Se mentir à soi-même: le miroir du manque


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Cet article a été rédigé dans le cadre du festival mensuel A la croisée des blogs. L’édition de ce mois-ci est organisée par Alban, du blog Gooooalz! (avec quatre “o” siouplaît ;))

nullQu’est-ce que je prétends être?Petits mensonges à soi-même: quand la vantardise cache la fragilité

Nous sommes nombreux à le clamer haut et fort, nous détestons le mensonge et d’ailleurs, nous ne mentons jamais, nous ne déformons même pas la réalité. Nous nous indignons vertueusement des petits mensonges des autres, nous nous agaçons de leurs racontars et vantardises, blanches colombes que nous sommes.Les exemples sont légions: le collègue ou ami qui assure avec un poil trop de véhémence qu’il ne se laissera pas marcher sur les pieds par son chef, et qui nous laisse à penser qu’il ne moufte pas face à son boss, la voisine de table au restaurant qui parle un tout petit peu trop fort, donnant ainsi l’impression qu’elle veut que tout l’établissement profite de sa conversation, ou encore la personne qui prétend s’y connaître dans un domaine qui lui est étranger.

Bref, toutes les fois où une personne insiste un peu trop sur une compétence ou un accomplissement, ce qu’on pourrait à priori prendre pour de la confiance en soi et qui, en devenant too much, nous pousse à nous demander qui, exactement, cette personne cherche à convaincre. Elle-même, bien entendu. Nous-même, en fait, car tous prompts que nous soyons à voir la paille dans l’oeil du voisin, nous avons nous aussi parfois recours à ce genre de procédé quand nous ressentons un manque dans une situation: manque d’affirmation, de reconnaissance, d’attention, de compétence etc.

De la sorte, ce n’est pas tellement aux autres que nous mentons, mais surtout à nous-même. En l’étalant sur la place publique, nous espérons recevoir des autres les signes que oui, effectivement, nous possédons bel et bien cette caractéristique, alors que ça n’est tout simplement pas le cas.
Ce qui revient en gros à dire que l’excès de vantardise ne cache pas de la confiance en soi, mais une réelle fragilité qui cherche à compenser et à se protéger. La déformation de la réalité devient alors un révélateur de ce manque, un miroir.

Auto coaching: exploiter le miroir du manque

Nous la raconter est un comportement qui cherche à nier l’image que nous avons de nous-même, ce qui est illusoire et fortement consommateur d’énergie, puisqu’une fois confronté(e) à la situation qui nous inquiète, nous ne disposerons pas davantage de la ressource dont nous avons besoin. Profitons du fait que ces petits aménagements de la réalité sont les miroirs des manques que nous ressentons pour les repérer et y remédier. Histoire de vivre mieux avec nous-même… car disons-le tout net, ces ressources ne vont pas débouler toutes seules sur le dos d’un renne du Père Noël.
Face à la situation qui vous pousse à déformer la réalité:
Que ressentez-vous?
Que craignez-vous?
De quels talents, qualités, ressources, compétences avez-vous besoin pour y faire face sereinement?
Si vous disposiez de cette ressource en quantité illimitée, que se passerait-il?
Comment faire pour développer cette ressource?

Pour la dernière question, n’hésitez pas à passer en mode solutions, puis à transformer le développement de cette ressource en objectif. Au boulot!

Voir aussi:
A cache-cache avec soi-même: quand l’action contredit la pensée
Connaissance de soi: les messages contraignants
Exploiter nos expériences ressources
Estime de soi: redécouvrir nos talents

 

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11 Comments

  • Galaté dit :

    Je ne me reconnais pas trop là. Je ne dis pas que je ne mens jamais, j’aurais plutôt tendance à cacher certaines choses mineures mais rarement longtemps. Je suis trop spontanée. C’est pour cela que je préviens avant qu’on ne me pose des questions, que les réponses risquent de ne pas plaire. Et je n’ai pas peur des chefs (faut dire que j’en ai pas vraiment!). Donc, je ne me reconnais pas.

