10 façons de cultiver l’émerveillement au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans Vitamines mentales / Talents et ressources

 

 

Dernier volet de cette exploration de la place de l’émerveillement au travail, via sa définition et ses bénéfices, co-rédigée avec Isabelle Leclerc de Hauteclocque. Nous vous proposons aujourd’hui d’aller fureter du côté des moyens de s’émerveiller, de façon à nous transformer en cultivateurs de petits et grands bonheurs professionnels, pour bien davantage de plaisir au travail.

 

 

L'émerveillement est un état d'esprit: 10 façons de le cultiver

 

 

 

L’émerveillement : un état d’esprit

 

Concrètement, l’émerveillement est une expérience qui suscite d’abord un étonnement, puis des émotions positives plus ou moins intenses ainsi qu’un travail de la pensée. Michael Edwards parle d’un étonnement avec « un surcroît de sens » (De l’émerveillement, Fayard, 2013, p.94). L’émerveillement, dit-il aussi, est « une porte qui s’ouvre » (idem, p.186).

 

Qu’il porte sur des personnes, des phénomènes naturels ou des créations humaines, sur l’infiniment petit ou l’infiniment grand, l’émerveillement se produit face à un événement que l’on n’attendait pas précisément. D’une certaine manière il se rapproche ainsi de la sérendipité.

 

Pour percevoir cet événement, encore faut-il adopter un certain état d’esprit, faire le pari que quelque chose de beau, de nouveau, d’intéressant, d’intelligent, d’efficace peut survenir fortuitement dans le chaos, la routine, le connu. L’émerveillement, c’est laisser entrer l’extra-ordinaire dans le traintrain de notre quotidien professionnel. Encore faut-il le vouloir et c’est là que les choses se compliquent plus ou moins selon les personnes et les contextes professionnels : Cet état d’esprit suppose en particulier :

 

  1. De ne pas chercher à tout contrôler
  2. De ne pas vouloir tout prévoir, d’admettre l’inattendu, l’imprévu, se laisser suprendre
  3. D’être capable d’humilité (loin d’une mauvaise estime de soi, l’humilité consiste à avoir une perception juste de ses faiblesses mais aussi ses forces; c’est le contraire de l’orgueil).
  4. D’être présent à ce qui se passe, réellement attentif, à l’écoute (l’émerveillement peut être déclenché par des événements très fugaces : un sourire, un geste, un rayon de soleil, etc.).
  5. D’écouter ses émotions.
  6. D’accepter d’être changé (l’émerveillement peut être un bouleversement  et même moins intense il peut nous amener à agrandir, élargir, enrichir notre système de représentations)

On devine l’intérêt d’une telle attitude pour accompagner les changements, les transformations que vivent les personnes et les organisations: elle autorise le mouvement et l’idée qu’une nouveauté n’est pas nécessairement mauvaise ou menaçante, qu’il peut s’y cacher du beau, de l’utile, du profitable. L’état d’esprit que suppose l’émerveillement se rapproche d’ailleurs fortement de ce que l’on attend aussi aujourd’hui de leaders, d’un état d’esprit positif qui donne envie et qui emmène avec soi.

 

Soyons clairs: l’émerveillement ne consiste pas à nier la dureté du monde, dans une version ripolinée de la simpliste “pensée positive”. Il accorde justement à cause d’elle et de ses conséquences pénibles, beaucoup de valeur à la beauté et à tout ce qui suscite en nous des émotions positives, qui permettent de ré-équilibrer un peu notre état interne en lui évitant de se concentrer uniquement sur le négatif. L’émerveillement ne prétend pas répondre à tous les besoins et ne dispense pas de traiter les sources d’émotions négatives. Il nous fournit l’énergie nécessaire pour le faire en nous rendant sensible à la saveur, à l’esthétique des événements. C’est une fenêtre qui s’ouvre sur un jardin et probablement rien de plus mais en même temps, n’est-ce pas essentiel ?

 

 

 

Les jardiniers de l’émerveillement au travail

 

L’émerveillement, parce qu’il est l’une des premières capacités que nous perdons dans l’enfance, parce qu’il peut être malmené par les aléas de la vie, se cultive comme une plante délicate: avec soin.

 

Et cultiver l’émerveillement au travail, c’est mettre en valeur des talents, des comportements, des accomplissements, des événements, comme je jardinier met en valeur un sol. C’est un travail qui s’inscrit dans la durée et qui nécessite un certain nombre d’étapes : débroussailler, préparer, semer, arroser, récolter … Ce qui est certain, c’est qu’ «il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir » disait Henri Matisse.

 

émerveillement il y a des felurs partout pour qui veut les voir

 

 

Cultiver l’émerveillement au travail, c’est d’abord un choix tant l’entreprise semble l’ignorer. Le choix de semer des graines dans les environnements les plus improbables et de les regarder grandir. Le choix d’expérimenter en imaginant puis en constatant les effets positifs de l’émerveillement. En réalisant aussi que renoncer à l’émerveillement consiste parfois à se protéger mais également à se résoudre à l’ennui, à la perte de sens, au désenchantement. Cultiver l’émerveillement, l’air de rien, c’est aussi bien souvent transformer peu à peu la culture d’entreprise.

 

Mais la réussite du jardin tient avant tout aux choix du jardinier en termes de plantes et fleurs à semer, à mettre en terre, à nourrir et entretenir, et lui seul peu le faire. Si l’on peut faire des suggestions, en mode Truffaut de l’émerveillement au travail qui met à disposition tout un choix de végétaux, ce jardin est le vôtre: inventez-le au gré de votre inspiration et de vos propres sources d’émerveillement.

 

 

s'autoriser l'émerveillement, expérimenter1- Avoir envie d’expérimenter

L’émerveillement suppose une attitude qui n’est pas toujours la plus spontanée dans les organisations. Malgré tout, c’est un choix que l’on peut faire en prenant conscience de ses effets positifs. En réalisant aussi que renoncer à l’émerveillement consiste d’une à se résoudre à l’ennui, à la perte de sens, au désenchantement. A générer des zones d’ombre sur ce qui est source d’énergie positive. En acceptant que chaque fois que nous nous enthousiasmons d’une réussite professionnelle, d’un projet mené à bien, c’est une forme d’émerveillement. Et que ça fait du bien;)

Au delà, le désir de tester, d’expérimenter pour redécouvrir des petits plaisirs nourrissants peut se décliner en trois phases, évaluation/décision/action, et rebelotte. Voir:

 

le lexique de l'émerveillement2- Adopter un vocabulaire riche et varié

De même que le cultivateur choisit des outils appropriés à chaque tâche, le cultivateur d’émerveillement a besoin d’outils spécifiques. Comme toute émotion, l’émerveillement s’exprime par un vocabulaire adapté. Un lexique varié, reflet des nuances de l’émotion positive qui nous saisit permet d’élargir le champs de l’expérience, d’en mesurer la richesse et de la partager dans toutes ses tonalités.

