2 freins majeurs à l’évolution professionnelle

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / regards croisés

 

 

 

Après les 3 paradoxes des enjeux de société, seconde partie de notre retour sur le colloque Quels dirigeants, quelles dirigeantes pour demain?, organisé par le groupe Grandes écoles au féminin (GEF). Cette étude a révélé deux freins principaux à l’évolution professionnelle vers des postes à responsabilité: l’équilibre de vie et les conflits de valeurs.

 

 

 

Pour rappel, La 5ème étude menée par GEF en partenariat avec Sociovision Cofremca a questionné 21 dirigeant(e)s et entrepreneurs ainsi que 4200 diplômé(e)s de ses écoles autour de trois axes:

  • Les enjeux pour les dirigeant(e)s de demain
  • La vision de l’accès au pouvoir et de son exercice (qualités et compétences requises etc.)
  • Les propositions d’actions concrètes pour avancer positivement dans cette voie.

 

L’objectif étant de comprendre pour mieux agir. Voici les résultats de cette étude concernant les enjeux de la société civile, vus par les diplômé(e)s de ces 10 grandes écoles (Centrale Paris, ENA, Ecole des Ponts PariTech, ESCP Europe, ESSEC, HEC, IEP Paris, INSEAD, Mines ParisTech et Polytechnique).

 

 

 

Évolution de la relation au travail

 

La question de l’accès au pouvoir, c’est à dire aux postes de dirigeants d’entreprise, révèle que les diplômés des Grandes écoles sont ambitieux, mais pas à n’importe quel prix. C’est sans doute une évolution majeure de la relation au travail qui pointe le bout de son nez: il n’est plus une source de réalisation de soi à lui seul.

 

 

 

 

 

2 freins à l’évolution professionnelle

 

Il est assez frappant de constater que deux freins se détachent autant, laissant très très loin derrière d’autres entraves à l’évolution professionnelle devenues anecdotiques, et que ces deux freins n’ont rien à voir avec les compétences professionnelles ou les responsabilités inhérentes au pouvoir:

 

 

 

L’équilibre vie personnelle vie professionnelle

 

La relation au travail est en pleine mutation, même si certains clichés issus d’une conception du travail en voie d’obsolescence ont encore la peau dure. L’un de ces clichés est l’idée que la réalisation de soi est intimement liée à la carrière, à la « réussite » professionnelle, et que celle-ci est l’aboutissement d’une vie professionnelle presque linéaire: un peu plus de responsabilités à chaque promotion, jusqu’à atteindre les instances dirigeantes de l’entreprise.

 

Or, aujourd’hui, plus grand monde ne veut d’un travail qui soit la source principale de réalisation de soi et, nous y reviendrons, les hommes encore moins que les femmes. Tous veulent non seulement préserver mais aussi vivre pleinement leur vie personnelle, et la « réussite » de sa vie tout court passe par là.

 

 

En conséquence, il est de moins en moins tabou aujourd’hui de vouloir travailler moins et vivre mieux, voire même d’être capable de refuser une promotion, au cas où elle vienne menacer l’équilibre vie professionnelle – vie privée.

 

 

Les conflits de valeurs

 

L’évolution de la relation au travail s’explique aussi assez facilement à une époque où le rôle de l’entreprise s’est déshumanisé, dans un monde où on laisse trop de pouvoir aux financiers et qui ne sortira peut-être jamais vraiment de la crise.

 

 

Il devient de plus en plus difficile de se contenter de petits arrangements avec l’écart grandissant entre les valeurs individuelles – motrices ou morales -  et la façon de piloter les entreprises. Or, nous pouvons remettre nos valeurs gentiment dans notre poche avec notre mouchoir par-dessus: elles finissent le plus souvent par nous rattraper et nous mettre sous le nez l’aberration de certaines situations professionnelles, dont l’absence d’éthique, d’équité, d’humanisme et plus généralement de sens devient insupportable.

 

Le refus de plus en plus marqué de s’asseoir sur ses valeurs au nom d’un salaire raisonnable est certainement l’indicateur que la perte de ces valeurs dans le fonctionnement des entreprises n’a d’égal que la nécessité pour l’être humain de pouvoir vivre en adéquation avec ses principes. En d’autres termes, si nous sommes probablement tous prêts à faire la pute pour un certain prix, il y a aussi un moment pour chacun de nous où à l’intenable nul n’est tenu et où il redevient indispensable de pouvoir simplement dormir sur ses deux oreilles… car le cerveau a du mal à trahir ses valeurs pour de l’argent.

 

Et il y a peut-être là une bonne nouvelle, car si l’on ne peut aujourd’hui espérer des gouvernements qu’ils « moralisent » l’économie, c’est bien la détermination de chacun d’entre nous à revenir à des fonctionnements plus humains qui peut permettre la mise en œuvre de nouveaux modèles. En espérant pas mal de réflexion autour de cela, car l’effet balancier a malheureusement tendance, après un excès, à nous envoyer tout droit dans l’excès inverse!

 

 

 

Freins à l’évolution et reconversion professionnelle

 

Ce qui m’a marquée à la découverte de ces deux freins à l’évolution professionnelle, c’est qu’ils correspondent parfaitement aux deux raisons principales qui amènent mes clients à explorer leur désir de changer de métier: pouvoir vivre en fonction de leurs aspirations, qui tournent essentiellement autour de la conciliation vie personnelle et vie professionnelle, et de l’exercice éthique d’une profession, c’est à dire l’exercice cohérent avec leurs systèmes de valeurs, motrices et/ou morales.

 

Ainsi dons il y aurait une conviction forte aujourd’hui que l’entreprise permet de moins en moins de concilier pouvoir et éthique, ce qui expliquerait le chiffre somme toute faible d’envie de changer d’entreprise pour aller vers plus de pouvoir, avec l’idée sous-jacente que c’est pareil partout. La solution reste alors la reconversion professionnelle avec, pour un certain nombre de candidats, la création d’entreprise à la clé, entreprise qu’ils pourront développer à leur manière. On constate d’ailleurs que pour une bonne part, le profit et les revenus générés sont moins importants que le désir d’être droit dans ces bottes et de prendre ses propres décisions en son âme et conscience.

 

Et c’est peut-être d’ailleurs dans la construction de nouveaux modèles d’entreprises qu’une solution durable se trouve, davantage que dans l’application artificielle de valeurs à but essentiellement marketing, à des entreprises déjà existantes.

 

Voilà l’un des grands défis et le nouvel enjeu de la formation et de l’accompagnement aux créateurs et chefs d’entreprises, pour éviter que les entreprises de demain soient le simple prolongement de celles d’aujourd’hui et éviter l’excès de mercantilisme, le mépris du client, l’irrespect du salarié et au delà la déshumanisation de la société. Cela signifie vérifier que les objectifs de l’entreprise et les stratégies de développement soient d’une part en adéquation avec les valeurs de l’entrepreneur, et d’autre part profitables à tous et au détriment de personne.

 

Ce challenge correspond étroitement à l’image que ce font les diplômés des Grandes écoles du dirigeant de demain, dont nous détaillerons le profil la semaine prochaine.

