Doute, réflexion, expérimentation, une triplette pour réussir sa reconversion!

Réflexion, doute et expérimentation, une triplette pour réussir sa reconversion

 

Je vous parle assez peu des parcours de reconversion de mes clients, parce qu’ils sont souvent un itinéraire singulier qui ne parle essentiellement qu’à celui ou celle qui l’a menée. Le chemin suivi par Aurélie Autran, en renvanche, est très éclairant en ce qu’il montre les doutes, l’importance de l’exploration mains dans le cambouis d’une piste de reconversion et de la façon dont l’expérimentation peut permettre d’affiner un projet et d’en dessiner des contours personnalisés. Doute, réflexion et expérimentation, une vraie triplette de la reconversion!

Réflexion, doute et expérimentation, une triplette pour réussir sa reconversion

 

3 dimensions pour réussir sa reconversion

Aurélie Autran reconversion du commercial à la médiation canineAurélie Autran a 34 ans et sa reconversion l’a faite passer du commercial à l’éducation et à la médiation canines. Issue d’un parcours de formation riche et polyvalent, mêlant sciences, lettres, commercialisation et gestion et déjà révélateur d’un esprit curieux qui se croyait impossible à satisfaire (voir la reconversion et les multipotentialistes), le parcours d’Aurélie a un intérêt majeur pour tous ceux qui veulent changer de métier : il met en exergue trois dimensions essentielles, en particulier pour ceux qui ont le sentiment de ne pas avoir de passion:

1- La place du doute : il montre que les doutes sont légitimes et qu’ils ne sont pas à craindre, bien au contraire, ils participent de l’affinage du projet et du job crafting du métier finalement choisi. Et puis les doutes sont les garde-fous qui évitent de se jeter trop vite dans un projet et de se laisser aveugler sur tout ou partie des dimensions du projet qui sont à traiter.

2- La réflexion sinueuse : il montre aussi que les méandres d’une réflexion sur un projet de reconversion sont fréquents, que ce n’est pas souvent un itinéraire linéaire vers une vocation pour laquelle on était prédestiné, mais bien l’un des confluents possibles des aspirations, désirs et talents du candidat au changement de métier. Ces détours ne rendent pas la réflexion plus compliquée, ils sont eux aussi essentiels à l’adaptation d’un projet aux besoins du candidat.

3- Le pouvoir de l’expérimentation :Il montre un troisième point essentiel à souligner: l’importance d’aller voir sur le terrain de quoi il retourne concrètement, de façon à se faire une idée large des possibilités de déploiement d’un métier spécifique, des vastes possibilités de conditions d’exercice, parce que c’est comme ça qu’on peaufine son projet. L’expérimentation et l’exploration ont le pouvoir d’ouvrir le champ pour ensuite poser les filtres qui vont faire ressortir le cadre du projet.

Son témoignage est très détaillé, pour que vous puissiez prendre mesurer la façon dont Aurélie a mis toutes les chances du côté de sa réussite: les va et viens, les doutes, la multiplicité des démarches effectuées pour peaufiner son projet et les formations de façon à s’assurer les compétences nécessaire au métier autant qu’à une installation à son compte.

doute réflexion et expérimentation une triplette pour réussir sa reconversion

 

Un début de carrière raisonnable

Le début de carrière d’Aurélie est assez représentatif de ces parcours raisonnables et bien menés qui sont le dénominateur commun de mes clients en désir de reconversion. Des études supérieures, une première expérience satisfaisante sur le papier et une premier doute sur le bien-fondé de cette orientation:

“Après un DEUG Lettres Modernes option culture musicale, me sentant à l’étroit dans les perspectives professionnelles qu’une filière littéraire m’ouvrait, je me suis dirigée vers des études plus orientées commerce et gestion. J’ai choisi de me former à Sup de Co Montpellier et obtiens fin 2007 mon diplôme d’Ecole Supérieure de Commerce.

