Carrière ou reconversion: les 6 étapes de la veille métier

Comment procéder à une veille métier pour orienter sa carrière

Nous l’avons évoqué, les mutations profondes du monde du travail concernent et vont de plus en plus concerner tous les métiers, avec des disparitions et des évolutions de plus en plus rapides à la clé. A l’aube d’un monde qui n’aura pas grand chose à voir avec le précédent, qu’on soit dans une réflexion sur un changement de métier, en recherche d’emploi ou simplement désireux de piloter sa carrière et d’entretenir son employabilité, voici 6 étapes pour conduire sa veille métier.

Comment procéder à une veille métier pour orienter sa carrière

 

La veille, une compétence professionnelle à part entière

Je ne parle pas ici de la veille en tant que métier à part entière, mais de « faire de la veille » sur son propre métier ou celui qu’on voudrait exercer, « être en veille » pour suivre les évolutions, les hybridations, en particulier au contact du numérique et des nouvelles technologies, en termes de conditions d’exercice, de compétences, de tâches, de déclinaisons etc. Cette veille devient une compétence indispensable à une époque où se contenter de regarder son métier depuis le lieu où nous l’exerçons ou selon l’image que nous en avons, c’est l’envisager par un petit bout de la lorgnette figé dans une obsolescence programmée.

Nous sommes à l’hiver d’un monde et pour ne pas rater le printemps du suivant, pour ne pas prendre les vessies des métiers pour des lanternes d’employabilité, gardons en tête que la veille a de multiples bénéfices pour garder la lumière allumée sur le monde qui vient:

 

Monter à l’avant des trains du monde du travail

Les évolutions techniques et technologiques des métiers sont telles et tellement rapides aujourd’hui que la veille s’impose comme un moyen de comprendre l’air du temps de façon à pouvoir choisir en connaissance de cause les orientations et hybridations que nous allons donner à notre faon d’exercer ces métiers, au lieu de courir après des TGV qui ont quitté la gare, comme ces entreprises qui ont raté le grand virage numérique et qui le prennent bon an mal an, mais très en retard.

 

Piloter son avenir professionnel

La veille permet de s’assurer de rester à l’avant-garde des transformations parfois spectaculaires actuelles et de pouvoir choisir ses propres orientations à l’intérieur d’un métier en connaissance de cause. C’est l’un des seuls moyens aujourd’hui pour piloter pleinement sa carrière et faire des choix éclairés, autant en termes d’employabilité que de plaisir de travailler.

La veille est une pratique sympa et agréable tant que nous la faisons sur des sujets que nous aimons. C’est aussi un moyen de mesurer l’intérêt qu’on trouve encore à notre métier, qu’on pourrait lui trouver en fonction d’hybridation possibles ou d’autres déclinaisons.  Elle devient donc un moyen de déterminer s’il est temps de changer de métier, dans le cas où elle se révèle fastidieuse et qu’aucune piste révélée ne génère de l’intérêt.

 

Eviter l’obsolescence et les évolutions subies

La veille est utile pour éviter l’obsolescence rapide et les évolutions subies, car non anticipées – et dont le rattrappage peut être stressant.  Elle permet aussi de s’éviter la reconversion tête baissée dans un métier en pleine mutation et dont on n’a pas mesuré l’importance des transformations. Car se retrouver en seconde partie de carrière (même à 30 ans), débutant dans un métier dont on a une idée ancienne ou trop standardisée, c’est multiplier les chances de se planter.

 

Développer l’employabilité et la capacité d’anticipation

Dans vos entreprises, personne ne viendra vous informer des évolutions des métiers en général et du vôtre en particulier et les éventuelles formations qui vous seront proposées le seront dans le cadre hyper restreint des besoins d’un écosystème professionnel et ne seront pas révélatrices des transformations de fond. D’autre part, une formation naît à l’arrière-garde des évolutions, elles vous aideront peu à flairer les tendances et à anticiper les évolutions. Inversement, la veille vous permettra d’avoir une vision large de votre métier – futur ou pas – et d’en anticiper les évolutions, les hybridations et de pouvoir construire une employabilité solide.

 

Dépasser les préjugés

Etre en poste depuis longtemps peut biaiser le regard sur son propre métier et on peut avoir tendance à généraliser nos propres conditions d’exercice à l’intégralité de la profession. Et lorsqu’on est en réflexion sur une reconversion et qu’un métier nous titille, l’image que nous nous en faisons peut être déformée par les aspirations et désirs que nous lui associons. La veille est un bon moyen de sortir des préjugés, de ne pas confondre impératifs et habitudes, de s’éviter le syndrome de la chambre d’hôte et d’évoluer sereinement, loin des idées reçues.

 

 

Les 6 étapes de la veille métier

Les voici résumées dans cette infographie:

Les 6 étapes de la veille métier

1- Définir l’information nécessaire

Déterminez vos objectifs, définissez le type d’information dont vous avez besoin, puis ciblez vos recherches en fonction. Ces informations peuvent concerner le secteur d’activité, ses évolutions, ses prévisions, les entreprises et leur culture, leurs états d’esprits, les personnes qui les font, qui y évoluent et qui les font vivre,  les métiers, les conditions d’exercice, les mutations, les formations, les hybridations en cours, les compétences et leurs évolutions etc.

