Relations: pouvoir, sentiment d'incompétence et agressivité

Mercredi 21 octobre – Publié dans: Vie professionnelle / Entretenir des relations saines

Une étude récente*, menée par deux chercheurs en psychologie sociale, suggère l’existence d’un lien entre le sentiment d’incompétence et le comportement tyrannique d’un supérieur hiérarchique.
nullSelon cette étude, quand la supériorité hiérarchique, la position de pouvoir rencontre le sentiment d’incompétence, le résultat est une association de malfaiteurs, un cocktail explosif qui mène directement à des comportements agressifs et tyranniques.

En bref, lorsque nous avons le sentiment que nous ne sommes pas à la hauteur d’une tâche, d’une mission etc, nous avons de fortes chances de nous transformer en brute épaisse, en butor grossier, en malotru, en ostrogoth qui ne pense qu’à rassurer son égo malmené en s’en prenant à… plus faible que lui.

D’autre part, ce phénomène est une caractéristique inhérente à notre nature, puisqu’il est indépendant de l’âge ou du sexe (ce qui signifie que nous pouvons aussi nous transformer en harpie, en mégère de moins de 50 ans etc.).

Cette étude donne un éclairage intéressant au sentiment d’imposture, le décalage entre l’idée qu’on a de soi et la place, le poste, qu’on occupe. Quand ce sentiment se teinte d’incompétence, il ne serait pas uniquement perçu comme une menace pour la position de pouvoir, mais aussi pour l’estime de soi.
Et c’est là que, plutôt que de laisser le bât blesser, la valeureuse bête de somme préfère s’acharner sur plus petit qu’elle. avec une double motivation: préserver sa position de pouvoir et son égo. Disons-le: le persécuteur est une âme sensible qui a besoin d’être rassurée. Une solution évoquée par les deux chercheurs: flatter l’égo qui s’égosille pour le calmer.

Tout ceci nous amène à trois conséquences non négligeables, tant pour les relations – profesionnelles ou autres – que pour la relation à soi-même.

Etre sûr de sa légitimité
De manière générale, il est important pour une personne qui accède à une position de supériorité vis à vis d’autres de se sentir sûre d’elle-même et de sa légitimité dans ce poste, de façon à éviter bien des réactions désagréables pour tout le monde, des relations professionnelles pourries, des conflits inutiles. Du boulot pour les coachs!

Un tyran en position de supériorité passe ses petits nerfs écorchés sur vous
Vous savez alors que votre tyran se parle à lui-même et que ses mots manquent cruellement d’objectivité. Nul besoin alors de laisser le contenu de ce qu’il déverse vous affecter. Ca n’est pas votre prore valeur qui est remise en cause, c’est la sienne. Vous pouvez alors plus facilement éviter la réaction émotionnelle et prendre du recul pour trouver les observations bienveillantes qui vont rassurer l’égo mis à mal de votre interlocuteur.
Et puis ensuite vous pouvez faire une demande assertive  pour éviter de devenir le punching-ball-distributeur-de-compliments de boss.

Vous êtes la brute qui passez vos petits nerfs écorchés sur quelqu’un d’autre
Vous doutez donc, au fond quelque part, de votre légitimité dans cette position. C’est une excellente opportunité de travailler sur vous-même et de vous sentir mieux.
Aussi, quand l’envie vous prend d’aller passer un savon maison à ce demeuré de Dupont, prenez une minute pour réfléchir:
Soit vos doutes sont fondés, et vous avez des compétences à développer: lesquelles?
Soit vos doutes sont peu objectifs et c’est votre estime de vous-même qui est fragile: de quoi avez-vous besoin pour vous sentir bien dans votre situation?

Pour aller plus loin:
Entretenir des relations saines
Le triangle de Karpman
Mieux communiquer
Les demandes assertives

* source: When the boss Feels Inadequate: Power, Incompetence and agression

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7 Comments

  • philippe dit :

    en fait ils redécouvrent le principe de Dilbert qui n’est que le principe de Peter Aggravé avec l’extension vers les conséquences, à savoir l’agressivité et autres joyeusetés

    bises Darling

  • Luc dit :

    Et si on y ajoute le paradoxe de Peter on peut aisément comprendre pourquoi une majorité de personnes se sentent mal au boulot !

  • fredheas dit :

    Merci pour ces éclaircissements @Sylvaine… ça me rappelle des situations passées…
    Belle fin de journée à toi! 😉

  • MADmoiselle dit :

    Mon patron, c’est un peu ça. Non pas qu’il soit une brute épaisse, non… mais il lui arrive de vraiment parler mal à ses employer.
    Et d’un autre côté, il le dit lui même d’ailleurs, il ne sait rien faire !

    Alors on peut voir ça de cette manière, ça explique pas mal de choses, en effet.
    En plus, le fait qu’il se mette en colère est dû aussi au fait (je me répète un peu là) qu’il n’a aucune idée de comment ça fonctionne : il croit que c’est facile, alors que ça ne l’est pas… Du coup, il s’énerve de voir qu’on rame parce qu’on n’est que 3 au lieu de 7 pour faire le même boulot.

  • Koolter dit :

    Tiens d’une part ça me rappelle mes deux anciens boss, et d’autre part l’un de mes délire fumeux, la célèbre “théorie de la quiche”.

  • Bonjour
    Ton article est vraiment superbe…
    J’ai passé un trés bon moment…..
    Bravo…….

    LORENT

  • Insolite85 dit :

    D’une manière générale l’incompétence au travail me parait générer des comportements agressifs et participer ainsi à la dégradation des relations au travail, entre collègues comme avec “la hiérarchie”. Quand elle concerne cette dernière, l’incompétence donne effectivement naissance à des “petits chefs” au comportement parfaitement décrits et analysés dans ton article. Ces comportement sont un vrai fléau pour la sérénité au travail et donc aussi pour l’efficacité de la structure professionnelle concernée.
    Amicalement
     

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