J’ai alors débuté en tant que responsable commerciale d’un média web, traitant d’emploi et de formation. Seule salariée de la structure, j’ai – pendant plus de 4 ans – travaillé en totale autonomie sur l’ensemble du cycle commercial inhérent au développement et à la pérennisation du média : définition de la stratégie commerciale, veille concurrentielle, prospection téléphonique et physique, transformation, production des services vendus, suivi satisfaction et fidélisation.

J’ai obtenu des résultats très satisfaisants sur plusieurs points : un chiffre d’affaire conséquent, l’augmentation de l’audience du site, la création et fidélisation d’un portefeuille client de 160 structures économiques régionales. Profitant de ce succès, j’ai pris le temps de faire le point sur ma vie professionnelle, sentant que malgré la réussite de ma mission, je m’éloignais de mes valeurs et affinités professionnelles.”

parcours qui enferme dans l'ennui

 

L’ennui en toile de fond

Une tête bien faite et un métier qui ne nous correspond pas, voilà l’équation classique d’un job qui va en se pourrissant, menaçant de KO par ennui. Un ennui qui se développe petit à petit et finit par devenir bien trop envahissant et délétère pour être ignoré. En particulier lorsque le candidat à la reconversion est de ceux dont le cerveau bouillonnant est curieux de tout.

“J’avais travaillé dur pour réussir ma mission mais alors que le site fonctionnait bien je me suis retrouvée dans l’ennui d’un quotidien ronronnant, avec la sensation de tourner en rond, d’être enfermée dans une routine confortable, de ne plus progresser voire de perdre en compétences. L’entreprise tournait bien, et je n’avais plus de challenge fort pour entretenir ma motivation.

J’ai cherché une voie d’évolution : évoluer dans mon entreprise, changer d’entreprise, changer de métier…. Mais sans trouver. Parallèlement, je me suis investie en tant que bénévole dans un refuge de protection animale. Finalement j’ai choisi de prendre des risques et de faire un pari périlleux : quitter un job confortable mais ennuyeux pour me consacrer à plein temps à la construction d’un nouveau projet professionnel. J’ai donc négocié mon départ fin juin 2012 et rapidement, j’ai senti que c’était vers l’entrepreneuriat que je souhaitais me tourner.”

L’ennui est l’un des principaux déclencheurs de désir de reconversion et l’un des plus fiables avec la perte de valeurs et de sens, parce que ce sont les plus difficiles à bricoler en mode job crafting: la marge de manœuvre est souvent plus limitée que lorsqu’il s’agit d’autres déclencheurs comme l’ambiance pourrie. Alors la conjonction des deux est souvent le signe d’un changement de métier annoncé et devient rapidement tellement insupportable qu’elle facilite les grands sauts. Voir:

 

Des gens, des chiens et des expérimentations

Pour les candidats à la reconversion qui ont une ou deux idées mais hésitent à se lancer,  ou ne sont même pas certains qu’ils ont vraiment envie d’en faire un métier, l’observation, l’ouverture au monde qui nous entoure et l’expérimentation sont souvent pleines d’enseignements: elles permettent de faire émerger, directement ou indirectement, des pistes aussi inattendues qu’intéressantes. C’est par ce biais qu’Aurélie a rencontré l’activité dans laquelle elle allait pouvoir se projeter:

“J’ai été dans une sorte de flottement pendant quelques mois, en introspection et en observation. Il m’arrivait fréquemment de marcher en centre-ville de Montpellier. J’ai toujours été attentive, sans savoir pourquoi, à la précarité. A Montpellier, la pauvreté est visible. SDF, jeunes en errance, réfugiés politiques, roms, clochards, punks à chien…. Ils sont présents aux feux, en centre-ville, devant les supermarchés, en groupe ou seuls, avec des chiens souvent. Je les ai souvent observés.

