Les ingrédients d’une relation professionnelle réjouissante

Sylvaine Pascual, publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Comme ce qui ne va pas fait partie des affaires urgentes à traiter, on parle plus facilement (moi la première) des abrutis de boulot, de ce qui rend les relations pénibles, stressantes, de ce qui les pourrit consciencieusement… et plus rarement de ce qui va bien, de ce qui les rend agréables, collaboratives, réjouissantes, nourrissantes. Penchons-nous donc sur les trois ingrédients d’une bonne relation, histoire de ré-équilibre ce qu’on veut et ce dont on ne veut pas.

 

 

Les ingredients d'une bonne relation de travail sont individuels

 

 

 

 

Le clonage comportemental ne favorise pas la relation (heureusement)

 

Bien entendu, il n’y a pas de caractéristique comportementale ou relationnelle à avoir ou pas, il n’y a pas de bonne façon d’être en relation, il y a des ingrédients qui fonctionnent pour nous avec notre entourage et d’autres qui ne fonctionnent pas. Certes, il vaut mieux sortir des rôles relationnels et éviter des comportements peu prosociaux comme l’hypocrisie, l’arrogance ou les jeux de pouvoir et il est assez clair qu’il y a des attitudes à éviter. Certes, l’écoute, la bienveillance, la courtoisie facilitent les relations professionnelles. Cependant, une fois mis de côtés les attitudes anti-relationnelles, il n’y a heureusement pas de recette universelle qui garantit de bonnes relations, à tous les coups, tout le temps. Ce qui nous évite d’être des repliquants émotionnellement formatés et fondamentalement dépourvus d’intérêt.

 

Il y a des combinaisons fascinantes de valeurs, de penchants, de préférences et de besoins, de traits de personnalité qui donne à chacun une façon d’être en relation aux couleurs uniques, une façon d’aimer et d’aimer être en relation qui lui est propre. De la même manière, l’interlocuteur professionnel idéal ne sera pas un portrait figé commun à tous et c’est une bonne nouvelle: non, le clonage comportemental n’est pas une solution anti-relations pourries, bien au contraire!

 

Une bonne relation de travail, c’est avant tout une rencontre entre deux individualités compatibles, à défaut d’être nécessairement semblables et le lissage de la personnalité en fonction des canons comportementaux du moment est une absurdité.

 

comment se pourrir soigneusement les relations?

 

 

 

Chacun cherche son chat (siamois?)

 

Ce que nous aimons, supportons, ou rejetons chez les autres correspond avant tout à ce que nous sommes et les critères d’une bonne relation professionnelle sont essentiellement individuels. Certains supporteront très bien les pleurnichards et pas du tout les arrogants. Certains rechercheront avant tout la loyauté et la fiabilité là où d’autres voudront de l’écoute ou de la performance. Certains détesteront les béni-oui-oui, les mous de l’opinion là où d’autres apprécieront nuance et modération. Bref, il y en a pour tous les goûts.

 

Et en même temps, nous sommes persuadés que tout le monde cherche la même chose que nous, raison simple pour laquelle nous avons parfois tellement de mal à nous comprendre, puisque c’est sacrément faut! Les motivations relationnelles des uns et des autres peuvent être discordantes et parfois même nous mettons des mots différents sur un même comportement (deux de mes clients ont une description parfaitement identique ce ce que l’un appelle “rigueur” et l’autre “discipline”), ou encore nous comprenons dans un même mot des comportements différents!

 

Parfois, nous apprécions des relations plutôt complémentaires: un aller vers parce que nous sommes évitez de, un introverti parce que nous sommes extraverti, quelqu’un qui ne va pas hésiter à nous confronter parce que le bourre-pif est collaboratif, par exemple.

 

Parfois aussi, nous recherchons ces siamois de nous-mêmes, qui fonctionnent pareil et pensent pareil, qui partagent nos valeurs et participent ainsi de notre sentiment d’appartenance et de reconnaissance. Et avec qui nous croyons que nous allons immanquablement avoir une bonne relation. Nous pouvons alors avoir tendance à rejeter des différences qui nécessitent un effort de bienveillance et de compréhension.

 

Une bonne relation de travail: siamois de moi-même ou complémentaire?

 

 

 

 

Nul n’est tenu de s’entendre avec tout le monde

 

Qu’il n’y ait pas de façon idéale d’être en relation est une bonne nouvelle: cela signifie qu’une fois calmée la peur qui génère tant de comportements imbéciles et de jeux de pouvoir, on peut faire boutique de ce qu’on a, sur le plan des relations professionnelles. S’accepter tel que l’on est, s’appuyer dessus pour construire des relations avec naturel et simplicité, plutôt que des relations empruntées et faussement empruntées.

 

Et à l’heure où le tout collaboratif est en passe de devenir la nouvelle dictature, il est temps d’accepter que nous ne sommes pas câblés pour collaborer avec tout le monde, mais avec certains types de personnes et dans certaines circonstances. Encore une fois, c’est la connaissance de soi qui va déterminer la façon dont nous sommes en relation et dont nous collaborons au travail, pas les injonctions comportementales.

 

Autant aller observer de les recoins de nous-mêmes où se cachent nos besoins et nos aspirations relationnelles, nos traits de personnalités pour en déduire les ingrédients d’une bonne relation de boulot, peut-être d’ailleurs en fonction du contexte, car nous n’attendons pas forcément la même chose de toutes nos relations professionnelles. Ma définition du client idéal, en termes relationnels, diffère assez de celle de mes partenaires potentiels.

 

L’affaire demande un brin d’objectivité pas toujours simple à cultiver, le regard sur soi étant souvent biaisé par la crainte de ce qu’on pourrait y trouver. Je me souviens d’une consultante en management, merveilleusement hypocrite et habile en jeux de pouvoirs, qui disait “ce que j’attends d’une relation, c’est juste de pouvoir aider et collaborer” et qui cherchait à imposer ses points de vue tout s’appropriant, l’air de rien, la pensée des autres.

 

accepter qu'on ne peut pas collaborer avec tout le monde

 

 

 

Des mots sur ce que nous voulons dans nos relations

 

Nous savons en général de quel bois sont faits nos abrutis personnels, les profils que nous préférons fuir ou dont nous aimerions nous préserver. Personnellement les hypocrites me fatiguent, les parasites qui gravitent me hérissent le poil. Et si je vous pose la question, je suis prête à parier un week-end à Dubrovnik contre une tringle à rideau que vous saurez me répondre du tac au tac.

 

En revanche, nous avons souvent plus de mal à mettre des mots sur ce que nous attendons dans nos relations, et nous restons très vagues en pensant être très clairs avec un brin plus de précision que des termes tels que “ben, des gens normaux, quoi” (ce qui signifie des gens comme celui qui parle), “respect” (s’il y a bien un mot qui ne veut plus rien dire, c’est bien ce respect) ou politesse.

 

Dans une enquête sur la vie de bureau, Régions Job dresse un top 3 des qualités les plus recherchées: compétent, sympathique et drôle. Sympathique et drôle, là encore, on baigne en plein flou artistique. Moi aussi j’aime bien les gens sympathiques et drôles! Mais qu’est-ce que ça signifie au juste? Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’un quidam est sympathique, qu’il est drôle, respectueux, courtois, agréable, à l’écoute, intéressant, intelligent, sociable, accessible, sincère, sensible, humain etc?

 

Comprendre le rôle de sauveur pour mieux en sortir

 

Nous avons tendance à mettre des valeurs sur ces mots-là et ils restent à l’état de concepts, dont on sait bien qu’ils n’engagent que ceux qui les élaborent. En d’autres termes: parle-moi “respect” et je ne risque pas de savoir qui tu es… ni ce que tu veux, ce que tu attends de moi, ce que tu acceptes ou pas.

 

Derrière ces valeurs se cachent des actions, des comportements précis que nous apprécions particulièrement et qui, lorsque nous y sommes confrontés, suscitent le meilleur de nous: face à eux nous devenons collaboratifs, motivés, impliqués bref, heureux et efficaces. Les définir clairement permettra ensuite de les rechercher, de s’appuyer dessus, par exemple pour recruter son futur boss, pour choisir ses clients et ses partenaires, pour éviter d’être mis en binôme avec un collègue incompatible

 

Quelles sont les trois qualités les plus essentielles à vos yeux, qui définissent l’interlocuteur professionnel idéal?

Quelles actions concrètes, quels comportements précis traduisent ces qualités?

Dans quelle mesure exprimez-vous vous-mêmes ces qualités?

 

Chacun d’entre nous a ses ficelles relationnelles qui, si l’interlocuteur en joue, suscitent le meilleur de nous-mêmes et nous rendent heureux, potentiellement performants et collaboratifs, nous donnent un sentiment d’appartenance et de reconnaissance, et participent de notre sentiment de bien-être, de satisfaction et de sens.

 

Quelles sont les vôtres?

 

Pourquoi trois? Comme ça, à la louche. Trop, et nous voilà exigeants comme des recruteurs, prêts à jouer de la fin de non recevoir au premier manquement. Pas assez et nous voilà peu préoccupés de nos besoins sociaux-affectifs, au détriment de notre bien-être relationnel.

 

 

 

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Aller plus loin

 

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Courage et responsabilisation: cesser de voir des fautifs partout!

Sylvaine Pascual – Publié dans: Bien-être et estime de soi / Compétences relationnelles

 

 

Combien d’entre nous, dès lors que quelque chose ne fonctionne pas comme la mécanique bien huilée que nous imaginions en résultat logique de nos louables efforts, s’empressent de chercher à qui la faute ? Combien d’entre nous sont des reprochards* compulsifs, pointeurs  et receveurs de doigts accusateurs ? Probablement tous, à des degrés divers. Voici pourquoi c’est une sacré fausse bonne idée relationnelle et comment dépasser ce penchant contre productif.

 

 

Chercher un fautif, pointer du doigt pour dédétourner l'attention de soi

 

 

 

Fleur fragile pointe du doigt et craint le doigt pointé

 

Nous sommes tous prompts à pointer du doigt ce fautif impardonnable responsable des situations déplaisantes dans lesquelles nous nous retrouvons, histoire de détourner l’attention (la nôtre comme celle des autres) de notre propre part de responsabilité. En vertu du principe de la paille dans l’œil du voisin, c’est plus simple d’admonester, de désapprouver, de chapitrer autrui que de balayer devant sa porte.

 

Pourtant, nous sommes tous des fleurs fragiles, n’en déplaise à l’image de supermen et de superwomen que nous aimerions donner, nous sommes tous délicats et vulnérables, en particulier aux doigts accusateurs qui nous accusent de tous les maux. Bref, nous faisons aux autres ce que nous n’aimons pas qu’on nous fasse, nous nageons en pleine incompétence relationnelle;)

 

Brené Brown, dans cette jolie vidéo, dissèque avec bienveillance les dessous peu affriolants de la recherche systématique d’un coupable.  Chercher et professeur à l’université de Houston, elle s’est fait connaître auprès du grand public au travers de sa conférence TED Le pouvoir de la vulnérabilité.

Elle démontre ici comment la tendance à chercher le fautif nous coupe de la responsabilité et nuit à nos relations.

 

 

 

 

 

Chercher le fautif  pour soulager son propre malaise

 

Parce que les exemples sont souvent parlant, Brené Brown explique qu’elle avait demandé à son mari de rentrer à 22h parce qu’elle n’arrive pas à s’endormir lorsqu’il n’est pas là. Il rentre à 22H30 et le lendemain matin, lorsqu’elle laisse sa tasse de café lui échapper des mains, que celle-ci vole en éclat et macule son pantalon blanc, ce qui lui vient à ‘esprit, c’est que c’est la faute de son mari qui est rentré tard et qu’elle n’a pas eu le sommeil nécessaire. Cet exemple, hilarant d’absurdité, nous renvoie tous à des pensées que nous avons eues, à des reproches déconnectés de la réalité que nous avons faits, à des jugements noir-et-blanc bien étriqués que nous avons formulés.

 

Renvoyer la faute sur quelqu'un d'autre, c'est nier sa propre responsabilité

 

 

Pourquoi avons-nous tendance à chercher le fautif où qu’il se niche ? La recherche a montré que ce penchant est un simple moyen de nous soulager du malaise, un exutoire à la colère, à l’énergie négative. Et nous allons même jusqu’à préférer nous blâmer nous-mêmes plutôt que de ne trouver aucun fautif, parce pointer du doigt nous donne un sentiment de contrôle censé contrebalancer ce malaise.

