Reconversion dans l’artisanat : une philosophie du corps et de la matière

L'artisanat, des métiers qui redessinent la relation au travail en lui donnant des dimensions philosophiques et sensorielles importantes

Nous l’avons déjà évoqué, la reconversion des cadres dans les métiers d’artisans est une aubaine, autant pour les cadres que pour l’artisanat. Mais les métiers dits « manuels » peuvent faire craindre une stimulation intellectuelle moindre. Et bien dans de nombreux cas, peut-être que c’est faux : l’artisanat, c’est aussi une philosophie du corps et de la matière qui pourra nourrir plus d’un cerveau !

Exemples de métiers d'artisans: cuisine, bijouterie, cuir, peinture etc.

L’artisanat : un filon de reconversion

Longtemps déconsidéré, l’artisanat a pourtant toujours été un métier qui attire les gens en désir de reconversion (En 2010, 56 % des artisans étaient d’anciens cadres*), mais il connaît un regain d’intérêt depuis quelques années, face à

– La généralisation de l’immédiateté, du travail dans l’urgence, de l’absence de temps pour le travail bien fait (et son corollaire, l’amour et le désir de travail bien fait)

– La perte de sens, la multiplication des jobs à la con (globishisés en bullshit jobs) dénoncée par l’anthropologue David Graeber, ces fonctions tellement vides de sens que même ceux qui les exercent peinent à expliquer leur existence. Des jobs abrutissants et aliénants qui, si ils disparaissaient, ne bouleverseraient pas notre quotidien.

Pourquoi l’artisanat ? Justement parce qu’il est directement lié au sentiment de produire quelque chose qui est directement utile à autrui, de voir le résultat de son labeur et probablement d’avoir un contact avec celui ou celle qui va en bénéficier. C’est aussi un secteur dynamique, qui navigue avec habileté entre tradition et innovation, qui accueille volontiers les cadres en reconversion et offre de multiples possibilités d’évolution. Bref, une aubaine, un filon de reconversion pour les cadres

Des métiers bien plus que manuels

L’image d’Epinal de la reconversion dans l’artisanat, c’est celle du cadre surmené dans un job purement intellectuel qui passe à un métier manuel pour mettre sa machine à penser en veilleuse et renouer avec le simple art du faire. C’est d’ailleurs l’une des craintes de nombreux cadres qui se questionnent sur un changement de métier et regardent l’artisanat de loin, parce qu’au fond, ils aiment faire marcher leur boîte à idées. C’est une vision une poil étroite qui évacue un peu trop vite la possibilité d’injecter du cérébral dans des métiers qui nécessitent aussi des aptitudes à réfléchir, observer, analyser, concevoir etc.

Mais au-delà, les métiers de l’artisanat offrent aussi une tout autre relation au travail, une relation philosophico-sensorielle à laquelle on ne pense pas forcément au premier abord, et qui pourtant peut regorger de bonnes raisons de s’y intéresser, en particulier lorsqu’on a une cafetière en ébullition.

C’est l’angle qu’à choisi l’excellente émission Grand bien vous fasse, sur France inter: les bienfaits du travail manuel, dans un monde hyperconnecté où les jobs à la con sans queue ni sens prolifèrent et nous rendent malheureux.

Ebénisterie, tricot, mécanique, cuisine, boulangerie… Ces métiers où l’on met la main à la pâte et où « prime le goût du travail bien fait dans un monde jetable, la patience dans une société pressée », nous dit Ali Rebehi en préambule, permettent la reconnexion au monde, d’accéder à une forme de sérénité, de la satisfaction, une certaine forme de bonheur.
Etaient invités :
– Arthur Lochmann, charpentier, auteur de La vie solide (Payot)
– Magali Perruchini blogueuse, auteure des Nouveaux artisans (Eyrolles) – Magali anime le très beau blog Les mains baladeuses où elle partage des portraits d’artisans et dont elle était venue nous parler ici :