Observer le monde qui nous entoure, un moyen d'identifier des voies de recovnersion

Et je me demandais: ces personnes ont déjà tellement de difficultés matérielles et psychiques, pourquoi s’encombrer d’un animal qu’il faut nourrir, soigner etc… ? Mais le lien semblait tellement fort entre le propriétaire et son chien, un attachement vital. Je les voyais souvent solidaires, soudés, accrochés l’un à l’autre dans une relation socle, qui les retient d’être emportés par la déchéance. J’ai voulu approfondir cette question et suis tombée sur deux éléments importants :

  • Christophe Blanchard, sociologue, qui a été un précurseur dans l’étude du propriétaire en précarité et de son animal. Il a été un des premiers à écrire aussi sur l’analyse sociologique de ce binôme.
  • L’association Gamelles Pleines, créée face à l’absence d’alimentation animale dans la restauration sociale. Par conséquent, la plupart des propriétaires partageaient leur repas avec leur animal. L’association apporte donc un soutien alimentaire, ainsi que de la sellerie (laisse, collier, muselière…) qui manque souvent cruellement; elle intervient en partenariat avec les travailleurs sociaux pour leur permettre de créer du lien avec les propriétaires, par l’intermédiaire de l’animal. J’ai rejoint l’association Gamelles Pleines de Montpellier en octobre 2012 et en suis depuis la présidente. Elle m’a permis de découvrir la médiation animale.”

Aurelie Autran mediation canine

 

A la rencontre d’une passion

Ne pas avoir de passion ne signifie pas qu’on ne peut pas en avoir et qu’on ne peut pas se passionner pour quelque chose. Dissocions d’abord le terme “passion”, parfois trop fort, trop dévorant aux yeux de certains, d’une activité passionnante. Lorsqu’une activité émerge comme le confluent de ce qui tout ce qui nous meut, nous émeut, nous intéresse (et qui se traduit en générale par des actions intimement liées à nos valeurs) elle devient rapidement passionnante, en ce sens qu’elle déclenche un intérêt fort, qu’elle résonne en nous. C’est au gré de ses expérimentations qu’Aurélie a rencontré le métier qui allait devenir une passion et un moyen d’exprimer tout ce qui la passionne:

“La médiation animale est « la recherche des interactions positives issues de la mise en relation intentionnelle homme/animal afin de maintenir ou d’améliorer un état de bien-être physique, mental, social » . Elle est donc associée à une intentionnalité : « celle d’associer l’animal à un projet professionnel et/ou une compétence spécifique qu’il soit éducatif, social, thérapeutique ou de recherche » .

Appliquée auprès d’un public de propriétaires en précarité, l’animal constitue un tiers qui va permettre au travailleur social d’aborder des problématiques complexes de manière détournée, d’établir des liens de confiance et d’aller plus loin dans l’accompagnement. Le chien constitue une porte d’accès très riche pour créer et maintenir le lien avec le propriétaire qui parlera plus facilement de son compagnon que de lui-même, quand ses circonstances de vie l’ont peu à peu enfermé et désocialisé. il est un élément neutre par lequel la personne va pouvoir exprimer des émotions ou des pensées. L’animal permet de travailler beaucoup de problématiques telles que la santé, l’alimentation, le repos, l’autonomie, l’éducation, la responsabilité…

J’y ai découvert avec émotion que l’animal est un formidable créateur de lien avec des populations en difficulté, sans l’obstacle du mental qui permet de briser la glace, d’entrer en contact avec la personne et de se concentrer sur l’essentiel. L’animal permet aux gens d’être vrais et authentiques et le lien, fort et unique, de l’homme à son animal, qui permet à l’un et l’autre de s’animer, de vivre et de se faire grandir, ça me touche profondément.”

quand l'idée de reconversion a du sens

 