 

Mais dans les deux cas, c’est le contraire qui se produit, car  au final, c’est un piège relationnel, autant dans la relation à soi qu’à l’autre : la recherche du fautif déforme la réalité, nous dévalorise, nous dépouille de notre empathie, nous coupe de l’autre et de la possibilité de nourrir notre courage, le courage de nous regarder en face. Nous finissons par reprocher aux autres nos manquements et par nous blâmer nous-mêmes de problèmes des autres.

 

Ajoutons à cela qu’entre pointage du doigt et mise à l’index, il n’y a qu’un pas, franchi parfois avec force médisance et jugement péremptoire, qu’il y a des bouc-émissaires faciles et qu’on finit rapidement par distribuer des pommes de discordes plutôt que le meilleur de soi. Et que tout cela manque considérablement de panache relationnel!

 

 

La peur et ll'égo, vers dans le fruit de nos relations

 

 

 

 

Le courage de la responsabilité

 

Ceux qui ont tendance à abuser du reproche, constate la scientifique, ont rarement le courage de réellement demander des comptes à ceux qu’ils tiennent pour responsables, parce qu’ils dilapident leur énergie dans l’expression de leur colère et la recherche du fautif.

 

La responsabilité, par définition, rend vulnérable. Elle consiste à reconnaître nos propres manquements, limités et erreurs. Elle nous expose aux jugements des autres et à leur reprochardise. Et c’est bien en cela qu’elle est courageuse et démontre – autant qu’elle nécessite – une solide estime de soi. C’est elle qui va nous permettre d’assumer réellement note part de responsabilité et elle aussi qui nous encourage à dire ce que nous avons vraiment à dire au lieu de chercher le fautif,  de lui dire « je me suis senti très mal dans cette situation » puis d’en parler, au lieu de l’agonir de reproches, de désapprobation et d’admonestation.

 

Chercher le fautif pourrit les relations et entrave l’empathie : lorsque nous entendons une histoire, nous n‘écoutons pas, notre esprit se précipite sur les liens de causes à effets qui pourraient déterminer l’origine de la faute, pointer du doigt cet autre qui servira aussi à détourner l’attention de nous. Car à force de chercher les fautifs, nous pensons aussi que les autres cherchent systématiquement les imparfaits, les responsables, les coupables et qu’ils pourraient bien nous désigner nous. Aaah, cercle vicieux, quand tu nous tiens !

 

 

 

 

Cesser de chercher le fautif et favoriser le lien à la place

 

Le site Psychcentral propose une méthode intéressante pour dépasser notre tendance à chercher le fautif.

 

  • Repérer nos moments reprochards : qu’ils soient focalisés sur autrui ou sur nous-mêmes et observer comment ils nous servent à évacuer l’énergie négative suscitée par la situation. Comment vous sentez-vous juste après ? Etes-vous réellement soulagés ? D’autres énergies négatives s’immiscent-elles en vous ?
  • Repérer les moments reprochards des autres : remarquez-vous le malaise qui les précède ?
  • Ce repérage, qu’en retirez-vous ? Que remarquez-vous ?

 

J’y rajoute quelques éléments issus de la lecture émotionnelle, qui m’est chère, tant il peut être libérateur d’écouter ses émotions au lieu de chercher par tous les moyens à s’en débarrasser. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : l’énergie négative dont nous croyons nous soulager, ce sont des émotions qui génèrent un inconfort moral et physique que nous n’avons pas appris  traiter. Nous cherchons donc des exutoires. Pourtant, tant que l’émotion indicatrice d’un besoin mal comblé n’est pas entendue et traitée, elle reviendra dans toutes les situations similaires. Alors plutôt que de mettre le terme “stress” dessus, recours facile et vague qui nous éloigne de nos sentiments mieux vaut:

 

  • Ecouter l’émotion : ce sentiment qui vous pousse à pointer du doigt, s’agit-il d’agacement, d’énervement (lutte), d’inquiétude, d’angoisse (fuite), de tristesse, de découragement (repli)?
  • En déduire les besoins à combler : en fonction de l’état de défense, identifier ce dont nous avons vraiment besoin pour traiter le problème.
  • Les transformer en action à mener : il peut d’agir d’une demande à faire, d’une information à aller chercher, d’anticiper des solutions, de partager un ressenti etc.

Ce qui peut donner quelque chose de l’ordre de:

 

  • si vous êtes en lutte, vous avez peut-être besoin de clarifier les résultats précis que vous voulez obtenir et le cas échéant, trouver des moyens non violents de l’exprimer.
  • Si vous êtes en fuite, vous avez peut-être besoin d’identifier des options possibles, d’établir les étapes vers ce que vous voulez.
  • Si vous êtes en repli, vous avez peut-être besoin de comprendre ce qui s’est passé pour déterminer la direction à suivre.

 

triplette élégance relationnelle

 

En s’appuyant sur la communication non violente et les demandes assertives, nous pouvons ainsi aller vers une jolie triplette prosociale nous débarrasser d’éléments corrosifs de la relation et exprimer sereinement ce qui nous tient vraiment à cœur. Il suffit d’avoir le courage de parler de soi au lieu de pointer du doigt 😉

 

 

*Je sais, la mode est à la soumission au Globish dominant par l’adoption de tout terme nouveau issu d’une langue que Shakespeare ne reconnaîtrait pas. Je préfère emprunter à la linguistique de la Perfide Albion sa propension à l’invention sémantique et à la transcrire dans ce bon vieux français pour lequel j’ai de l’affection.

 

 

 

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10 petites choses qui mettent de bonne humeur au travail

 

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

Il y a suffisamment de petites choses qui agacent, qui fatiguent ou qui inquiètent au boulot pour se pourrir consciencieusement le moral. D’ailleurs, on en parle beaucoup, on s’en agace beaucoup, on se fatigue beaucoup etc. Mais quid de ce qui fait du bien, de ce qui met de bonne humeur ? Rééquilibrons un brin notre PH émotionnel en accordant aussi de l’attention aux vitamines mentales de la vie de bureau 😉

 

 

10 petites choses qui nous mettent de bonne humeur au travail

 

 

 

Rééquilibrer notre PH émotionnel

 

Une multitude de petits choses peuvent nous mettre de bonne humeur, pour peu qu’on les regarde. Seulement voilà, nous sommes bien davantage habitués à repérer les manquements, à anticiper ou amortir les scuds, à se plaindre des caramels relationnels, à gérer les petits contretemps et comme le souligne ce drôlissime billet de Parlons RH, s’il n’y a pas de quoi ouvrir un compte pénibilité, l’accumulation de petites choses désagréables produisent leur lot frustrations de haut vol.

 

Les abrutis de service, le matériel défectueux ou obsolète, le chauffage en rideau (ou en grève du zèle), les mauvaises odeurs, qu’elles viennent de la cantine ou du voisin de bureau, l’informatique à activation aléatoire, le manque de lumière, de verdure, d’intimité bref, la consternante liste des petites choses désagréables est aussi longue qu’un dimanche de novembre chez Tante Simone.

 

Dont acte.

 

Cependant, à concentrer notre attention sur toutes ces petites choses, nous oublions parfois de rééquilibrer notre PH interne, qui devient tellement acide qu’il pourrait nous offrir davantage d’ulcères que de solutions. L’équilibrage émotionnel est essentiel à notre bien-être et les collections de sentiments négatifs ont besoin d’être compensés par quelques petits plaisirs, petites joies, autant pour  préserver sa santé mentale que sa capacité à agir et à travailler.

 

N’oublions donc pas de nous réjouir  de toutes les petites choses agréables qui passent à portée de nos jolies mains pour en tirer l’énergie vitale qui donne le sentiment d’être plus heureux, bien sûr, mais qui est aussi nécessaire à notre capacité à faire face aux aléas professionnels et à régler les petites choses désagréables comme les grands problèmes.

 

 

 

Les vitamines mentales existent au travail aussi !

 

Alors prenons joyeusement le contrepied de ces petites choses qui nous mettent de mauvaise humeur au travail: penchons-nous sur les petites choses qui alimentent la bonne et dont nous pouvons nous réjouir.  Les bonheurs minuscules comme  les joies récurrentes, les vitamines mentales improbables ou carrément inattendues existent aussi au travail et l’on peut semer et récolter autant seul dans son coin qu’à l’intérieur du groupe. Tout cela participe du sentiment de satisfaction et de plaisir qui nous rend plus heureux bien sûr, mais aussi plus dynamiques, plus efficaces et plus collaboratifs.

 

 

Evidemment ‘aucuns pourront me renvoyer tout de go qu’il n’y a pas de quoi se réjouir de ce qui devrait être normal et même s’ils n’ont pas tout à fait tort, je les renvoie à leurs marigots, ces empêcheurs de s’épanouir la rate, parce que tout ce qui nous met de bonne humeur, ne serait-ce que quelques secondes, est bon à prendre. Et d’autant plus qu’on a le droit de ne pas être heureux tout le temps, qu’il n’est pas possible d’être heureux tout le temps !

 

Et comme quelquefois, ce qui nous met de bonne humeur tarde à venir, soyons à l’initiative  des petites choses qui mettent de bonne humeur. Pour lancer la machine sans attendre que ça vienne d’autrui et aussi tout simplement parce que ça fait plaisir de faire plaisir. Aussi improvisons-nous pourvoyeur de donuts du jour, distributeur de compliments ou organisateur de pot impromptu.

 

 

 

1- Les attentions délicates

Le collègue qui a amené des croissants ou fait un gâteau, ces petites attentions génératrices d’instants de convivialité sont particulièrement nourrissantes. Ce sont des plaisirs simples et partagés. Il y a aussi les petits coups de mains proposés, le collègue qui pense à demander des nouvelles d’un proche malade, ou celui qui vous souhaite votre anniversaire: autant de marques d’intérêt qui méritent qu’on s’en souvienne.

 

 

2- Les petites marques de reconnaissance

Nul besoin de nous ériger une statue sur le parvis de la boîte reconnaissante de nos exploits pour nous mettre de bonne humeur : un merci chaleureux pour un service rendu, un retour enthousiaste pour un travail bien fait, un compliment, un encouragement bienvenu dans une situation délicate, les petites marques de reconnaissance renforcent les liens et le sentiment d’être traité avec équité. Savourer l’attention apportée qui nourrit le besoin de reconnaissance, c’est double effet^^.

 

3- Les collègues qui disent bonjour

A la réception, dans l’ascenseur, dans les couloirs, indépendamment du statut des uns et des autres. Dire bonjour, c’est bien plus qu’une convention sociale, c’est un instant de micro convivialité qui est une vraie marque de reconnaissance.

 

4- Les petits rituels

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas des réjouissances obligatoires et formatées, en bonne place dans le hall of fame des mauvaises idées RH du moment, genre l’afterwork obligatoire du vendredi soir. Il s’agit de petits rituels qui s’installent spontanément au sein d’une équipe et qui en renforcent la cohésion et le sentiment d’appartenance ou de petits rituels personnels qu’on s’invente pour soi et qui sont justement, un moment pour soi.

 

 

5- Un dossier bouclé

Un moment de fierté à partager avec ceux qui ont collaboré au dossier en question, ou à savourer avec soi-même, si on a travaillé seul(e). Prendre un instant pour apprécier, pour mesurer les qualités et compétences qu’on a mis en œuvre, parce que ça fait plaisir et ça permet de gagner en appartenance, en confiance mutuelle, en reconnaissance, en estime de soi.

 

 

6- Le contact physique

Rassurant et transmetteur de chaleur humaine, le contact physique, qu’il s’agisse d’un hug à l’anglo-saxonne ou d’une simple main sur un bras ou une épaule peut faire beaucoup de bien. Mais évidemment, uniquement lorsqu’il est sollicité ou d’un commun accord etc. Pour certains d’entre nous il peut rapidement être une intrusion et certaines de ces utilisations peuvent ressembler vite fait à du harcèlement sexuel.

