Jugez moins, juger mieux (3): diminuer ses jugements

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources

 

 


Troisième volet de notre série Juger moins juger mieux.  Nous avons vu que les jugements sont indispensables à notre bon fonctionnement, et que c’est l’abus de jugements négatifs péremptoires qui est nuisible. Donc, plutôt que de s’acharner à vouloir être le Roy Bean à l’ouest de son petit Pecos personnel, apprenons à juger moins pour vivre mieux.
  

 

 

 



Minimiser la fréquence et l'ampleur de nos jugementsJugements épuisants.

 

Parce qu’ils sont le fruit de notre subjectivité, nos jugements sont nécessairement souvent erronés, et pourtant nous les portons en bandoulières, en faisons les drapeaux de notre vertu, nous qui ne sommes ni des cons, ni des mal-élevés, ni des gougnafiers, ni des pisse-vinaigre.

 

Jouer les palais de justice ambulants est épuisant, pourrit des relations potentiellement mutuellement utiles et nourrissantes,  et surtout, c’est un excellent moyen de ne pas voir la poutre dans son œil (de Moscou). Juger moins consiste essentiellement à se débarrasser de l’excès de critiques acerbes et de conclusions hâtives. Et pour cela, rien de tel que de commencer par balayer devant sa porte, et pour de vrai, ce coup-ci.

 

 

Nos jugements nous parlent de nous

 

Il arrive souvent que mes clients qui ont une difficulté relationnelle avec un collègue/supérieur hiérarchique m’expliquent, après avoir affublé ladite personne d’un adjectif peu flatteur,  que « c’est vrai, d’ailleurs il n’y a pas que moi qui le dit ». Ici bien entendu, le jugement est nul et non avenu, et quand bien même un million de personnes penseraient la même chose, il y aurait un million d’autres qui penseraient l’inverse. La seule chose qui compte dans ce discours, ce n’est pas l’étiquetage de l’autre : c’est bien le ressenti de celui qui l’exprime. Le malaise face à cet autre dont les agissements heurtent, blessent etc. c’est bien de cela dont il est important de s’occuper.

 

Et pendant que nous sommes occupés à focaliser sur le manquement de l’autre, nous détournons notre attention de notre difficulté à résoudre ce problème, du sentiment d’impuissance, de tout ce qui fait que nous n’agissons pas et que nous subissons. D’ailleurs, dans ces cas-là, l’agacement qui accompagne le jugement est rattaché à la colère, émotion souvent directement générée par des besoins d’affirmation de soi.

 

Nos jugements peuvent donc nous être utiles pour identifier tout un tas de craintes en nous-mêmes, de défauts que nous cherchons à ignorer. Ainsi une personne qui aura tendance à juger durement ce qu’elle considère comme un travail superficiel peut très bien chercher à se détourner de son propre manque d’implication dans quelque chose, ou au contraire masquer l’excès de son perfectionnisme ou encore l’obligation qu’elle s’impose d’en faire plus que nécessaire. En d’autres termes, le jugement devient le reflet de ce qu’on ne s’autorise pas, de ce qu’on se reproche à soi-même, de son propre manque.

 

Et c’est en cela qu’il est bien pratique : en écoutant ce qu’il nous dit sur nous, nous pouvons le mettre au service de notre bien-être et de l’estime de soi. Framboise sur le vacherin: pendant que nous sommes occupés à prendre soin de nous-mêmes, l’effet secondaire c’est une tolérance accrue vis-à-vis des autres, puisque les besoins qu’ils nous renvoient se comblent.

 

 

 

Mini coaching : mettre ses jugements à son service

 

Toute la difficulté va consister à porter un regard suffisamment neutre et bienveillant sur soi-même pour éviter les petits arrangements avec l’égo, dans lesquels on dissimule soigneusement nos petites zones d’ombre derrière un aveuglement plein de bonnes excuses. Pourtant, identifier les raisons de nos jugements, c’est surtout un moyen d’apprendre à vivre bien mieux avec nous-mêmes, en apprenant à s’autoriser certaines choses, à combler des besoins. Par extension, à vivre bien mieux avec les autres (les autres, les objects, les idées, les oeuvres d’art etc), car nous finissons par juger moins, en ramollissant nos rigidités vis-à-vis de leurs petits travers.

 

Observez-vous :

 

  • Quels types de jugement avez-vous tendance à passer ?
  • Quels types de situations/personnes/choses on tendance à susciter chez vous des jugements à l’emporte-pièce ?
  • Ces situations/personnes/choses : qu’est-ce qu’elles vous renvoient ?
  • Qu’est-ce qu’elles vous disent sur vous-même ?
  • Qu’avez-vous du mal à vous autoriser ?
  • Qu’est-ce que vous vous reprochez ?
  • Quel besoin à satisfaire pour vous sentir mieux ?

 

 

 

Voir aussi

 

Juger moins, juger mieux (1): bénéfices des jugements

Juger moins juger mieux(2): les dégâts du jugement

Juger moins juger mieux (4): développer son jugement

 

Nos émotions nous parlent de nous

Procrastination et peur du jugement

Les besoins à combler

Connaissance de soi: exploiter l’effet miroir

Se mentir à soi-même: le miroir du manque

 

 

Aller plus loin

 

Vous voulez développer un mode de vie personnel/professionnel et des relations plus satisfaisants? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32.

 

 

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