 

 

Voir aussi

 

Le boulot idéal: une réalité à inventer?

Les 7 ingrédients du plaisir au travail

Les valeurs, l’énergie renouvelable de la motivation

Produire vs induire le sentiment d’être heureux

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Construire le bien-être au travail

Changer de métier pour concilier vie professionnelle et vie privée

Ebook gratuit: l’équilibre vie professionnelle/vie privée

Concilier vie professionnelle et vie privée, interview dans l’Express

Entreprendre: les 10 clés de la réussite

Des compétences relationnelles au pilotage de l’entreprise

Stratégies efficaces vs stratégies adéquates et éthiques

 

 

 


Aller plus loin

 

Vous voulez améliorer votre quotidien au travail? Construire un projet professionnel cohérent, en fonction de vos aspiration, vos goûts, vos valeurs? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Appartenance et résilience collective

Sylvaine Pascual – Publié dans Regards croisés / Relations

 

 

 

Tout au long de l’histoire, l’être humain a traversé mais aussi initié des changements profonds… en groupe. La tribu, c’est quand même rassurant, car les épreuves, les changements inattendus ou non désirés sont plus faciles à traverser à plusieurs, le sentiment d’appartenance permettant une forte résilience collective.

 

 

 

Résilience

 

Cette très jolie animation parle de résilience: la capacité à rebondir face aux difficultés et au changement. Mais aux discours habituels sur ce qui renforce la résilience, elle ajoute une dimension relationnelle très pertinente: nous sommes plus à même d’être résilients lorsque nous affrontons le changement à plusieurs. Car le groupe est plus solide que l’individu isolé, et par là même, il peut être le moteur de changements bénéfiques.

 

(Cette vidéo a aussi pour objectif une promotion des projets locaux, dans le cadre du développement durable, de l’économie sociale et solidaire qui sont davantage de l’ordre des idées politiques et économiques de chacun, aussi je vous laisse seuls juges de cet aspect, et je me concentre sur la question de la résilience collective.)

 

 

 

 

Le changement, ensemble

 

Le collectif permet de gérer le changement ensemble, au lieu de le subir seul(e). Une communauté, si elle a des points communs, est aussi composée de personnes aux caractéristiques diverses qui sont unies par un sentiment d’appartenance fort. L’une des composantes de ce sentiment d’appartenance est le fait de savoir que cette communauté sera là en cas de coup dur. Le soutien moral, le sentiment d’être entouré, de pouvoir s’appuyer sur ses proches sont indissociables du bien-être et du sentiment de sécurité morale et sociale qui permet de s’adapter plus facilement au changement et de traverser les épreuves plus sereinement.

 

Le groupe génère aussi des liens internes entre ses membres, pour en faire une mosaïque cohérente de talents, de ressources, de compétences, de savoir-faire. Ceux-ci, exploités en commun, au service d’un objectif commun, se renforcent et se complètent mutuellement pour élaborer des idées et des stratégies soit pour l’adaptation au changement, soit pour initier des changements positifs et innover.

 

A son tour, cette mosaïque va générer des liens avec d’autres communautés, avec lesquelles elle va s’enrichir, se compléter et se renforcer. Ces groupes peuvent être de natures bien différentes: amis, famille, associations, quartiers, entreprises etc. De même que chaque être humain a besoin de vivre en interdépendance avec les autres, chaque groupe fait partie d’un tout plus grand que lui. A moins d’être un anachorète égyptien amateur de désert, le bien-être et la résilience, c’est aussi les autres, c’est chacun d’entre nous avec les autres.

 

Ainsi chacun d’entre nous a besoin d’appartenir a des groupes soudés autour d’objectifs commun dans lesquels il/elle se reconnaît et qui correspond à ses valeurs. Et il est de la responsabilité de chacun d’entre nous d’œuvrer à la cohésion de ces groupes, afin qu’ils soient en mesure de générer le changement positif ET de faire preuve de résilience en cas de coup dur, au lieu de céder au chacun pour soi.

 

 

 

Indispensable appartenance

 

Évidemment, sur le plan purement théorique, tout cela semble naturel et du domaine du bon sens…la résilience pour les nuls, en quelque sorte. Du moins jusqu’à ce que les égos s’en mêlent. La peur de l’autre et son pendant, l’intérêt personnel, quand ils s’expriment plus fort que les besoins collectifs, sont le sable qui bloquent les rouages du bon fonctionnement du groupe, au détriment du dit groupe, mais aussi, individuellement, du bien-être de chacun de ses membres.

 

Le désir d’épanouissement personnel, de réalisation de soi est souvent accusé de mettre à mal l’esprit d’équipe et la capacité à collaborer. Or ça n’est pas le cas (ou ne devrait pas l’être), car le bien-être personnel passe nécessairement par des relations saines et sereines, par la satisfaction des sentiments d’appartenance et de reconnaissance. L’obstacle réel est bien l’intérêt personnel magnifié au point de s’exprimer au détriment des autres et des communautés. La détermination à obtenir ce qu’on veut en dépit des valeurs communes et de l’éthique effrite les fondations du collectif et minimise sa capacité de résilience. Au premier coup dur, on se retrouve alors avec un groupe qui se nourrit d’un bouc-émissaire, ou qui voit ses membres se monter les uns contre les autres.

 

 

3 axes de construction de l’appartenance

 

Je retiens de cette vidéo 3 éléments qui participent du renforcement de la cohésion, qui autorisent le sentiment d’appartenance et permettent la résilience collective:

 

  • La confiance: La vidéo a choisi l’imagerie du surf, je prendrai pour ma part celle du rugby, qui m’est plus familière: la confiance mutuelle qui renforce le groupe est un mélange de définition précise des rôles et apports de chacun, d’engagement individuel au service du groupe, de respect mutuel, de gestion des égos et de l’erreur. Elle est centrale à l’esprit d’équipe.
  • L’apprentissage: par l’expérimentation et la pratique, plutôt que par l’excès de théorie (qui actuellement est la plaie du management). Remplacer la crainte de l’erreur (et donc la mise à l’index) par l’apprentissage: comment à en tirer les leçons, par la triplette évaluation/décision/action qui permet de sortir du sentiment d’échec. A la fois sur le plan individuel et collectif.

 

A l’arrivée, l’équilibre est évidemment délicat à trouver, fragile et fluctuant. Il est donc indispensable de l’évaluer et de le réajuster régulièrement. Tout ce travail de construction et d’entretien ne peut s’effectuer que conjointement au niveau individuel et collectif, ce qui signifie qu’il est à la fois long et complexe. Il est cependant un véritable investissement sur l’avenir et la cerise sur le gâteau, c’est qu’il débouche naturellement sur des relations qui permettent la gentillesse, formidable ressort relationnel qui nécessite de sacrées tripes à mettre en œuvre seul(e).