 

 

7- Le rire et l’humour

On rit de moins en moins et c’est bien malheureux, le rire a tellement de vertus qu’il devrait être remboursé par la Sécu. Le rire et la légèreté n’ont jamais empêché le sérieux dans l’exécution des tâches et  le professionnalisme. En revanche, le décoinçage des zygomatiques renforce la bonne humeur, renforce les liens, dédramatise les situations stressantes et a encore pleins d’autres vertus à réhabiliter.

 

 

8- Le sourire

Le sien, comme celui des autres. D’abord parce que les gens souriants sont plus heureux (on trompe son cerveau sur son état mental avec un sourire), mais aussi parce qu’ils sont plus avenants et du coup reçoivent plus de marques de reconnaissance et de comportements agréables en retour.

 

 

9- Les micro instants cléments

Les instants où tout fonctionne comme sur des roulettes: chouette, la photocopieuse marque aujourdhui, le dossier Tartempion a avancé sans anicroche, et nous voilà qui œuvrons pour une fois au calme, avec une sérénité passagère, certes, mais remarquablement délectable…

 

10 – Les tâches qu’on aime

On peut aimer son métier (ou pas) et avoir tout de même quelques tâches qui nous déplaisent. Certes, et autant leur faire la chasse et les déléguer tant qu’on peut. Inversement, on peut aussi savourer les moments passés sur les tâches qu’on préfère, si petites ou éparses soient-elles. Une vitamine mentale de prise n’est plus à prendre ! Les exécuter en conscience, c’est-à-dire en se concentrant sur l’instant présent et sur le plaisir qu’elles nous procurent, nous permet d’en retirer une énergie vitale qui sera salutaire pour affronter les autres^^

 

 

 

Chaleur relationnelle et travail bien fait: les clés de la bonne humeur

 

Au final, ce qui nous met de bonne humeur, c’est tout ce qui participe du sentiment de reconnaissance et d’appartenance, ce qui ajoute de la chaleur relationnelle dans nos vies professionnelles d’une part et ce qui donne un sentiment de travail bien fait et de plaisir d’autre part. Nous autres êtres humains sensibles ne sommes finalement pas très compliqués à gérer : nous avons besoin d’exister au sein d’un groupe soudé et de pouvoir faire notre travail correctement,

 

Pour valider mes suppositions sur les petites choses qui nous mettent de bonne humeur au travail, j’ai posé la question sur les réseaux sociaux. Merci à tous ceux qui ont répondu: Céline, Oana, tous les Vincent, Elodie, Catherine, Laurent, Eric, Loïc, Christine, Véronique, Suzana Patrick, les deux Nathalie, Isabelle, Nadia, Didier et tous les autres!

 

Et vous, quelles sont les petites choses qui vous mettent de bonne humeur au tavail?

 

 

 

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Relations au travail: et la gentillesse bordel?!

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

C’est aujourd’hui la journée de la gentillesse, à l’initiative de Psychologies Magazine. L’occasion de revaloriser une faculté souvent considérée – à tort – comme une faiblesse, un danger, un comportement de bisounours naïf et irréaliste. Alors qu’elle est le pilier d’une élégance et d’un panache relationnels qui sont autant de preuves de courage et de force de caractère que générateurs de comportements positifs. De l’or en barre.

 

 

Et la gentillesse bordel! Un comportement à réhabiliter d'urgence au travail

 

 

Et la gentillesse bordel?!

 

Au jury Mines-Ponts, nous avons notre jargon de correcteurs d’anglais, et dans celui-ci il y a les YAM, les “y’en a marre”, les ras-le-bol de l’erreur grammaticale ou syntaxique tellement de base que le taupin moyen l’a étudié a minima 9 fois dans sa scolarité. Dans les discours managériaux, le YAM suprême à mes yeux est bien une définition de la gentillesse qui la transforme en comportement bébête de paillasson à collègues qui vous envoie direct dans le groupe des corniauds et cruchots du boulot. Car l’incorrection relationnelle écorche l’âme et les entrailles au même titre que l’incorrection grammaticale écorche l’oreille, avec des conséquences bien plus pernicieuse que la mocheté d’une phrase: méfiance mutuelle, agressivité, indifférence, baisse de l’estime de soi et de la confiance en soi, renforçant au passage tous les jeux de l’égo si néfastes à la collaboration.

 

Le terme gentillesse a été tellement mis à mal qu’on n’ose presque plus l’utiliser et ceux qui la prônent utilisent de plus en plus celui de bienveillance, moins connoté. Et c’est peut-être aussi bien, si celle-ci permet d’aborder le même concept sans association cucul-la-praline ou méprisante. Car bizarrement, l’être humain en général et le travailleur en particulier sont beaucoup plus sympathiques qu’on ne l’imagine et qu’eux-mêmes l’imaginent. Et aspirent à beaucoup plus de sympathie qu’on ne l’imagine. Alors qu’on l’appelle gentillesse ou bienveillance importe peu, la seule chose qui compte, c’est que chacun y trouve son compte.

 

Nous avons déjà abordé la gentillesse à plusieurs reprises, comme comportement à réhabiliter au travail et pas que, pour définir ce qu’est la vraie gentillesse, c’est à dire une forme de noblesse d’âme, par opposition au quémandage de miettes d’amour ou de reconnaissance, ou aux comportements amènes par pure manipulation.

 

 

 

La gentillesse : un bien nécessaire

 

Nous avons tous un besoin élémentaire et capital de gentillesse et de bienveillance qui fonctionne dans les deux sens: elles sont un bien nécessaire à notre équilibre psychologique, à nos liens sociaux, autant qu’à notre efficacité professionnelle et notre intelligence collaborative. Car la gentillesse est une alternative au chacun pour soi, à l’individualisme imbécile et à la dictature de l’intérêt personnel. Elle permet de conjuguer nos propres besoins avec ceux des autres et chacun en ressort plus heureux et plus complet, sans avoir sacrifié ni le bien personnel ni le bien commun. Distillons donc la gentillesse:

 

  • Pour gérer nos bévues et boulettes avec moins d’inquiétude, celles des autres avec moins de jugement.
  • Pour créer des vases communicants et nourrir l’estime de nous-mêmes et celle des autres.
  • Pour satisfaire nos besoins fondamentaux d’appartenance et de reconnaissance et ceux de notre entourage.
  • Pour nous sentir compris et acceptés, pour comprendre et accepter les autres.
  • Pour nous appuyer sur le soutien et les encouragements, pour apporter notre soutien et nos encouragements.
  • Pour trouver sa place et laisser la leur aux autres.
  • Pour être en mesure de s’entraider et renforcer l’esprit d’équipe.
  • Pour donner le meilleur de nous-mêmes par envie et motivation plutôt que la moitié du meilleur par contrainte.
  • Pour jouir d’une meilleure humeur et baigner dans celle des autres.
  • Pour produire des vitamines mentales sous forme de sirop relationnel plutôt que de bile.
  • Pour interagir et collaborer en confiance.

 

 

La gentillesse: preuve de force de caractère et de courage

 

Un leadership qui s’appuie sur une dominance dépourvue de bienveillance est un leadership pleutre car le recours aux comportements rouleau-compresseur sont un recours bien plus facile qu’une posture relationnelle élégante et pro-sociale, même s’il n’apporte pas les bénéfices escomptés. Il produit deux types de réactions et de relations nuisibles à la collaboration et au bien-être de toutes les parties:

  • Une meute de suiveurs apeurés qui cherchent juste à faire plaisir sans oser s’exprimer.
  • Une horde de résistants combatifs qui vont lutter contre cette expression excessive du pouvoir.

Inversement, un leadership qui s’appuie sur une gentillesse ancrée et affirmée, posture mélangée de bienveillance et d’assurance, laisse à l’autre la possibilité de trouver sa place et son mode d’expression.

 

L’absence de gentillesse naît de la peur de l’autre, de la peur de la relation, de la peur de ne pas obtenir ce que nous voulons, qui génèrent un ancrage épuisant dans la ronde Sauveur-Victime-Persécuteur des rôles relationnels, teintés de fausse bienveillance ou de vraie agressivité, de jérémiades et de manœuvres pénibles. J’ai peur de l’autre donc je l’écrase, et je me convaincs moi-même que je suis trop fort.

 

journee de la gentillesseOser être l’initiateur de la gentillesse dans un monde qui nous paraît parfois incivil, parfois violent, parfois indifférent, c’est avoir le courage et la force de caractère de cesser enfin de lutter pour enfin construire. Cesser de s’escrimer à survivre dans un environnement hostile et poser les fondations d’un cadre plus sain, plus épanouissant, plus favorable à la satisfaction de nos besoins et de ceux de nos contemporains. Et par ricochet, plus favorable à la confiance mutuelle et à la collaboration.

 

Ne rien faire, c’est rester dans un statu quo délétère dont on peut blâmer les autres (qui ne changent pas) à condition de s’en blâmer aussi soi-même (qui n’agit pas). Oser être l’initiateur de la gentillesse, c’est aller à l’encontre des idées reçues et tenter une troisième voie. C’est prendre le risque inimaginable de recevoir des comportements similaires. La gentillesse est en réalité une sacré force, probablement la plus balèze, la plus costaude, la plus constructive de toutes les compétences relationnelles; qui attire la gentillesse en retour, qui nourrit le plaisir, le sentiment de satisfaction, d’appartenance, de reconnaissance, les besoins affectifs, l’estime de soi, autant de celui qui la prodigue que de celui qui la reçoit.

 

 

 

 

Faire preuve de gentillesse

 

Bien entendu, il ne s’agit ni de courber une échine soumise, ni de tendre une autre joue. C’est simplement une posture claire et dénuée de brutalité relationnelle, le juste équilibre entre hérisson et paillasson: La gentillesse c’est:

 

 

Alors puisqu’il faut une journée pour réhabiliter la gentillesse, profitons-en pour faire un pas vers elle, en exprimant celle qui vibre en vous de la façon qui vous conviendra le mieux. Faisons donc preuve de gentillesse et de bienveillance, mamelles de la noblesse d’âme et du panache relationnel, posture élégante et affirmée, tout en laissant aux grincheux et aux poltrons leurs dictons!

 

 

Ressources externes

 

Psychologies – La bienveillance au travail

Le Nouvel observateur – Et la bienveillance, bordel! Trois micro-momments d’amour par jour

RH Info – Animation de la performance : combiner exigence et bienveillance

Philippe Rodet – La bienveillance attitude managériale

 

 

Voir aussi

 

Le leadership de soi, préalable au leadership tout court

Morale primate et relations humaines: faisons les singes!

Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

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La lecture émotionnelle au service des relations

 

 

Crédit photo: Nicolas Raymond

 

 

 

 

 

Aller plus loin

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Média sociaux, cooptation et compétences relationnelles

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

Si le recrutement ne se virtualise pas tant que ça, la cooptation a de beaux jours devant elle et les média sociaux sont un moyen formidable de développer son réseau professionnel et de se faire recommander.  A condition d’en connaître les codes et de comprendre qu’il s’agit avant tout de tisser des liens. Il devient de plus en plus indispensable de développer ses compétences relationnelles.

 

 

la cooptation via les réseaux sociaux necessite de bonnes compétences relationnelles

 

 

La cooptation se virtualise

 

Toutes les études en témoignent, le recrutement via les réseaux sociaux peine à sortir de l’anecdotique et même s’ils modifient et enrichissent les vecteurs de la recherche d’emploi, ils ne l’ont sûrement pas révolutionnée.

 

En revanche, les médias sociaux méritent une attention toute particulière en recherche d’emploi. Car la cooptation prend de l’ampleur et s’étend au virtuel. Comme en témoigne cette étude de l’Apec: 39% des entreprises l’utilisent. La recommandation devient d’ailleurs cruciale à mesure que le salarié avance dans sa carrière :

 

la part des candidats connus ou recommandés parmi les candidats recrutés croît avec l’âge de ces derniers. Ainsi, près de la moitié des candidats âgés de plus de 50 ans et recrutés en 2011 étaient connus de l’entreprise et/ou recommandés par une personne extérieure”

 

D’autre part, comme le souligne ce billet de TalentPlug, la cooptation par le réseau donne accès au “marché caché”, ce marché de l’emploi qui ne fait pas toujours l’objet d’annonces largement diffusées sur les sites emploi. Appréciée des entreprises, la cooptation coûte moins cher qu’un recrutement classique et semble garantir de meilleures adéquations entre candidat et employeur, comme le résume cette infographie:

 

 

les bénéfices de la cooptation

 

 

Le développement de son réseau professionnel et la cooptation sont des moyens particulièrement intéressants pour tous ceux dont la situation n’aide pas l’employabilité:

 

  • Les personnes aux parcours atypiques
  • Les personnes en seconde partie de carrière et les seniors
  • Les personnes qui ont mené une reconversion professionnelle et sont de retour à l’emploi

Parce que le réseau se virtualise, les liens noués sur les réseaux sociaux (et pas uniquement les réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo) deviennent autant de sources d’opportunités et de cooptation. Et cela a quatre conséquences à prendre en compte:

 

  • L’écart se creuse entre les candidats connectés et peu connectés
  • L’écart se creuse entre ceux qui savent réseauter sur Internet et ceux qui réseautent “à la papa”
  • Les réseaux sociaux sont une mine d’or pour tous ceux qui estiment avoir un réseau professionnel limité et veulent le développer.