Laissez une place à la sérendipité : au-delà des informations dont vous savez que vous avez besoin, il y a toutes celles dont vous ignorez l’utilité. Laissez aussi votre curiosité vous emmener découvrir ce que vous ne cherchez pas et qui pourrait vous ouvrir des tas d’horizons. Comme par exemple ma cliente Marie qui, en s’intéressant de près au métier d’orthophoniste, s’est rendue compte que certains professionnels ont une pratique hybride, dans laquelle ils ont ajouté des plages de spécialisation à partir d’intérêts personnels. Une bonne façon pour elle de se rassurer quant aux déploiements possibles et de ne pas rester ancrée dans une pratique figée, immuable et donc potentiellement source de routine.

 

2- Collecter l’information

L’information est partout, c’est une bonne et une mauvaise nouvelle à la fois. Une bonne car elle est facile d’accès. Une mauvaise en particulier sur Internet, où tellement d’informations sont des copiés-collés ou des redites sans ajout de contenu ou d’analyse qu’on finit par naviguer dans des eaux qui se ressemblent, au détriment de l’efficacité et avec un sentiment pénible de perte de temps.

Il est donc essentiel, une fois définis les objectifs d’information, d’opérer des choix judicieux dans ses sources afin de les diversifier pour pouvoir collecter un maximum d’éléments tout en s’épargnant les redondances. Sites, blogs, réseaux sociaux, presse, événements, rencontres, associations, multipliez les sources, puis faites des choix.

Faites preuve de discernement, de jugement et écoutez votre intuition. Laissez-vous bousculer par les idées des autres, celles qui vous dérangent, de façon à élargir votre champ d’horizon et ne pas simplement céder à un biais de confirmation, qui pousse à ne voir que les informations qui vont dans le sens de ce que nous pensons déjà, de ce que nous avons envie de penser. De façon à nous ouvrir les chakras de la matière grise et à ne pas rester enfermés dans les idées reçues, dans l’imaginaire et l’illusion de savoir, premier facteur d’idéalisation des métiers et de leur vision étriquée.

Il arrive que même les publications les plus fiables pondent de l’information tronquée, voire erronée, aussi exercez votre sens critique, n’hésitez pas à aller à la source de l’information (par exemple lorsque vous tombez sur un résumé d’étude ou de sondage) ou à recouper vos informations.

 

3- Trier l’information

Evaluez régulièrement la qualité de vos sources pour y faire du tri et évaluez chaque information en fonction de la fiabilité de la source, de l’intention de l’auteur, de son degré de subjectivité etc.

Par exemple, lors des rencontres avec des professionnels qui exercent un métier qui vous intéresse, gardez toujours en tête qu’ils vous donnent leur vision de leur métier, leur façon de l’exercer, la relation unique qu’ils entretiennent avec lui et avec leur secteur d’activité, pas la vérité vraie. C’est ainsi que se transmettent beaucoup d’idées reçues sur les « impératifs » des métiers, qui sont souvent des habitudes, des contraintes auto-imposées mais se révèlent modifiables et adaptables.

Il s’agit donc d’extraire de chaque source les éléments d’information pertinents dans le cadre de vos recherches et de vos besoins.

 

4- Compiler l’information

Mais tous les articles d’un site, d’une publication ou la totalité d’un billet ou d’un échange ne sont pas forcément pertinents ou porteurs d’informations importantes. Un travail d’extraction et de compilation va donc permettre de mettre en lumière les éléments réellement importants:

 – Conserver les URLs vers des documents intéressants dans un lieu unique et les classer par thématique

 – Extraire les informations essentielles et les compiler par thématique

Chaque démarche va vous apporter des informations utiles et d’autres moins. Sortez  chaque élément pertinent pour le mettre en valeur dans un document unique, par exemple sous forme de carte heuristique ou dans un dossier spécifique.

Les cartes heuristiques sont un moyen très efficace de produire une représentation visuelle à la fois agréable et qui permet une vue d’ensemble et une vue détaillée en même temps. C’est aussi l’occasion de manier ces éléments d’information, de les regrouper selon la logique que vous voulez leur donner et d’en tirer une forme de cohérence.

 

5- Analyser l’information

Analyser l’information, c’est en tirer les enseignements nécessaires pour orienter la suite à donner à votre carrière ou la façon d’exercer votre métier après votre reconversion.

Chaque élément d’information va vous donner des indications précieuses sur des hybridations à prendre en compte, des pistes de job crafting, des compétences à développer etc. bref, des points à intégrer soit dans votre projet, des formations à faire, des orientations à donner à votre vie professionnelle.

 

6- Diffuser l’information

Une veille métier peut bien entendu être faite rien que pour soi et la diffuser est une étape optionnelle. Cependant, la question de la diffusion mérite d’être soulevée car elle est une façon simple – et peut-être agréable – de rendre visibles vos appétences, vos intentions et vos aspirations professionnelles, les orientations que vous voulez donner à votre carrière. Or, en vertu du principe que personne ne sait ce que vous ne dites pas, l’absence de diffusion peut rendre plus difficiles certaines transitions. Inversement, partager sa veille et les idées qu’elle vous inspire permet de construire un réseau, de dialoguer avec lui et de pouvoir vous appuyer dessus autant pour en apprendre davantage que pour fluidifier les transitions.

Cette diffusion peut se faire via les réseaux sociaux (on pense immédiatement à Linkedin, mais Twitter reste un réseau aux multiples opportunités de visibilité professionnelle et Instagram et Pinterest sont une autre solution, plus ludique).

 

Comment s’organiser?

Reste une question tout aussi essentielle: comment s’organiser et avec quels outils? Car le frein fréquent à se mettre à la veille est la crainte qu’elle soit chronophage et l’infobésité. C’est donc un sujet que lequel nous reviendrons dans un troisième billet;)

 

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Aller plus loin

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