 

Les mots que nous utilisons ont en effet un lien intime avec le regard que nous portons sur le monde : «Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde », dit L. Wittgenstein (Tractatus logico-philosophicus, 1922). Enrichir notre vocabulaire avec de nouveaux champs lexicaux nous permet ainsi de modifier notre rapport au monde. C’est aussi probablement la meilleure façon d’inviter en douceur les autres à développer cette attitude. J’ai été agréablement surpris par…, j’ai découvert avec beaucoup d’intérêt que…, j’ai eu une surprise agréable en …, j’ai ressenti une grande joie en voyant que … voici une liste* d’adjectifs qui permet d’appréhender ces nuances:

 

le vocabulaire riche et nuancé de l'émotion positive
Est-il nécessaire d’expliquer ce que ces émotions peuvent apporter comme énergie positive, comme source d’engagement dans un contexte professionnel souvent qualifié de stressant, démotivant ?

 

 

sdéconnecter pour s'émerveiller3- Débrancher momentanément téléphones, tablettes et écrans 

La capacité à s’émerveiller passe avant tout par l’aptitude à être dans le présent, de façon à pouvoir en saisir les aspects dignes d’émerveillement. Choisir de débrancher, le temps d’un rendez-vous, d’une réunion, d’un trajet, pour ouvrir grand ses yeux, ses oreilles, ses narines, permet de laisser une chance à l’émerveillement d’éclore. Difficile en effet d’être émerveillés lorsque nous ne sommes pas attentifs à ce qui se passe.

 

S’émerveiller permet ainsi de recréer du lien et de sortir, ne serait-ce que momentanément, de ce sentiment largement répandu d’accélération du temps, de tourbillon existentiel, afin de goûter la lenteur du monde et d’en savourer les détails que notre attention habituellement sur-sollicitée choisit d’ignorer. Voir:

 

s'émerveiller en bousculant ses habitudes4- Bousculer ses habitudes

Remettre de l’extra-ordinaire dans la routine, bousculer ses habitudes, sortir des sentiers battus sont autant de moyens de faire entrer l’émerveillement dans nos vies – personnelles comme professionnelles d’ailleurs – Cette recommandation fréquente pour développer la créativité se prête tout à fait à l’entrainement à l’émerveillement.

 

  • Changer de trajet pour se rendre au boulot, ou de moyen de transport
  • Tester une nouvelle méthode
  • Modifier son organisation

Tout ce qui peut ouvrir la porte à la nouveauté, au changement de perception est propice à la sérendipté… émerveillée. Voir:

 

s'émerveiller en regardant d'un oeil neuf5- Regarder d’un oeil neuf

Observer un itinéraire, un environnement, une façon de faire, une personne, un comportement comme si c’était la première fois. Peut-être en étant réellement attentif à ses sensations auditives, olfactives, visuelles, ….Y chercher des sources d’étonnement, de curiosité, d’émotion positive et se dire que « le voyage de la découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à voir les choses différemment » (Marcel Proust). Et noter ce qui est beau, étonnant, intéressant, amusant, inspirant (voir point 9).

 

C’est l’occasion par exemple de mieux comprendre certains comportements, en apparence incompréhensibles, de nos collègues, en les observant sans jugement, en les questionnant:

 

s'émerveiller des qualités des autres6- Rechercher les talents chez un collaborateur, un collègue, un patron

Le regard extérieur est souvent nécessaire pour mettre à jour les talents naturels : celui qui possède un talent l’exerce avec tant de facilité, d’aisance qu’il n’y voit rien d’extraordinaire. Chez un observateur, ce sont précisément cette aisance, cette facilité qui peuvent déclencher l’émerveillement.

 

Au quotidien, sur le terrain, au contact de ses équipes, le manager peut identifier chez ses collaborateurs des talents, des ressources insoupçonnées en les regardant faire, en écoutant, en questionnant sur les réussites en évoquant leurs accomplissements et les mécanismes de réussite qui les sous-tendent. Les collègues peuvent le faire entre eux, ou vis à vis de leur chef. Dans l’entreprise, ce processus permet d’envoyer des signes de reconnaissance forts. Celle-ci libère de l’énergie et nous ne sommes jamais aussi motivés et efficaces qu’au cœur de nos talents.

 

Contrairement aux compétences qui s’acquièrent, les talents sont là mais ils ont besoin d’être identifiés pour être cultivés et utilisés à bon escient. Il s’agit donc d’un enjeu important pour les entreprises car la reconnaissance d’un talent est un facteur d’engagement. Voir

 

chercher les bénéfices inattendus7- Chercher le bénéfice inattendu d’une situation apparemment négative

Un projet qui échoue, des problèmes relationnels, un contrôle administratif inattendu, un déménagement, une fusion, un PSE, etc. Les situations plus ou moins pénibles ne manquent pas au quotidien. S’entrainer à :

  • Considérer ces obstacles, ces difficultés, ces épreuves comme des tremplins, des sources d’apprentissage, des opportunités d’amélioration.
  • Repérer ce que ces situations difficiles nous obligent à mobiliser comme ressources nouvelles ou déjà existences, nous permettent d’apprendre sur nous, sur les autres, …

Tout cela favorise l’apprentissage, les progrès et la résilience. Fait de manière collective, c’est aussi un moyen de renforcer les liens (plutôt que d’augmenter la méfiance en pointant du doigt), de rebondir ensemble.

 

partager ce qui va bien8- S’autoriser à regarder et partager ce qui fonctionne bien.

Que ce soit dans un entretien annuel individuel, dans un projet d’équipe, dans la réponse à un appel d’offre, ou simplement dans le quotidien professionnel, nous avons tendance à nous concentrer sur ce qui ne va pas. Ce qui est normal, notre attention va vers les dossiers à traiter. Identifier d’abord ce qui est positif permet de valoriser les ressources présentes et d’engranger de l’énergie positive avant de s’attaquer aux problèmes à régler. Les entreprises cherchent souvent à remotiver les salariés mais si on commençait par éviter de démotiver, quelle économie d’énergie !

