Attention à la Terre, plaisir d’apprendre et engagement durable

Sylvaine Pascual – Publié dans Intantanés

 

 

 

Troisième portrait de notre série de gens à la fois ordinaires et extraordinaires, engagés dans des projets qui ont du sens. Leurs motivations, l’imagination, la détermination dont ils sont capables pour les mener à bien sont de lumineux exemples des itinéraires que l’engagement peut nous permettre d’emprunter.  Nous avions été à la rencontre de Pierre Denier et de Jean-Marc Le Hunsec, je vous propose aujourd’hui de découvrir Michèle d’Attention à la Terre

 

 

 

La force de l’engagement

 

Loin d’être des super héros, ou de disposer de fonds permettant de réaliser des projets ambitieux plus facilement, nombre de gens réalisent et font vivre des projets formidables, tout en les conciliant avec une vie relativement classique, pour ne pas dire banale. Pour tous ceux qui ont des aspirations, tout en ne parvenant pas à oser, en se demandant si « c’est réaliste », ils sont un exemple du vaste champ des possibles, pour peu qu’on accepte de faire des choix, des ajustements, de prendre des décisions, de sauter des pas, de franchir des caps, bref, de s’engager. Explorer leurs motivations et leur engagement dans leur projet est un moyen de prendre conscience que chacun peut faire vivre ses aspirations, à son rythme et à sa manière.

 

C’est le cas de Michèle, institutrice et prof de gym de formation, qui a aussi travaillé dans les huiles essentielles et dans l’électronique. Créatrice et rédactrice du blog Attention à la Terre, qui a reçu le Golden Blog Award 2011 du meilleur blog environnement, elle est aussi engagée dans diverses activités d’animation de sites webs, de conseil et facilitation de l’Internet pour des particuliers.

 

Elle est aussi impliquée dans un vaste projet de transformation de sa maison en habitation passive, ainsi que dans des activités bénévoles.

Michèle est très active, avec humour et intelligence, dans l’information autour de l’environnement et de l’écologie depuis l’ouverture de son blog en 2006, ce qui montre que l’engagement, lui aussi, peut être durable…

 

 

 

 

Michèle, tu as créé Attention à la Terre fin 2006. Qu’est-ce qui t’a donné envie d’ouvrir un blog sur l’environnement?

 

J’ai été éduquée dans l’esprit « on ne peut pas gaspiller, les choses doivent durer », donc, c’est tout naturellement que j’applique cette « philosophie » aussi chez moi dans la vie de tous les jours, (par exemple, les enfants ont eu des langes en tissus (en 82-83) je fais le pain, nous entretenons un potager, etc.

 

Dès 2006, les projets de transformation de notre maison ont pris forme et mes recherches dans les domaines ont été stockées sur l’ordinateur. C’est aussi à cette époque que j’ai découvert Blogger, tout s’est ensuite à nouveau passé naturellement : j’ai pensé que d’autres personnes seraient peut-être également intéressées par ces infos, du coup « Attention à la Terre » est né : nom qui m’est venu tout seul, comme une évidence !

 

La formule lancée initialement sur blogspot a bien changé mais est toujours en ligne car plus de 660 articles l’illustrent : http://attentionalaterre.blogspot.com/

En mai 2011, la nouvelle version d’ Attention à la Terre, a été lancée en même temps que les préparatifs pour nos travaux, le temps me manque donc pour continuer les publications au même rythme.

 

 

 

Cet engagement environnemental, à quelles motivations, à quelles valeurs correspond-il?

Le mot RESPECT me vient automatiquement à l’esprit, il résume pour moi toutes les valeurs. Je dois continuellement « mordre sur ma chique »* et me dire que tout le monde ne pense pas comme moi et n’a pas forcément la même notion du mot respect.

 

Comment peut-on se respecter soi, si on ne respecte pas la planète ? (la nature, les plantes, les animaux et bien entendu les êtres humains).

 

La terre nous héberge depuis tant d’années, je n’imagine pas une seconde ne pas trier mes déchets, ou vider mes poubelles dans un fossé, ceux qui le font (dans nos sociétés où le tri est organisé) réalisent-ils qu’ils se polluent eux-mêmes ? …Pas sûr.

Les tribus indiennes avaient ce respect en eux, ils vivaient proches de la terre et ne connaissaient pas toutes nos maladies…

 

J’ai donc voulu par cet engagement concrétiser ma démarche et profiter de l’outil informatique pour faire passer quelques trucs ou astuces dans le domaine de la protection de l’environnement en général.