Parce que le développement d’un réseau sur les médias sociaux n’a pas grand chose à voir avec celui qui se fait dans la vraie vie,  les compétences relationnelles deviennent indispensables pour les chercheurs d’emploi qui voudraient mettre toutes les chances de leur côté.

 

 

 

Cooptation virtuelle et compétences relationnelles

 

Le fait que la cooptation se déplace de l’IRL (la vraie vie) au virtuel est certainement une bonne nouvelle, car, pour peu qu’on soigne ses compétences relationnelles, il est beaucoup plus facile de se construire un réseau professionnel via Internet que dans la vraie vie, en particulier parce qu’on a la possibilité de venir y nouer des liens simplement, en parlant métier, et non pas se mettre dans l’inconfortable position du demandeur, ou de faire du push de cartes de visites dans des “soirées réseau” ou ceux qui se connaissent parlent entre eux et où l’on peine parfois à entrer en conversation.

 

La leçon à en retirer, c’est principalement de redonner aux médias sociaux leur véritable rôle, que la traduction version calque – et erronée –  des adeptes du Globish rend un peu confus: ce ne sont pas des plateformes sociales, ce sont des plateformes relationnelles. Mais attention, s’il est essentiel d’y faire du relationnel, il s’agit bien de relationnel au sens noble du terme. C’est à dire être là pour y développer autre chose que des accointances vagues et utilitaires, mais bien pour entrer en relation et s’intéresser aux gens AVANT d’espérer qu’ils s’intéressent à vous en retour. Et ces liens se font autour d’un sentiment d’appréciation mutuel, d’affinités qui vont favoriser le partage d’opportunités.

 

Il s’agit donc de s’exposer au travers non seulement de son expertise et de ses compétences métiers, mais aussi au travers de sa personnalité et de sa façon d’être en relation, pour une raison très simple: on coopte une personne qu’on connaît, dont on reconnaît les mérites professionnels, bien entendu, mais aussi et surtout une personne qu’on apprécie.

 

Ceux qu’on mésestime ou dont on ignore la véritable personnalité parce qu’ils restent en retrait derrière leurs compétences professionnelles, personne ne prend le risque de les recommander, parce que c’est toute la crédibilité du coopteur qui est en jeu. Ainsi dans cet article, le site Guichets-RH traite des recommandations sur des réseaux comme LinkedIn:

 

Témoigner publiquement en faveur d’autrui est un acte très impliquant, l’auteur du témoignage s’engage personnellement dans ses propos. On ne recommande pas n’importe qui !”

 

 

 

D’une pierre trois coups!

 

Il y a une autre bonne nouvelle à la virtualisation de la cooptation. Le fait que le travail relationnel devienne incontournable est tout bénéfice pour le chercheur d’emploi, car les compétences relationnelles représentent une part non négligeables des compétences informelles (soft skills) qui sont en passe de devenir le point d’orgue de l’employabilité.

D’autre part, les compétences relationnelles ne sont pas des recettes figées et formatées qu’on peut trouver dans un livre. Elles passent par un renforcement de la connaissance de soi, de la confiance en soi, et ont deux conséquences directes:

 

  • Le développement de l’assurance, cruciale dans les entretiens d’embauche.
  • La construction d’une posture relationnelle forte, qui facilite l’intégration, favorise le bien-être dans son nouveau poste et la collaboration.

Les réseaux sociaux deviennent alors un terrain d’entraînement de choix pour tester notre façon d’être en relation en fonction de ce qu’elle suscite comme comportements en retour. Et d’en tirer des enseignements sur les points à renforcer pour créer un réseau solide, générateur à son tour de confiance en soi. Celle-ci permettra une authenticité sereine et évitera les erreurs relationnelles liées soit au triangle de Karpman, dans lequel nous sommes tous inscrits, soit à la méconnaissance des codes et qui sont légions sur les média sociaux, comme par exemple:

 

  • Le relationnel poudre aux yeux: version je-te-pommade-par-ci-je-te-pommade-par-là inscrit dans le cadre d’une fausse gentillesse qui navigue entre individualisme patenté qui soigne son intérêt personnel et manipulation pure et simple. Et cela finit immanquablement par se faire remarquer.
  • La victime qui crie famine: la recherche d’emploi est une période particulièrement difficile et en même temps, s’étaler en jérémiades quémandeuses ou se plaindre en rond avec d’autres malheureux ne donne pas envie de vous aider.
  • Les maladresses: les messages maladroits du type “vous voulez bien transmettre mon profil à votre carnet d’adresse” ou encore les demandes directes d’opportunités faites aux DRH présents sur les réseaux

Construire cette posture virtuelle favorable au tissage de relations professionnelles nouvelles solides et génératrices d’opportunités se fait au travers:

 

Du renforcement de la relation à soi et de la relation aux autres:

De stratégies d’exposition professionnelles:

 

Et l’on acquiert au passage une posture pleine d’une assurance qui ne la ramène pas, proche d’un charisme qui donne envie aux professionnels avec qui nous tissons de véritables liens de nous coopter. La boucle est bouclée!

 

 

 

Voir aussi

 

Triangle de Karpman et recherche d’emploi

Réseaux sociaux: conseils pour les chercheurs d’emploi

3 astuces relationnelles pour bien commencer sur les réseaux sociaux

Recherche d’emploi: reconstruire la confiance et l’estime de soi

Le non guide de la rechercher d’emploi sur Internet: les réseaux sociaux

Twitter, entre virtuel et IRL

 

 

 

Aller plus loin

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Du triangle de Karpman à l’équilibre relationnel: la triplette prosociale

Sylvaine Pascual – Publié dans: Compétences relationnelles

 

 

Il semble que la toxicité des relations professionnelles soit directement proportionnelle aux difficultés rencontrées par l’ensemble des salariés, managers et collaborateurs dans un même bateau qui prend, en ces temps difficiles, une eau fangeuse un peu trop vite étiquetée « crise ». Parce que c’est un enjeu collaboratif de taille, voici une triplette prosociale pour rouler de concert vers un minimum d’élégance relationnelle.

 

 

Trois comportements oeuvrant de concert pour plus d'élégance relationnelle

 

 

 

Assainir les relations professionnelles, un enjeu collaboratif

 

Pris entre des assortiments glauques de marteaux et d’enclumes en tous genres, qui génèrent de nombreuses peurs, managers et collaborateurs ont vite recours aux rôles relationnels, refuge facile et ordinaire lorsque nous ne savons plus comment obtenir ce dont nous avons besoin. Nous sommes alors gouvernés par des craintes inébranlables qui ont vite fait de se transformer en croyances limitantes exprimées dans toute la palette trop-bon-trop-con:

 

  • Crainte de ne pas être entendu, écouté, reconnu, pris en compte.
  • Crainte d’être jugé, exploité, crainte qu’on profite de nous, qu’on nous marche sur les pieds, qu’on vienne empiéter sur nos plates-bandes.
  • Et donc: crainte de ne pas être traité comme nous en avons besoin.

La spirale des jeux psychologiques se met en branle et pollue toutes nos interactions, leur donnant des relents de cyanure relationnel, pas vraiment prosociaux ou collaboratifs.

 

Assainir les relations professionnelles et leur redonner un élan plus équilibré, plus réjouissant et moins perclus de jeux de pouvoir, pour obtenir la compréhension mutuelle, la confiance et la reconnaissance dont nous avons tant besoin et qui fait cruellement défaut dans le monde professionnel, est un enjeu de taille.

 

D’autant plus que si les discours vont bon train sur le sujet, quand il s’agit de passer aux actes, l’entreprise se met plus souvent qu’à son tour aux abonnés absents. C’est donc essentiellement au niveau individuel que les initiatives peuvent se prendre, histoire d’arrondir les angles coupants des relations inconfortables, sans attendre un miracle managérial qui reste du domaine de l’Arlésienne de la vie au travail: on en parle beaucoup, on ne le voit jamais…

 

 

 

 

Triangle de Karpman : des comportements ordinaires… qui finissent toxiques

 

Rappelons d’abord que les jeux psychologiques s’articulent autour des trois rôles relationnels, victime, sauveur et persécuteur, et qu’ils sont ordinaires, qu’ils ne sont en aucun cas le reflet d’une pathologie psychologique, en particulier le persécuteur dont la dénomination génère des associations malencontreuses avec le harcèlement et le désormais omniprésent pervers. Voir:

Nous jouons tous ces rôles inconsciemment, sans volonté de manipulation, avec une constance et une amplitude diverses, et chacun des trois participe de la dégradation progressive de nos relations.

 

Cependant, l’augmentation de leur fréquence due aux exigences de plus en plus absurdes du monde du travail finit par les rendre parfaitement toxiques, produits cancérigènes de nos interactions professionnelles. La piqure de rappel sur ces trois comportements victime, sauveur et persécuteur, c’est par ici :

 

 

Sortir des rôles relationnels : une question de courage

 

Repérer les rôles que nous jouons est déjà assez compliqué et une fois que c’est fait, en sortir demande un vrai courage : celui d’être à l’initiative de comportements prosociaux qui vont générer le changement, celui de prendre en main son propre environnement relationnel et d’y implémenter des alternatives, dont seules la personnalisation et l’expérimentation vont démontrer la puissance. Voir:

 

Chassez le naturel, il revient au galop? Pas forcément. Il est de façon générale bien plus facile de s’enfermer dans des jeux de pouvoir et d’ignorer leur inefficacité parce que nous les pratiquons avec constance depuis bien longtemps. Inversement, accepter d’expérimenter des attitudes plus arrondies aux angles, plus teintées d’élégance relationnelle, laisse souvent dubitatifs tous ceux qui craignent trop la relation pour oser s’essayer à d’autres fonctionnements. Et c’est bien dommage, car le courage nécessaire, c’est essentiellement celui du premier pas. Derrière, les résultats obtenus parlent suffisamment d’eux-mêmes pour renforcer la motivation à se comporter avec davantage de noblesse d’âme que de volonté de domination.

 

 

 

Un triangle pour arrondir les angles de la relation?

 

L’analyse transactionnelle, en la personne d’Acey Choy, a modélisé un autre triangle, réponse du berger bienveillant à la bergère des jeux psychologiques, qui propose de remplacer les rôles relationnels par trois comportements plus favorables à la relation. Cette vision m’a intéressée en ce qu’elle propose une piste de sortie du triangle de Karpman par des alternatives relationnelles fertiles:

 

  • La vulnérabilité
  • L’affirmation de soi
  • La bienveillance empathique

Cependant, je vous l’ai mise très librement à ma sauce, car la version originale me semble comporter des limites à dépasser.

 

Tout d’abord, dans la plus pure tradition du marketing nord-américain,  ces trois comportements ont été labellisés « triangle du gagnant ». Comment vous dire… Triple beurk, que voilà un terme qui nous inscrit dans la dichotomie pas du tout manichéenne du winner/loser. Laissons donc cette sémantique aux égos en manque – justement – de reconnaissance. Même la traduction courante “triangle gagnant” en français me fatigue, comme s’il fallait toujours chercher la victoire, donc le combat, y compris – et même surtout, contre nous-mêmes. Je vous propose une terminologie qui me paraît plus estime de soi, qui n’a pas besoin de se prendre pour un super-héros – super-héros qui, soit dit en passant, sont un peu trop souvent des victimes pleurnichardes devenues des sauveurs-persécuteurs de haut vol.

