Comment choisir son coach: en finir avec les idées reçues

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Sylvaine Pascual – Publié dans: C’est quoi le coaching?

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Les habitués le savent, les nouveaux ne vont pas tarder à le découvrir: les idées reçues ont tout intérêt à s’assurer un parachute au moins doré pour amortir les gadins qu’elles risquent de prendre, du côté d’Ithaque…
 coach

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Il en va du choix d’un coach comme de beaucoup d’autres choses: les conseils sur le sujet pleuvent avec  l’abondance et la constance de la mousson.Voici 5 idées reçues concernant le choix d’un coach, qui fleurissent sur Internet comme les jonquilles au printemps, entre autres sur les plateformes qui s’intéressent de près ou de loin à l’emploi.

Attention, il ne s’agit pas de dire que ces affirmations sont fausses, mais bien qu’elles ne sont pas toujours vraies et que les prendre pour des vérités universelles peut être un moyen de passer à côté de coachs formidables et d’en choisir un qui vous convient moins que vous l’auriez souhaité.
Comme fait exprès, ces certitudes s’expriment en maniant joyeusement les “il faut” et “on doit” de la dictature de l’obligation
Idée reçue N°1: Il faut demander au coach sa formation
A moins d’avoir une connaissance ultra pointue du contenu de chacune des formations qui fourmillent sur le marché, ce qui est à peu près aussi probable que de croiser un Stormtrooper au supermarché, il y a fort à parier que l’information vous éclairera peu. Il est plus utile de chercher à savoir si le coach a été formé (ça n’est pas toujours le cas) et le travail sur lui-même qu’il effectue.
La profession n’étant pas légiférée, un “coach” avoir suivi une formation de 12 jours, sans jamais avoir été lui-même coaché ou avoir testé ses outils sur lui-même. Ou bien une formation  de 12 mois avec travail sur soi obligatoire, pendant laquelle il sera évalué autant sur sa maîtrise des différentes techniques que sur son évolution personelle et les compétences relationnelles qui en découlent. Le tout étant ce qu’en jargon on appelle “la posture”.
Vivement un cadre légal, car à l’évidence, 12 jours de formation est une plaisanterie. Demanderr plutôt la durée de la formation, sa nature et si la coach est supervisé. La supervision es déontologiquement obligatoire pour tout coach qui se respecte.

Idée reçue N°2: Il faut exiger des références
Cette idée reçue, issue de notre culture qui associe souvent reconnaissance et tempes grisonnantes et a du mal à donner une chance aux débutants, est dommageable, autant pour les clients qui passent à côté de jeunes coachs formidables, que pour ceux-ci qui ont beaucoup de mal à démarrer. Soyons clairs: les références ne garantissent pas que la personnalité du coach va s’accorder avec la vôtre, et il serait illusoire de croire (et mensonger de dire) qu’un coach peut coacher tout le monde.
Dans tout métier, on est amené à débuter un jour! Demandez-vous ses références au pilote de l’avion ou à votre boucher? Dans le cas du pilote si c’était son premier vol avec passagers, vous descendriez de l’avion?
Enfin, se pose le problème de la confidentialité. Par exemple, suite à la médiatisation du stress chez les constructeurs automobiles, de nombreuses sociétés ne souhaitent pas que leur recours à ces coachs se sache, et il me semble indispensable de respecter ce type de souhait.


Idée reçue N°3: Un coach doit avoir “un certain âge”

Même si je reconnais volontiers que l’âge, par l’accumulation d’expérience, peut favoriser l’ouverture, l’empathie, la compréhension du facteur humain et des turpitudes de la vie, celles-ci peuvent tout aussi bien renforcer des croyances rigides et le sentiment de savoir, donc d’être un dispenseur pseudo légitime de vérité vraie et de recettes gourouisantes, que le paternalisme et la condescendance ne gênent pas plus que ça. Entre jeunes et cons d’un côté et vieux et fous de l’autre, il y a sûrement tout un tas de coachs extras!
Ainsi, il y en a une que j’ai rencontrée lors de sa formation, elle avait alors 25 ans. La qualité de son questionnement, de son écoute et de son empathie était absolument remarquable, et elle  travaille aujourd’hui avec une clientèle de cadres potentiellement plus âgés qu’elles, et pourtant ravis de ses services…

Idée reçue N°4: le coach doit être issu du même milieu professionnel de son client

Le débat à ce sujet continue à faire couler beaucoup d’encre. Choisir un coach issu de même milieu professionnel (formation, corps de métier, fonction) peut rassurer un client: son coach sera à même de le comprendre, ce qui peut s’avérer vrai dans certains cas.
Cependant le risque est alors élevé pour le coach de calquer sa propre expérience et ses propres opinions. On est alors dans le mentorat et le conseil et pas dans le développement du potentiel du client.
Est-il nécessaire d’être un ancien garagiste pour coacher un garagiste, un ingénieur des Ponts pour coacher un ingénieur des Ponts? Car à l’inverse, la fraîcheur de l’oeil neuf peut permettre au client de changer de perspective et de découvrir d’autres façons de voir. Rappelons aussi qu’un coach est formé à l’empathie et à la compréhension, quelle que soit la situation.