 

 

 

Voir aussi

 

Relation à soi/relation aux autres: le cocktail indispensable

Besoins affectifs: bien-être et dépendances

Répondre à son besoin d’appartenance sociale

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Ebook gratuit: le triangle de Karpman; comment sortir des rôles relationnels

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

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Vitamines mentales: besoin de réconfort?

Garder le moral quand tout va mal

 

 

 

 

A lire ailleurs

 

La confiance, principale valeur de l’entreprise?

A chaque organisation sa mosaïque de managers

La résilience collective

Besoin des autres, envie de liens

 

 

 


Aller plus loin

 

Vous voulez développer et entretenir des relations saines et nourrissantes? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Enjeux de société: 3 paradoxes et une bonne nouvelle

Sylvaine Pascual – Publié dans Entreprendre / regards croisés

 

 

 

J’ai été invitée au colloque Quels dirigeants, quelles dirigeantes pour demain?, organisé par le groupe Grandes écoles au féminin (GEF), suite à une étude menée sur le sujet. Cette étude très riche a abordé le sujet sous plusieurs angles, que je vous propose de découvrir au fil de plusieurs articles. En commençant aujourd’hui par les trois paradoxes des enjeux de la société… et la bonne nouvelle qui en découle.

 

 

 Grandes écoles au féminin

 

Ce groupe très actif regroupe les associations de diplômés de 10 grandes écoles: Centrale Paris, ENA, Ecole des Ponts PariTech, ESCP Europe, ESSEC, HEC, IEP Paris, INSEAD, Mines ParisTech et Polytechnique.

Elle s’est donné pour mission d’être:

  • Un observatoire de l’évolution des parcours des femmes et des hommes diplômés de ses écoles et à ce titre a mené 5 études depuis 2003.
  • Un acteur qui fait bouger les lignes sur le front de la modernisation des entreprises et des administrations, en premier lieu sur le thème de la mixité du management et top management.
  • Un réseau de réflexion, de témoignages et de partage de bonnes pratiques avec les dirigeants ou responsables politiques, intellectuels. GEF organise régulièrement des petits déjeuners sur ces thématiques.

 

La 5ème étude menée par GEF en partenariat avec Sociovision Cofremca va au-delà de la modernisation des entreprises par la mixité. Elle a questionné 21 dirigeant(e)s et entrepreneurs ainsi que 4200 diplômé(e)s de ses écoles autour de trois axes:

  • Les enjeux pour les dirigeant(e)s de demain
  • La vision de l’accès au pouvoir et de son exercice (qualités et compétences requises etc.)
  • Les propositions d’actions concrètes pour avancer positivement dans cette voie.

L’objectif étant de comprendre pour mieux agir. Voici les résultats de l’étude menée par Sociovision sur les aspirations des français vis à vis des dirigeants et du travail. Ils s’expriment essentiellement en trois paradoxes qui sont le reflet d’une société tiraillée entre technologie et performance d’un côté, et besoins humains de l’autre.

 

 

 

Paradoxe 1: montée de l’autonomie, baisse de la prise de risque

 

65% des français se sentent pleins de ressources et capables d’entreprendre de nombreuses choses, 53% aiment relever des défis. Pourtant seuls 16% sont prêts à prendre des risques, chiffre en chute libre depuis 97 où il était de 28%.

 

 

 

Ce paradoxe est peut-être le fruit d’une société de plus en plus inquiétante et incertaine, en particulier sur le plan économique et financier. Si le sentiment de compétence augmente, la prudence est de plus en plus de mise:  l’ambition oui, mais pas à n’importe quel prix.

 

Aujourd’hui, l’envie d’entreprendre au sens de créer ou reprendre une entreprise peut être considérée comme une prise de risque inutile et indésirable. Ajouté à cela le fait que préserver sa vie personnelle devient un enjeu de plus en plus important, et même une priorité pour 81% des hommes et 69% des femmes interrogés, et on comprend aisément le manque de motivation à mettre sa situation en danger.

 

Le sentiment grandissant – à tort ou à raison – d’insécurité morale et financière, augmente l’ampleur des difficultés supplémentaires en cas d’échec: il apparaît plus difficile de rebondir. Le désir de challenge associé au sentiment de compétence ne se traduisant pas par la prise de risque, le besoin de lui trouver un moyen d’expression passe par un désir d’autonomie accru. Disposer d’autonomie dans l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies pour mener à bien un projet à l’intérieur d’une structure est, en soi, un défi à relever, mais qui reste dans un cadre relativement sécurisant.

 

Malheureusement, à une époque où n’importe quelle transition professionnelle peut ressembler à une prise de risque, on en arrive aussi à des situations absurdes dans lesquelles la crainte de la prise de risque est telle qu’elle génère une illusion de sécurité – le boulot actuel – dont la conséquence directe peut être l’aveuglement et la non prise an compte des signaux qui mènent droit au burnout sans même s’en rendre compte.

 

En revanche, Eloic Peyrache, directeur délégué d’HEC, note une augmentation très forte de l’intérêt pour entrepreneuriat au sein de son campus, qu’il lie à la montée de l’individualisme. Cet engouement des jeunes générations pour la création d’entreprise est peut-être aussi un indicateur fort de la perte de confiance en les institutions et entreprise (3ème paradoxe) qui pousse les jeunes générations à avoir davantage envie de travailler pour eux-mêmes, ce qui jusqu’à il y a peu, était peu ancré dans la culture des grandes écoles.

 

 

 

Paradoxe 2: Dictature de l’immédiat vs quête de sens

 

Les intervenants ont souligné combien le rapport au temps a changé ces dernières années et comment les nouvelles technologies nous ont propulsés dans ce qui est en passe de devenir une véritable dictature de l’instantané: pour 51% des français, l’essentiel, quand on entreprend quelque chose, c’est d’obtenir des résultats rapides. Et dans le même temps, 78% aimeraient que la société ait un but commun auquel cela vaudrait la peine de se consacrer.

 

 

Ce paradoxe n’est sans doute qu’apparent, car l’excès d’immédiateté dépouille l’action de sens, comme par exemple le goût du travail bien fait, la satisfaction durable des résultats pérennes, bref, ce qui s’inscrit dans le temps à long terme. Du coup, il n’est peut-être pas si étonnant que ça de se retrouver en quête de sens ailleurs. Car l’obsolescence quasi immédiate de ce que nous obtenons ne permet pas de construire la satisfaction durable, et par la même une image positive de soi durable. Il devient obligatoire de remettre son métier sur l’ouvrage pour obtenir, encore et encore, des miettes de construction de soi qui, mises bout à bout, n’œuvrent jamais dans le sens d’un édifice solide.

 

En d’autres termes, une cathédrale, ça ne se construit pas en 5 minutes, et le sentiment à la fois de réalisation de soi, de sens, mais aussi d’utilité, de contribution, c’est à dire ce qui va au delà de nous-mêmes et nous inscrit dans un rôle significatif au sein de la société ne se bâtit pas dans l’éphémère et l’instantané. Le sens produit aussi l’engagement, suscite la motivation et le goût de l’effort, bref, les conditions nécessaires à la réalisation de projets qui ont un peu d’ampleur. Le but commun, quant à lui, favorise l’esprit d’équipe.