 

Il peut s’agir aussi bien de comportements, de personnes que de projets en cours, d’organisation, de méthodes, de compétences etc. Nous pouvons bien entendu le faire pour nous-mêmes et le partager, quitte à être à l’initiative de cet émerveillement pour redynamiser une ambiance morose:

 

 

un carnet d'émerveillement9- Le carnet d’émerveillement

Noter au fil des jours, dans un carnet d’émerveillement, les graines semées et les résultats observés, sans excès d’évaluation :« Ne juge pas la journée en fonction de la récolte du soir mais d’après les graines que tu as semées », disait Robert Louis Stevenson.

 

Collectivement, le carnet peut prendre d’autres formes: un manager peut aussi prendre l’habitude de demander à ses collaborateurs ce dont ils sont fiers dans leurs réalisations, d’intégrer dans une réunion d’équipe récurrente un partage sur quelques sujets d’émerveillement choisis , voire organiser un « wonder café » hors du cadre habituel de travail pour:

 

  • Partager les récoltes d’émerveillement des uns et des autres
  • Des uns envers les autres
  • Repérer les pistes à creuser
  • Identifier des idées à transformer en innovation

Il peut aussi s’agir de (re)développer l’humour, le rire, la bonne humeur en perdition dans la morosité ambiante – on rit environ 4 fois moins qu’il y a un demi-siècle, alors que se poiler a des vertus autant sur le bien-être personnel que sur la relation.

 

engranger les vitamines mentales10- Engranger les vitamines mentales

Particules de joie présentes tout autour de nous, les vitamines mentales sont de l’émerveillement concentré qui ne dit pas son nom. Elles sont facilement accessibles à qui décide d’ouvrir les yeux (les oreilles et les autres sens;) et de savourer pleinement les micro sources de plaisir qui nourrissent l’âme d’émotions positives, pour en tirer une énergie motrice qui sera utile dans toutes les situations.

 

Au travail, elles vont consister à s’entraîner à repérer tout ce qui – si infime soit l’élément – a un impact émotionnel positif sur nous, aussi bien dans les transports que dans l’environnement, les personnes, les projets, les événements, les méthodes de travail, l’organisation, la décoration etc. Mieux vaut trois micro éléments sympas, beaux ou intéressants que zéro;) Voir:

 

 

management et emerveillementEn bonus: une vision complémentaire de l’emerveillement 

En finissante de rédiger ce troisième billet, je suis tombée sur cette série de trois articles sur feu l’excellent blog Penser et non panser, ils sont un complément à notre propos du jour qui mérite le détour :

 

 

Et vous, que faites-vous pour cultiver l’émerveillement ?

Quelles graines pouvez-vous partager avec nous?

Qu’avez-vous envie d’expérimenter ?

 

*Source de cette liste – avec quelques ajouts personnels d’Isabelle – : M.B. Rosenberg, Les Mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs

 

 

Voir aussi

 

A la rencontre de la beauté

Bien-être: fleuve paisible, rives fleuries

Regarder grandir

2,13€ de pur bonheur

Bien-être: un instant de poésie

Bien-être: la vie est belle!

 

Aller plus loin

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10 bonnes raisons de cultiver l’émerveillement au travail

Sylvaine Pascual – Publié dans Vitamines mentales / Talents et ressources

 

 

Nous l’avons vu, le sens de l’émerveillement est une qualité remarquable. Mais de là à la cultiver au travail, il y a toutes les barrières invisibles des idées reçues sur les comportements adultes et responsables. Voici donc 10 bonnes raisons de nous y mettre, au bénéfice de notre humeur et de la capacité à se faire plaisir au travail.

 

 

Cultiver le sens de l'émerveillement

 

 

 

L'émerveillement, énergie douce au service du plaisir au travailJ’ai eu l’occasion d’évoquer longuement le sens de l’émerveillement et ses bénéfices avec Isabelle Leclerc de Hauteclocque – consultante RH et coach, qui l’intègre avec beaucoup d’intelligence dans sa pratique et considère que “l’émerveillement et son énergie douce sont au coeur du métier d’accompagnement des transformations.”

 

Isabelle intervient dans le domaine de l’accompagnement humain des changements, notamment par le développement de:

 

 

  • Nouvelles formes de leadership
  • L’intelligence collective
  • Les compétences individuelles et collectives en matière de changement

Sa vision m’a particulièrement intéressée, aussi j’ai eu grand plaisir à lui proposer de venir co-écrire avec moi duex billets, sur les bénéfices de l’émerveillement et comment nous pouvons en mettre (bien) davantage dans nos vies professionnelles.

 

 

L’émerveillement : point commun entre les enfants et les scientifiques 

 

l'émerveillement, point commun entre les scientifiques et les enfants

Pour l’enfant, tout est nouveau, il accède progressivement à la connaissance par l’émerveillement. Ensuite, il perd peu à peu cette capacité en faisant l’expérience de la violence, de l’absurde, de l’injustice, etc. La notion d’émerveillement est de surcroît largement absente de la pédagogie scolaire.

 

Malgré tout, certaines personnes conservent ou retrouvent cette capacité d’émerveillement en constatant que le monde n’est pas uniquement solitude, injustice, violence, horreur, absurdité, ennui, qu’il est aussi soutien, douceur, beauté, étrangeté, possibilités, merveilles. Dans des circonstances de chaos extrême, l’émerveillement devient alors porteur de sens, ressource personnelle. Parmi de nombreux exemples, citons les récits de:

 

  • Viktor E. Frankl, Découvrir un sens à sa vie (Poche 2013)
  • Patrick Bourdet, Rien n’est joué d’avance (Fayard, 2014). 

Ni pessimisme cynique, ni optimisme béat, l’émerveillement permet précisément de sortir d’une vision manichéenne du monde. Comme le chercheur d’or qui découvre des pépites dans la boue, loin de nier la dureté du monde, il y cherche des moyens de donner du sens.

 

Chez les scientifiques, depuis les paléoanthropologues dont chaque découverte repousse les limites de la connaissance de l’évolution humaine jusqu’aux astrophysiciens qui ne sont pas prêts de connaître tout l’univers, en passant par les mathématiciens, les biologistes, … l’émerveillement est familier. Ce mot exprime à la fois le plaisir, la joie de la découverte qui survient au milieu des difficultés, pas toujours là où on l’attendait, mais aussi l’humilité qu’il suppose et suscite.

 

Pour Albert Einstein, “Celui qui ne possède pas le don d’émerveillement ni de ravissement, autant vaudrait qu’il fut mort : ses yeux sont fermés.” Il devient incapable de saisir “la structure grandiose de tout ce qui est”, inapte à comprendre le monde et ses mystères, à le questionner, à en faire quelque chose.