Période de doute et affinage du projet

L’enthousiasme naissant lié à une passion ou un intérêt fort qui émerge et qui laisse à penser qu’il pourrait être transformé en métier est souvent mis à mal par les doutes, les craintes quant à la pertinence ou la faisabilité du projet, les questions sur “le bon choix” et Aurélie a tourné autour pendant quelques mois. C’est à ce moment-là qu’elle est venue me voir, tout en me présentant la médiation animale comme une sorte de non possibilité – mais qu’elle présentait quand même. Un peu comme si elle avait touché du doigt une vraie piste, sans s’autoriser à la considérer comme telle. Elle avait donc essentiellement besoin de renforcer sa confiance en elle et de prendre conscience de ses désirs professionnels pour pouvoir faire le tri entre les doutes qui étaient des points à traiter, ceux qui étaient révélateurs de fausses pistes et ceux qui étaient simplement des freins auto-imposés,  fruits de croyances limitantes.

En même temps, ce qu’elle a vécu à l’époque comme des doutes et des difficultés s’est révélé être une phase d’expérimentation cruciale, qui lui a permis de tirer les enseignements nécessaires pour affiner son projet:

“J’ai découvert alors une véritable passion ! Inépuisablement, je me suis documentée, j’ai créé des contacts, enquêté, échangé sur cette thématique. C’est à ce moment-là que j’ai commencé mon accompagnement avec Sylvaine. J’avais besoin d’aide sur la construction de mon projet professionnel. A ce titre, je lisais beaucoup d’articles sur Internet, et je suis tombée sur son blog qui m’a beaucoup parlé.

Sylvaine était pour moi la personne ressource clé pour les questions liées à la création d’entreprise… et à la reconversion ! L’idée de la reconversion commençait en effet à pointer le bout de son nez. Elle m’a aidé pendant 6 mois à mieux me connaître, à expérimenter, à comprendre mes failles, à accepter mes erreurs et en tirer des leçons, à reconnaître mes talents, à m’autoriser des horizons professionnels, à prendre conscience de mes croyances, de mes limites, à avoir confiance en moi.

Car j’avais beaucoup de doutes.Les doutes font partie intégrant e d'un itinéraire de reconversion

Par exemple, même si la médiation animale appliquée au secteur social m’intéressait énormément, je ne me suis pas autorisée tout de suite à m’y projeter. Je me suis d’abord renseignée sur des applications plus accessibles et plus courantes, comme les activités avec des personnes souffrant d’autisme, de polyhandicap, d’alzheimer. J’ai d’ailleurs fait un stage début 2013 avec un zoothérapeute intervenant dans des maisons de retraite et des instituts médicoéducatifs, qui m’a permis de me rendre compte que je ne souhaitais pas être zoothérapeute, ni effectuer de missions de médiation animale dans le secteur de la santé.

J’avais approfondi mes connaissances sur le métier d’éducateur canin mais, j’avais un énorme blocage à l’idée de me reconvertir dans ce métier. Diplômée d’une grande école de commerce, j’avais des préjugés et des peurs sur ce métier – nouveau – qui me semblait moins intellectuel, plus « cracra » et terre à terre, réputé physique, dur et peu lucratif. Le coaching m’a aidé à dépasser ces croyances, en me rendant compte que tout mon parcours allait être un plus pour réussir dans ce nouveau métier.

J’ai suivi une formation en mai 2013 en création d’entreprise à la maison des professions libérales de Montpellier, où j’ai rencontré des porteurs de projets très intéressants et des formateurs très disponibles et aidants qui nous ont donné des clés : budget prévisionnel et plan comptable, techniques de commercialisation, outils de communication, aspects juridiques et fiscaux …. Avec in fine la rédaction et la présentation d’un dossier projet auprès de l’équipe pédagogique.”

L’une des caractéristiques d’Aurélie qui a toujours été un gros avantage et dont elle avait besoin de prendre conscience, c’est que les doutes ne l’ont jamais paralysée, jamais enfermée dans des conclusions hâtives, au contraire, ils l’ont poussée à explorer toujours plus avant, à aller y regarder de plus près, à dégrossir et débroussailler, à réfléchir toujours plus loin aux possibilités qui seraient les plus cohérentes avec elle-même.