 

Mais je m’égare, mes agacements linguistiques et ma crispation chronique face au simplisme noir/blanc d’outre Atlantique, vous les connaissez déjà, chers lecteurs fidèles 😉 Revenons donc à nos moutons relationnels et passons du triangle dramatique à un triangle déclencheur de relations plus mutuellement nourrissantes. Donc des liens solides, basés sur la confiance et le sentiment de sécurité morale.

 

Et puis non, finalement, ne restons pas dans un triangle qui, par définition, n’arrondit pas les angles de la relation. Je rétive un coup et je préfère une version plus adoucie, aux courbes plus amènes et moins tranchantes que les angles aigus d’un n-ième schéma géométrique. Laissons donc le triangle de Karpman s’effacer et laisser émerger une représentation de ces trois comportements plus légère et plus encourageante.

 

vulnérabilité, bienvailence, affirmation, triplette prosociale

 

 

D’autre part, l’auteur préconise d’adopter l’un des trois comportements en opposition au rôle que nous jouons le plus fréquemment: de remplacer le comportement victime par la vulnérabilité, le comportement saveur par la bienveillance empathique, le comportement persécuteur par l’affirmation de soi. Je ne suis pas d’accord avec cette opposition simple, qui me paraît insuffisante à réduire les jeux psychologiques. Il est plus pertinent et efficace de renforcer ces trois aptitudes conjointement et de les exprimer ensemble, parce qu’elles s’appuient et se soutiennent mutuellement, et que l’une sans l’autre donne un positionnement relationnel incomplet :

 

  • La vulnérabilité sans affirmation de soi reste de la jérémiade
  • L’affirmation de soi sans empathie bienveillante risque le pur égoïsme
  • L’empathie bienveillante sans affirmation de soi risque le comportement serpillière

Puisque cette façon d’être en relation a trois facettes qui ne sont pas des attitudes distinctes mais conjointes, qui se nourrissent mutuellement, appelons-la triplette, tiens. J’aime bien les triplettes! Elles proposent un socle à trois pieds sur lequel on peut joliment s’appuyer. On peut alors la représenter, en mode leadership de soi ludique, par ces trois comportements oeuvrant de concert et se diriger ainsi vers des océans de relations plus équilibrées :

 

 

triplette élégance relationnelle

 

.

 

 

 Une triplette prosociale pour plus d’élégance et d’équilibre relationnels

 

 

L’équilibre relationnel nait donc de la conjonction de ces trois aptitudes, qui génère un positionnement élégant, à la fois serein (qui n’a pas besoin de la ramener) et plein d’assuracnce et qui laisse une place de choix à l’autre dans la relation comme dans la communication.

 

 

1- La vulnérabilité

 

Elle est le pendant version estime de soi du rôle de victime. Elle consiste avant tout à reconnaître les situations qui génèrent une forme de souffrance, des émotions négatives et d’être en capacité de les partager. S’autoriser à montrer ses failles et ses fragilités requiert force morale et courage. C’est là le reflet d’une estime de soi solide, qui ne craint pas la relation et le regard de l’autre et qui inspire le respect.

 

La vulnérabilité n’a pas besoin de barytoner la Goualante du pauvre Jean pour se faire entendre, elle ne joue ni sur la pitié ni sur la culpabilisation, elle accepte pleinement ses émotions et ses ressentis et les exprime posément. Passée de disciple de Jérémie à sereinement vulnérable (en d’autres temres: être humain), l’ex-victime sera plus à même de se mettre à chercher des solutions pour sortir de la situation qui la gêne. Ce qui habituellement n’est pas son fort. Il s’agit donc de travailler:

 

  • L’estime de soi (qui accepte intrinsèquement la vulnérabilité),
  • La valorisation (dans le discours interne comme dans la communication)
  • La connaissance de soi et en particulier des talents naturels sur lesquels on peut s’appuyer
  • L’élaboration de solutions et des plans d’action
  • La bienveillance empathique (pour éviter de submerger l’interlocuteur pas des flots émotionnels excessifs)
  • L’affirmation de soi (pour poser des limites et faire des demandes claires, en particulier lorsqu’on a besoin d’aide)

 

2- La bienveillance empathique

 

Acey Choy utilise le terme caring, qui a souvent été traduit par « souci de l’autre », mais que j’ai choisi d’adapter en bienveillance empathique, qui me paraît plus clair. Le Sauveur a déjà beaucoup trop le sentiment de se “soucier de l’autre”.

 

La bienveillance empathique consiste donc à porter sur l’autre un regard sincèrement curieux de ses motivations et mécanismes, un regard compréhensif et engageant, tout en ne réfléchissant pas à sa place. Elle ne prend pas le problème en charge, elle lui offre un espace d’expression, une station service morale où en décortiquer le moteur en panne, sans infantilisation, sans démonstration d’expertise. Laissant le chevalier blanc derrière lui, l’ex-sauveur pourra alors se mettre à écouter son interlocuteur plutôt que de lui fournir illico presto la notice de sa solution 34bis, forcément la meilleure du monde de l’univers. Il inspirera confiance et loyauté: voilà quelqu’un sur qui on peut compter et qui ne se laisse pas envahir en même temps. Il s’adit donc de travailler:

 

 

3- L’affirmation de soi

 

Pendant d’un mode d’expression cassant, péremptoire, autoritaire, de l’imposition de ses points de vue, l’affirmation de soi est une façon d’exprimer ses opinions et ses besoins avec aisance et assurance, sans passer ses interlocuteurs au rotovateur de ses certitudes ou de ses exigences. Parce qu’elle ne cherche ni à dominer, ni à assujettir ou à contraindre, l’affirmation de soi révèle un positionnement plein d’une confiance convaincante et qui inspire le respect.

 

L’ancien persécuteur ainsi dépourvu de sa broyeuse à interlocuteur pourra alors laisser une place équitable à l’autre dans la relation, lui exprimer posément ses idées, écouter les siennes et laisser les solutions émerger. Il s’agit donc de travailler:

  • l’estime de soi qui diminue la peur de l’autre et le besoin de lui aboyer dessus pour se faire entendre.
  • La communication non violente, alternative ultra efficace à l’agressivité verbale.
  • La capacité à fixer des limites, à dire non, à faire des demandes élégantes (et nons pas des critiques brutales)
  • L’empathie bienveillante pour laisser une place équitable à l’autre dans les interactions.
  • La vulnérabilité pour accepter et partager avec amabilité ses propres difficultés.

 

 

Triplette + trépieds = tricycle!

 

Au final, on le voit bien, les trois sont intimement liés et se nourrissent mutuellement et l’un sans l’autre débouche sur une posture relationnelle incomplète et peu efficace. Les trois se travaillent et se renforcent, bien entendu, et c’est en les pratiquant qu’on peut prendre pleinement conscience de leurs bénéfices à la fois sur la relation et sur l’estime de soi.

 

Exit les rôles relationnels pesants et énergivores qu’on laissera alors derrière soi, et bienvenue à un trépieds comportemental qui nous permet d’oeuvrer pour des relations dénuées de jeux de pouvoir, donc plus équilibrées, plus élégantes et par conséquent plus efficaces et nourrissantes. Et pour représenter cette triplette dans un mode plus singulier, puisque ce sont trois aspects de nous-mêmes, je vous porpose un tricycle, enfant naturel de la triplette et du trépieds, qui a trois caractéristiques essentielles: l’assise solide (le tricycle est bien plus difficile à renverser), la possibilité de mouvement en avant, et la symbolique de l’apprentissage. Enfourchons donc gaillardement le tricycle de l’élégance relationnelle et expérimentons de nouvelles façons d’être en relation!

 

tricycle élégance relationnelle

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

Relation à soi / aux autres: le cocktail indispensable

Ebook gratuit: le triangle de Karpman: sortir des rôles relationnels 

Protège tes fesses! 5(+) trucs pour assurer le bien-être relationnel

Triangle de Kaprman: quand Little Miss Sauveur tombe sur un o(ur)s

4 trucs infaillibles pour se pourrir les relations

L’égo, frein majeur à l’intelligence colaborative

 

 

 

 

 

 

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Compétences relationnelles: présenter des excuses

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

Vous et moi sommes des gens forcément charmants et bourrés de qualités, qui traitons toujours nos contemporains avec une belle élégance. Nous ne ferions pas de mal à une mouche… Bon, il nous arrive tout de même parfois de heurter autrui, souvent sans intention de le faire. Apprenons à mettre notre petit orgueil de côté à  présneter des excuses simples, car c’est une véritable compétence relationnelle qui renforce les liens et la confiance mutuelle.

 

 

 

compétences relationnelles: présenter des excuses

 

 

Heurts, remords et pénitence: la valse des fausses bonnes idées

 

Nous pouvons tous, potentiellement commettre petites et grandes mauvaises actions à l’encontre de notre entourage personnel ou professionnel, bien entendu bien malgré nous, voire à linsu de notre plein gré. Que celui qui n’a jamais rompu un engagement, ignoré une promesse, trahi une confiance ou tout simplement blessé quelqu’un par ses paroles ou ses agissements jette le premier caillou à nous autres mortels faillibles, contrits devant l’évidence: nos imperfections nous poussent parfois à agir dans le sens inverse du bénéfice de nos contemporains.

 

A Perpignan, on a une solution: une tradition et vieille de 600 ans, qui donne à l’expression “faire pénitence” une signification impressionnante, y compris à ceux qui, come moi, ont autant de convictions religieuses qu’une certaine moule de mes amies, une fois qu’elle a fini dans la poêle. C’est la procession de la Sanch, où les pénitents masqués défilent, pieds nus, dans un silence de cathédrale. Cependant nos vies temporelles, quant à elles, nous offrent peu de possibilités d’expiation spectaculaire, de source d’absolution pour nos vilaines actions.

 

Parfois, ce sont des vétilles insignifiantes, suffisament sans conséquence pour que tout le monse passe rapidement à autre chose. Du moins à nos propres yeux. Mais de temps en temps, lorsque nos agissements on heurté une valeur ou l’amour-propre de l’autre, les traces qui en restent peuvent ternir la relation et la confiance mutuelle. Et quand nous nous rendons compte du mal fait – ce qui n’est pas toujours le cas – nous en gardons un goût amer de regrets: cet attitude-là n’était pas sympa, pas cohérente avec l’image que nous avons de nous-même, pas le reflet de nos valeurs et nos principes moraux. Nous avons blessé quelqu’un malgré nous, et on ne se sent pas fiérot sur ce coup-là.

 

Face à nos regrets, nous pouvons tout à fait choisir le repentir spectaculaire et nous coiffer dignement d’une caperutxa pour aller porter le fardeau de notre péché un vendredi saint dans les ruelles de Perpignan. Cependant, on peut aussi choisir des options moins baroques mais efficaces tout de même.

 

Nous avons alors souvent recours à toute la série des fausses bonnes idées qui, autant dans la relation à soi que dans la relation à l’autre vont juste laisser pourir la situation, avec toutes les conséquences que cela implique:

 

  • S’auto-flageller intérieurement, en mode dévalorisation, jusqu’à ce qu’aigreur s’en suive.
  • Se laisser subir le sentiment de honte, la culpabilité qui grignotte lentement mais sûrement, entre autres l’estime de soi. Parce qu’on le mérite bien.
  • Remettre ses remords dans sa poche avec son mouchoir par-dessus, en espérant que ça passera, sachant très bien qu’ils repointeront le bout de leur nez quand bon leur semblera.
  • Se chercher de fausses bonnes excuses qui ne réussissent à convaincre personne. Sauf la partie offfensée, de votre mauvaise foi.
  • Rejeter la faute sur autrui pour se dédouaner, preuve de malhonnêteté que la partie offensée n’omettra pas de noter sur ses tablettes, à côté du chien de la chienne qu’elle vous réserve.

 

 

Du bénéfice de présenter ses excuses

 

Nous pouvons aussi opter pour une alternative parfois difficile à mettre en oeuvre, car elle nécessite de passer outre ses petits orgueils mal placés: présenter ses excuses. Savoir demander pardon a l’immense bénéfice d’offrir de la reconnaissance à l’interlocuteur, de sortir de l’éventuelle tension latente ou du conflit, de soulager sa conscience, de renforcer ainsi la confiance en soi (être honnête et assumer ses responsabilités est une grande force), mais aussi l’estime de soi des deux parties, et par ricochet les liens relationnels et la confiance mutuelle.

