Quitter son job avec panache

10 points pour quitter son boulot avec panache

 

Que le départ soit motivé par des raisons positives – herbe plus verte ailleurs, reconversion – ou négatives – licenciement, harcèlement, ras-le-bol – quitter son job peut donner des envies compréhensibles de régler des comptes tous azimuts, de coller des tas de bâtons dans des tas des roues, de céder à une royale flemme de fin de règne. Tout ça, c’est bien joli, mais question classe, ça manque de gueule et ça peut avoir quelques effets pervers. Voyons donc comment partir avec panache, au bénéfice de l’estime de soi et de l’image professionnelle.

10 points pour quitter son boulot avec panache

 

La tentation du grandiose

On a beaucoup parlé de Marina Schifrin, cette jeune femme qui a démissionné via une vidéo où elle danse. Et l’on peut comprendre la tentation du départ grandiose, en forme de dernier mot, en particulier lorsque que le boulot qu’on quitte ne nous a pas apporté que des satisfactions professionnelles et relationnelles. Internet, vaste espace d’expression débridée nous offre sur un plateau la possibilité, entre autres, de démissions fracassantes.

Mais il n’est pas certain que le grandiose soit ce que l’on croit et qu’on le confonde avec le spectaculaire. Ces vidéos qui buzzent nous renvoient des images de héros justiciers qui titillent le Caliméro revanchard qui sommeille en chacun de nous. Lui lâcher la bride n’est probablement pas très grandiose, car le spectaculaire a les défauts de ses qualités: il nourrit l’égo au détriment de l’estime de soi… et de l’employabilité.

 

Partir avec le sentiment du travail bien fait

J’ai été interviewée par Career Builder sur le sujet Comment démissionner avec classe, l’occasion pour nous d’aborder le sujet sous un angle un poil plus large: comment quitter son boulot avec panache, histoire de s’en aller en mode cow-boy sur soleil couchant: c’est à dire la tête haute et droit dans ses bottes, satisfait du sentiment d’avoir bien fait les choses, plutôt qu’en version Rocky des bacs à sable “z’avez vu comme je leur ai cloué le bec”. De ce point de vue, Marina Schifrin n’a cloué le bec à personne: la réponse du berger à la bergère est finalement plus drôle et plus intéressante que la vidéo d’origine, et met en doute la crédibilité de la jeune femme.

Soit, en ces temps de violence ordinaire et de situations absurdes au travail, quitter son job sur une variation d’une pub pour le loto peut être vraiment tenant. Mais son côté reprise de pouvoir ne procure qu’un sentiment de soulagement temporaire et peut avoir des répercussions néfastes sur la recherche d’emploi ou la suite de sa carrière:

  • Tout le monde à un réseau qui se parle. Et qui ne manquera pas d’échanger sur la façon dont vous avez géré votre départ, en particulier si vous avez eu un comportement considéré comme nuisible ou désagréable. Votre réputation passe aussi par le bouche à oreille et un N+1 humilié n’oubliera pas de vous réserver un chien de sa chienne. Quant aux démissions publiques et spectaculaires, elles sont super fun à regarder sur Youtube, mais gageons qu’une recruteur, frileux presque par nature, hésitera à embaucher celui qui a fait parler de lui de la sorte.
  • La bombe à retardement au creux de l’estime de soi. La vindicte se nourrit du sentiment d’injustice, d’humiliation, du ressentiment, de nos craintes et elle entretient l’égo. Au lieu de réparer les torts causés, elle explosera tôt ou tard à la tête d’une estime de soi potentiellement déjà fragilisée par ces sentiments, et qui se traduira soit par la perte de confiance en soi, soit par le gonflement excessif de l’égo. Avec un détour inévitable chez Karpman et ses rôles relationnels, entraves à la recherche d’emploi.

Notre coté victime peut nuire à la recherche d'emploi

 

Rester professionnel jusqu’au bout

Mon client Vincent, consultant dans un cabinet d’une vingtaine de personnes, s’était retrouvé en porte à faux avec son N+1 suite à un différent sur le traitement d’une dossier client. Le N+1, jusque-là plutôt affable, s’était transformé en distributeur automatique à reproches acerbes et remontrances brutales, souvent publiques. Etait venue ensuite la mise au placard et la rétention d’information, qui avait mis Vincent en défaut sur plusieurs dossiers.