 

 

 

Joie de la découverte et recherche de sens

 

Entre étonnement et recherche de sens (dans tous les sens, justement, du terme), l’émerveillement devient un moyen : c’est parce qu’ilsque les scientifiques s’émerveillent de l’univers, de la nature, du corps humain etc., de ce qu’ils peuvent y découvrir, en apprendre, en faire, qu’ils sont capables de patience et de ténacité pour mener des recherches parfois longues, parfois fastidieuses, parfois infrucuteuses bref, d’un travail dont le quotidien n’est pas fait que découvertes géniales et de remises de prix Nobel.

 

cultiver l'emerveillement

 

Au-delà de leurs spécificités, les exemples de l’enfant et du scientifique montrent que l’émerveillement est lié à:

 

  • la découverte de l’inconnu
  • l’acquisition de connaissances nouvelles

 

 

10 bonnes raisons de remettre de l’émerveillement dans l’entreprise

 

Bizarrement, ce mot est quasi inexistant dans les organisations. Essayez d’y prononcer le mot « émerveillement » et vous verrez des sourires étonnés, gênés, peut-être même sarcastiques. Demandez à vos interlocuteurs s’ils ont déjà entendu ce mot dans leur entreprise: perplexité garantie ! Et pourtant, il semble bien qu’il y ait de bonnes raisons à cultiver un émerveillement qui non seulement ne coûte rien mais a de multiples bénéfcies:

 

 

1- Stimuler la créativité, l’innovation, la résolution de problème

L’émerveillement stimule la créativité parce qu’il suppose de porter un regard neuf sur notre environnement, nos habitudes, nos représentations. Il comporte quelque chose d’humble mais aussi d’audacieux, d’espiègle, voire de transgressif – puisqu’il s’octroie le droit là où il existe si peu. Humilité d’accepter que nous ne connaissons jamais tout d’une personne, d’un paysage, d’un problème, … et audace de l’acteur innovant qui prend le risque de sortir du cadre habituel de la pensée, des façons de faire.

 

Ce regard neuf permet de découvrir du beau, du nouveau, de l’inédit.  Il y a là quelque chose de l’ordre de la sérendipité dans la mesure où les surprises surviennent par hasard mais aussi parce que nous sommes dans un état de veille, de « chercheur » d’émerveillement. Ces découvertes, mises au service de la créativité, aident à la gestion des imprévus, à la résolution de problème à la débrouillardise.

 

 

2- Faire de ses émotions une ressource

S’émerveiller, c’est aussi parler de façon très ouverte d’une belle surprise et accepter un tant soit peu de se laisser toucher. Vue, ouïe, odorat, … quels que soient les sens en jeu, le résultat, c’est une palette d’émotions positives d’intensité variée. En effet, l’émerveillement peut être quelque chose d’extrêmement simple (un sourire, un geste bienveillant, un bonjour) ou beaucoup plus exceptionnel (la découverte d’une nouvelle planète, le premier vol d’un nouvel avion, etc.).

 

Dans un autre registre, on peut aussi s’émerveiller de ces émotions négatives, fidèles gardiennes de notre bien-être, qui nous apportent des messages cruciaux sur comment le cultiver et le préserver.

 

Dans les deux cas, les émotions deviennent une ressource plutôt qu’un “problème”. Retrouvant leur fonction première, nous pouvons nous appuyer dessus en toute quiétude, les exploiter, comme nous sommes censés le faire, plutôt que nous acharner à les refouler ou à les contrôler.

 

 

3. Aiguiser la soif d’apprendre

Enfants ou scientifiques ont en commun d’accéder à la connaissance par l’émerveillement. Les émotions positives qu’il suscite ouvrent l’appétit, donnent envie d’aller voir plus loin, de comprendre, de découvrir. Un cheminement cérébral individuel ou collectif transforme alors l’émerveillement en curiosité et en apprentissage: devant une pomme qui tombe, c’est lui qui incite Newton à réfléchir et à élaborer la loi de la gravitation universelle.

 

l'émerveillement donne au scientifique sa ténacité

 

Comme pour les scientifiques, l’émerveillement favorise aussi l’envie de tester d’expérimenter – des hypothèses, des méthodes, des stratégies etc. Voir aussi

4- Renforcer la relation par le partage

L’émerveillement est contagieux et naturellement tourné vers l’autre : notre premier réflexe est bien souvent de chercher à partager cette surprise positive. Partager un sujet d’émerveillement crée alors du lien tout en augmentant la joie de celui qui a fait cette expérience et qui veut la transmettre, comme de celui qui la reçoit. C’est une énergie qui invite à la fois à aller plus loin et à aller vers les autres.

 

 

5- Augmenter la capacité à saisir les opportunités

L’ouverture d’esprit que suppose l’émerveillement permet d’être à la fois vigilant et attentif au monde qui nous entoure. Ce qui stimule la capacité à identifier les opportunités – un naturel méfiant, cynique ou dubitatif aura beaucoup trop tendance à se concentrer les inconvénients, les difficultés et les “oui, mais” pour reconnaître facilement une véritable opportunité.

 

 

6- Favoriser la résilience individuelle

Notre cerveau est naturellement cablé pour attirer notre attention sur ce qui ne va pas et doit (devrait) être traité. Cette aptitude a été renforcée par l’avènement de la raison au point de perdre la capacité à s’émerveiller qui venait équilibrer l’ensemble. Redévelopper le sens de l’émerveillement, c’est redonner de la place aux émotions positives et s’en nourrir de façon à engranger cette énergie pure, sur laquelle il est possible de s’appuyer lorsque les aléas de la vie personnelle ou professionnelle viennent ébranler notre équilibre interne. Il favorise ainsi la capacité à rebondir dans l’épreuve. Voir:

 

7- Renforcer la bonne humeur

Véritable concentré de vitamines mentales, s’émerveiller,  c’est collectionner les instants cléments, la beauté, les moments heureux, si ténus ou éphémères soient-ils, tout ce qui fait que la vie peut être belle. Et ceux-ci suffisent à améliorer l’humeur, à renforcer une joie de vivre qui facilite la confrontation aux difficultés. Cette bonne humeur est aussi un virus hautement transmissible qui aura des répercussions positives sur l’humeur de l’entourage. Voir

 

8- Augmenter la résilience collective

Etre capables de s’émerveiller ensemble, ou a minima de se laisser emener par l’émerveillement d’un collègue ou d’un collaborateur renforce les liens, donc le sentiment d’appartenance et l’humeur. Les trois sont hautement responsables de la capacité collective à être résilents face aux épreuves de le vie professionnelle. Voir

 

9- Diminuer le stress et réenchanter le travail

De Christophe Dejours* à l’Essec**, l’idée de réenchanter le travail est devenue omniprésente, comme solution à son antonyme, le désenchantement responsable de démotivation, de désengagement, de perte d’efficacité, de stress. Revenons tout simplement à la définition du verbe « désenchanter »: “Désillusionner quelqu’un, lui faire perdre son enthousiasme. Décevoir, désappointer” (Larousse).

