10 étapes pour nous réconcilier avec nos émotions (partie 1): observer

 

Soyons sympas avec nos émotions, même celles qui sont désagréables, accueillons-les, offrons-leur un café et discutons avec elles: pour vivre et travailler un peu plus sereinement, l’hospitalité fonctionne toujours mieux que l’hostilité avec ces gardiennes de notre bien-être! Voici comment les inviter à notre table et nous réconcilier définitivement avec elles en 10 étapes;)

 

En lecture ou en podcast:

 

 

L’émotion, une mise en mouvement vers… du mieux;)

Dans nos vies professionnelles, les émotions négatives ou pénibles ordinaires, liées à des insatisfactions en termes de relations, d’organisation, de management, de tâches etc. méritent de ne pas être ignorées ou rejetées, de ne pas s’échiner à les supprimer juste pour se débarrasser de leurs effets désagréables et ce pour deux raisons:

1- Parce qu’une vie sans émotion, ce n’est pas possible. Et j’imagine que même après 25 ans de méditation 6 h par jour,  il arrive encore qu’on ait ses petits agacements, des trémolos d’inquiétudes ou des restes de sensibilité à la tristesse.

2- Parce qu’elles ne sont pas les ennemies qu’on croit, si pénibles soient-elles. Elles sont les poteaux indicateurs des actions à mener pour revenir dans le bien-être.

Elles nécessitent donc avant tout d’exploiter la mise en mouvement qu’elles procurent pour construire davantage de bien-être ou pour revenir dans le bien-être. Ce qui aura un paquet de vertus et de bienfaits collatéraux: améliorer l’humeur et l’estime de soi, le sentiment de satisfaction, de pouvoir agir et pas seulement subir, de revenir à des conditions de travail humaines qui favorisent le plaisir, le travail bien fait, mais aussi d’améliorer les relations.

Pour peu qu’on les accepte, qu’on les écoute et qu’on en décode les messages, les émotions, sont les gardiennes de notre bien-être et les moteurs de nos actions

 

1- Accueillir l’émotion

Comme nous avons du mal à les considérer comme des alliées, comme nous sommes facilement submergés par les réactions qu’elles entraînent, nous préférons souvent rejeter nos émotions que les accueillir. C’est une erreur qui les entretient et les renforce. Car s’agacer de réactions qui sont l’indicateur que quelque chose ne va pas et chercher à l’ignorer est à peu près aussi utile que de mettre le doigt sur un pneu crevé: ça n’arrête rien et tout ou tard, il faudra bien changer le pneu.

Accueillir l'émotion avec bienveillance pour mieux lentendre et la comprendre

 

2- Diminuer son intensité en observant le ressenti

La seconde étape va consister à décrire précisément ce qui se passe dans notre corps et où, ce qui se passe dans notre tête, bref, toutes ses conséquences physiques, physiologiques et cognitives. Parce que comme tout signal d’alarme, l’émotion a besoin d’attention et que dès lors que nous lui en accordons, elle va se réduire considérablement, nous permettant de réfléchir plus aisément à une réponse concrète à donner à la situation qui nous a dérangé:

Accueillir l'émotion pour diminuer son intensité

 

3- Lui donner un nom

Il est plus facile de savoir comment s’y prendre avec un animal sauvage si l’on sait que c’est un lapin ou un mammouth. C’est pareil avec les émotions! Malheureusement, le terme stress est devenu un fourre-tout facile qui nous déconnecte de ce qui se passe à l’intérieur de nous et que nous avons besoin de distinguer de l’émotion pour pouvoir faire sens de celle-ci et la comprendre. Sinon, la plupart de temps, nos émotions ressemblent à un gloubiboulga de réactions, de ressentis et de pensées tous mélangés;)

Et comme nous manquons de mots pour les décrire, rappelons d’abord pour simplifier qu’on gardera trois chapeaux émotionnels génériques sous lesquels 1000 nuances sont possibles: la colère, la peur, la tristesse:

le grand flou émotionnel

 

Pause

Ici je fais une pause: en général, les invitations à nous préoccuper de nos émotions s’arrêtent là, accueillir l’émotion et lui donner un nom, point. Remonter à sa source, comprendre à quoi elle sert, pourquoi elle est là et ce qu’on peut faire de ces (bonnes) raisons-là fait déjà courir vachement moins de doigts sur vachement moins de claviers. Et ce n’est probablement pas surprenant, puisque même la dénommée “intelligence émotionnelle” vante la maîtrise des émotions et s’intéresse peu à leur compréhension.