 Rebecca Shankland (Dx), psychologue, maître de conférences à l’Université Grenoble Alpes et responsable du Diplôme Universitaire de Psychologie Positive, auteure de La psychologie positive (Dunod)
– Christilla Pellé-Douël,  journaliste à Psychologies

Vous pouvez écouter l’émission ici:

L’artisanat: un tout autre rapport au travail

Ce qui ressort de cette émission, c’est que les métiers de l’artisanat offrent la possibilité d’une autre rapport au temps, à soi, au corps, au sens à la matière qui touche à la philosophie, à la poésie et à l’éthique. Et ces rapports interdépendants qui s’imbriquent et fonctionnent comme des vases communicants sont autant de façons de vivre l’artisanat qui peuvent donner les nourritures intellectuelles indispensables au plaisir professionnel de ceux qui aiment aussi faire turbiner leur machine à penser. Je vous les livre donc en vrac, en commençant par un bénéfice de l’artisanat auquel on ne pense pas forcément.

La possibilité de toutes les mobilités

L’artisanat, ce sont aussi des métiers que l’on peut exercer partout, transposer ailleurs, emmener avec soi y compris à l’étranger, souligne Arthur Lochmann, qui pose là, sur la table, un élément très intéressant : l’artisanat facilite toutes les mobilités géographiques.

Une relation au corps

On parle à tort de travail manuel, ou du moins c’est une vision erronée de l’artisanat, qui est davantage un travail du corps dans son ensemble que des seules mains, générant un rapport au corps dans le travail qui modifie complètement la vie professionnelle en l’intégrant :

Magali Perruchini parle de la dématérialisation des métiers intellectuels où l’on manipule essentiellement de l’information, ce qui suggère une rematérialisation de la vie professionnelle par la matière, on ne manipule plus que de l’information, on cesse de se perdre dans l’excès d’abstraction que dénonçait Matthew Crawford (devenu mécanicien moto) ou d’errer dans ces « jobs à la con » décrits par David Greaber

Arthur Lochmann évoque ainsi l’artisanat comme une façon de « sortir de soi en se confrontant aux résistances de la matière : le geste se construit vers la matière, le corps s’organise en direction de la matière ». Ce qui modifie le rapport au corps : le travail artisanal suppose l’utilisation de tout son corps, pas seulement les mains. On ne scie pas seulement avec ses mains, mais avec tout son corps, ce qui nécessite d’acquérir un geste qui inclue la position du corps : bien scier vient des pieds, car sans alignement correct de la posture, depuis les pieds jusqu’à la main, on ne scie pas droit.

« Mon métier à tisser est le prolongement de mon corps » Témoigne une auditrice

Un rapport aux sens

Avec le corps, ce sont tous les sens qui trouvent un place dans la vie professionnelle :
on apprend à mobiliser ses sens et à accorder de l’attention à tout ce qui nous entoure. Le rapport aux outils développe une autre perception comme par exemple, celle des différences entre les bois au travers de l’outil. l’artisanat propose un autre rapport au travail, un « rapport charnel et respectueux » ou la relation à la matière est essentiel, car la toucher est aussi important que la transformer.

Un rapport à la matière qui donne du sens

L’aspiration au concret transforme la relation à son propre labeur, dont on voit directement le fruit tangible et qui touche au sentiment d’être au monde « quand on a fait une table, à la fin de la journée, c’est aussi une preuve d’existence »

La transformation de la matière apparaît aussi comme un rapport essentiel au travail, qui rejoint d’ailleurs l’une des hypothèses les plus crédibles de son étymologie. Car bien qu’on ait beaucoup évoqué le terme « travail » comme étant issu d’un engin de torture, à cette origine controversée s’en oppose une autre, bien plus intéressante, ou « travail » exprime une notion de passage assortie d’une résistance, peut-être un passage d’un état à un autre. Ce qui rapproche le travail de l’ouvrage et de la belle ouvrage, si chère à l’artisanat

Un rapport au sens

Les métiers de l’artisanat répondent à des besoins directs des clients qui leur donne un sens fondamental et immédiat : « Couvrir une maison c’est offrir un refuge aux gens qui vont habituer dans cette maison » dit Arthur Lochmann dans son livre.

