Touristes et exigence de confort


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Hier, lors d’une balade en montagne, j’ai eu une de ces surprises qui font réfléchir.
Après une heure de marche dans des jolies prairies et des forêts de sapins, j’arrive au refuge de la Calme, petite cabane au milieu d’une clairière, à la croisée de sentiersq er randonnée et de pistes de ski de fond, où l’hiver on vend du vin chaud.
Là, j’aperçois une autre petite cabane de bois toute neuve, et je me dis “tiens, ils ont mis une station météo”. Il y a des jours où je suis d’une naïveté confondante.
Ce sont des toilettes. Vous avez bien lu, en pleine montagne, dans la forêt, et pas au milieu de la désespéremment plate steppe Mongole: des toilettes, des chiottes, des gogues.

Certes, ces WC-là sont jolis tout plein et écolo à souhait: ce sont des chiottes sèches. Quoi que: les copeaux nécéssaires à son utilisation sont montés jusque-là en 4×4, alors que le PQ arrivait écologiquement à dos de randonneur ou de skieur de fond. Mais l’hyprocrisie écologique n’est pas le propos du jour.

Autant les toilettes sont utiles à proximité des refuges gardés, car 50 personnes qui se soulagent tout les jours dans un périmètre restreint, ça fait beaucoup de mouches, et de nombreux refuges se situent au dessus de la limite des sapins. Mais là, le touriste arrivé jusqu’ici à pied, à VVT ou à ski de fond  est-il obligé de se soulager ici même et ne peut-il pas faire quelques pas de plus pour trouver un sapin accueillant?
Tout cela me pousse à m’interroger sur nos exigences de confort.

J’imagine que si ces petites chiottes ont éré installées ici, c’est en réponse à une demande. Est-il donc devenu inconcevable, quand on décide de passer la journée dans la nature, d’y pisser aussi?
A quand la borne WiFi et le distributeur de sac à crottes de chien?

Nous avions parlé de la pyramide de Maslow, qui montre les besoins que nous cherchons sans cesse à combler pour vivre dans le bien-être.
La recherche de confort est une façon d’ancrer la satisfaction des deux premiers niveaux de besoins: besoins physiologiques et besoins de sécurité. Dans ce but, nous avons inventé de multiples solutions afin d’améliorer le confort et de nous faciliter la vie et c’est tant mieux: l’époque où les pots étaient vidés dans la rigole au milieu de la rue devait être un brin nauséabonde.

Pourtant, n’est-il pas excessif que cette recherche de confort devienne une exigence, quel que soit le lieu ou les conditions? Qui n’a jamais entendu des touristes, de retour d’un pays lointain, aux normes parfois différentes des nôtres, se plaindre du manque de confort? Serions-nous pas en passe de devenir des enfants gâtés, dont les exigences frisent parfois le caprice? Serions-nous en train de devenir tellement rigides qu’il nous devient difficile de nous adapter à des conditions un pouillème éloignées de nos habitudes?

Accepter de faire les choses différemment, c’est sortir de sa zone… de confort, justement, explorer d’autres territoires, s’autoriser à apprendre, à évoluer, à comprendre, à s’adapter, à augmenter sa propre marge de manoeuvre, à élargir cette zone dans laquelle nous nous sentons à l’aise. Y compris pour des choses aussi triviales que d’aller pisser derrière une arbre.

Se confronter de temps en temps au manque de confort nous permet aussi de relativiser et d’apprécier davantage, de nous satisfaire de celui dont nous disposons au quotidien.

 

Et vous, dans quelle mesure pensez-vous que nos exigences de confort sont toujours légitimes?

Dans quelle mesure le manque de confort vous incommode-t-il?

Que pouvons-nous apprendre du manque de confort?

 

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5 Comments

  • Michèle dit :

    Des copeaux montés en 4×4.. dis-moi que ce n’est pas vrai Sylvaine, s’il te plaît?!!!
    J’aime bien ton analyse et les questions qu’elle pose.

  • MADmoiselle dit :

    Ah moi, pour les pipiroom, je dis jamais non depuis que je me suis faite surprendre par un cheval et son cavalier etque je suis tombée dans un trou en m’enfuyant. Mauvais souvenir…

  • Luc dit :

    Pour répondre à ta dernière question, ce que j’apprends dans le manque de confort c’est que nous sommes très adaptables ; on s’habitue très vite au confort, et on peut très bien s’en passer. Faut juste essayer !

    (souvenirs émus de l’altiplano – très plat – et sans le moindre buisson accueillant…)

  • annie dit :

    c vrai qu’elle fait tâche la cabane à caca!!surtout à côté de la table à pique-nique!super!
    Mais habitan moi-même la montagne,je râle après ces pourciaux qui n’arrivent pas à pisser ou caguer sans leur pq et qui en foutent partout!!!
    c qd mm bien dégueu qd on se promène de rencontrer derrière les buissons des chiottes à ciel ouvert!!!!peuvent pas utiliser les feuilles des arbres???comme pq,ou bien remettre leur mouchoirs dans leur sac rando pour les jetter à la maison?????est-ce trop compliqué pour ces populations migratrices qui viennent salir leur lieu de vacances!!!clin d’oeil:lors du tour de France au Mont Ventoux:20 tonnes de déchets ramassés,500 000 personnes présentes!vive le sport et ses fans qui ne peuvent s’empêcher de manger et boire pdt qq heures!
    continuons,nous sommes sur la bonne voie

  • annie dit :

    ça c bien vrai!mais apparemment(dixit ma fille de 17 ans)les gens seraient moins dérangés aujourd’hui par une bouteille en plastique oubliée là sur le sable à côté de leur serviette que par une bouse de vache!!! on est mal barré!!!

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