 

Réenchanter le monde, ce serait donc retrouver l’enthousiasme, l’esprit de découverte,  répondre à des attentes (en particulier le besoin de reconnaissance, de recréer du lien, de restaurer de la confiance). Réenchanter le travail, ce serait donc lui redonner du sens, de la saveur, du plaisir. Jacques-Yves Cousteau disait “Pour leur faire aimer la mer, il faut les émerveiller autant que les informer”. Au fond, il en va de même pour le boulot.

 

 

10 – Augmenter l’efficacité personnelle et professionnelle

Parce qu’ils sont naturellement observateurs (de tous leur sens) et parce qu’ils se laissent aller à savourer la beauté, l’intelligence ou l’intérêt de ce qui les entoure, ceux qui ont le sens de l’émerveillement se ressourcent plus facilement que les autres – s’émerveiller un instant est une micro pause ultra salutaire pour le cerveau sur-sollicité, et un cerveau reposé est une cerveau efficace. D’autre part, ils ont davantage de facilité à repérer et avoir envie d’expérimenter d’autre vecteurs de performance.

 

 

Au final, tout cela est bon pour l’estime de soi et donne envie de passer à l’action, d’entreprendre toutes sortes de projets.

Cet échantillon des bénéfices de l’émerveillement n’est pas exhaustif, tant il est une force qui met en mouvement, un moteur de l’action et du sentiment de satisfaction. Cependant il aura, nous l’espérons, piqué votre curiosité et votre envie d’en apprendre davantage sur les moyens de l’utiliser en entreprise, au service de l’efficacité et du plaisir individuels et collectifs, de la collaboration et du sens du travail. Renvez-vous la semaine prochaine pour explorer 10 façons de cultiver l’émerveillement au travail;)

 

 

*  Christophe Dejours, La panne. Repenser le travail et changer la vie (Bayard, 2012)

** « Réenchanter l’entreprise », thème choisi par Le Club ESSEC Entrepreneurs en association avec le Club ESSEC Spiritualité pour sa conférence du 13 février 2014.

 

 

Ressources externes

Votre enfant intérieur détient les clés – Clés magazine

S’émerveiller, une solution pour être heureux? – Inrees

 

 

Voir aussi

S’émerveiller

A la rencontre de la beauté

Eloge du plaisir

L’aigle en chacun de nous

10 aptitudes pour un état d’esprit serein et dynamique

Bien-être: la vie est belle!

Regarder grandir

 

Aller plus loin

Vous voulez construire et entretenir une posture, un état d’esprit et un relationnel sereins et dynamiques à la fois, propices à la concrétisation de vos aspirations professionnelles? Pensez au coachingPour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

2014, une année d’aventures et d’enseignements !

 

Réveillez l'Ulysse qui sommeille en vous

Le voyage à Ithaque

 

Quand tu prendras le chemin vers Ithaque

Souhaite que dure le voyage,

Qu’il soit plein d’aventures et plein d’enseignements.

Les Lestrygons et les Cyclopes,

Les fureurs de Poséidon, ne les redoute pas.

Tu ne les trouveras pas sur ton trajet

Si ta pensée demeure sereine, si seuls de purs

Émois effleurent ton âme et ton corps.

Les Lestrygons et les Cyclopes,

Les violences de Poséidon, tu ne les verras pas

A moins de les receler en toi-même

Ou à moins que ton âme ne les dresse devant toi.

 

Souhaite que dure le voyage.

Que nombreux soient les matins d’été où

Avec quelle ferveur et quelle délectation

Tu aborderas à des ports inconnus !

Arrête-toi aux comptoirs phéniciens

Acquiers-y de belles marchandises

Nacres, coraux, ambres et ébènes

Et toutes sortes d’entêtants parfums

Le plus possible d’entêtants parfums,

Visite aussi les nombreuses cités de l’Égypte

Pour t’y instruire, t’y initier auprès des sages.

 

Et surtout n ‘oublie pas Ithaque.

Y parvenir est ton unique but.

Mais ne presse pas ton voyage

Prolonge-le le plus longtemps possible

Et n’atteint l’île qu’une fois vieux,

Riche de tous les gains de ton voyage

Tu n ‘auras plus besoin qu’Ithaque t’enrichisse.

Ithaque t’a accordé le beau voyage,

Sans- elle, tu ne serais jamais parti.

Elle n’a rien d’autre à te donner.

Et si pauvre qu’elle te paraisse

Ithaque ne t’aura pas trompé.

Sage et riche de tant d’acquis

Tu auras compris ce que signifient les Ithaques.

 

Constantin Cavafis, 1911 (traduit par Jacques Lacarrière)

 

 

Vous êtes nombreux à me demander pourquoi Ithaque, alors pour cette nouvelle année, voilà ce poème qui l’a inspiré, qui a inspiré tous mes voyages personnels et professionnels… Comme un voyage de soi à soi, plein d’aventures et plein d’enseignements… une odyssée;)

 

Alors pour cette année 2014, quelque soit votre itinéraire vers le job idéal, que vous rêviez de reconversion, d’évolution de carrière, de création d’entreprise, de plaisir au travail, je vous souhaite de réveiller l’Ulysse qui sommeille en vous et de faire un beau voyage, plein d’aventures et plein d’enseignements!

 

Excellente année 2014!

 

 

 

 

12 façons de développer le sens de l’observation

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources

 

 

 

Une expérience réalisée à Harvard a montré combien nous sommes peu observateurs, pour ne pas dire aveugles à ce qui nous entoure. Avec à la clé opportunités ratées et erreurs de jugement. Voici donc 12 moyens de développer le sens de l’observation pour tirer davantage de bénéfices de ce qui se passe autour de nous…

 

 

 

 

N’est pas Sherlock Holmes qui veut…

 

Une expérience intéressante a été menée à Harvard par deux chercheurs en psychologie, Dan Simons et Christopher Chabris, auteurs du livre The Invisible Gorilla, dont a été tiré une vidéo d’un gorille invisible, qui a fait 25 fois le tour du web cette adaptation dans un spot de sécurité routière. Nous sommes y tellement occupés à compter les passes que se font des basketteurs que personne ne voit l’ours qui fait le moonwalk.

 

Les deux psychologues ne se sont pas arrêtés là et ont mené un certain nombres d’études, dont celle qui nous intéresse aujourd’hui et qui montre que nous avons peu de chance de devenir Sherlock Holmes, tant nous prêtons peu d’attention à ce qui nous entoure.

