Vivre (et travailler) ensemble, une histoire de temps

les perceptions et désirs liés au temps impactent nos façons de vivre et travailler ensemble

 

De rythmes effrénés en besoin de loisirs et de détente, de nouvelles technologies en désir de lenteur, notre relation au temps est sacrément soumise à tout un tas de distorsions qui ont un impact direct sur notre capacité à (bien) vivre et travailler ensemble. Un colloque du CESE apporte des éclairages intéressants et parfois inattendus sur ce sujet.

les perceptions et désirs liés au temps impactent nos façons de vivre et travailler ensemble

 

Chacun, les autres et le temps

“Vivre ensemble, cela signifie se côtoyer, se croiser, partager les mêmes moments.
Or chacune et chacun d’entre nous ne se représente pas le temps de la même manière.
Nous n’entretenons pas le même rapport au passé, qu’il soit collectif ou individuel ni à l’avenir, dans lequel nous nous projetons tous différemment.
Identifier cette disparité constitue la première démarche pour faciliter le Vivre ensemble.” nous dit le site Vivre ensemble, du Centre économique, social et environnemental.

Ces liens entre le temps et nos façons de vivre – et travailler – ensemble ont fait l’objet d’un colloque passionnant le 29 novembre 2012, ainsi que d’un sondage porteur d’enseignements passionnants sur notre relation au temps et aux autres.

L’urgence et l’horizon, présentation du colloque Vivre ensemble entre temps long et temps court – Roger Pol Droit

Réaccorder nos temporalités pour bien vivre et travailler ensemble

Comment évoluent nos vécus du temps?

Claire GIBAULT, Conseillère CESE, chef d’orchestre

“Quelque chose, apparemment, est arrivé au temps. On le constate dans nos rythmes de travail, nos manières de nous informer, de manger ou de nous distraire. Mais comment qualifier cette métamorphose ? Suffit-il de parler d’accélération ? Est-il possible de ralentir ? Si oui, comment ?” La réponse en vidéo:


Claire Gibault – Vivre ensemble 2012 – cese par le_cese

 

Comment réaccorder nos temporalités

Etienne KLEIN, Physicien, Directeur de recherche au CEA

“Nous sommes moins les victimes d’une supposée accélération du temps que d’une superposition de présents multiples et désaccordés : en même temps que nous travaillons, nous jetons un œil sur nos mails, écoutons la radio et pensons à autre chose encore, et cela chacun à son propre rythme, dans sa propre sphère…
Nous ne vivons donc plus dans une temporalité commune : tandis que certains d’entre nous sont hyperactifs, comme embarqués dans une sorte de tourbillon existentiel, d’autres, mis hors du temps ou choisissant de s’y mettre, attendent, s’ennuient ou méditent.
Comment inventer une « diététique de l’instant qui passe », qui permette que, de façon régulière, le temps des uns se réaccorde au temps des autres ? »


Etienne Klein – Vivre ensemble 2012 – cese par le_cese

 

Sondage: Vivre ensemble, entre temps court et temps long

Cette étude a été réalisée par Ipsos pour le Conseil Economique Social et Environnemental et KPMG dans le cadre du Colloque Vivre Ensemble du 29 novembre 2012. Voici la présentation des résultats ainsi qu’un résumé des conclusions tirées pas le CESE. Pour le rapport complet, lire: Sondage vivre ensemble

 

1- La crise économique menace notre capacité à bien vivre ensemble

En plus du moral en berne, la crise a une autre conséquence directe dans l’opinion: elle met à mal la cohésion nationale: “En effet, lorsqu’on demande aux Français qu’est-ce qui selon eux menace le plus notre capacité à bien vivre ensemble, c’est la crise économique et financière qui est la plus citée (à 47% soit près d’un Français sur deux). Le défi qu’elle pose pour le financement du système de solidarité nationale paraît justifier cette première place. D’ailleurs, entre 2011 et 2012 la crise progresse assez nettement dans la hiérarchie des menaces (+8 points), notamment au détriment de l’accroissement des inégalités sociales qui en est pourtant l’une des conséquences (-16 à 27%).”

Mais la crise n’est pas la seule à menacer la capacité à bien vivre ensemble. Les français citent ainsi:

 – Les extrémismes religieux (27%)
 – L’individualisme (25%): “Chez les cadres, c’est la première menace citée, à 39% contre 38% à la crise et 37% aux inégalités.”

 

2- Plus de temps à travailler et à s’épanouir individuellement que de temps en famille ou à la rencontre des gens

” les Français pensent qu’aujourd’hui qu’on passe de moins en moins de temps à créer du lien avec son entourage. Pour une majorité de personnes interrogées, on consacre moins de temps qu’il y a 20 ans à la famille (65%) à aller à la rencontre des gens (77%).”

 – Pour 38% des personnes interrogées, on passe aujourd’hui en France plus de temps à s’épanouir individuellement.

– 15 ans après la mise en place des 35 heures, et alors qu’on parle de plus en plus de revoir ce dispositif, 44% des Français considèrent qu’on passe plus de temps à travailler qu’il y a 20 ans. Cette idée est même majoritaire chez les actifs (49%) et en particulier chez les cadres (52%).

 

3- Un rapport personnel au temps qui diffère selon le profil sociodémographique

55% des français ont le sentiment de prendre leur temps, contre 45% qui se sentent pressés. Sans surprise, le statut professionnel est déterminant: 54% des actifs se disent pressés, contre 35% des retraités. Chez les actifs, les cadres sont les plus pressés (61% contre 45% des ouvriers).

“D’une manière générale, les catégories « supérieures » sont davantage « prises par le temps » : 55% des diplômés bac +3 ou plus et 51% des personnes dont les revenus sont les plus élevés sont pressés, contre 44% des sans diplôme et 39% des personnes dont les revenus sont les plus faibles.”

A nouveau sans surprise, pour des raisons de répartition des tâches ménagères et domestiques: “51% des femmes sont pressées contre seulement 37% des hommes. A l’opposé, 62% des hommes disent plutôt prendre leur temps, contre 48% des femmes.”

 

4- Le temps vécu n’est pas toujours en harmonie avec le temps voulu

1/3 des français regrettent que leur activité professionnelle leur prenne trop de temps, et particulièrement les cadres (53%). S’ils disposaient de plus de temps

 – 45% le consacreraient à leurs proches
 – 32% à leurs loisirs

 

Un clin d’oeil reconnaissant à @sysiphe92 qui m’a signalé ce colloque;)

 

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