Mais, comme souvent, environnement rime avec barbant pour une certaine catégorie de personnes, j’essaye le plus possible que l’humour soit la sauce qui fera passer le merlan!

 

Pour tout cela, lorsque j’ai été « shortlistée » parmi les dix finalistes dans la catégorie Ecologie/Environnement aux Golden blog Awards en novembre 2011, puis que j’ai reçu le trophée lors de la finale à l’Hôtel de ville de Paris le 16 novembre, j’ai pris cela comme une belle récompense pour toutes ces années de vie et de travail pour le respect de la planète.

 

 

 

Tu as beaucoup d’activités en dehors de ton blog : d’autres sites Internet que tu gères et de l’aide informatique à des particuliers. Tout cela prend du temps, et pourtant tu parviens à concilier: comment parviens-tu à t’organiser?

 

Tout d’abord, un secret : je suis en permanence en proie à la procrastination sujet que tu connais bien ;o) sans rire, en prendre conscience aide vraiment à mieux organiser les journées, à définir les plages horaires qui fonctionnent et à concilier avec le reste.

J’ai aussi appris à mieux gérer mon temps et mes priorités, via Ithaque**, par exemple en ne laissant plus mes débutants m’imposer leurs horaires, au détriment de mon organisation.

 

Pour Internet, c’est plus compliqué par exemple pour le site de Pierre Perret, c’est important de faire passer une actualité avant tout le reste ! Cela demande alors beaucoup de réactivité et de disponibilité.

 

Pour Attention à la Terre et Tibet BD, j’ai fortement réduit les publications, car avec le projet de rendre notre maison passive en cours, mon organisation n’est pas encore au top, mais j’y travaille !!

 

Cela demande donc de passer du temps sur l’ordinateur, mais c’est vital de décrocher également et les marches et les balades à vélo que nous faisons, mon Robin des bois et moi, plusieurs fois par semaine dans la nature, nous oxygènent le cerveau et les muscles!

Cependant au final, j’ai le sentiment que je suis en permanence en train d’apprendre, et mon vrai moteur est que c’est tellement un plaisir pour moi d’apprendre que je ne vois souvent pas le temps passer!

 

 

Pour suivre Michèle sur Twitter: @luptidej

La page Facebook d’Attention à la Terre

 

 

 

* « Mordre sur sa chique » est une expression Wallone qui signifie « faire contre mauvaise fortune bon cœur »

** Merci Michèle pour la pub^^

 

 

 

Voir aussi

 

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Aller plus loin

 

Vous voulez réunir toutes les conditions d’engagement durable dans un projet professionnel qui correspond à vos aspirations? Pensez au coaching. Pour tous renseignements, contactez Sylvaine Pascual au 01 39 54 77 32

 

Pierre Denier et la fraternité

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Sylvaine Pascual – Publié dans  Instantanés

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C’est Pierre Denier qui inaugure la catégorie Instantanés, série de portraits de gens à la fois ordinaires et extraordinaires. Engagés dans des projets qui leur tiennent à cœur. Leurs motivations et les trésors d’imagination et de détermination dont ils ont fait preuve pour les mener à bien sont de lumineux exemples des possibilités qui s’offrent à chacun de nous.

 

Loin d’être des super héros, nombre de gens réalisent et font vivre des projets formidables, tout en les conciliant avec une vie relativement classique, pour ne pas dire banale. Pour tous ceux qui ont des aspirations, tout en ne parvenant pas à oser, en se demandant si « c’est réaliste », ils sont un exemple du vaste champ des possibles, pour peu qu’on accepte de faire des choix, des ajustements, de prendre des décisions, de sauter des pas, de franchir des caps. Explorer leurs motivations et leur engagement dans leur projet est un moyen de prendre conscience que chacun peut faire vivre ses aspirations, à son rythme et à sa manière.

 

 

Pierre Denier ITW Ithaque coaching.2

Interview de Pierre Denier

 

J’ai demandé à Pierre Denier de se prêter au jeu de l’interview. Directeur des ventes chez Lippi Fencing, entreprise de 300 salariés, située près d’Angoulème et qui fabrique des clôtures, Pierre Denier consacre une partir (très) importante de son temps libre à accompagner des chercheurs d’emploi d’une façon originale : il relit leurs CV et les commente sous forme de MP3 que les personnes peuvent réécouter à loisir. Le tout bénévolement.