L’utilité sociale des métiers de l’artisanat leur donne du sens presque par nature. Il n’en a pas été question dans l’émission, mais on pense aussi à la transmission comme partage d’un savoir universel et en constante évolution « trésor immatériel qui appartient à toute la société » comme le dit Arthur Lochmann dans son livre. Cette transmission est l’une des évolutions possible du métier, où l’artisan devient formateur et mentor, pérennisant ainsi tout un savoir-faire.

Un rapport au temps

Être artisan, c’est aussi avoir un autre rapport au temps dans le cadre de la vie professionnelle. Il s’agit de prendre le temps du geste.
D’autre part, ce geste s’inscrit dans une continuité entre les gestes traditionnels, issus de l’apprentissage et ceux qui peuvent s’ajouter, venus de l’innovation ou de l’artisan lui-même.

les perceptions et désirs liés au temps impactent nos façons de vivre et travailler ensemble

Un rapport aux autres

« Je fais un métier formidable, je rends les gens heureux » dit l’u des artisans que Magali Perruchini a interviewés pour son livre.

Dénominateur commun des reconvertis dans l’artisanat : un mélange de job qui fait plaisir, qui fait du bien à celui qui l’exerce et qui rend service aux autres, qui les rend heureux. Dans l’artisanat aussi, le cocktail relation à soi et aux autres est le secret d’une vie professionnelle réussie, mais la différence est qu’il le permet quasiment directement là où dans d’autres métiers ce cocktail nécessite des conditions de management et de relations professionnelles sur lesquelles on a moins d’impact.

En témoigne Christophe, reconverti à l’aube de ses 50 ans dans la menuiserie après avoir quitté l’industrie du pétrole. « La plus grande de satisfaction, c’est quand vous amenez un objet chez un client et qu’il vous dit « c’est plus joli que ce que j’ai commandé »

Une vie professionnelle en pleine conscience

L’artisanat implique de travailler en pleine conscience, avec une attention centrée sur l’instant présent et l’accomplissement de la tâche. L’univers sensoriel, beaucoup plus riche et sollicitant que beaucoup de tâches intellectuelles : les sons, les odeurs, le rapport à la matière. La communion avec le geste génère un état méditatif proche du « flow »*, à la fois pleinement à sa tâche et heureux de l’être. », un dialogue incessant entre l’œil, la main et le cerveau, une « discipline de l’attention qui se reconfigure autour de l’ensemble des canaux d’information qui nous entourent », sur le travail et la matière.

Même le rythme de la répétition d’un geste (planter 30 clous) vient de soi au lieu d’être, par exemple, imposé par la cadence d’une ligne de production et participe de cet état de grâce. Arthur Lochmann explique que l’apprentissage universitaire laisse à penser qu’il suffit d’analyser pour pouvoir bien faire, or l’artisanat démontre que c’est la pratique et la répétition permettent d’acquérir une forme d’intuition de la matière, de l’intérioriser et pouvoir agir sur elle.

« Mon métier m’apporte tranquillité, patience, confiance, réconfort, j’y vois une ouverture à la poésie » témoigne une céramiste.