 

Explorations, enquête et immersion

Lorsque nous avons terminé l’accompagnement, les idées d’Aurélie s’étaient stabilisées autour de l’idée d’une reconversion dans l’éducation canine, mais son projet n’était pas encore complètement défini. Elle disposait à présent de toutes les cartes nécessaires pour évaluer la pertinence et la faisabilité des développements possibles du métier, des compétences relationnelles pour le mener à bien, de la capacité au job crafting pour le mettre à sa main et la confiance nécessaire pour traiter les doutes qui pourraient encore venir encombrer sa route. Mais elle avait encore besoin de temps et d’exploration supplémentaire pour le préciser:

“Je souhaitais avoir une spécialisation, une expertise spécifique qui ait du sens au regard de mon parcours. J’avais pris conscience du rôle clé du chien dans la réussite ou l’échec de la réinsertion du maître : l’accompagnement éducatif facilite et augmente considérablement les chances de réinsertion du maître dans des étapes clés comme l’accès à l’hébergement et/ou l’accès au soin et mon projet commençait à prendre forme.

les nombreuses exérimentations aident à affiner un projet de recovnersion

A ce moment-là, j’ai utilisé le DIF qui me restait pour me former à la création de site web sur wordpress, et j’ai créé un site pour Gamelles Pleines Montpellier. J’ai décidé d’accompagner pendant un mois en octobre 2013 un éducateur canin pour vivre son métier sur le terrain et prendre conscience de sa réalité. Ce stage m’a définitivement conforté dans mon souhait de devenir éducateur canin indépendant. Pour des raisons de légitimité et de qualité, j’ai choisi de faire un brevet professionnel éducateur canin comportementaliste, seule formation diplômante et reconnue par l’état, que j’ai obtenu à l’école Sup Establières de Montaigu, car c’était la seule école qui propose une double spécialisation :

– Médiation animale sociale – Chiens de SDF
– Chiens de refuge et de protection animale

Pour financer ma formation, mon conseiller pôle emploi m’a fait connaître le parcours du CIF CDD qui paraissait bien adapté. J’ai donc réalisé un CDD pendant 6 mois dans une entreprise montpellieraine, et parallèlement j’ai monté mon dossier de demande de CIF CDD.

Ce n’était pas gagné: je me positionnais sur un projet innovant et il me fallait convaincre le fongecif de sa pertinence. Finalement, mes efforts ont été récompensés car le fongecif m’a fait confiance. J’ai travaillé dur pendant 10 mois, en faisant – en plus des cours – un stage dans un refuge de protection animale à Brive la Gaillarde, et en intervenant auprès de travailleurs sociaux et d’usagers propriétaires de chiens. Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai créé mon activité en libéral à Montpellier en septembre 2015, en tant qu’éducateur canin comportementaliste.”

 

L’aboutissement

Aurélie a crée Om Anima en 2015 et propose mes prestations de conseil et de formation en comportement canin et félin. 

Om Anima, parcours de reconversion Aurélie Autran

 

J’interviens auprès de particuliers rencontrant des difficultés avec leur animal de compagnie. Je suis spécialisée dans les chiens de protection animale (refuges par exemple) mais interviens aussi sur les chiens acquis en élevage. J’interviens également auprès du secteur social, sous 3 formes :

  • L’accompagnement individuel du maître et de son chien. Mon objectif principal est de travailler les problématiques que peuvent rencontrer un propriétaire et son chien lors d’une transition de vie (accès au logement, accès au travail, accès au soin) et aussi d’utiliser le chien comme levier d’insertion. En effet, si ces transitions ne sont pas accompagnées, le binôme peut avoir des difficultés d’adaptation qui mettront en péril leur réinsertion. Je réalise donc un bilan de la situation puis en fonction réalise des séances éducatives correspondant à des problématiques précises autour de la séparation, la solitude, la destruction, agressivité, les aboiements…
  • L’animation d’ateliers éducatifs permettant de sensibiliser et d’informer les maîtres sur des questions variées (soins, entretien, reproduction, choix du chien, éducation, responsabilité…)
  • La sensibilisation des travailleurs sociaux par des formations (prévention morsure, prévention de la maltraitance, connaissance du chien, l’accueil du chien dans l’hébergement social…) comprenant des outils pour utiliser la médiation animale dans leur accompagnement et faire du chien un levier d’insertion.