 


Parle-nous de cette activité. Comment t’es venue cette idée d’aide aux chercheurs d’emploi ?


C’est une idée qui est née il y a deux ans et demi environ, je me suis rendu compte que j’avais la capacité, ou en tout cas des facilités pour remotiver des personnes qui ne l’étaient pas. C’est certainement lié à mon travail où je suis censé remonter le moral des équipes commerciales qui se heurtent souvent  à des murs.

 Au début, même en proposant mes services bénévolement, personne ne me faisait confiance et ne m’adressait son CV.  Nous vivons dans une société dans laquelle on regrette le manque de proximité, de fraternité, de solidarité, mais il faut aussi être disposé à les recevoir, à accepter la main tendue. C’est avec ce discours que j’ai contacté des personnes une à une sur Viadéo. Petit à petit, le bouche à oreille s’est mis à fonctionner.


Avec 4000 CV traités à ce jour, j e reçois 10 à 15 CV par jour, que j’essaie de traiter le plus rapidement possible, ce qui n’est pas toujours évident puisque chaque CV me prend environ 20 à 25mn.


Je parviens à m’adresser aux personnes de façon très directe et très franche tout en valorisant ce qu’elles savent faire et en mettant en évidence des points auxquels elles n’avaient pas pensé.  J’aborde généralement les problèmes des personnes que je suis amené à accompagner de façon assez différente, sous un angle moins habituel permettant d’explorer de nouvelles pistes. Rien que le fait de s’approprier ces nouvelles pistes leur redonne un peu d’énergie et d’espoir.


J’ai affaire à des gens passionnants, qui ont des compétences. Je suis convaincu que chacun est compétent, pour peu qu’on parvienne à voir ces compétences, que ce soient des employés ou des tops managers.

 

 

En parallèle, tu animes un blog, Haut les cœurs !! Comment vient-il compléter l’accompagnement ?

 

J’ai créé ce blog pour répondre à des questions qui m’étaient régulièrement posées.  Je me suis pris au jeu et les 6 premiers mois, tous les jours j’avais une idée de ce que j’allais raconter, mais depuis un an, chaque soir je me demande ce que je vais bien pouvoir raconter le lendemain. C’est devenu un enjeu, avec un peu de pression, pour ne pas décevoir. Cependant, j’essaie de me détacher de plus en plus de cette pression pour offrir des conseils qui soient les plus optimistes.


Le ton de Haut les cœurs !! se veut résolument optimiste et empreint de bon sens. Les recruteurs et les experts ont souvent des avis contraires ou paradoxaux et je me suis demandé comment les chercheurs d’emploi peuvent s’y retrouver.  C’est là où le bon sens rentre en jeu. Il suffit parfois de prendre un peu de recul pour faire des prises de conscience importantes. Je conçois qu’il y ait des gens qui ne soient pas du tout d’accord avec mes conseils et ce n’est pas très grave : ma seule volonté est de pousser les gens à réfléchir, pas de donner des leçons.

J’ai choisi d’utiliser un ton résolument optimiste et enthousiaste, avec une pointe d’humour, de façon à ne pas dramatiser des situations déjà suffisamment difficiles pour ceux qui les traversent.

 

 

Ce qui m’impressionne dans tout cela, c’est le temps que tu consacres à cet accompagnement des chercheurs d’emploi. Comment t’organises-tu ? Comment parviens-tu à concilier cette activité, ta vie personnelle et ta vie professionnelle ?


Avant le blog me prenait  15mn par jour, aujourd’hui c’est facilement 1h, ce qui prend du temps sur la relecture des CV qui me prend environ 3h par jour, auxquelles il faut ajouter la diffusion de l’info via Facebook et Twitter.


Je me lève tôt je me couche tard ! Mes journées sont assez rythmées. Le soir j’enregistre mes commentaires. Mon épouse m’épaule en organisant beaucoup de choses à la maison. Je n’ai pas vraiment d’organisation, ça n’est pas mon point fort. J’essaie de mesurer le temps passé à chaque activité. Le week end j’en fais le moins possible. Je me lève très tôt, je travaille jusqu’à 10 ou 11h et puis je me consacre à mon épouse et à mes quatre enfants.