 

Des candidats qui pensent venir participer à une expérience dans la pièce que la personne au comptoir va leur indiquer, après leur avoir fait signer une décharge, sont en fait l’objet de l’expérience alors même qu’ils signent le formulaire. Le principe est simple. La personne qui les reçoit se baisse derrière le comptoir pour prendre un papier, et c’est une autre personne qui se redresse.

 

 

 

 

Étonnamment, 75% des gens ne se rendent absolument pas compte du changement d’interlocuteur. Aucune conclusion n’est tirée sur ce qui fait qu’on appartient au groupe qui remarque le changement ou à l’autre.

Quoi qu’il en soit, le chiffre de 75% est assez ahurissant et il montre clairement le peu d’attention porté aux interlocuteurs, du moins ceux avec qui les interactions ont une importance négligeable. Car le cerveau choisit, à chaque instant, quelle information mérite d’être traitée, et quelle information peut être délicatement remisée dans sa poubelle interne.

 

 

 

Effets secondaires négatifs

 

En quoi cela nous est-il utile?
Cette étude montre combien nous sommes peu attentifs à ce à quoi nous ne nous attendons pas. Nous ne voyons que ce que ce qui fait partie de notre paysage interne et négligeons le reste. Pour peu que nous soyons concentrés sur quelque chose, nous devenons purement et simplement aveugles à ce qui se passe autour de nous, et en particulier aux changements qui se produisent. Ce qui signifie que notre conscience de notre environnement est beaucoup plus limitée que nous l’imaginons.
Avec tout ce qui en découle comme conséquences dommageables:

 

    • Les opportunités ratées  Et à juste titre, puisqu’elles n’auront même pas été perçues, donc non identifiées comme des opportunités. Bye bye sérendipité, et bonjour l’ancrage dans sa zone de confort. Car nous y perdons aussi des opportunités d’apprentissage, d’expérimentation, d’exploration.

 

    • Les erreurs de jugement  Cette étude donne un éclairage intéressant sur certains comportements que nous avons tendance à juger trop vite. Tartempion, que vous avez croisé dans la rue (où à côté de la photocopieuse) vous a regardé dans les yeux et ne vous a même pas salué, vite fait rangé dans un bocal à con parce que non, vraiment, ça ne se fait pas ces choses-là. Peut-être que le Tartempion en question ne s’attendant pas à vous voir, ou bien concentré sur autre chose, ne vous a tout simplement pas vu.

 

    • L’inattention aux autres  L’étude montre combien nous prêtons peu d’attention aux autres. Tous concentrés que nous sommes sur nos petits nombrils, nous risquons de passer à côté d’eux, de leurs qualités comme de leurs travers, mais aussi de leurs difficultés, de leurs besoins. Avec toutes les conséquences relationnelles que cela peut induire, comme par exemple, à l’inverse de l’item précédent, de terminer dans le bocal à con d’un certain nombre d’entre eux.

 

    • L’inattention à soi  Tête dans le guidon, concentrés sur nos objectifs à tenir, nous pouvons aussi passer à côté des émotions, des signes de stress indicateurs d’un défaut de bien-être qui devrait être traité, faute de quoi nous  risquons de finir en burnout.

 

 

Tout cela donne envie de développer son sens de l’observation, pour être plus attentif au monde qui nous entoure et en saisir toutes les opportunités d’apprentissage et de compréhension du monde, au lieu de nous enfermer dans l’inattention et les préjugés. Pour cela, rien de tel que de développer un sens de l’observation qui va nous permettre d’intégrer davantage d’éléments environnementaux dans le casier des affaires urgentes à traiter de notre cerveau.

 

 

 

Bienfaits du sens de l’observation

 

Avoir le sens de l’observation est un talent remarquable, aux multiples bénéfices. Il permet d’ouvrir le champ, d’apprendre davantage et plus vite, autant par le repérage ou l’appropriation que par l’inférence, de relever des informations, de varier ses perceptions, de mieux comprendre le monde, de faciliter la prise de décision.
Sur le plan relationnel, il permet de mieux comprendre la personnalité et les mécanismes internes de l’autre, de se questionner sur ces comportements au lieu de les juger, de saisir des changements parfois imperceptibles dans les comportements, signes d’une difficulté ou au contraire d’une amélioration.

 

En permettant de mieux appréhender les situations, le sens de l’observation amène aussi à augmenter la capacité à s’adapter, à trouver des solutions, la créativité. Il facilite par exemple l’identification des éléments non payants d’une stratégie, lorsqu’on met en œuvre la triplette du coaching.

 

Sens de l’observation ne rime pas nécessairement avec souci du détail, ça ne signifie pas seulement être le champion olympique du jeu des 6 erreurs. C’est autant avoir un œil pour les détails qu’être capable de relever un élément important au milieu des autres. Ou encore intégrer dans son espace conscient un maximum d’éléments de notre environnement. Voici 12 moyens – parmi d’autres, ils sont légions – de peaufiner le vôtre jusqu’à en faire un talent proche du super-pouvoir du Sherlock Holmes moderne;)

 

 

 

Mini coaching: 12 moyens de développer le sens de l’observation

 

1- Faire preuve de curiosité
Saisir et même déclencher les opportunités d’apprendre quelque chose de nouveau, de découvrir, d’explorer. Pourquoi les choses sont comme elles sont? Comment fonctionnent-elles? Faites preuve de curiosité en permanence: c’est une sacrée qualité!

 

2- Faire preuve de non-jugement
Observer tous les aspects d’une situation, d’une personne, d’un objet en taisant ses convictions, ses idées reçues et ses préjugés, mais plutôt avec l’envie de voir le maximum de détails. En d’autres termes, chercher à comprendre plutôt qu’à juger.

 

3- Demander l’avis des autres
Chercher et questionner les opinions des autres, pour comprendre comment ils en sont arrivés à leurs propres conclusions, à comprendre les mécanismes qui génèrent leurs arguments.

 

4- Prêter attention aux autres
Prêter attention aux détails qui font d’une personne un tout, depuis sa façon de s’habiller jusqu’à son langage du corps, en passant par le plus important: ce qu’elle nous dit. Faire preuve d’écoute et d’empathie.

 

5- Challenges d’observation
Inventez des mini challenges d’observation, comme par exemple: trouver 10 personnes qui portent un vêtement rouge sur le trajet du boulot. Ce type d’exercice est tout simple et est une excellent moyen d’habituer l’attention à se focaliser sur des choses très différentes, en fonction des besoins, et d’élargir notre paysage interne.

