son jardin secret
Le paradoxe d’Abilène
Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: l’esprit d’équipe
Oser le désaccord: quand le bourre-pif devient collaboratif!
Bien-être et estime de soi
Connaissance de soi

 

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8 Comments

  • Philippe G. dit :

    Dans « Éloge de l’introversion (1) » j’avais notamment évoqué le fait que j’avais une activité de formation occasionnelle, incompatible selon les clichés avec ma nature introvertie.

    Ce deuxième article et cette deuxième vidéo me font penser à une autre anecdote.

    Nous avons eu un jour un séminaire regroupant l’ensemble des formateurs internes de ma société, où nous avons eu droit à une présentation et une mise en pratique de la fameuse approche MBTI.

    C’est à cette occasion que j’ai eu pour la première fois une présentation des notions d’introversion et d’extraversion au sens de Carl Jung, en temps que simples « façons d’être », avec pour chacune ses qualités propres, à des années-lumière des préjugés du langage courant.

    Idée reçue : « l’animation de formation, c’est un truc d’extraverti ». Eh bien, elle fut totalement mise à bas au cours de ce séminaire, où après la phase d’auto-évaluation il s’est avéré que la population des formateurs présents comptait autant de « I » que de « E » (un 50-50 presque parfait d’ailleurs !)

    Il faut également savoir que chez nous, beaucoup de formations sont réalisées en co-animation. Ce séminaire m’a également aidé à mieux comprendre :

    1) pourquoi j’aimais particulièrement co-animer avec certains collègues (et réciproquement),
    2) pourquoi certaines co-animations marchaient particulièrement bien.

    Vous l’aurez deviné, c’est un duo « I+E » qui est souvent la formule gagnante ! Chacun peut exploiter ses atouts en fonction des thèmes abordés et des techniques pédagogiques utilisées. Par exemple le « E » pourra apporter un plus dans les parties du cours reposant plutôt sur des dynamiques de groupe, le « I » excellera dans les parties nécessitant présentations très structurées et profondeur d’analyse…

    D’ailleurs, les stagiaires ne s’y trompent pas. J’ai remarqué en effet que, lors des évaluations finales, c’est souvent avec un duo « I+E » que les participants mettent en exergue, dans leurs appréciations, la « complémentarité » des deux animateurs.

    Amis extravertis, nous ne sommes donc pas opposés. Nous avons au contraire tant de grandes choses à faire ensemble ! 😉

    • Sylvaine Pascual dit :

      Merci Philippe pour ce retour exemplaire, dans le sens parfait exemple du propos! Nous sommes capables d’accomplir, les uns les autres ensemble, des choses formidables lorsque nous sortons des préjugés sur ce que l’autre “devrait être”.
      On retrouve d’ailleurs ce type de préjugés pour tout un tout un tas de métiers considérés comme étant “de contact”, comme si l’introverti était par nature incapable de connecter avec l’autre!

      D’autre part en effet, il y a le binôme joliment complémentaire extraverti/intraverti dans le travail, et il y a aussi le binôme extraverti/intraverti à l’intérieur de chacun d’entre nous, qui fera l’objet d’un prochain billet^^

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