Pour en savoir plus, consultez le très beau site d’Om Anima

 

 

Des valeurs, du sens, du plaisir

La reconversion d’Aurélie Autran aura pris trois ans. Trois d’expérimentations, pendant lesquels elle a mûri et affiné son projet jusqu’à lui donner exactement les couleurs qu’elle voulait. Un projet aboutit qui se développe et lui apporte beaucoup de satisfactions parce qu’il lui permet d’agir au quotidien en harmonie avec ses valeurs et l’idée qu’elle se fait du sens au travail.

“En regardant tout ce chemin parcouru, je me sens heureuse car à ma juste place. Je nourris une valeur primordiale à mes yeux : l’utilité. Ce que je fais a du sens pour moi, et j’ai la sensation d’être active et actrice dans la création d’une aide sociale plus complète et moins excluante envers des personnes déjà fortement désocialisées. En effet, la plupart des structures sociales n’acceptent pas l’animal, et les travailleurs sociaux considèrent l’animal avant tout comme un obstacle. Mon objectif est de montrer qu’au contraire l’animal peut être moteur, et d’utiliser tous les aspects positifs de la relation pour aider la personne à évoluer et à se reconstruire.

En prenant soin de leur relation, en donnant toutes les clés pour que le maître et son animal puisse s’adapter et évoluer, je maximise leurs chances de réussir leur insertion/réinsertion.

Mon activité est difficile car je dois faire face parfois à des mentalités étroites et à des préjugés sur ce public. De plus, je développe mon activité -innovante – dans un domaine ou les budgets publics sont serrés. Mais je crois tellement aux bienfaits et aux bien fondés de la médiation animale, et suis tellement passionnée par mon activité, que je pourrai déplacer des montagnes !”

Aurélie Autran, fondatrice Om Anim, éducation et médiation canine

 

Crédit photo: Om Anima / Aurélie Autran

 

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Ithaque, 1er influenceur français sur la reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle : évaluer la pertinence et la faisabilité d’un projet

Reconversion professionnelle : l’art et le goût de la résolution de problème

Changer de métier : brouhaha intérieur et leadership de soi

10 bonnes raisons d’explorer votre désir de reconversion professionnelle

Ithaque, 1er influenceur français sur la reconversion professionnelle

http://www.ithaquecoaching.com/articles/reconversion-faire-de-sa-passion-un-metier-itw-sur-cadremploi-2248.html

 

Aller plus loin

Vous voulez explorer votre désir de reconversion professionnelle, identifier une voie pouc changer de métier ou déterminer la pertinence d’une piste? Ithaque vous accompagne. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual

 

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14 Comments

  • nathalie dit :

    Merci pour cet intéressant témoignage.

    Est ce que cette activité lui permet d’être autonome financièrement à ce stade ?
    C’est un aspect qui me laisse perplexe devant beaucoup de récits de reconversion concernant des femmes, surtout jeunes et sans enfants, dont on se demande si elles ne sont pas soutenues par leur famille.

    • Bonjour Nathalie,
      vous soulevez un point intéressant! Qui concerne aussi (et surtout) beaucoup de femmes jeunes avec enfants et qui se lancent dans des activités professionnelles “de loisir” car leurs maris ont des revenus très suffisants. Effectivement, on peut lire de nombreux témoignages de femmes qui vont dans ce sens, qui donnent l’impression que la reconversion, c’est magique et tellement facile et tellement merveilleux;)
      Ce n’est pas du tout le cas d’Aurélie et de façon générale, c’est rarement le cas de mes clients. Elle fait partie des gens ultra déterminés à faire vivre leurs projets, à en faire de véritables entreprises et non pas des revenus d’appoint, et qui ne craignent pas d’assumer tous seuls une baisse de revenus, du moins pendant la parcours de reconversion et dans les premiers temps de l’entreprise. Elle s’est débrouillée par elle-même et ne bénéficie d’aucun appui financier.