 

En d’autres termes, faire acte de contrition ne nécessite pas forcément une mortification sur la place publique, un repentir théâtral: il suffit de reconnaître le tort causé de manière simple, honnête, directe. C’est une excellent moyen de mettre un terme aux émotions négatives de notre interlocuteur blessé, tout en répondant à ses besoins (voir Collaboration, conflit et lecture émotionnelle):

 

  • La partie offensée en colère se sentira entendue, reconnue dans les torts causés
  • La partie offensée angoissée se sentira rassurée et retrouvera ses marques
  • La pertie offensée triste et découragée retrouvera le sens et la cohérence dont elle a besoin.

 

C’est pourtant un choix rare, en particulier dans le milieu professionnel, car comme beaucoup d’autres compétences relationnelles, quand le triangle de Karpman et le manque de savoir faire s’en mêlent (s’emmêlent?), on obtient vite le contraire de ce qu’on voudrait. L’idée de présenter des excuses est du coup souvent perçu comme un aveu de faiblesse, la certitude de perdre la face, la solution du loser. Alors qu’en réalité, c’est une preuve de force de caractère, de droiture, d’élégance relationnelle.

 

Voici donc quelques pistes sur la marche à suivre pour transformer des excuses en véritable compétence relationnelle, qui renforcera votre rayonnement, et votre affirmation de vous-même (un manager sachant réellement exprimer ses torts ou ses remords est souvent un sacré bonhomme ou une sacrée bonne femme). D’ailleurs, un travail de renforcement de l’estime de soi peut être nécessaire en amont pour être en capacité de reconnaître ses torts et l’exprimer.

 

 

 

Présenter ses excuses: les pièges à éviter

 

Quelques précautions s’imposent pour éviter de transformer cette compétence relationnelle en technique manipulatoire ou en comportement serpillère qui auront l’effet inverse, nourriront l’égo de l’un au détriment de l’autre, rogneront l’estime de soi des deux parties et alimenteront les jeux de pouvoir, en mode hérisson et paillasson.

 

  • Céder à la pression. On est alors complètement dans la relation de pouvoir et vous offrez un paillasson sur lequel la victime de vos agissements va pouvoir essuyer ses godasses offusquées. Il s’agit bien de rétablir une relation équilibrée, pas de vous offrir en pâture à une vengeance grande ou petite, qu’en plus vous aurez suscitée.
  • Les excuses pour avoir la paix, pour mettre fin à un désaccord etc. Elles doivent être sincères et n’avoir pour objectif qu’exprimer un regret. Tout autre intention serait manipulatoire et donc directement inscrite dans les jeux de pouvoir. Et à ce jeu-là, il y a toujours un perdant.
  • Les justifications, les interprétations et de façon générale toutes les expressions qui pourraient minimiser l’excuse présentée, où votre part de responsabilité dans l’agissement blessant. Votre interlocuteur ne sera pas dupe et s’arrêtera à ça.

 

 

Mini coaching: présenter des excuses élégante et dignes

 

Présenter des excuses peut être fait en s’appuyant sur la base de l’assertivité ou de la communication non violente, de façon à rester dans un échange d’égal à égal, qui prend en compte les deux parties. D’autre part, optez pour la simplicité, la concision, l’authenticité, ça vous évitera de vous égarer dans des dédales communicationnels aux vagues effluves de stratégie d’échec.

 

1- Les faits

Relatez les faits, les faits et rien que les faits. Supprimez toute interprétation qui pourrait nuire à la communication, toute justification qui pourrait minimiser votre responsabilité.

 

2- Les sentiments

Expliquez brièvement comment vous vous sentez vis à vis de votre comportement et pourquoi.

 

3- Les excuses

Présentez vos excuses en toute simplicité et de manière concise. “Je te présente mes excuses”, “je suis désolé”, mais évidemment, pas de “je m’excuse”, c’est à votre interlocuteur de le faire.

 

4- S’engager à prendre des mesures

Tout l’intérêt de vos excuses, c’est que le comportement qui a heurté autrui ne se reproduise pas. Proposez une solution concrète alant dans ce sens et tenez votre engagement!

5- Rentrer dans le dialogue

Un simple “qu’en penses-tu?” permettra de donner la parole à votre interlocuteur, et vous pourrez ensuite passer a dialogue pour régler l’affaire.

 

  • “Je t’ai remis le dossier Tartempion tardivement et tu as eu trop peu de temps pour préparer la présentation. Je suis ennuyé parce que je ne voulais pas te causer du stress supplémentaire. J’en suis désolé, et je te propose la prochaine fois de communiquer davantage sur mes impératifs pour qu’on puisse se mettre ensemble d’accord sur les dates butoir. Qu’en penses-tu?”
  • “Je t’ai interrompu brutalement à la réunion avec le client et j’en suis mal à l’aise, car c’était inapproprié. Je te présente mes excuses et je te propose, pour la réunion de la semaine prochaine, de prendre quelques minutes pour la préparer ensemble. Qu’en dis-tu?”

 

Et comme recevoir et accepter les excuses d’autrui demande un peu de doigté et de savoir-vivre, je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite: accepter des excuses avec noblesse et magnanimité.

 

 

 

Voir aussi

 

Relations: silence, on boude!

12 pistes pour reconstruire la confiance après un conflit

Sortir d’un bocal à con en 10 étapes

Compétences relationnelles: placards et conversations difficiles

Compétence relationnelle: l’affirmation de soi

Les relations professionnelles difficiles

Compétences relationnelles: établir ses limites

Ebook gratuit: le triangle de Karpman

Recevoir une critique avec grâce et dignité

Formuler une critique avec élégance et délicatesse

 

 

 

Aller plus loin

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Compétences relationnelles: placards, secrets et conversations difficiles

 

 

Parler de soi n’est pas toujours simple: nous tenons parfois certains aspects de nos vies secrets, parce qu’ils nous font souffrir ou parce qu’ils suscitent des préjugés, parce que l’acceptation mutuelle n’est pas toujours la caractéristique première des êtres humains. Cette superbe conférence TED nous montre comment sortir nos secrets de nos placards, pour renforcer nos relations, plutôt que de nous transformer en redresseurs de torts.

 

 

L'art des conversations difficiles, lorsqu'il s'agit de révéler un de nos secrets

 

 

 

Parler de soi : placards, secrets et conversations difficiles

 

Si l’expression “sortir du placard” est associée à l’homosexualité, Ash Beckham, dans cette conférence du TED, la définit plutôt comme une conversation difficile: celle que nous avons eu, celle que nous devons avoir avec une personne de notre entourage, et dans laquelle nous allons lui révéler quelque chose qui ne nous est pas facile à partager.

 

 

 

 

Nous cachons tous des secrets dans des placards soigneusement fermés: avouer ses sentiments à une personne, parler d’une maladie, d’une difficulté, quelle qu’elle soit, l’objet de la révélation peut varier du tout au tout – depuis une caractéristique, un comportement, jusqu’à une situation professionnelle délicate. Au delà de cette diversité, selon la conférencière, l’expérience de celui qui sort du placard est universelle: elle est inquiétante, elle peut être douloureuse. Car elle peut se trouver confrontée à des préjugés blessants, agaçants ou fatigants. Elle peut nous pousser à y rester, dans le noir du placard sinistre et faussement sécurisant, parce que nous croyons moins y souffrir.

 

“Donc comme beaucoup d’entre nous, j’ai vécu dans quelques placards dans ma vie, le plus souvent, mes murs étaient des arcs-en-ciel. Mais à l’intérieur, dans le noir, on ne peut pas voir la couleur des murs. Vous savez juste ce que c’est que de vivre dans un placard. Donc vraiment, mon placard n’est pas différent du vôtre ou du vôtre, ou du vôtre. Oui, je vous donnerai 100 raisons pourquoi le mien était plus dur que le vôtre, mais voilà : Dur n’est pas relatif. Dur c’est dur.

 

Qui peut dire qu’expliquer à quelqu’un que vous déclarez faillite est plus dur qu’avouer que vous avez été infidèle ? Qui peut dire que son coming out est plus dur que dire à votre enfant que vous divorcez ? Il n’y a pas plus dur, il y a juste dur. On doit arrêter de classer nos difficultés avec celles des autres et se sentir mieux ou pas au sujet de nos secrets et juste s’accorder sur le fait qu’on a tous des moments durs. On vit tous, à un moment, dans un placard, On s’y sent en sûreté, du moins plus que de l’autre côté de la porte. Mais je suis ici pour vous dire, peu importe de quoi vos murs sont faits, un placard n’est pas un endroit où l’on peut vivre.”

 

 

 

Secrets, préjugés et champs de batailles

 

Tant que nous restons dans ce placard, nous pouvons souffrir des jugements, des maladresses de personnes qui ne sont pas forcément malveillantes, mais qui n’ont pas conscience de l’impact de ce qu’elles disent. Toute caractérisitque pouvant susciter des préjugés, ce que Ash Beckham décrit comme ses propres expériences difficiles du fond de son placard lesbien, je l’ai personnellement vécu dans mon placard handicapé. Et vous l’avez potentiellement tous vécu du fond de votre placard à vous, celui de votre difficulté personnelle ou bien celui de la caractéristique de votre vie qui est régulièrement confrontée aux préjugés, aux sarcasmes, au rejet, à l’incompréhension.

 

La conséquence, comme le décrit Ash Beckham, c’est que nous nous transformons malgré nous en militants version lanceurs de grenades (par opposition à éducateurs), prêts à en découdre avec ces réflexions qui viennent nous toucher juste là où ça fait mal. A jouer les donneurs de leçons, les redresseurs de torts, les croisés de nos blessures. Et ça ne fait pas avancer le schmilblik: les camps culpabilisent et s’antagonisent, nous vivons nos relations comme un champ de bataille.

 

“Je travaillais au Café Walnut, un petit restaurant en ville, pendant cette période, je traversais des phases de lesbienne militante en puissance (…) et selon l’ampleur de mes shorts cargo et la façon dont je me m’était rasée la tête récemment, la question me revenait souvent, en général par un jeune enfant :« Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

Il y avait un silence gênant à la table. Je serrais ma mâchoire un peu plus fort, tenais ma cafetière avec un peu plus d’intensité. Le père remuait maladroitement son journal et la mère lançait un regard froid à son enfant. Mais je ne disais rien, et je bouillais à l’intérieur. A un point où dès que j’arrivais à une table avec un enfant âgé entre 3 et 10 ans, j’étais prête à me battre. (Rires) Et c’était un sentiment horrible.Alors je me suis promis que, la prochaine fois, je dirais quelque chose. J’aurais cette conversation difficile.

 

Dans les semaines suivantes, c’est arrivé de nouveau. « Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

Même silence, mais cette fois j’étais prête, je vais leur faire la leçon « Études des Femmes pour Débutant » à cette table. J’ai mes citations de Betty Friedan. J’ai mes citations de Gloria Steinem. J’ai même un peu de « Monologues du Vagin » que je vais leur citer. Alors je prends une grande respiration et regarde vers le bas et une petite fille de 4 ans dans une robe rose me fixe, pas un défi pour un débat féministe, juste une enfant avec une question : « Êtes-vous un garçon ou une fille ? »

 

 

3 principes pour partager quelque chose que nous trouvons difficile à dire

 

 

 

Traité de paix : la plus facile des conversations difficles

 

Cette rencontre a été l’occasion pour Ash Beckham de sortir d’une guerre sans fin contre l’incompréhension: la solution consiste donc à sortir du placard cette part de nous-mêmes qui peut être facilement heurtée par les autres, sans chercher à les heurter à notre tour.

 

“Je prends une autre respiration, m’accroupis à côté d’elle, et dis : « Hey, je sais c’est un peu déroutant.J’ai les cheveux à la garçonne, j’ai des habits de garçon, mais je suis une fille. Tu sais des fois tu mets une robe rose, des fois tu mets ton pyjama confortable ? Eh bien, je suis une fille du genre pyjama. »

 

Et l’enfant me regarde dans les yeux, et dit du tac au tac : « Mon pyjama préféré est violet avec des poissons. Je peux avoir un pancake, svp ? » (Rires) Et c’était tout. « Oh ok. Tu es une fille. Et donc ce pancake ? »

 

C’est la conversation difficile la plus facile que j’ai jamais eue. Pourquoi ? Parce que Pancake Girl et moi, étions toutes deux honnêtes avec l’autre.”