 

6- S’émerveiller
Chercher sciemment des éléments qui suscitent une émotion en vous, depuis un rayon de soleil jusqu’à la beauté architecturale d’une façade. S’émerveiller est un moyen épatant à la fois de développer son sens de l’observation et d’engranger les vitamines mentales. Bref: d’améliorer ses compétences et son humeur!

 

7- Chercher des éléments familiers dans quelque chose de nouveau
Nous craignons souvent la nouveauté, parfois même sans vraiment le percevoir. Trouver les éléments familiers dans la nouveauté permet aussi d’apprivoiser plus facilement des changements subis perçus comme inquiétants ou déstabilisant.

 

8- Chercher des éléments nouveaux dans quelque chose de familier
Par exemple, choisir un bâtiment devant lequel vous passez souvent et relever 5 caractéristiques que vous n’aviez jamais remarquées. Idem à l’arrêt de bus, à la gare, à la caisse du supermarché etc.

 

9- Pratiquer l’observation auditive

Notre monde bruyant nous rend encore moins attentifs à notre environnement sonore qu’à notre environnement visuel. Voir:

Bien-être: le bruit et la fureur (1)

Bien-être et relations: le bruit et la fureur (2)

 

10- Le jeu de l’adjectif

S’asseoir quelque part et regarder autour de soi. Choisir un adjectif et repérer tout ce qui lui correspond. Ou inversement, pour chaque chose qui rentre dans notre champ visuel, chercher un adjectif pour le qualifier.

 

11- Chercher les éléments positifs chez les inconnus

Choisir une personne au hasard, par exemple dans les transports, et relever 5 caractéristiques qui vous plaisent, qui vous émeuvent, qui vous interpellent etc.

 

12- Be aware!

Et pour que tout cela soit complètement efficace, autant être dans le présent, alors soyez aware, chers lecteurs, en étant pleinement à ce qui se passe autour de vous lorsque vous n’avez pas d’obligation à vous concentrer sur une tâche ou une réflexion. Intégrez un maximum d’éléments de votre environnement dans votre paysage interne;)

 

 

 

Voir aussi

 

La curiosité est une sacrée qualité!
Renouer avec l’autodidacte qui sommeille en nous
Le bilan d’incompétences

Redécouvrir nos talents 
Reconnaître ses accomplissements
Les qualités de nos défauts

Etre dans le présent
A la rencontre de la beauté

Dynamisme: faire le plein de vitamines mentales

 

 


Aller plus loin

 

Vous voulez développer vos talents, capacités et ressources internes? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Appartenance et résilience collective

Sylvaine Pascual – Publié dans Regards croisés / Relations

 

 

 

Tout au long de l’histoire, l’être humain a traversé mais aussi initié des changements profonds… en groupe. La tribu, c’est quand même rassurant, car les épreuves, les changements inattendus ou non désirés sont plus faciles à traverser à plusieurs, le sentiment d’appartenance permettant une forte résilience collective.

 

 

 

Résilience

 

Cette très jolie animation parle de résilience: la capacité à rebondir face aux difficultés et au changement. Mais aux discours habituels sur ce qui renforce la résilience, elle ajoute une dimension relationnelle très pertinente: nous sommes plus à même d’être résilients lorsque nous affrontons le changement à plusieurs. Car le groupe est plus solide que l’individu isolé, et par là même, il peut être le moteur de changements bénéfiques.

 

(Cette vidéo a aussi pour objectif une promotion des projets locaux, dans le cadre du développement durable, de l’économie sociale et solidaire qui sont davantage de l’ordre des idées politiques et économiques de chacun, aussi je vous laisse seuls juges de cet aspect, et je me concentre sur la question de la résilience collective.)

 

 

 

 

Le changement, ensemble

 

Le collectif permet de gérer le changement ensemble, au lieu de le subir seul(e). Une communauté, si elle a des points communs, est aussi composée de personnes aux caractéristiques diverses qui sont unies par un sentiment d’appartenance fort. L’une des composantes de ce sentiment d’appartenance est le fait de savoir que cette communauté sera là en cas de coup dur. Le soutien moral, le sentiment d’être entouré, de pouvoir s’appuyer sur ses proches sont indissociables du bien-être et du sentiment de sécurité morale et sociale qui permet de s’adapter plus facilement au changement et de traverser les épreuves plus sereinement.

 

Le groupe génère aussi des liens internes entre ses membres, pour en faire une mosaïque cohérente de talents, de ressources, de compétences, de savoir-faire. Ceux-ci, exploités en commun, au service d’un objectif commun, se renforcent et se complètent mutuellement pour élaborer des idées et des stratégies soit pour l’adaptation au changement, soit pour initier des changements positifs et innover.

 

A son tour, cette mosaïque va générer des liens avec d’autres communautés, avec lesquelles elle va s’enrichir, se compléter et se renforcer. Ces groupes peuvent être de natures bien différentes: amis, famille, associations, quartiers, entreprises etc. De même que chaque être humain a besoin de vivre en interdépendance avec les autres, chaque groupe fait partie d’un tout plus grand que lui. A moins d’être un anachorète égyptien amateur de désert, le bien-être et la résilience, c’est aussi les autres, c’est chacun d’entre nous avec les autres.

 

Ainsi chacun d’entre nous a besoin d’appartenir a des groupes soudés autour d’objectifs commun dans lesquels il/elle se reconnaît et qui correspond à ses valeurs. Et il est de la responsabilité de chacun d’entre nous d’œuvrer à la cohésion de ces groupes, afin qu’ils soient en mesure de générer le changement positif ET de faire preuve de résilience en cas de coup dur, au lieu de céder au chacun pour soi.

 

 

 

Indispensable appartenance

 

Évidemment, sur le plan purement théorique, tout cela semble naturel et du domaine du bon sens…la résilience pour les nuls, en quelque sorte. Du moins jusqu’à ce que les égos s’en mêlent. La peur de l’autre et son pendant, l’intérêt personnel, quand ils s’expriment plus fort que les besoins collectifs, sont le sable qui bloquent les rouages du bon fonctionnement du groupe, au détriment du dit groupe, mais aussi, individuellement, du bien-être de chacun de ses membres.

 

Le désir d’épanouissement personnel, de réalisation de soi est souvent accusé de mettre à mal l’esprit d’équipe et la capacité à collaborer. Or ça n’est pas le cas (ou ne devrait pas l’être), car le bien-être personnel passe nécessairement par des relations saines et sereines, par la satisfaction des sentiments d’appartenance et de reconnaissance. L’obstacle réel est bien l’intérêt personnel magnifié au point de s’exprimer au détriment des autres et des communautés. La détermination à obtenir ce qu’on veut en dépit des valeurs communes et de l’éthique effrite les fondations du collectif et minimise sa capacité de résilience. Au premier coup dur, on se retrouve alors avec un groupe qui se nourrit d’un bouc-émissaire, ou qui voit ses membres se monter les uns contre les autres.