Idée reçue N°5: Le coach doit faire partie d’une association reconnue

Mythe entretenu à la fois par les associations elles-mêmes et les entreprises qui ont besoin d’être rassurées. C’est légitime: il y a de tout sur le marché du coaching,  du remaquable comme du très mauvais, du coach sérieux à l’auto-proclamé sans formation (ceux-ci sévissent particulièrement en life-coaching et en coaching de particuliers, soit dit en passant).
Seulement,  au vu des contacts que je peux avoir avec différents coachs,  et n’en déplaise aux dites associations, j’en suis venue à penser qu’aucune association ne parvient à garantir  la qualité et l’éthique du coaching dispensé, bien qu’on trouve d’excellent coachs dans chacune.Résumons: “pour Eric Cornuel qui dirige l’EFMD, forum spécialisé sur le management, “le nombre de diplômes, d’accréditations ou l’appartenance à une association professionnelle ne font pas la qualité du coach qui doit avant tout avoir des compétences psychosociologiques et techniques, c’est-à-dire connaître le métier“.


Mini coaching: choisir son coach


Au delà des formations, de l’âge et des affiliations, il y a au fond deux choses essentielles: la posturedu coach et la relation qui s’installe entre le client et le coach, entre le coach et le client (ben oui, dans les deux sens!).
La relation
Comment choisissons-nous un boucher, un cordonnier, un médecin? Par le bouche à oreille, en cherchant dans l’annuaire, en passant devant dans la rue? Et ensuite nous les testons et déterminons, en fonction de ce que nous attendons d’eux, si nous continuons chez eux ou pas. En quoi le coaching serait-il différent? Rappelons-nous que personne ne fait l’unanimité, que  par exemple, chez les médecins, le sauveur de l’un est le boucher de l’autre. Aussi déterminez par vous-même et pour vous-même les critères qui définissent le coach qui vous conviendra.
Voici quelques exemples de questions à vous poser avant de vous lancer:

Quelles questions avez-vous envie de poser à votre coach potentiel?
Comment vous sentez-vous face à sa façon de rentrer en relation?
Dans quelle mesure vous sentez-vous à l’aise dans cette relation?
Qu’est-ce qui vous plaît dans son discours, sa façon d’être, de communiquer? Qu’est-ce qui vous déplaît?
Dans quelle mesure le coach vous donne-t-il le sentiment d’être écouté(e), entendu(e)?
Dans quelle mesure tente-t-il de vous donner des conseils, de vous auiguiller sur une voie ou une autre ou au contraire s’en abstient-il?
Dans quelle mesure émet-il des jugements face à ce que vous lui racontez?
Dans quelle mesure se pose-t-il en égal, en partenaire, en co-responsable?
A l’inverse, dans quelle mesure se pose-t-il en supérieur, celui qui sait, en sauveur,
 celui qui va vous sortir de là
Dans quelle mesure cherche-t-il à comprendre ce qui vous amène?
Dans quelle mesure est-il convaincant, vous inspire-t-il confiance?
Dans quelle mesure est-il cohérent avec son code de déontologie?

La posture du coach
Elle est faite d’un ensemble de compétences relationnelles et professionnelles. En vrac et de façon caricaturale, changez de crèmerie si le coach:
– Vous donne des conseils, tente de vous imposer ses opinions, ses propres croyances limitantes, ses généralisations abusives.
– Vous donne le sentiment d’être jugé(e), à ne pas confondre cependant avec votre propre peur d’être jugé(e).
– Tente de vous faire croire qu’il a tout compris à la vie et qu’il a réglé tout ce qu’il avait a régler.
– Vous met mal à l’aise (quelle qu’en soit la raison).
– Vous propose des accompagnements interminables de plus de 20 séances
– A des super pouvoirs et vous promet que vous deviendrez calife à la place du calife en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
–  A des super pouvoirs et vous jure que vous atteindrez votre objectif, quel qu’il soit.
 – Accepte tous les objectifs, y compris ceux qui sont non-éthiques ou ne dépendent pas de vous.
–  Vous donne le sentiment de ne pas répondre à vos questions (sauf si elles sont d’ordre personnel!)
– Se prend pour un psy.
– Utilise des méthodes nuisibles, douteuses, inconnues, tout en vous expliquant que c’est la seule façon de vous sortir de vous-même.
– Vous semble un tant soit peu manipulateur ou ne pas agir en fonction de son code de déontologie.
Privilégiez ceux avec qui vous vous sentez vraiment à l’aise, ceux dont la façon d’être en relation, de communiquer vous plaît, ceux qui vous écoutent, qui vous entendent, qui vous posent des questions, qui vous parlent dans vous juger, qui s’abstiennent de vous conseiller, ceux qui se posent en égaux, avec qui vous vous sentez suffisamment à l’aise pour pouvoir partager toutes les informations nécessaires à la réussite de votre objectif. Bref, privilégiez ceux avec qui vous avez envie de travailler.