Dans une petite entreprise, tout le monde se connaît bien et Vincent était allé en référer directement à la PDG. Qui bien entendu, désapprouvait, mais sans agir. Rapidement, le terme de “harcèlement” ayant été prononcé, Vincent se vit proposer une rupture conventionnelle qu’il avait accepté, faute d’alternatives durables. Furieux contre son N+1 et la PDG, il ourdissait en douce un plan qu’il trouvait judicieusement machiavélique et passablement jouissif: celui de profiter de son pot de départ, organisé par la direction, pour remettre toutes sortes de pendules à l’heure.

“Je suis heureux de ne pas avoir cédé à cette pulsion qui me disait de régler mes comptes avec tout le monde. J’avais laissé entendre à certains collègues que je profiterai de mon pot de départ pour dire leurs quatre vérités à mon cher N+1 et à la PDG. Finalement, en réfléchissant aux bénéfices de cette rupture conventionnelle et aux coûts de régler mes comptes, j’ai pris conscience que la situation m’offrait sur un plateau la possibilité de réfléchir à ce que je voulais vraiment faire, et qu’une petite vengeance ferait de moi une victime hargneuse et mettrait tout le monde mal à l’aise, y compris des gens que j’aimais bien. J’avais déjà dis à la PDG ce que j’avais à dire, il n’était pas utile de recommencer. J’ai axé mon discours sur ce que j’avais appris. Ca m’a soulagé de ma rancœur et plusieurs collègues m’ont contacté ensuite pour me féliciter d’avoir fait preuve de classe. Trois d’entre eux m’ont fait des recommandations sur LinkedIn, en insistant sur mon élégance relationnelle. Ça m’a fait énormément plaisir.”

 

D’autre part, n’étant pas les Madame Irma du boulot, nous ignorons de quoi nos vies professionnelles seront faites: qui nous aurons l’occasion de croiser, dans quelles circonstances et pour quelles raisons. Laisser une bonne image de soi peut avoir des conséquences positives, comme ça a été le cas pour ma cliente Nathalie. Elle avait fait l’objet d’un licenciement économique en 2007, qu’elle avait assez mal pris, dans la mesure où malgré ses excellentes évaluations, elle avait été la seule de son service à faire partie de la charrette.

Mais elle avait joué le jeu jusqu’au bout: bouclé un maximum de dossiers et transmis les informations nécessaires à qui de droit. Bien lui en a pris: 5 ans plus tard, son N+1, qui avait entre-temps changé d’entreprise, l’a contactée pour lui proposer un poste particulièrement intéressant: ses compétences professionnelles n’étaient pas en cause d’une part et son professionnalisme l’avait impressionné. Double reconnaissance pour compenser un sentiment d’injustice qui avait eu du mal à croire au discours sur le fait que ses performances n’étaient pas la raison du licenciement.

 

Sortir de la tentation de la revanche spectaculaire

Que vous ayez déterminé qu’il est temps de changer de boulot, décidé de vous reconvertir ou d’entreprendre, accepter l’idée de son propre départ est une première étape indispensable pour bien le vivre et ne pas être tenté par l’expression de ses rancœurs. Rappelez-vous que c’est bien parce que ce que l’entreprise vous propose ne vous convient pas/plus que vous partez, vous êtes donc au commandes de votre propre itinéraire professionnel, vous avez cessé de subir en prenant cette décision et ça, c’est déjà classe;)

Si vous avez été licencié, c’est potentiellement un poil plus compliqué, nous aurons l’occasion d’y revenir. En attendant, voici 2 pistes pour faire avec une décision qui n’est pas la vôtre:

une fois passés la tristesse, la colère et les regrets, les changements subis peuvent être de nouveaux départs

Si la rancœur vous ronge, souvenez-vous que son rôle est de vous envoyer des messages qui ne concernent que vous et votre bien-être. Faites le point sur ce qu’elle vous renvoie, ce que vous avez besoin d’apprendre, en termes d’affirmation de vous ou de compétences, pour éviter une situation similaire dans le futur. Voir:

Au final, savoir rester professionnel jusqu’au bout est une véritable compétence relationnelle, que nous développerons dans une seconde partie. Nous verrons comment construire une sortie soignée, professionnelle jusqu’au bout des ongles, de façon à nourrir l’estime de soi plutôt que l’égo et renforcer son image professionnelle autant vis à vis de soi-même que de son réseau.

Et une fois débarrassé des tentations en dessous du niveau de l’amer, vous pourrez vous atteler à une sortie soignée en 12 points.

 

 

Aller plus loin

Vous voulez construire et entretenir un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

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