 

 

3 axes de construction de l’appartenance

 

Je retiens de cette vidéo 3 éléments qui participent du renforcement de la cohésion, qui autorisent le sentiment d’appartenance et permettent la résilience collective:

 

  • La confiance: La vidéo a choisi l’imagerie du surf, je prendrai pour ma part celle du rugby, qui m’est plus familière: la confiance mutuelle qui renforce le groupe est un mélange de définition précise des rôles et apports de chacun, d’engagement individuel au service du groupe, de respect mutuel, de gestion des égos et de l’erreur. Elle est centrale à l’esprit d’équipe.
  • L’apprentissage: par l’expérimentation et la pratique, plutôt que par l’excès de théorie (qui actuellement est la plaie du management). Remplacer la crainte de l’erreur (et donc la mise à l’index) par l’apprentissage: comment à en tirer les leçons, par la triplette évaluation/décision/action qui permet de sortir du sentiment d’échec. A la fois sur le plan individuel et collectif.

 

A l’arrivée, l’équilibre est évidemment délicat à trouver, fragile et fluctuant. Il est donc indispensable de l’évaluer et de le réajuster régulièrement. Tout ce travail de construction et d’entretien ne peut s’effectuer que conjointement au niveau individuel et collectif, ce qui signifie qu’il est à la fois long et complexe. Il est cependant un véritable investissement sur l’avenir et la cerise sur le gâteau, c’est qu’il débouche naturellement sur des relations qui permettent la gentillesse, formidable ressort relationnel qui nécessite de sacrées tripes à mettre en œuvre seul(e).

 

 

 

Voir aussi

 

Relation à soi/relation aux autres: le cocktail indispensable

Besoins affectifs: bien-être et dépendances

Répondre à son besoin d’appartenance sociale

Contribuer

Ebook gratuit: le triangle de Karpman; comment sortir des rôles relationnels

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

Bien-être, relations: les instants de convivialité

Média sociaux, cooptation et compétences relationnelles

L’humilité et la reconnaissance au service du collectif

Vitamines mentales: besoin de réconfort?

Garder le moral quand tout va mal

 

 

 

 

A lire ailleurs

 

La confiance, principale valeur de l’entreprise?

A chaque organisation sa mosaïque de managers

La résilience collective

Besoin des autres, envie de liens

 

 

 


Aller plus loin

 

Vous voulez développer et entretenir des relations saines et nourrissantes? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

 

Transformer les petits accidents de la vie en opportunités

Sylvaine Pascual – Publié dans: Développer ses talents et ressources

 

 

 Et si les petits accidents de la vie n’étaient surtout pas des mini-drames, mais plutôt des opportunités de faire des petits points sur certains aspects de nos vies?

 

 

 

Les petits incidents de parcours sont des opportunités d'apprentissage

Où nous mène-t-il, ce chemin sur lequel nous avons trébuché?

Petits accidents et grandes lamentations

 

Nous jonglons (plus ou moins) allègrement entre boulot, famille, activités et contraintes diverses, la tête dans le guidon, tout absorbés par l’importance de nos obligations quand bing, survient le petit accident qui vient nous immobiliser pour quelques semaines et en profite pour flanquer par terre l’échaffaudage improbable de notre quotidien.

 

Il n’en faut pas plus pour donner sans sourciller dans le discours convenu et curieusement invariable sur la faute à pas de chance et la bêtise de l’accident, et pour trouver mille et une raisons de  le transformer  en catastrophe. Parce que bien entendu, l’accident, (entorse, petite fracture etc.) intervient au mauvais moment, déjà d’habitude, c’est pas simple, mais alors là, c’est carrément la galère et puis nous, hein, on est pas des faignasses, on préfèrerait bosser.

 

En réalité, on constate que face à ces petits accidents, chacun développe des trésors d’imagination et de facultés d’adaptation et on finit par se demander si on ne râle pas juste pour le principe.

 

Alors si, pour une fois, on s’autorisait à penser autrement et à s’éviter la déperdition d’énergie mentale qui découle naturellement des grognements et lamentations?*

3 façons de transformer un petit accident en opportunité

Ce temps accordé est une opportunité de faire une pause, ce que d’ordinaire nous nous autorisons peu, et qui nous arrive franco de port sur un plateau. Nous pouvons le passer de bien des manières, depuis regarder enfin l’intégrale de X-Files jusqu’à se mettre au tricot.  Car après tout, et si c’était une occasion de faire enfin cette activité qu’on n’arrive jamais à faire, plutôt que de chercher à s’occuper comme on peut, à tromper l’ennui, à tuer le temps?

 

Nous pouvons aussi en profiter pour goûter le plaisir de ralentir, de souffler, de se poser tout simplement, de s’occuper et de se préoccuper enfin un peu de soi, de découvrir l’art de ne rien faire, de savourer le moment présent…

 

Nous pouvons mettre à profit le temps et l’espace inespérés dont nous disposons tout à coup pour réfléchir à nos vies, en particulier professionnelles, en faire le bilan, évaluer où il nous emmène, ce chemin sur lequel nous avons trébuché, pour repartir de plus belle, définir d’autres buts et bâtir les plans d’action pour les atteindre.
En d’autres termes, à nous de transformer un petit accident en opportunité de prendre du recul, de s’asseoir un moment et de repenser sa vie et de la faire évoluer d’une façon plus cohérente avec nos valeurs et nos aspirations.

  • Et vous, voyez-vous d’autres moyens de tranformer un petit accident en pause fructueuse?

 

Bon rétablissement!

* Ne nions pas les émotions pour autant. Si les émotions négatives sont très fortes suite à un petit accident, il renvoie sans doute à des manques qu’elles signalent et qu’il serait bon alors d’explorer pour y palier.

 

 

Voir aussi

 

Définir son objectif : un élément crucial du coaching
Relations: le grand ménage de printemps
Garder le moral dans la tourmente
Entretenir une bonne relation à son corps
Tirer les leçons de nos expériences
Renouer avec l’autodidacte qui sommeille en nous

Des solutions simples pour améliorer le quotidien au travail

10 aptitudes pour une vie sereine et dynamique

Le bilan d’incompétences

 

Les dossiers d’Ithaque: Développer ses talents et ressources

 

 

 


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Vous voulez vous forger un état d’esprit dynamique et serein à la fois, un état d’esprit propice à la réalisation de vos ambitions? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32