    • Autran dit :

      Bonjour Nathalie,

      La création d’un projet professionnel passe par l’établissement d’un business plan qui comprend notamment un budget prévisionnel sur 3 ans (idéalement) et la constitution d’un plan de financement.
      J’ai projeté le financement de mon projet.
      Ce projet est auto financé, je n’ai ni emprunt, ni soutien financier familial ou conjugal.
      Même si 6 mois après la création de mon entreprise, mon activité ne me fait pas vivre complètement (en général la moyenne c’est 3 ans de vie d’activité pour arriver à l’équilibre), je suis autonome financièrement car j’ai anticipé cette phase, et je pense qu’un projet ne peut être réussi sans une sérieuse réflexion et projection sur l’aspect financier. Évidemment, cela demande de réfléchir, de travailler sur la question et de se débrouiller !
      Quand je vous lis, je me dis que les préjugés sur les capacités de jeunes femmes à lancer leur activité professionnelle tout en s’assumant financièrement ont la dent dure ! Pensez vous la même chose des jeunes garçons sans enfants?

  • Laurent dit :

    Article passionnant ! ça donne envie de faire une reconversion, même si je n’en ai pas besoin 🙂
    Tous ces essais pour trouver ce qu’Aurélie aime et n’aime pas, sa détermination, son courage, le fait que ce n’était pas évident et que pourtant elle a réussi à convaincre font de ce parcours atypique, un exemple à suivre. Enthousiasmant!

    ps : la photo bleue est superbe

    • Merci Laurent, je trouve aussi son parcours enthousiasmant et je crois qu’elle sera ravie de ce retour:)
      Quant à l’image, j’aimais bien l’idée du chien (forcément) à l’aube de sa nouvelle vie et en train d’explorer des territoires inattendus^^

    • Autran dit :

      Merci beaucoup Laurent pour votre commentaire, cela me fait plaisir.
      Effectivement, mon projet de reconversion n’a pas été simple mais, il me fait penser à une sorte de quête intérieure à la recherche de soi, et ce que j’ai trouvé a récompensé des années d’efforts 😉

  • Laurent dit :

    Quel bel exemple de courage et de motivation !

  • Autran dit :

    Oui, la photo bleue est magnifique !
    Comme toutes les autres d’ailleurs 🙂

  • Chabal dit :

    Se reconvertir en Franchise, y avez-vous pensé ? Une formidable alternative à la création classique d’entreprise.

    • Effectivement, c’est une solution tout à fait adaptée pour de nombreuses personnes qui veulent se mettre à leur compte. Cependant, pour quelqu’un comme Aurélie, qui travaille dans un domaine ultra spécifique, il ‘y a pas de franchise!

  • Barthez dit :

    Bonjour Sylvaine et bon anniversaire à ithaque que je suis avec assiduité depuis pas mal de temps. Merci pour le témoignage d’Aurelie qui me touche particulièrement car je suis en période de reconversion et ce qui ressort c’est la relation/passion avec les animaux mais trouver un metier qui rapporte financièrement cela est difficile et les formations sont coûteuses. C’est drôle car j’ai contacté il y a très peu l’association gamelles pleines pour être bénévole et malheureusement pas de structure sur Toulouse. J’ai été aussi attirée par la zootherapie mais il faut absolument être déjà du milieu socio medical. Pensez vous que je puisse contacter aurelie pour partager avec elle ? Merci pour vos articles géniaux plein d’ humour et de vérités. Si l’argent ne posait pas un problème je me ferai coucher par vous sans hésitation. Belle journée.

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