  • MADmoiselle dit :

    C’est bizarre, chez moi c’est plutôt le contraire… J’ai tendance à dire que je n’y arrive pas. Si seulement ça voulais dire que j’étais super douée… :/

  • Jean Michel dit :

    Merci pour cet article interressant passe une bonne après midi 🙂

  • Rubis dit :

    Chapeau, j’adore votre style d’écriture… frais , franc et qui invite au naturel et à la confrontation de la réalité intérieure…

     

    Merci pour votre partage et bonne journée

     

    Rubis

  • Edith dit :

    Je suis d’accord avec Rubis : c’est tout récent, mais je suis vite devenue fan du style de Sylvaine. J’adore… Depuis quelques jours, je dévore le blog par bouts et par morceaux. Parfois, je suis obligée de m’arrêter, pour digérer, parce que même bien présenté avec de la salade, des jolies fleurs de tomates, des rondelles de citron et tout et tout, un énorme plat de charcuterie finit quand même par vous repaître, voire vous écoeurer !

     

    Sur le fond de l’article, j’ai longtemps (et trop souvent encore) été du côté de ceux qui, loin de se vanter, se dévalorisent. Depuis quelques mois, j’essaie de rééquilibrer. Et j’ai découvert quelque chose d’étrange : si vous vous vantez, vous avez vite fait de saturer votre auditoire, qui vous dirait bien ce qu’il en pense mais s’abstient par politesse ; si vous êtes trop dans la dévalorisation, les autres commencent par réagir en tentant de vous rassurer (quand il sont des “autres” de la race des empathiques, des sympathiques ou des sauveurs du monde) puis en ont vite marre de votre côte victime, geingnard…; quand vous êtes dans le juste milieu, eh! bien, souvent, les autres sont… gênés ! Si, je l’ai souvent remarqué : ils ne peuvent pas vous envoyer balader avec vos vantardises, ne peuvent pas davantage tenter de vous consoler, bref ils n’ont pas dans leur code la démarche qui va bien pour réagir face à cette sincérité. Ils sont tout décontenancés. C’est très intéressant à observer et ça permet d’apprendre beaucoup cet autre-là.

     

    Merci à Sylvaine pour ces articles et à tous les internautes qui publient des commentaires.

  • Val dit :

    moi c’est exactement le contraire hyper vantard je parle souvent trop ,monopolise les discutions au point que me ma prope femme me dit de laisser parler les autres.Je m’en rend compte mais la plupart du temps trop tard.Paradoxalement c’est par marrant à vivre

    • Sylvaine Pascual dit :

      Bonjour Val,
      Vantardise ou retrait excessif sont un peu les deux faces d’une même pièce: par manque d’estime de soi, on recherche beaucoup d’attention ou au contraire à détourner l’attention de soi. Avoir conscience qu’on prend un peu trop de place dans ses relations est effectivement pas si confortable qu’on l’imagine. Merci pour ce témoignage^^

      • val dit :

        Bonsoir,
        A prés de 50 ans, force est d’admettre que mes années de vantardise m’ont amené à un point : Zéro.
        Qu’on le veille ou non on compare. et franchement la comparaison s’arrete là. Pendant que je m’autoflattait ,mon auditoire lui construisait passiement et sans complexe son édifice, sans aucune prétention mais simplement par désir perso. Moi, à force de rêver mon personnage un peu comme Don quichotte, je ne fais plus que du surplace je gâche le temps qui m’est imparti.
        On dit toujours qu’il est n’est jamais trop tard pour bien faire mais dans mon cas c’est dur car chassez le naturel il revient au galop en particulier àprés l’apéro.

        • Sylvaine Pascual dit :

          Les prises de conscience, c’est déjà la moitié du chemin de fait, et celles sur nos travers et nos limites sont les plus difficiles. Et si le cheval ne revient plus qu’après l’apéro, il suffit peut-être de décaler celui-ci à un moment où il n’a aucune incidence sur les projets importants;)

  • Ramos dit :

    Le genre humain est ainsi fait:
    Il dit ce qu’il ne fait pas
    Il fait ce qu’il ne dit pas..

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