 

 

Aller plus loin

 

Pour tous renseignements sur le coaching ou sur nos prestations, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

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10 Comments

  • djose4 dit :

    Bonsoir,

    Je suis interressé par vos articles sur le coaching. Je vous propose de vous inscrire dans la communauté “Génération Coach” (http://www.over-blog.com/com-1102215019/Generation_Coach.html) que j’ai le plaisir d’administrer. Par la suite vous pourrez déposer vos articles dans cette communauté.
    Bon week-end et à bientôt.

    Cordiales salutations,
    djose4

  • Athenor dit :

    Bravo! Ayant été coach débutant moi-même, j’ai fais les frais de ces croyances.
    En revanche, j’ai cédé à la pression des entreprises et je suis affilié à une fédération.

  • Fabienne Limousin dit :

    Chère S…
    A l’époque où j’ai commencé le coaching, le terme de certification n’existait pas! c’est dire si je suis “une vieille coach”!
    depuis je ne me suis pas décidée à appartenir à une société de coachs, ni à revendiquer telle ou telle chapelle ni telle ou telle méthode. J’ai été choisie mais aussi écatée par certains clients, comme moi-même j’ai écarté ceux envers qui je me sentais impuissante. Coacher c’est avant tout établir une relation sans projection ni intérêtdans laquelle le coach s’engage à faire émerger et développer les ressources internes de son client dans une situation qu’il a des difficultés à résoudre. Je garde en mémoire la phrase du coach qui fut mon initiateur formateur: “la travail du coach représente 10% et celui du client 90% et c’est la raison pour laquelle une personne “coachée” doit tôt ou tard et plutôt tôt que tard s’affranchir de son coach. Le coach n’est ni un professionnel de santé, ni un voyant, ni un gourou; plutôt comme un allumeur de réverbère sur les chemins qu’emprunte son client, avec une destination précise et atteignable par ce dernier.Plus je “vieillis” dans cette activité, plus je deviens humble et plus je complète ma “caisse à outils” pour ouvrir davantage le champs des possibles. Et il est infini…comme la ressource humaine.

  • Fabienne+Limousin dit :

    Alerte à “Malibu”
    J’aimerais lancer un appel à ceux qui sont friands de séries américaines et connaissent l’outil PCM, afin d’échanger sur les nombreuses illustrations que nous proposent ces séries dans l’utilisation de cet outil et l’éclairage qu’il apporte en coaching. A vos écrans et à vos clavlers, je vous attends!
    F.Limousin
    Merci à Sylvaine pour cette nouvelle rubrique

  • Fabienne Limousin dit :

    Je ne sais pas encore…toutes les suggestions sont bien venues!

  • Charly dit :

    Sylvaine, je trouve cet article tout simplement… Excellent !
    Malheureusement, ces idées reçues sont savamment entretenues par des personnes qui répondent à ces critères et préfèrent se reposer dessus plutôt que de convaincre par la qualité de leur accompagnement.
    Mais les gens sont de moins en moins dupes et je connais d’excellents jeunes coach qui trouvent une clientèle prête à leur faire confiance !
    On va dans le bon sens !
    En tout cas, lire cet article sur le site d’un coach reconnu, c’est vraiment rassurant!
    Je me suis d’ailleurs permis de le citer sur mon propre blog, dans une page où je présente le coaching aux néophytes :
    http://je-choisis-ma-vie.fr/2012/06/11/le-coaching-pour-les-nuls/

  • Bonjour, je me retrouve complètement dans votre article, moi qui suis une jeune coach en recherche de “voies” pour m’installer. Je pense que je vais amplement faire référence à votre article sur mon site tout neuf pour m’adresser à mes potentiels futurs clients.
    L’essentiel est en effet de créer la relation, encore faut-il qu’il y ait contact… mais ça, c’est une autre aventure de coach

  • Très bon article, il y a encore beaucoup à dire tellement le métier de coach est large et pouvant difficilement être résumé.

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