 

D’autre part, le seul profit ne suffit pas à nourrir cette quête de sens. Les participants au colloque ont insisté sur le fait que depuis les années 2000, la quête de sens s’est renforcée autour de l’idée qu’on n’a pas envie d’être responsable du mal-être de la planète.

Cependant, je pense que le sens de ce que nous faisons va plus loin que les enjeux d’environnement durable et s’exprime fortement au travers du sentiment d’utilité au sens large. C’est d’ailleurs un moteur très fréquent chez mes clients en reconversion, qui ont souvent le sentiment, même lorsqu’ils ont des postes à responsabilité, de n’être qu’un rouage au sein de la machine et de ne pas voir le résultat concret de leur action professionnelle.

Rappelons que le sens est un sentiment très personnel et que la question de sa propre contribution au monde qui nous entoure est cruciale dans la construction d’un projet professionnel cohérent.

 

Cet apparent paradoxe explique peut-être aussi pourquoi la prise de risque est en baisse: l’exigence de rapidité des résultats manque de sens et nécessite un engagement personnel en termes de temps et d’énergie que les français d’aujourd’hui ont de moins en moins envie de fournir, car il correspond fréquemment au sacrifice d’une partie de sa vie personnelle. Sacrifice que 70% d’entre eux ne sont plus enclins à faire.

 

 

 

Paradoxe 3: Contestation des institutions vs demande d’autorité

 

Seuls 33% des français estiment que les grandes entreprises servent les intérêts du public (35% pour le gouvernement et 20% pour les partis politiques) et à l’inverse, 65% pensent que dans une entreprise, il est normal que le patron décide et que tout le monde obéisse.

 

 

 

Ce paradoxe-là trouve sans doute une partie de son explication dans l’égo. Chacun d’entre nous, en position réelle ou imaginée de diriger une équipe, attend des autres le respect de son statut. Car l’auto-objectivation est un art difficile, et l’on reconnait plus facilement les erreurs des autres que les siennes.

 

Cependant, ces chiffres marquent aussi un profond désaveu des institutions, une perte de confiance généralisée dans des entreprises et institutions incapables de garantir un minimum d’équité, de sens, ou de la prospérité qui entretiendrait l’espoir de lendemains meilleurs. Lendemains qui, au passage, rendraient la prise de risque moins inquiétante, puisque l’échec apparaitrait alors moins probable et moins définitif.

 

Ce désaveu des institutions marque peut-être aussi – et ce serait là la vraie bonne nouvelle -  le début du refus de participer à la déshumanisation des entreprises au profit du triomphe du tout-financier. Il se placerait ainsi dans la droite lignée du besoin de sens exposé plus haut, et de la détermination à ne plus agir à l’encontre de ses valeurs, autre révélation de l’étude que laquelle nous reviendrons.

 

D’autre part, sous la demande d’autorité se cache peut-être aussi le besoin de règles claires, équitables, connues de tous, celles qui font que chacun peut s’y reconnaître, reconnaître sont rôle et comprendre celui des autres – donc sait quand, comment et sur qui s’appuyer en cas de besoin.  Le tout constituant  des vitamines à sentiments d’appartenance et de reconnaissance, fondations indispensables de la collaboration et à l’engagement. Il s’agirait alors d’un équilibre entre marge de manœuvre personnelle dans un cadre clair.

 

 

 

Bonne nouvelle

 

Ainsi, ces paradoxes sont peut-être une bonne nouvelle. L’évolution de la société et des stratégies d’entreprises, après avoir exploré les itinéraires inhumains de la performance à tout prix, pourrait bien prendre un virage serré pour s’intéresser à des alternatives viables et compétitives mais plus porteuses de sens, plus respectueuses des besoins fondamentaux et des limites naturelles de l’être humain.

 

Il y a là, pour les dirigeants de demain, matière à réfléchir sur les enjeux à la fois collectifs et individuels dans le développement de leurs entreprises:

  • Développer des entreprises porteuses de sens, qui donnent le sentiment à leurs salariés de contribuer à l’amélioration de la vie et à la préservation de la planète, plutôt qu’à gonfler le portefeuille de ses actionnaires.
  • Donner à chacun accès aux outils nécessaires à l’identification des valeurs personnelles et de la définition, au niveau individuel, de ce qui fait sens, de façon à pourvoir construire des itinéraires professionnels cohérents. Ce qui passe bien entendu par l’exploration de soi, de ses aspirations et des ses besoins professionnels.

 

Et la suite des résultats de cette étude va dans ce sens, puisque le profil du dirigeant de demain est diamétralement opposé à celui du dirigeant d’aujourd’hui, comme nous le verront la prochaine fois.

 

 

 

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Aller plus loin

 

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7 idées pour construire la posture managériale

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle / regards croisés

 

 

 

Retour sur le #Twunchmanagement de Lyon,  qui a été l’occasion d’échanges fructueux sur les dispositifs managériaux, aussi bien au niveau de la personne en tant que manager que de l’organisation an sens large. Et j’ai le plaisir de vous présenter le premier d’une série de 8 billets en collaboration avec Marie-Pierre Fleury et Lilian Mahoukou sur le management, nés de cette rencontre.

 

 

 

twunch management construire la posture managéiraleDiscussion en liberté

 

Nous nous sommes retrouvés autour d’un déjeuner pour discuter management. Nous avons opté pour une discussion informelle et spontanée, laissant fuser les idées au gré de la conversation, autant au niveau des compétences du manager que de l’organisation dans son ensemble. Une sorte d’escapade en liberté sur les vastes et complexes territoires du management.

 

Je tiens d’abord à saluer mes complices du jour pour la qualité de l’échange, mélange de vivacité d’esprit, de bon sens, de finesse d’analyse et d’expérience.

 

Il en est ressorti quelques idées principales que Marie-Pierre Fleury - id-carrieres, Lilian Mahoukou - Projet Doppelganger et moi avons décidé de partager avec vous au fil d’une série de billets que vous pourrez lire en alternance sur les blogs des uns et des autres.

Quand je dis idées principales, ce sont plutôt des idées qui ont particulièrement retenu notre attention. Elles ne constituent en aucun cas un « guide du management », ce sont simplement les fruits d’une réflexion, quelques dimensions qui font partie intégrante d’un tout managérial, et qui nous ont semblé intéressantes à souligner.

 

 

Managers en construction!

 

D’autre part, les managers ont tendance à être le point de focalisation de toutes les critiques, et rendus responsables de tous les maux de l’entreprise. Or, ils débarquent le plus souvent à leur poste sans formation spécifique, avec, comme tout un chacun, leur lot de compétences, mais aussi d’imperfections et de limites. Il nous a donc paru important d’aborder le sujet non pas sous l’angle des compétences qu’un manager devrait avoir, mais plutôt d’envisager ce qui peut être mis en œuvre pour construire la posture managériale, au fur et à mesure.