La psychologue Rebecca Shankland  explique cet état de « flow », véritable état de grâce de la vie professionnelle, y compris en équipe : c’est une absorption totale dans une tâche intéressante et que l’on maîtrise, associée à une perte de la notion du temps et un sentiment de fluidité du geste, sans effort. Il génère des émotions positives, une plus grande rétention de l’information et une plus grande vitesse de son traitement, une augmentation de la créativité, de la capacité d’adaptation. Bien entendu, tout cela est bon pour l’estime et le sentiment d’accomplissement, de satisfaction et la diminution de l’anxiété

Et le mot de la fin revient à cette potière qui dit « extirpé du monde quand on est dans son atelier, on se vide la tête à travailler avec les mains »

Deux clés pour les candidats à la reconversion dans l’artisanat

J’ai trouvé cette émission particulièrement passionnante parce qu’elles donne deux clés à tous ceux qui s’intéressent à une reconversion dans l’artisanat

  • Le rapport au métier – Elle leur évoque tout un pan de la vie d’artisan peu évoqué, cette intellectualisation d’une relation complexe au métier qui lui donne une dimension philosophique, sensorielle et poétique bien éloignée de l’image de l’atelier poussiéreux et qui donnera bien du grain à moudre, en termes de plaisir au travail, à certains.
  • Un critère de pertinence – Lors des expérimentations et démarches inhérentes à l’exploration de la pertinence d’une piste de reconversion dans l’artisanat, si vous ne rencontrez pas cet état de grâce, la joie de la relation charnelle à la matière, l’amour de la précision du geste, alors peut-être que vous tenez là un indicateur précieux que ce métier n’est pas pour vous. Inversement, si vous les rencontrez, si vous êtes touché(e) par cette grâce, par cette poésie mi philosophique mi sensorielle, alors il y a de fortes chances pour que vous teniez une piste solide.


* Voir Le FLOW : l’expérience optimale ou autotélique – Jean Heutte

Voir aussi

Ithaque, 1er influenceur de France en matière de reconversion professionnelle
La reconversion professionnelle dans l’artisanat, ITW dans le Monde des artisans
La reconversion des cadres dans l’artisanat 
Reconversion professionnelle: l’être humain derrière le projet
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Un nouveau regard sur la reconversion professionnelle?

Aller plus loin

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6 Comments

  • Mélanie dit :

    A aucun moment vous parlez de l aspect financier. Nous sommes de nombreux cadres à vouloir se reconvertir dans l artisanat, pour toutes les raisons que vous évoquez. Mais la perte de salaire nous en empêche, car nous ne pourrions plus assurer les dépenses nécessaires quand on a une famille. Et je ne parle pas d’un salaire indécent (ex. 2500e mensuel). Seules les personnes ayant d autres rentes que leur salaire (conjoint qui a un important salaire, revenus du patrimoine,
    Heritage etc…) peuvent se permettre de se réorienter de cette façon. Autrement nous sommes contraint de conserver notre emploi alimentaire en imaginant un jour travailler sans dépendre d un salaire. Le problème sous jacent est la rémunération des métiers manuels qui devraient être revalorisés vs les métiers du tertiaire.

    • Bonjour Mélanie,
      Je n’ai effectivement pas évoqué l’aspect financier parce que ce n’était pas le sujet ici. J’en parle ailleurs, par exemple ici parce que la question financière est le premier critère de la reconversion et s’il y a inadéquation entre la rémunération possible et les besoins financiers, c’est une piste non pertinente.
      Cependant, les métiers de l’artisanat offrent justement de nombreuses possibilités pour les cadres qui peuvent être rémunératrices, comme la reprise d’entreprise par exemple, et de façon générale, exercer à son compte peut rapidement générer des revenus intéressants, c’est d’ailleurs l’option choisie par la plupart des cadres, mais pas seulement car le salariat ne vous condamne pas au smic! Une esthéticienne dans un hôtel de luxe peut très bien gagner sa vie:) La plupart des cadres qui se reconvertissent dans l’artisanat n’ont ni rente ni conjoint fortuné, ils ont conscience du temps nécessaire (variable selon la situation) pour retrouver une rémunération décente et ils ont budgétisé cette période, souvent en passant par quelques renoncements. Là-dessus, chacun s’y prend comme il le souhaite!
      En revanche, ce dont il reste difficile de vivre, c’est l’artisanat d’art et/ou la création d’objets, mais là encore ce n’est pas toujours vrai, car on y trouve aussi des métiers rares et très recherchés.
      Je vous encourage à creuser la question car la reconversion paraît souvent impossible financièrement… en apparence;)
      Je vous souhaite bonne route dans vos explorations!