D’autre part, l’ère de l’urgence et de l’immédiateté pousserait plutôt à la jouer Speedy Gonzales de la gestion des émotions, car le temps est un truc dont on dispose en quantité limitée et il doit être rentabilisé à fond. Du coup, on voit éclore des solutions qui ont les défauts de leurs qualités et inversement. Ainsi des techniques de gestion des émotions qui en modifient la perception ont vu le jour ces dernières années, qui proposent des solutions rapides. L’EFT ou la méthode TIPI par exemple sont certainement à recommander pour des états émotionnels tenaces, déconnectés d’une situation précise, fantasmés de façon disproportionnée (les peurs irrationnelles par exemple, les phobies etc.) ou trop génériques pour avoir un déclencheur précis sur lequel il est possible d’intervenir. Ou encore l’émotivité plutôt que l’émotion. Ainsi ma cliente Dorothée, 42 ans, terriblement angoissée à l’idée de ne pas trouver une voie de reconversion, pourrait certainement tirer un vrai bénéfice de ces techniques.

En revanche, pour les émotions banales, ordinaires, les agacements et frustrations, inquiétudes ou fatigues liées à des situations spécifiques du quotidien, je préfère avoir recours à l’action concrète sur le déclencheur de l’émotion. Par exemple, être en colère parce que cet empaffé de Dupont-Durand nous a encore coupé la parole en réunion est non seulement légitime, mais mérite d’agir pour éviter que la situation se reproduise. Choisir de supprimer l’émotion plutôt que la situation qui la déclenche, c’est prendre le risque d’accepter de devenir la serpillière dudit Dupont-Durand. Ca manque de gueule et ça n’aide pas l’estime de soi.

Pour finir, les termes “gérer” et “gestion”, ont connu, comme bien des choses, leur grandeur et décadence et aujourd’hui on peut lire des tas de publications qui les rejettent. Je choisis d’en conserver le sens  “faire face à une situation” et “administrer ses affaires” conformément à l’intérêt de celui qui les possède, précise le Larousse. On peut préférer une autre sémantique, personnellement je m’en fiche et je n’ai pas envie de débattre de ce mot-là (ce qui n’est pas toujours le cas, parfois certains choix lexicaux me dérangent), aussi je garde “gérer” et je vous propose de passer à la suite d’une lecture émotionnelle qui vise à déchiffrer les messages de nos émotions et en déduire des actions;)

Reprenons.

Le rôle et l'utilité des émotions au travail

 

Journal des émotions

Mieux se connaître, mieux vivre avec ses émotions et être en mesure de les apprivoiser passe tout d’abord par l’observation de ses propres mécanismes émotionnels: les situations qui déclenchent des émotions pénibles et les manifestations physiques, physiologiques, comportementales et cognitives qui les accompagnent. Histoire, en quelque sorte, de tracer une cartographie de vos états émotionnels.

Les trois éléments ci-dessus constituent la première partie de la gestion des émotions et vont vous permettre de vous mettre vous-même sous votre microscope à émotions, en notant régulièrement une analyse de vos émotions, après avoir suivi les 3 étapes : accueillir l’émotion, observer les ressentis et nomme l’émotion:

Analysez la situation qui l’a déclenchée:
De quelle émotion générique s’agit-il? Peur? Colère? Tristesse?
Qui a fait quoi?
Où, quand, comment?
Dans quelles circonstances?

Au bout d’une semaine, comparez les circonstances des différentes situations ayant déclenché chaque catégorie d’émotions: peur, colère, tristesse:
Que remarquez-vous?
Quels sont les points communs?
Qu’est-ce que ça vous dit sur vous-même?

 

Pour ceux qui veulent aller plus loin et sont intéressés par la compréhension du message de l’émotion et son traitement (du message, bien entendu, l’émotion n’est pas une pathologie qui nécessite un traitement médical, c’est un message à mettre en haut de la pile des affaires urgentes à traiter;) rendez-vous dans le seconde partie de ce billet;)

 

Aller plus loin

Vous voulez apprendre à vivre avec vos émotions, à les apprivoiser, les comprendre, les mettre au service de votre bien-être, de vos relations, de votre plaisir au travail? Ithaque vous accompagne. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual

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