 

 

7 idées pour construire la posture managériale

 

1- Le double prisme d’évaluation des managers

Premier de notre série, vous pourrez lire ce billet chez Lilian Mahoukou sur son blog Doppelganger dès mercredi 13 septembre. A la question qu’est-ce qu’un bon (ou un mauvais) manager, la réponse n’est pas simple, car il est soumis à une double série de critères  qui parfois s’ignorent mutuellement, et parfois sont franchement contradictoires : ceux de ses collaborateurs et ceux de sa hiérarchie.

 

2- A chaque organisation sa mosaïque de managers

La manager idéal n’existe pas : chaque entreprise a besoin d’une mosaïque de managers, en fonction de ses spécificités et de sa culture, ainsi que des caractéristiques et besoins de chaque équipe. Tout l’art de générer de bons managers réside dans le fait de concilier ces dimensions, pour que chaque association manager/poste soit cohérente et efficace.

 

3- Sortir les managers de l’égo

L’égo et ses peurs cachées sont responsables de tous les jeux de pouvoirs qui peuvent se nouer entre deux personnes, à fortiori entre un manager et les membres de son équipe.  Renforcé par la position hiérarchique, l’égo et ses modes d’expression génèrent du stress pour le manager comme pour ses collaborateurs. Éviter l’excès d’intérêt personnel et développer l’affirmation de soi respectueuse de l’autre à la place.

 

4- Avoir le goût de la gestion des hommes

Ce point-là me plaît particulièrement, car il est du domaine d’un bon sens qui, plus souvent exploité en entreprise, résoudrait bien des problèmes. Gérer des  personnes n’est pas une sinécure, et même lorsque l’on a les compétences relationnelles et comportementales pour le faire, l’absence de goût pour l’exercice est préjudiciable à tous. Or c’est un point totalement négligé lors de la  promotion au poste de manager.

 

5- Un développement managérial durable, au niveau individuel et collectif

On ne forme pas un manager à coups de séminaires de trois jours. Les compétences managériales se développent sur la durée, autant au niveau individuel que collectif, au travers de plans d’évolution (plus que de formation) qui s’adaptent aux besoins du manager comme à ceux de l’entreprise.

 

6- La nécessité de réseaux de support et d’appui pour les managers, en interne et en externe (psy, médecine du travail etc.)

Si les managers, mal formés, sont à l’origine de bien du stress en entreprise, ils ont aussi une position intenable, pris entre le marteau et l’enclume des besoins de leurs collaborateurs et exigences de la hiérarchie. Ils ont énormément besoin d’être soutenus et de pouvoir s’appuyer, quand la nécessité se fait sentir, sur un réseau d’experts qui pourront les aider à gérer au mieux une situation délicate, leur fournir un espace ou exprimer leurs difficultés, répondre à leurs questions et renforcer leurs compétences managériales.

 

7- Un compromis de compétences modulables

Si l’on fait la liste des compétences techniques, managériales, relationnelles et comportementales que « doit » avoir un manager, on arrive à une sorte d’idéal de surhomme quasi inatteignable, qui fait peser une lourde responsabilité sur leurs épaules, et le sentiment de ne pas pouvoir être à la hauteur. L’idée est donc bien plus de rechercher un compromis de compétences modulables qu’un idéal du domaine du fantasme.

 

 

Voir aussi

 

Vie professionnelle: 11 comportements qui tuent

Quel travail voulez-vous?

Des compétences relationnelles au pilotage de l’entreprise

Valeurs du rugby appliquées à la vraie: le respect

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: l’engagement

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: l’esprit d’équipe

Reconnaissance au travail: interview de Sylvaine Pascual dans Courrier Cadres

Comportements au travail: Interview de Sylvaine Pascual sur journaldunet.com

 

 

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Les traces que nous laissons derrière nous

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Sylvaine Pascual – Publié dans Regards croisés   Tweet

 

Que ce soit par la plaque à notre nom au cimetière, par les enfants qui nous prolongent ou par nos accomplissements, nous laissons tous une trace plus ou moins ténue de notre passage sur cette Terre. Et pour nous, encore bien vivants, il est toujours temps de nous poser la question: non pas de quelle empreinte nous allons laisser après nous, mais belle et bien de celle que nous voulons laisser.

 

empreinte 2

Epitaphe sauce Nantua

 

On pense tout de suite à la question tellement fréquente en développement personnel qu’elle en est devenue un lieu commun un peu convenu, mais tant pis, je vous la ressers en sauce Nantua: quelle épitaphe vourdiez-vous voir sur votre tombe?

La question a du bon dans ce qu’elle nous pousse à réfléchir à nos aspirations les plus profondes, que nous repoussons sans cesse aux calendes Greques, forts de tout un tas de bonnes excuses… Nous procrastinons tellement sur nos aspirations que nous vieillissons souvent avec des regrets plein la musette.

 

Il faut dire que de façon générale, la société nous encourage davantage à baisser la tête et tenir bon qu’à l’accomplissement de soi, sur lequel on jette facilement le regard soupçonneux de ceux qui accusent leur chien de la rage.

 

Cependant, ce n’est pas tant l’ampleur de la trace que nous laissons qui compte, que le sens qu’elle a à nos yeux. Vous n’avez pas l’ambition de devenir Prix Nobel, les Beatles ou Mère Térésa? Et alors? Moi non plus: trop fatigant. En revanche, chacun d’entre nous peut laisser des empreintes peut-être modestes, peut-être discrètes, mais qui participent à rendre le monde meilleur – du moins le nôtre. En voici un bel exemple.

 

 

La pinède de Baixas

 

Les collines au dessus de Baixas* sur lesquelles j’ai passé les vacances de Pâques de mon enfance à arpenter étaient recouvertes d’un mélange pelé de thym, de romarin et de cailloux. A force de cramer l’été, victimes d’incendies déclenchés par des promeneurs négligents, plus un arbre n’avait poussé dans cette garrigue déséchée. Jusqu’à ce que des écoles du coin montent un projet pour replanter des pins. Je me souviens, toute môme, alors que nous crapahutions à la recherche d’asperges sauvages et de fenouil, nous nous demandions si ces bébés sapins survivraient sur ces collines battues par le vent…

 

Non seulement ils ont survécus, mais ils sont devenus une magnifique pinède agrémentée ça et là de cyprès et d’oliviers près desquels s’épanouissent des pieds d’aperges par milliers et des fleurs d’ail: un paradis Catalan.

 

J’ignore ce que sont devenus les enfants et enseignants qui ont participé à cette épatante opération et ça n’a aucune importance. Chacun d’entre eux, par un simple geste, a laissé une chouette trace, une jolie empreinte inscrite dans un recoin d’eux-mêmes autant que sur cette terre caillouteuse et pour laquelle ils peuvent en ressentir une vraie fierté.

 

 

Et vous: quelles traces avez-vous envie de laisser?

Quelles contributions, petites et grandes vous permettront de laisser une  chouette empreinte, qui correspond à l’image que vous avez de vous-même?

Qu’allez-vous faire?

Quand?