  • Servane dit :

    Les non-cadres aussi ont ce rêve de reconversion dans l’artisanat… J’ai lu le commentaire sur la partie financière, finalement le choc est moins brutal pour un employé ?

    • Bonjour Servane, je ne crois pas qu’on puisse dire que le choc est plus ou moins brutal pour les uns ou pour les autres, je crois que ça dépend de chacun. Car la transition n’est pas forcément difficile pour un cadre qui a pu mettre un peu d’argent de côté, pourra budgétiser cette période de baisse de revenu et aura les moyens de se mettre rapidement à son compte.
      Pour un employé, la baisse de revenu peut être moins spectaculaire, mais plus difficile parce que sa marge de manoeuvre financière et ses possibilités de budgétiser sont plus limitées. Je pense qu’il est important pour chaque personne qui se questionne sur une reconversion dans l’artisanat d’évaluer précisément cette question financière pour voir son impact sur le projet.

  • Bonjour Sylvaine,
    Merci pour cet article que j’aurais bien aimé découvrir quand il est sorti! J’ai vu que vous en aviez d’autres concernant la reconversion dans l’artisanat, donc je m’y plongerai aussi.

    Je me permets de revenir sur le commentaire de Mélanie, je pense qu’il faut surtout un état d’esprit plus qu’une certaine situation financière spécifique. Cela dépendra de chacun et du choix de la réorientation mais l’état d’esprit “d’artisan” doit toujours être là, il permet de trouver des solutions à toutes les barrières que l’on s’impose souvent soi-même. Pour avoir cet état d’esprit, il faut bien se connaître ainsi que ses passions et ses capacités. Avoir une bonne vision de ce qu’on veut pour le futur, avoir de la persévérance et se donner les moyens de passer à l’action.

    La remarque de Servane est très pertinente, pourquoi toujours parler des cadres qui se reconvertissent?
    De façon générale, on parle souvent des cadres reconvertis, sans doute car cela est plus vendeur.
    Peut importe, cadre ou pas, au final, ce ne sont que des titres donnés dans un système hiérarchique de travail qui ne correspond plus du tout à l’état d’esprit et la réalité d’un artisan.
    J’ai été surprise aussi par votre point sur la mobilité. C’est justement un point manquant et contraire par rapport aux digital nomades par exemple, l’artisan est souvent lié au “local”: à son atelier et son matériel, à son point de vente, à sa communauté. S’il y a mobilité, ce ne sera qu’une fois mais pas répétitif.
    Je vais cependant me renseigner sur ce que dit Arthur Lochmann.

    L’artisanat d’art ou la création d’objet (ce qui est mon cas) est possible aussi. Cependant cela reste en effet très difficile, c’est beaucoup de travail et il vaut mieux commencer en parallèle d’un job mi-temps ou 3/4 temps.
    Les métiers manuels en bâtiment seront plus vite rémunérateurs mais demandent des formations qu’il faut pouvoir se permettre aussi.
    Quand on veut vraiment, on peut: état d’esprit et passage à l’action!!!

    Lorraine

    • Bonjour Lorraine
      Concernant la mobilité, l’artisan est “lié au local” lorsqu’il se met à son compte avec une boutique ou un atelier. Ce que dit Arthur Lochmann qui est un point très intéressant, c’est que les compétences des artisans français s’exportent très bien d’une part et qu’on peut assez facilement trouver un emploi salarié d’artisan d’autre part (car il y a de très nombreuses façons d’exercer un métier d’artisan, y compris en salariat) et donc être mobile. Il ne s’agit pas de la mobilité du nomade digital qui emmène son ordinateur sous son bras:)

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