J’arrive à tout concilier parce que je ne fais pas de différence entre ma vie personnelle, professionnelle et mon engagement. C’est un tout, c’est ma nature. Je travaille aussi bien chez moi qu’au bureau ou dans un avion, idem pour l’aide aux chercheurs d’emploi. Je n’arrive pas à saucissonner mon cerveau.  Ca fonctionne pas trop mal parce que je ne cherche pas à segmenter les différents éléments de ma vie, je cherche à les vivre le plus pleinement possible. En segmentant peu, j’arrive à tout concilier.

 


Cet engagement, à quelles motivations, à quelles valeurs répond-il ?

 

Je suis un militant dans l’âme, mais je ne me reconnais pas dans le paysage politique actuel. J’ai besoin de concret et lorsque je ne le trouve pas, je le crée. Ma motivation principale est d’être utile et en particulier utile à des gens en difficulté. L’idée est aussi de susciter la solidarité en demandant à ceux qui ont été accompagnés bénévolement d’accompagner une autre personne à leur tour. Malheureusement, une fois que les personnes ont retrouvé un emploi, elles me disent généralement qu’elles n’ont pas le temps. J’en ressens une petite frustration, mais ça ne m’empêche pas de voir que ce que cette activité fait du bien. Même si ça ne faisait du bien qu’à une seule personne, je n’aurais pas perdu mon temps.


Mon autre motivation, ce sont mes quatre enfants. Je crois qu’on élève aussi les enfants par l’exemple, par un discours cohérent. Quand on leur demande d’être justes et de s’entraider, de s’intéresser aux autres, autant le leur montrer. Si je leur demande de la solidarité, j’essaie de l’appliquer dans ma vie. Si je leur dis que chacun a un rôle et peut changer les choses, je dois commencer par le faire moi-même.


Je pense que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. On peut penser, avoir des opinions, mais je préfère ceux qui agissent. L’action me paraît bien meilleure que l’immobilisme de la rébellion silencieuse. Chacun peut faire bouger les choses, et j’ai le sentiment de les faire bouger un peu, même modestement, peu importe.

J’ai un idéal, qui serait que cette aide utile soit multipliée au sein d’une communauté, je crois qu’elle pourrait être beaucoup plus forte.


La valeur principale, c’est la fraternité. Quand je lis les témoignages de personnes en plein désarroi, quand j’entends les salariés de Caterpillar licenciés qui ne savent pas où ils vont aller, Quand Mohamed me dit « on m’a fermé la porte au nez parce que j’ai un nom étranger »,  quand une jeune femme m’explique qu’on reluque davantage son corps que son cerveau, ça m’écorche beaucoup.

J’ai un grand besoin de participer, de ne surtout pas être spectateur.

 


Que t’apporte cette aide aux chercheurs d’emploi ?

 

De l’équilibre. J’évolue dans un monde des affaires rudes et impitoyable, il y des tensions partout, c’est un métier très exposé. J’y rencontre une pression très forte, que je ne subis pas dans la bénévolat. L’accompagnement des chercheurs d’emploi me permet de relativiser la pression et le stress que je rencontre professionnellement, et me donne beaucoup de force, l’envie d’aller plus loin. Quand une personne sort de difficultés très profondes, ça me donne une énergie considérable.

 

Elle m’apporte aussi de la reconnaissance : je reçois des dizaines de mails de remerciements, des commentaires positifs, des mots d’une gentillesse inouïe, de gens remarquables qui me font croire en l’espèce humaine.

 

 

As-tu envie d’aller plus loin, de franchir le pas de la reconversion et du vivre de cette activité?

 

j’ai effectivement envie de consacrer davantage de temps à mon activité d’accompagnement des demandeurs d’emploi. Cependant, cherchant à rester cohérent dans ma démarche d’entraide et ma nécessité de générer une rentrée d’argent. Je cherche le bon « business modèle » pour parler rudement, et pour l’instant, je n’ai pas trouvé celui qui correspond à 100% à mes aspirations. Si quelqu’un a une idée, je suis preneur !

 

 

Merci Pierre!

 

 

Voir aussi

 

Etonnantes motivations

Les cimetières à rêves

Connaissance de soi: les valeurs morales

Comment nous entretenons nos convictions

Aux sources de la motivation

Les valeurs: l’énergie renouvelable de la motivation

Les dossiers d’Ithaque: Vie professionnelle

Les dossiers d’Ithaque: Bien-être et estime de soi

Les dossiers d’Ithaque: Le plein de vitamines mentales

 

 

Aller plus loin

 

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