 

*Joli village des Pyrénées Orientales

 

 

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Contribuer

 

 

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« pensée positive »: le revers de la médaille

Sylvaine Pascual – Publié dans: Regards croisés

 

Je suis tombée sur cette vidéo, qui m’a donné envie d’aborder enfin le thème de la « pensée positive », ensemble de techniques régulièrement encouragées dans le développement personnel, pourtant souvent inefficaces, parfois franchement douteuses et fréquemment porteuses de bien des illusions…

 

 

méfaits de la pensée positiveLénifients champions du verre à moitié plein

 

On nous la présente souvent associée à des images de nanas empreintes de zénitude épanouie, les bras au ciel, offrant leur chakras biens ouverts à l’univers accueillant. Débarquée d’outre-Atlantique avec des tombereaux de naïveté, la pensée positive a été reprise partout, comme le sont souvent les solutions toutes faites, en apparence simples mais en réalité simplistes, par des gens qui n’ont pas toujours conscience de ses effets négatifs, par manque d’esprit critique, de recul ou de jugement. Et si la pensée positive peut avoir l’apparence d’une jolie médaille dorée de la joie de vivre, elle a le revers amer de l’illusion.

 

J’ai déjà piqué un coup de gueule face aux discours lénifients véhiculés par les champions du verre à moitié plein dans un billet intitulé Épreuves et cadeaux de la vie qui reprend une autre vidéo, celle d’une intervenante du TED déguisée en mère courage qui enjoint les quidams que nous sommes à considérer une tumeur au cerveau comme un « cadeau de la vie ». Le danger que représente ce type de message à mes yeux, c’est qu’à force de considérer ce genre d’attitude comme admirable, elle deviendra même obligatoire: on en finira par nier le droit à la fragilité, à la vulnérabilité, à la souffrance face à une situation difficile.

 

 

Les méfaits de la pensée positive selon Barbara Ehrenreich

 

Cette vidéo est une animation à partir d’une conférence de Barbara Ehrenreich, écrivain, journaliste de renom et militante politique américaine, qui dénonce ici les méfaits des dérives de la pensée positive et en particulier les formes de pression qu’elle représente. Les exemples qu’elle donne sont un peu extrêmes et schématiques, mais ils ont le mérite d’être très parlants. Pour ceux d’entre vous qui ont du mal avec l’anglais, je vous ai concocté un rapide résumé en dessous.

 

 

 

 

1- Pousser une personne qui vient d’être licenciée à croire que c’est une bonne chose, une opportunité d’évolution, et que l’essentiel dans la recherche d’embauche est d’avoir une attitude positive.

2- Expliquer à une personne déprimée, qu’il « ne faut pas se plaindre » mais sourire comme si tout allait bien.

3- L’obligation de bonne humeur et d’optimisme béat et irréaliste, même quand la situation est problématique

4- L’idée qu’on peut changer le cours des choses avec ses pensées, et que celles-ci nous attirent ce qui nous arrive.

5- L’ignorance volontaire: à partir du moment où on s’oblige à « penser positif » il y a un risque d’ignorer les indications que la situation n’est pas rose.

6- La cruauté qui consiste à expliquer à des personnes en difficulté que tout est dans leur tête, qu’elles n’ont qu’à changer de façon de voir les choses. La journaliste donne ici l’exemple immensément choquant de Rhonda Byrne, auteur du best-seller Le secret (la bible des marchands de bonheur), qui explique sans sourciller que le tsunami de 2006 était probablement dû au fait que les victimes avaient envoyé les vibrations responsables du tsunami dans l’univers…

7- L’encouragement à la passivité: si l’on peut attirer à soi toutes les richesses qu’on veut rien qu’en y pensant, alors il n’est pas très utile d’aller au charbon.

 

 

Les fausses bonnes idées de la pensée positive

 

Le reste de sa conférence a une teinte plus politique que psychologique, aussi je ne m’étendrai pas dessus.

Ce que je trouve particulièrement gênant dans ces versions simplistes de la pensée positive (qu’il convient de distinguer de la psychologie positive), c’est qu’elles soient posées en vertus quasi magiques et incontournables, jusqu’à nier ses propres ressentis, qui sont pourtant les seuls gardiens de notre bien-être.

 

Et dans un prochain billet, nous aborderons les 5 fausses bonnes idées de la pensée positive qui me paraissent néfastes au développement personnel, et quoi faire à la place. Car si la pensée positive me paraît parfaitement inefficace et parfois franchement douteuse, il existe des techniques qui permettent de développer un état d’esprit favorisant la mise en action et l’estime de soi sans pour autant imposer une fausse béatitude qui nous transforme en ingénus gobeurs de mouches qui attendent la distribution des cadeaux tout en pratiquant le déni avec un zèle décérébré.

 

La bonne humeur et l’optimisme générés sont une conséquence fréquente de l’application de ces techniques, pas un passage obligé ou un moyen de faire croire qu’en remettant les difficultés de la vie dans notre poche avec un mouchoir par dessus, elle disparaîtront.Voici les 5 fausses bonnes idées que nous traiterons :

 

 

 

Et vous, quelle idée vous faites-vous de la pensée positive?

En avez-vous testé certaines techniques?

Avec quels résultats?


 

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Un grain de sagesse

Sylvaine Pascual – Publié dans  Regards croisés  

Toute philosophie de vie comporte une part de sagesse que nous aimerions transmettre. Et pour l’offrir aux autres, commençons par en semer quelques grains dans nos propres vies.

 

Besoin de sagesse et désir de reconnaissance?

 

Des tas de concepts ont des définitions aussi variables que les cours du pétrole, ce qui par ricochet peut avoir des conséquences compliquées sur nos relations: nous avons en effet une fâcheuse tendance à croire que notre propre définition de concepts, de notions ou de valeurs sont universels. Ou pire: qu’ils devraient l’être. Ego, quand tu nous tiens par la barbichette, nous nous prenons pour des sages!

 

Et les sages, on les écoute…

 

 

Grain de sagesse et transmission

 

Cependant, chacun d’entre nous peut aspirer à une sagesse personnelle sans attendre celle de l’âge, une sagesse qui n’a pas pour objectif ce désir d’influence – fils de la soif de reconnaissance, mais plutôt d’offrir des valeurs en héritage.  Nous pouvons tendre vers une sorte de sagesse de vie, philosophie personnelle qui signifie une forme d’apaisement et de bien-être sans pour autant être nécessairement dénuée de joie: nous savons bien que les vieux sages sont aussi malicieux, alors un grain de sagesse entre deux grains de folie;).