 

 

 

Parler de nous-mêmes : les 3 principes de la petite fille aux pancakes

 

Ash Beckham en a tiré une leçon de vie qui peut nous être utile à tous, autant dans nos vies personnelles que professionnelles. Cette leçon tourne autour de la force de l’honnêteté. Cette forme d’authenticité qui, dénuée de jeux de pouvoir telles que l’envie de donner une leçon, permet de créer ou de renforcer des liens, de générer une empathie sereine plutôt que de susciter la pitié, l’agacement ou le rejet. C’est un moyen de partager simplement tout ce que nous trouvons difficile à dire.

 

Aussi chaque fois que nous nous retrouvsons face à une conversation difficile, imaginons que notre interlocuteur est une petite fille de 4 ans en robe rose, rappelons-nous des 3 principes de la petite fille aux pancakes :

 

  1. Parlez avec authenticité: “Être authentique. Retirer son armure. Être soi-même. La fille au café n’avait pas d’armure, mais j’étais prête pour la bataille. Si vous voulez que quelqu’un soit honnête avec vous, ils ont besoin de savoir que vous saignez aussi.”
  2. Faites simple et direct : “Soyez direct. Dites-le. Retirez le pansement d’un coup. Si savez que vous êtes gay, dites-le. Dire peut-être à vos parents, fera garder espoir que ça change. Ne leur donnez pas de faux espoirs.”
  3. Ne vous excusez pas : “Ne vous excusez pas. Vous dites votre vérité. Ne vous excusez jamais pour ça. Certains sont peut-être blessés au passage, alors oui, excusez de ce que vous avez fait, mais ne vous excusez jamais pour qui vous êtes. Et oui, certains seront déçus, mais ça les concerne, pas vous. Ce sont leurs attentes sur vous, pas les vôtres. C’est leur histoire, pas la vôtre. La seule histoire qui compte est celle que vous voulez écrire.”

 

Et de finir avec une conclusion dont l’humanité emprunte davantage à l’acceptation de soi et de l’autre qu’à la tolérance, distonction qu’Ash Beckham avait faite lors d’une intervention remarquable

 

“Alors la prochaine fois que vous êtes dans un placard agrippé à votre grenade, sachez que nous sommes tous passés par là. Et vous vous sentirez surement seul, mais vous ne l’êtes pas. Et on sait que c’est dur, mais on a besoin de vous ici,peu importe de quoi vos murs sont faits, parce que je vous assure que d’autres regardent à travers leur serrure cherchant l’âme vaillante qui ose ouvrir sa porte, alors soyez cette personne et montrez au monde que nous sommes plus forts que nos placards et qu’un placard n’est pas un endroit où l’on peut vraiment vivre.”

 

Au final, tout le monde y gagne en qualité relationnelle, en estime de soi, en confiance mutuelle, en bienveillance, en affirmation de soi, bref, en énergie. Joli programme.

 

Traduction: Diane Wolf

 

 

 

Voir aussi

 

Compétences relationnelles: choisir à qui parler

Compétences relationnelles: établir ses limites

Compétences relationnelles: faire preuve d’empathie

L’écoute active

Ecouter sans juger

La gentillesse: un peu de noblesse d’âme dans un monde de brutes

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Petite leçon de management paralympique: 8 règles simples de savoir-vivre en équipe

Sylaine Pascual – Publié dans : Compétences relationnelles / Vie professionnelle

 

 

 

L’équipe de France de ski alpin paralympique nous l’a montré, simplicité, fermeté et décontraction sont des clés intéressantes pour un management soucieux d’un esprit d’équipe garant de l’engagement et de la performance. Il s’agit de règles simples et valables pour tous, appliquées avec constance de façon à être lisibles et acceptables pour chacun, indépendamment de son statut. En voici quelques exemples.

 

 

management et esprit d'équipe, petite leçon paralympique: 8 règle de savoir vivre et travailler ensemble

 

 

 

L’esprit d’équipe: le bon sens des hommes qui connaissent les hommes

 

Dans le billet Management et esprit d’équipe: petite leçon paralympique, nous avons vu que pour Christian Fémy, directeur sportif de l’équipe de France paralympique, l’esprit d’équipe est indispensable à la gestion de “ce sport individuel qui se pratique en équipe”. D’autant que le cadre est complexe, en termes d’organisation et de logistique. Et pour Chrisitan Fémy: « c’est pas compliqué, on fixe des règles strictes et on s’y tient. Pour le reste, on est plus relax. »

 

On a le sentiment que dans cette équipe paralympique, les choses sont simples. Nul besoin de profils type ou de tableaux de bord ce pour gérer des individus. Le bons sens des hommes qui connaissent les hommes remplacera toujours avantageusement le management à coups de théories relationelles alambiquées.

 

Surtout qu’à Chamonix, cette période de préparation avant les Jeux était exigeante, le rythme soutenu, les journées longues. Déjà à pied d’œuvre à 6h30 le matin, lorsque nous avons laissé les skieurs, vers 22h, après les deux entraînements quotidiens dont un nocturne, ils étaient occupés à la préparation du matériel avec les techniciens pour l’entraînement du lendemain et à la visualisation des vidéos des descentes du jour avec leurs entraîneurs. Pour tenir le rythme et faire face à la fatigue, il est nécessaire que l’atmosphère soit saine et sereine au sein de l’équipe. Alors la question devient : quelles règles fixer pour favoriser un savoir-vivre générateur de savoir-travailler en équipe ?

 

 

8 règles simples de savoir-vivre et travailler en équipe

 

Puisque Christian Fémy ne nous a pas divulgué ses secrets de management d’équipe, je vous propose en vrac quelques pistes de réflexion. Celles-ci sont les bases d’une élégance relationnelle qui tend à donner ce qu’on souhaite recevoir, à poser le cadre d’un respect et d’une confiance mutuelle qui participent de la satisfaction des besoins de reconnaissance et d’appartenance.

 

 

1- Equité et règles valables pour tout le monde 

Les règles sont les mêmes pour tout le monde : les passe-droit, les chouchous, tous ceux qui bénéficient d’un traitement de faveur génèrent une double capacité de nuisance :

  • la perte de respect envers le manager à chouchous
  • l’augmentation potentielle de la jalousie, de l’envie et du ressentiment, l’exacerbation de l’égo au détriment de l’esprit d’équipe et de la collaboration

Les règles qui sont les mêmes pour tous n’empêchent pas un traitement au cas par cas de certaines situations, l’adaptation à des spécificités (comme le handicap, tiens) à partir du moment où elle est équitable et se fait au profit du bien-être et de la performance individuels et collectifs, non pas par favoritisme.

 

A chacun d’entre nous d’évaluer régulièrement dans quelle mesure nos comportements s’inscrivent dans le respect de ces règles collectives, et d’agir pour rétablir l’équilibre en cas de dérapage. Et lorsqu’un membre de l’équipe dépasse les bornes en termes de règles de vie/travail en équipe, il revient au manager de faire appliquer ses règles en le recadrant avec bienveillance et fermeté, et de voir avec lui les solutions possibles pour y remédier. Et rappelons-nous qu’un salarié déstabilisé émotionnellement aura plus de mal à évaluer ses propres faux pas.

 

 

2- L’égalité d’importance

Une équipe est un tout, le rôle de chacun est crucial, aussi l’on peut exiger de chaque membre qu’il se comporte de la même manière avec tous. En d’autres termes, la hiérarchie comportementale est une aberration. Depuis le simple bonjour-au revoir jusqu’à la posture relationnelle au quotidien, ni déférence envers les uns ni condescendance envers les autres mais au contraire, une égalité comportementale qui implique la même amabilité avec tout le monde. Sans l’expertise du technicien qui prépare les skis de l’athlète, pas de performance et il est essentiel que chacun s’en souvienne : ceux qui ont des fonctions peu visibles comme ceux qui tiennent le devant de la scène.

 

Cela n’exclut évidemment pas des degrés différents de proximité relationnelle, voire d’amitié et d’intimité, donc de familiarité, en fonction des affinités et du temps passé ensemble. L’essentiel étant de se positionner d’égal à égal en tant qu’êtres humains, indépendamment de la hiérarchie et d’offrir à tous une posture qui traduit une même importance accordée à chacun. Ni paon, ni hérisson ni paillasson, au profit de la relation;)

 

 

3- L’humilité

Dès qu’on parle de “champion”, Christian Fémy réagit « ce ne sont pas des champions, ce sont des athlètes de haut niveau ». La nuance est intéressante : athlète est une fonction, un métier. Champion est un jugement de valeur en forme de piédestal. Le terme peut flatter l’égo et creuser un fossé pas forcément très sain entre les uns et les autres: pendant que d’aucuns se gargarisent, d’autres se dévalorisent, au détriment de l’ambiance de travail. D’autre part, lorsqu’on questionne Christian Fémy sur son rôle dans la réussite sportive de ses athlètes, il temporise « ce n’est pas moi qui suis sur les skis ». L’humilité au sens d’une modestie qui évite de tirer la couverture à soi ou de se repaître des spotlights encourage des relations équitables et la reconnaissance mutuelle.

 

Cette humilité n’a rien à voir avec la négation de l’accomplissement ou la dévalorisation. Cest une véritable forme d’élégance relationnelle qui évite de se prendre trop au sérieux, de tomber dans l’auto-complaisance, dans le sentiment de supériorité et par extension de cloisonner à l’intérieur de l’équipe. C’est cette humilité qui permet à Marie Bochet, après sa chute sur le slalom, alors que tous commençaient à parler de grand chelem pour elle, d’écarter l’excuse des conditions difficiles et de déclarer “Les bons skieurs skient dans toutes les conditions, aujourd’hui je n’étais pas au niveau” (la vidéo de Blog Handicap). Ca a de la gueule. Voir:

 

4- La polyvalence et l’entraide

Parce que l’équipe de France de ski alpin handisport ne dispose pas d’un budget colossal, elle se retrouve a faire le maximum avec peu, tout comme en entreprise il s’agit de plus en plus de faire mieux avec moins. Du coup, entraide et polyvalence sont de mise pour assurer le bon fonctionnement du collectif à l’entraînement. Quelques exemples :

 

  • Le staff n’assure pas que l’entraînement, il s’occupe aussi de logistique, travail énorme dont on peine parfois à se rendre compte (préparer une piste pour un entraînement, ce n’est pas exactement une promenade en télésiège).
  • Les skieurs participent au lissage de la piste avec le staff « c’est pas ce qu’on préfère, mais on le fait » nous dira l’un d’entre eux.
  • Lorsque Marie Bochet ou Vincent Gauthier (pour ne citer qu’eux, parce que je les ai vu faire) terminent leur entraînement, ils proposent spontanément d’aller chercher les fauteuils de leurs co-équipiers assis.

Bien entendu, entraide ne signife pas corvéable à merci et la polyvalence s’arrête là où commence l’incompétence. Il ne s’agit pas de descendre la piste à la place d’un autre skieur, pas plus que de prendre en charge l’intégralité d’un dossier à la place d’un collègue.

 

L’entraide, ce sont parfois des tous petits riens qui facilitent la vie et le travail des uns et des autres et qui donnent le sentiment d’être utile au delà de soi. Pour celui qui en bénéficie, elle donne le sentiment d’exister. Les deux participent de la construction des sentiments d’appartenance et de reconnaissance, de la confiance mutuelle et de l’envie de collaborer. Voir:

 

5- L’amabilité

le BA-ba de la politesse est le socle sur lequel se construit une atmosphère agréable et conviviale. Entre lieu commun et évidence, l’amabilité peine pourtant à s’ancrer et trouve facilement une bonne excuse pour ne pas s’exprimer : je ne vais quand même pas dire bonjour à Dupond-Durand, puisque lui ne s’embarrasse pas de politesse et ignore tout le monde. Ben si, justement. Car la courtoisie est le pilier de la reconnaissance mutuelle, la première marque d’existence aux yeux de l’autre et que nous ne pouvons pas exiger d’autrui ce que nous n’exigeons pas de nous-mêmes. D’autre part, nous ne pouvons jamais savoir ce qui se passe dans la tête de celui qui n’a pas dit bonjour, aussi autant en prendre l’initiative, d’autant que les comportements pro-sociaux encouragent et suscitent les comportements pro-sociaux.

