Du bénéfice de la connaissance de soi

D’une étude parue en 2008, il est ressorti que 30% des salariés estiment mal se connaître, et 50% pensent ne pas être authentiques au travail. D’autre part que ceux qui se connaissent semblent moins stressés, plus performants, plus à même de prendre des décisions, car ils peuvent agir en cohérence ave eux-mêmes.

 

Bien se connaître, c’est quoi?


Après tout, nous vivons avec nous-mêmes depuis suffisamment longtemps pour savoir quels sont nos petits travers, nos secrets inavouables, nos réactions probables face à certaines situations, nos opinions, nos idées, nos goûts, nos principes, nos croyances, nos valeurs.
Seulement, cette connaissance reste parfois superficielle ou manque de lucidité. Nous agissons sans avoir pleinement conscience de ce qui nous motive, de la part du conditionnement et du libre arbitre dans nos comportements et décisions. Quand un coach ou tout autre personne disposant de questions chiantes* dans sa musette nous interroge sur le sujet, nous pouvons avoir du mal à mettre des mots dessus.

Prenons un exemple assez banal pour être générique, du type “je me connais, s’il me fait une remarque désobligeante, je vais m’énerver.” Celui qui tient ce discours peut-il expliquer quels rouages fonctionnent alors? connaît-il les mécanismes qui se mettent en route dans les coulisses de sa personnalité pour parvenir au résultat qu’il décrit? Pas toujours. Parce qu’au fond, nous nous intéressons davantage aux résultats, que nous étendons souvent à la globalité de notre identité, par généralisation abusive.

Ainsi celui qui dit “je suis timide”, comme on dit “je suis alcoolique”, a-t-il conscience des situations précises dans lesquelles il se sent intimidé? Comment cette timidité s’exprime-t-elle? Est-elle identifiable par tous ou subjective?

Parmi les caractéristiques que nous nous reconnaissons, nous refusons tellement celles que nous n’aimons pas que nous les remisons vite fait au fond du placard à balais (à squelettes?) et que leurs détails restent vagues et flous. De même, nous pouvons avoir du mal à accepter nos qualités et les remiser de la même manière. Il s’en suit un écart parfois proche de l’abime béante entre ce que nous sommes réellement avec nos fragilités, nos idées et nos valeurs et nos actions et propos. Nous finissons par nous mentir à nous-mêmes.

L’image que nous donnons est alors déformée et ce que nous recevons en retour correspondant à cette image, et pas à nous, nous nous jetons dans la gueule du loup de la frustration, car pauvres nous, personne ne nous comprend.



Du bénéfice de la connaissance de soi

Bien se connaître, c’est découvrir notre place dans les groupes auxquels nous appartenons, ce qui motive, détermine et conditionne nos actions, nos choix  comme nos états d’esprits, nos mécanismes internes, nos modes de fonctionnement, et les accepter. Les accepter ne signifie pas s’y résigner à contre coeur, car nous pouvons modifier nos croyances et nos comportements, mais admettre qu’ils sont une réalité explicable, qu’ils répondent à des besoins et par là même développer de l’indulgence vis à vis de nous-mêmes.

Au final, partir à la découverte de soi présente bien des avantages:

– Agir en cohérence avec ses valeurs
– Augmenter l’acceptation de soi
– Reconnaitre et être à l’aise avec des défauts et ses limites
– Reconnaitre sa valeur, ses idées, ses aspirations
– Développer l’authenticité: quand on s’accepte, il n’y a rien à cacher, et ce que nous recevons correspond à ce que nous sommes et donc à nos besoins. Tout d’un coup, nous sommes compris!
– Augmenter le charme et la séduction, ceux qui ont trouvé l’équilibre entre humilité et reconnaissance de soi-même n’ayant plus rien à prouver, ils en deviennent plus complets et plus attirants. Leur charisme s’en trouve boosté.
– Développer l’authenticité pour les raisons évoquées ci-dessus, et avec les mêmes conséquences.
– Développer la confiance en soi et en les autres.
– Augmenter la faculté à éviter, reconnaitre et sortir des
 relations de pouvoir et par là même améliorer les relations.
– Prendre des décisions, faire des choix pertinents et congruents
– Découvrir l’étendue de son potentiel et l’exploiter
– Donner du sens à sa vie et aux expériences vécues


Bref, aller explorer les recoins de l’âme, c’est entamer une salutaire réconciliation avec une personne formidable: nous-même.

Et vous, dans quelle mesure vous connaissez-vous vous-même?

Quels sont les recoins de vous-mêmes que vous évitez soigneusement?
Qu’est-ce qui vous empêche de les explorer?
Qu’est-ce que ça vous coûte?

Que voudriez-vous apprendre sur vous-même?
Comment allez-vous vous y prendre? Quand?
*Chiantes, c’est l’étiquette que mon ami Australien a collé avec ironie sur les questions de coaching, qui nous poussent à l’introspection et nous mettent parfois face à des réalités que nous préférons ne pas voir, partant du principe plutôt erroné que ce que nous ignorons ne nous affecte pas. Nous y reviendrons 🙂

Voir aussi

Des pistes de connaissance de soi

Les qualités de nos défauts
Connais-toi toi même
Connaissance de soi: le tour de votre monde en 80 mots
Connaissance de soi: exploiter l’effet miroir
Le bilan d’incompétences
Connaissance de soi: les messages contraignants

Aller plus loin

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8 Comments

  • mrhilare dit :

    hello darling, ne suffit-il pas de faire ce que l’on aime plus simplement dit? Je pose juste la question…On n’a pas alors l’impression de bosser, enfin c’est mon sentiment

  • MR Hilare dit :

    non, je ne crois pas Elliot qu’il faille souffrir pour réussir, mais qu’est-ce que réussir finalement, c’est , je le pense, vivre selon sa conscience et en harmonie, donc tout le contraire de la souffrance et la souffrance je connais, c’est trop destructeur sauf, je dis bien sauf si on en tire les enseignements nécessaires pour mieux rebondir

  • Henri dit :

    C’est le programme de toute une vie en fait et il vaut 100 fois la peine … mais cela demande de “se cracher dans les mains” et de s’empoigner pour un fameux boulot car si on est le premier bénéficiaire, “l’autre soi” n’est pas toujours très coopérant et il y a avantage à s’acharner … mais quel bonheur !!

  • Elliot dit :

    Anatole France n’avait pas beacoup d’estime pour la connaissance de soi: “je tiens la connaissance de soi comme une source de soucis, d’inquiétudes et de tourments. Je me suis fréquenté le moins possible.”
    Qu’est-ce qui rend la démarche si pénible? Si elle est pénible, est-elle vraiment nécessaire? Faut-il souffrir pour réussir?

  • Marion dit :

    Bonjour Sylvaine. Merci pour cette mise en bouche.
    Les liens ne fonctionnent pas, malheureusement. Pouvez-vous y remédier ?
    Marion

  • Pierre dit :

    Bonjour, le lien vers l’étude citée en introduction ne fonctionne pas . Serait il possible de le redonner ?

    • Bonjour Pierre, malheureusement, l’étude était mentionnée dans un billet de FocusRH qui a aujourd’hui disparu et je n’arrive pas à la retrouver pour l’instant. Dès que je parviens à remettre la main dessus, je corrigerai le lien:)

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