 

Parlons sagesse, ce mélange de connaissances et de vertu, de cohérence entre le discours et les actions, de tempérance, de modération, de comportements et de décisions raisonnables, de discernement, de réflexion, de clairvoyance, de recul, d’esprit critique, de bonté, de différenciation entre le bien et le mal et j’en passe…

 

Cette sagesse peut être faite de valeurs et de principes que nous avons envie de transmettre à nos enfants, aux générations futures, de partager parce qu’ils nous sont chers, parce qu’ils nous paraissent utiles et importants. Et c’est ce que propose cette très belle vidéo, réalisée pour la sortie du livre Wisdom: The Greatest Gift One Generation Can Give To Another et qui regroupe les avis sur le sujet de tout un tas de vieux sages et pas si sages:

 

 

 

 

 

La sagesse que je voudrais transmettre est celle que j’associe à une sérénité, un calme intérieur qui est l’aboutissement de la réconciliation avec soi-même et avec les autres. Et cet aboutissement est lui-même le fruit de plusieurs grains: la connaissance et l’acceptation de soi, l’élimination des jeux de pouvoir, la compréhension de ses propres émotions comme de celles des autres, qui permet d’en diminuer la fréquence et l’intensité. Ces capacités qui potentiellement peuvent laisser beaucoup de place à la curiosité, la soif d’apprendre, l’émerveillement, la remise en question, le goût du dépassement de soi, la réflexion critique, au développement du savoir, à la résolution de problème et à la réalisation de projets, mais aussi au plaisir et à l’engagement pour les causes qui nous tiennent à cœur.

 

C’est ce vers quoi je tends, ce sur quoi je travaille chaque jour et, vous l’avez compris, ce que j’espère faire au travers de ce blog:)

 

 

Mini coaching: le grain de sagesse

 

Et pour donner des grains de sagesse que d’autres iront planter et regarder pousser, quoi de plus parlant que de montrer par l’exemple, en appliquant autant que nous le pouvons ces valeurs, principes et comportements que nous considérons comme autant de petites parcelles de sagesse?

 

Et pour vous, la sagesse, c’est quoi ?

Dans quelle mesure y aspirez-vous ?

Quels grains de sagesse avez-vous envie de semer pour vous?

Pour les générations futures?

Comment allez-vous vous y prendre pour les faire grandir et fleurir?

Comment vous y prendre pour vivre davantage en cohérence avec?

 

 

Voir aussi

 

Les dossiers d’Ithaque: Bien-être et estime de soi

Les dossiers d’Ithaque: Comprendre les émotions

Les dossiers d’Ithaque: Entretenir des relations saines

Les dossiers d’Ithaque: Connaissance de soi

Les dossiers d’Ithaque: Mieux communiquer

Les dossiers d’Ithaque: Développer ses talents et ressources

 

 

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Vous voulez construire une vie réjouissante en fonction de vos valeurs et de vos aspirations? Vous souhaitez réduire l’écart entre ces valeurs et vos actions? Pensez au développement personnel et au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Epreuves et cadeaux de la vie

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Sylvaine Pascual – Publié dans Regards croisés

 

Je suis tombée sur cette vidéo de Stacy Kramer qui, dans le cadre du TED, raconte sa propre histoire, et conclue que lorsqu’on est cnfronté à une épreuve de la vie, on devrait considérer que c’est peut-être un cadeau de la vie.

 

On peut être tentés d’encenser Stacey Kramer. Cependant, même si en tant que personne elle force l’admiration dans sa manière de considérer l’épreuve qu’elle a traversée, c’est son discours qui me laise perplexe. Le slogan du TED, dans le cadre duquel elle s’est exprimée, est « ideas worth spreading », des idées qui méritent d’être répandues. Et bien je suis moyennement convaincue que le beau discours de Stacey Kramer en fasse partie.

 

Je vous laisse regarger son intervention (sous-tites français disponibles) et on en parle après.

 

 

 

 

 

Bravo Stacey Kramer…

 

Oui, on peut applaudir Stacey Kramer et admirer son regard sur l’épreuve qu’elle a traversée. Oui, elle est formidable, épatante blablabla… Je suis d’ailleurs la première à encourager la recherche du cadeau de la vie dans les épreuves que nous traversons.

 

En effet, on peut tirer de merveilleux enseignements de ce type d’épreuve, et on constate souvent que ceux qui ont survécu à des maladies ou accidents sont davantage capables de vivre dans le présent et d’en retirer tous les précieux bénéfices. Que leur sens des priorités s’est modifé par s’axer sur l’essentiel.

Cependant ce discours me paraît plus du domaine du marketing personnel qu’autre chose.

 

Je reste dubitative face au message que veut transmettre Stacey Kramer.  »The next time you face something that’s unexpected, unwanted, and uncertain, consider that it just may be a gift. » En français « la prochaine fois que vous à confronté à quelque chose d’inattendu, de non désiré et à l’issue incertaine, pensez que c’est peut-être un cadeau ».

 

 

… et remballez vos discours!

 

Je trouve qu’il y a une certaine hypocrisie dans ce discours. Car lorsqu’on se retrouve face à une épreuve terrible comme un tumeur au cerveau, la réalité ne correspond pas nécessairement à ce qu’elle décrit.

Non, des épreuves d’une telle ampleur ne rapprochent pas toujours de sa famille.

Non, les amis d’antan ne vont pas nécessairement affluer à votre chevet (peut-être tout simplement parce que vous n’aurez pas particulièrement envie de les contacter pour leur raconter vos malheurs)

Non, vous ne serez pas forcément « submergé(e) par l’adoration et l’adimiration » de personnes qui vont vous entourer d’amour et de reconnaissance « comme jamais auparavent ».

Non, tout le monde ne recevra pas des fleurs par camions entiers..

Non, tout le monde n’a pas 55000 dollars à dépenser dans cette très bonne affaire etc..

 

Et le plus hypocrite de tout ce beau discours: 8 semaines pour se débarrasser d’une tumeur au cerveau n’est pas très représentatif du temps moyen nécessaire pour surmonter ou dépasser une tumeur maligne, ou tout autre sorte de problème de santé qui met la vie en danger, ou la modifier profondément. Alors effectivement, Stacey Kramer peut le considérer comme des vacances.

 

Dans quelle mesure ce discours reflète-t-il la réalité de ce qu’elle a ressenti pendant l’épreuve?

De ce que vous ou moi ressentirions pendant une telle épreuve? De ce que vous et moi traverserions réellement?

Car Stacey Kramer n’hésite pas une seconde à généraliser son expérience personnelle à tous « vous aurez ci, il vous arrivera ça », ce qui est d’une malhonnêteté intellectuelle fatigante.

 

 

Il faudrait donc fouiner dans les recoin de l’épreuve pour en trouver le cadeau. Autant je suis d’accord avec l’idée a posteriori, autant je suis agacée par le fait qu’on puisse expliquer que c’est la marche à suivre au moment où on est confronté à l’épreuve en question, ce qui me paraît un bon moyen de se mettre une pression inutile avec une démarche qui est beaucoup plus difficile pendant qu’après.

 

La peur, l’angoisse terrible d’un avenir incertain, la colère et la frustration face à une situation qu’on ne maîtrise pas sont légitimes, qu’il est indispensable d’écouter et de pouvoir exprimer pour parvenir à les apprivoiser et les dépasser.  Or ce genre de discours a tendance à les nier pour leur préférer la leçon de morale: voilà comment il FAUT réagir, sous peine d’être coupable, coupable de ne pas être fort, de ne pas être courageux, de ne pas être merveilleux, coupable de ne pas être Stacey Kramer.