 

Rajoutons à la politesse un brin d’amabilité et nous tenons un cocktail relationnel propice à un environnement de travail plus chaleureux et plus nourrissant. La définition de la politesse et de l’amabilité étant aussi volatiles que les cours de la bourse en temps de crise, quelques fondamentaux devraient nous mettre d’accord :

auxquels je rajoute le plus difficile art de présenter des excuses lorsqu’on a heurté un co-équipier sans le vouloir. Voir:

 

6- L’égo au vestiaire

Dans un sport ou la performance individuelle est l’objectif, les égos peuvent être assez costauds. Chrisitan Fémy souligne que la logistique nécessaire à la préparation du matériel, de la piste, à la sécurisation de celle-ci etc. est exigente et par conséquent, tout le monde s’entraîne en même temps sur la même piste, sur des temps assez limités. Il n’y a donc pas de place pour le caprice de star, chacun doit trouver son espace tout en laissant de l’espace aux autres.

 

S’il est évident que l’esprit d’équipe doit laisser la place à l’expression des émotions, des doutes, des difficultés individuels, de façon à ce que chacun puisse trouver le soutien voire le réconfort dont il a besoin (en cas de sentiment d’échec, par exemple). Il n’y a en revanche pas de place pour les expressions pénibles de l’égo: les jérémiades, le dénigrement, les récriminations par derrière, les prises à parti. Si conflit ou problème il y a, autant le régler entre parties concernées plutôt qu’en public, de manière directe et franche, en exprimant ce qui nous pose problème et en faisant des demandes élégantes plutôt que des reproches virulents. En d’autres termes, on est priés de laisser son égo au vestiaire avant de rentrer et de chercher l’affirmation de soi plutôt que de quémander de l’attention en cherchant à prendre trop de place ou au contraire de s’effacer en espérant recevoir ce qui nous est du. Voir:

 

 

7- La ponctutalité 

c’est fou comme ils sont nombreux ceux qui ont peu de scrupules à faire perdre leur temps à des gens qui les attendent. On imagine, si le directeur sportif de l’équipe de France fixe une réunion à 7h, que s’il faut attendre que chacun descende de sa chambre à l’heure qui lui convient, c’est tout l’entraînement du matin qui est compromis.

 

Je ne parle pas ici du fait de partir à 3h du matin les jours de grève de transports. Je parle plutôt de la ponctualité à l’intérieur de ses journées de travail. Arriver à l’heure aux rendez-vous, entretiens et réunions, histoire de ne pas imposer une perte de temps aux autres, à son propre bénéfice. L’absence de ponctualité à une manière insidieuse d’insinuer que le temps de l’autre a moins de valeur que celui du retardataire. Inversement, la ponctualité est une forme de respect importante qui alimente la reconnaissance mutuelle et l’appartenance.

 

 

8- Fiabilité et exemplarité

L’exemplarité, c’est se comporter et travailler en accord avec les valeurs que l’on prône, et ce avant de les attendre des autres, faire ce qu’on dit, dire ce qu’on fait, tenir nos engagements, de façon à offrir à nos collègues, managers et collaborateurs une lisibilité accrue sur ce que nous sommes, sur notre façon de travailler et, par extension, sur ce qu’on peut attendre de nous… ou pas. C’est aussi une forme de transparence rassurante, de fiabilité, puisqu’alors chacun sait qu’il peut compter sur nous et ce que nous disons. Tenir ses engagements signifie aussi ne pas prendre d’engagement à la légère, de manière à être en capacité de mener au bout les actions nécessaires. Il s’agit donc aussi de savoir dire non, de fixer des limites claires et de savoir estimer le temps nécessaire à la réalisation d’une tâche – et de l’exprimer.

 

 

Et merci à toute cette équipe qui nous a tant fait vibrer à Sotchi et nous a ramené un beau palmarès!

 

 

 

 

Voir aussi:

 

Vie professionnelle: deux ou trois idées… paralympiques!

Petit traité de savoir-vivre au travail entre valides et handicapés (1)

Petit traité de savoir-vivre au travail entre valides et handicapés (2): 10 trucs pour favoriser la relation

Professionnels en situation de handicap: des compétences transférables à prendre en compte

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: Le respect

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: l’engagement

Valeurs du rugby appliquées à la vraie vie: l’esprit d’équipe

 

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Compétences relationnelles: choisir à qui parler

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

Au travail comme dans nos vies personnelles, nous avons un besoin fondemental de partager les joies comme les peines avec d’autres bipèdes. Mais parfois, nos contemporains sont plus enclins à ramener à eux-mêmes à jouer les distributeurs de conseils, de propos négatifs ou dévalorisants que de nous prêter un oreille attentive et il reste parfois peu de place pour s’exprimer. D’où l’intérêt de bien choisir à qui parler.

 

 

 

Tout le monde ne peut pas tout entendre et tout recevoir. POur éviter les déceptions relationnelles: bien choisir à qui on dit quoiAmis et collègues, tous ces gens bien intentionnés

 

Situations délicates ou sentiment d’échec,  réussites ou événements joyeux, projets et aspirations, nos vies nous donnent de nombreuses envies de parler de nos expériences, avec autrui, autant pour nous en distancier que pour les partager, selon leur nature.

 

Et il arrive que nous ayons des surprises moyennement agréables face aux réactions de notre entourage personnel ou professionnel, lorsqu’il s’empresse de donner un avis pas toujours positif, valorisant ou bienveillant, de déverser des tombereaux de conseils non sollicités, de remiser vite fait nos émotions dans le carton à réactions irrationnelles, de tout ramner à leurs propres expériences, de nous expliquer la vie etc.

Alors que parfois, nous aimerions bien qu’ils se contentent:

 

  • De nous écouter gentiment, parce que nous avons juste besoin de verbaliser deux trois trucs histoire de s’en libérer.
  • De nous offrir un simple espace d’expression, parce que nous avons besoin de vider notre sac.
  • De nous féliciter chaleureusement, parce que nous avons besoin de partager la joie d’un accomplissmenent et de recevoir un brin de reconnaissance.
  • De nous encourager, parce que nous avons un doute, une baisse de moral.

 

Ne nous y trompons pas: nos proches ou cet entourage professionnel à qui nous nous confions sont, la plupart du temps, bien intentionnés et nous veulent du bien, même si le manque d’écoute de qualité pourrait nous en faire douter. Nous l’avions déjà évoqué pour la prise de décision: chacun a tendance à s’imaginer que ce qui est valable pour lui/elle est bon pour toute l’humanité.

 

Ils nous abreuvent donc de leurs conseils et opinions en fonction d’eux-mêmes, de leurs propres doutes, craintes et/ou convictions face à une situation telle que celle que nous leur décrivons. Nous convaincre de faire selon eux/penser comme eux les rassurent sur la validité de leurs propos et donc sur leur capacité à affronter le même type de situation.

 

D’autre part, face à nos difficultés, certains de nos proches se sentent très mal à l’aise, malheureux pour nous et ont un besoin marqué de nous voir soulagés, aussi ils s’engouffrent dans le partage parfois non désiré de solutions qui leur appartiennent et ne nous correspondent pas du tout pour se sortir de ce malaise et avoir le sentiment qu’ils ont pu aider.

 

 

 

Manque d’espace de parole, sentiment de solitude et d’incompréhension

 

Du coup, on a vite fait de se sentir très seul, face à un entourage qui ne comprend pas et écoute peu. Ou du moins s’écoute davantage lui-même qu’il ne nous prête une oreille attentive, dénuée de jugement et de conseil. Bref, un espace de parole dans lequel s’exprimer librement, se sentir entendu, compris, pris en compte.

 

C’est ainsi que certains en viennent, par déception et par frustration de ne pas se sentir entendus, à ne plus exprimer ce qu’ils ressentent, à ne plus évoquer la situation qui les préoccupe ou les rend heureux.  Ou à redouter que cet entourage n’intervienne maladroitement:

 

  • En posant poser la question qui tue  “Et alors, tu en es ou avec ta recherche d’emploi?”
  • En faisant un commentaire pénible “tu as bien de la chance, toi qui a un job sympa, j’espère que tu t’en rends compte”
  • En émettant une objection, un propos pessimiste ou dévalorisant “oui mais bon, fais quand même attention à la conjoncture, c’est bien gentil de vouloir se reconvertir, mais c’est plus facile à dire qu’à faire”

 

 

Besoin de parler: entre envie de reconnaissance et stratégie d’échec

 

La majorité d’entre nous n’a pas une âme de Carmélite. Parler et partager est le moyen le plus simple de répondre à nos besoins d’appartenance et de reconnaissance, pour soulager la charge émotionnelle d’une situation. Cependant, nos choix d’oreilles ou d’épaules fleurent parfois bon la stratégie d’échec ou le bénéfice secondaire.

 

Et puisque ces personnes réagissent avec toute la bonne volonté du monde, inutile de vouloir les enfermer direct dans un bocal à con parce qu’elles échouent à nous apporter la reconnaissance ou le soutien tant espéré(e). Autant nous questionner sur nos choix et nos motivations.

  • Si Tante Yvonne/Papa/Maman/L’ami Pierre ou le collègue de bureau vous surprend par sa réaction pénible, dans quelle mesure y a-t-il des éléments de sa personnalité qui aurait pu vous permettre de l’anticiper?
  • Si Tante Yvonne/Papa-Maman/L’ami Pierre ou le collègue de bureau a le don de faire un commentaire lourdingue chaque fois que vous lui confiez un événement de votre vie, qu’est-ce qui vous motive à continuer à prendre encore et encore le même scud dans la frimousse? Quelle croyance nourrissez-vous au passage?

Ainsi, les personnes qui ont des projets professionnels complexes ou ambitieux tels que le retour à l’emploi, une reconversion professionnelle ou une création d’entreprise – et celles qui réussissent ces projets –  se trouvent souvent confrontées à des réactions décourageantes ou dévalorisantes et gagneraient en bien-être et en estime d’eux-mêmes et en dynamisme à choisir soigneusement leurs interlocuteurs en fonction des sujets qu’ils ont envie d’aborder.

 

 

 

Mini coaching: choisir à qui parler de quoi

 

Il est donc plus judicieux de reconnaître, dans nos relations, qui nous est utile à quoi, et à qui parler de quoi de façon à éviter les écueils précédemment cités.

 

Certaines personnes sont douées pour l’écoute active, d’autres pour l’écoute sans jugement, d’autres pour vous exprimer un soutien qui vous fait du bien, pour partager vos joies, pour vous renvoyer les questions pertinentes dont vous avez besoin, de porter un regard neuf. De même, certaines personnes vont se montrer remarquables sur certains sujets et à côté de la plaque sur d’autres. Certaines seront idéales pour parler projets professionnels et d’autres capables d’accueillir vos émotions. Tous les cas de figure sont envisageables, mais rares sont ceux qui sont excellents partout.

 

A vous d’identifier ce que vos proches peuvent et ne peuvent pas entendre et qui sera à même de vous apporter ce dont vous avez besoin. Cela vous permettra d’entretenir des relations plus saines, plus réjouissantes, débarrassées de jeux de pouvoir ou de certaines attentes irréalistes qui mènent tout droit à la déception.

 

Si vous voulez parler d’une décision à prendre, voir Prise de décision: se méfier des amis qui nous veulent du bien

Si vous voulez parler d’un sujet important à vos yeux:

 

Quand vous partagez un événement agréable, dans quelle mesure êtes-vous satisfait(e) des réactions que vous obtenez?

Qui a des réactions pénibles? Satisfaisantes?

Et quand vous partagez un événement négatif, une situation difficile?


Face à une situation agréable/désagréable, quelles réactions trouvez-vous acceptables? Inacceptables?

Qui, dans votre entourage, risque d’avoir ce genre de réactions?


A partir de maintenant, à qui allez-vous dire quoi?

 

 

 

Voir aussi

 

Garder le moral dans la tourmente

Définir ses limites

Les relations difficiles

Soleil trompeur: gérer la déception

Besoins affectifs: bien-être et dépendances

Guide de survie aux abrutis (1)

Compétences relationnelles (1): écouter sans juger

Compétences relationnelles (2): l’écoute active

Compétences relationnelles (3): savoir dire non

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

 

 

Aller plus loin

 

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Le coaching relationnel

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