Or je crois que l’ampleur d’une épreuve est directement liée à la perception qu’on en a, et qu’on fait ce qu’on peut avec nos perceptions et les émotions qu’elles déclenchent.

 

Ce type de discours pseudo positif rappelle les clichés auxquels sont parfois confrontés les malades et les accidentés. Tu ne peux plus marcher? C’est pas grave, tu pourras bien faire autre chose. Tu as un cancer? Telle ou telle personnalité s’est remise de la même chose en six mois, il n’y a donc pas de raison que ça ne soit pas pareil pour toi. Un peu éloigné du soutien et de l’admiration fervente dont elle parle.

 

Il y a quelques années, j’ai rencontré une formidable jeune femme qui, à 24 ans, avait perdu deux bras et une jambe dans un accident de voiture. Stacey, allez donc lui raconter que c’est un cadeau de la vie.

 

Cette leçon à 55000 dollars n’a à mes yeux qu’une valeur monétaire et marketing pour celui qui peut aller le vendre dans des conférences. Rendons-là à leur propriétaire et accordons-nous le droit de ne pas être Stacey Kramer.

 

 

Et vous, comment réagissez-vous face à ce discours?

 

 

 

Coyote à tag jaune!

Sylvaine Pascual – Publié dans: Regards croisés

Monette/MaMinet* du joli blog De bric et de broc m’a taguée en jaune!
En jaune comme le foie du coyote du même nom! Je pourrais prétendre sortir une réponse à ce tag plus vite que mon ombre, en référence au père de l’hasardeuse traduction. En réalité, ça fait plusieurs semaines que je l’ai sous le coude (celui qui à force de se lever risque justement de jaunir mon foie), alors enfin je m’y colle.

* Je viens de me rendre compte que je l’ai oubliée dans mes liens de Noël: toutes mes excuses!
* Notez au passage la magnifique photo « peaux de peinture »

Le principe est simple: retrouver 7 images contenant du jaune publiées sur le blog et taguer ensuite 7 blogueuses.

C’est l’occasion de redécouvrir quelques articles, et celle de découvrir 7 blogueuses talentueuses que j’ai plaisir à lire.

C’est parti!

le coac a-t-il des superpouvoirs.jpgLe coach a-t-il des super pouvoirs?Mal connu, mon métier suscite de nombreuses questions et parfois de la méfiance. Loin des marchands de bonheur, le coaching propose des techniques simples et concrète pour avancer vers vos objectifs
 Photo-1115.jpg
Planifier sa reconversion professionnelleTroisième volet d’une série d’articles en forme de guide d’auto coaching pour réfléchir à la reconversion professionnelle. Ha… changer de vie!
af90715bf2dfa3a4259617354d0ad.jpgRôle des émotions: éloge du plaisirCet article-là n’est pas vraiment en jaune, il est en or!
Nous sommes nés pour le plaisir, et nous l’ignorions…
Remédions immédiatement à cela et faisons-nous davantage plaisir!
supporter les abrutisGuide de survie aux abrutisPremier d’une série d’articles visant à développer des relations plus saines et sereines avec ceux qui nous hérissent le poil…

 

 0005095057X.jpgVie professionnelle:
des attitudes à réhabiliter

Sujet cher au blog d’Ithaque: réhabiliter des comportements positifs qui, utilisés à bon escient, peuvent renforcer les liens relationnels et susciter des comportements positifs en retour.

 flexibilite.jpg
Corvéable à merci:
les limites de la flexibilité
A une époque où on nous répète sans cesse qu’il « faut être flexible », en particulier pour trouver du travail, il est important de fixer les limites de notre flexibilité pour ne pas devenir corvéable à merci
balloon-yellow-aj.png Résolution de problème:
l’orientation solution
Une des principales techniques du coaching: amener le client à penser davantage en termes de solutions qu’en termes de problème.

Ginie, de Bulles et onomatopées:
J’ai été une grande fan de BD dans les années 80 et 90, j’avais même une collection assez intéressante. Et puis, d’autres intérêts m’ont un peu éloignée de cet univers, que je redécouvre avec beaucoup de plaisir. C’est en lisant ses articles que je fais mes choix d’emprunts à la bibliothèque de mon quartier…

Hélène Schild, de Stratagemme la vie, Com’bonjour et stratagemme les bijoux
Si Hélène a trois blogs, c’est qu’elle s’intéresse à nombre de choses. Lorsqu’elle aborde un sujet, c’est avec avec sensibilité et passion, et elle n’hésite pas à se documenter à fond pour l’exposer sous des angles différents, dans tous ces aspects. Hélène réalise aussi de jolis bijoux en pierres naturelles qu’elle expose régulièrement et qu’on peut acheter sur son site.

Laure, du Buzz de Lamar
« Les surprises quotidiennes et totalement subjectives d’une infophile », selon l’hôtesse des lieux, qui fait preuve d’une curiosité comme j’aime et qui nourrit complètement la mienne: tous azimuts. Des trouvailles étonnantes, passionnantes, chez Lamar, on apprend quelque chose tous les jours…

Antalibelle, de L’équipier polyvalent
Un blog rédigé avec beaucoup d’humour et d’intelligence pour dénoncer les conditions de travail abusives dans la restauration rapide. A emporter ou sur place?

Elisabeth Haik, des Mots dans les bulles
Il y a pour moi une grâce que j’ai du mal à définir dans les écrits d’Elisabeth. Une sensibilité fluide, un sens des mots, de la finesse, de la beauté. Elisabeth prépare un film. Je n’en dis pas plus, je vous laisse découvrir.

Véronique Rabuteau, de Télé d’antan et outils d’aujourd’hui
Le blog emploi de Véronique est l’occasion de partager ses découvertes de toutes sortes, ses centres d’intérêts liés au web, à Internet et à l’audiovisuel, ses explorations de l’univers numérique. Passionnant.

Madmoisellede la Minute Mad…moiselle
Madmoiselle partage ses découvertes, ses photos, les films qu’elle a vu, les livres qu’elle a lu, sa passion pour Edgar Poe et ses aventures et avec un naturel drôle et chaleureux que je trouve rafraîchissant (les habitués le savent: l’oxymore me fascine;))

Bonnes découvertes et excellente fin d’année à tous

 

Les liens que j’aime: joyeux Noël!

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livre cadeau etageres d-ithaque Liens de Noël!Aujourd’hui, c’est Noël, alors pour changer de l’habituel article de développement personnel, j’ai eu envie de vous proposer un petit voyage sur Internet. Voici une série éclectique de blogs sur des sujets très variés,  et où j’aime traîner, car ils offrent toutes sortes de réflexions, d’opinions et de découvertes formidables et utiles – voire salutaires, empreintes d’humour, de créativité, de culture, de poésie et d’intelligence. Depuis la BD jusqu’à la politique, en passant par l’emploi, la consommation, le cinéma, l’écriture, la photo, la technologie, l’écologie, l’animation et j’en passe, dans le désordre: bonne découverte.

Joyeux Noël et belles découvertes:)

 

Photographies de Julien Pascual
Stratagemme la vie
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