Compétences relationnelles: politesse et amabilité

Sylvaine Pascual -  Publié dans Compétences relationnelles

 

 

Critiquer l’absence de politesse ou d’amabilité des autres est un sport intemporel, certes, mais consommateur d’une énergie qui pourrait être consacrée à des choses plus utiles… Attelons-nous à en faire nous-mêmes davantage preuve, pour en tirer des bénéfices immédiats et lancer la machine…

 

 

 

politesse amabilitéLa politesse n’en finit pas de se perdre

 

Nous sommes constamment en contact avec nos contemporains, par choix ou non et un minimum de considération mutuelle est nécessaire pour assurer des interactions au mieux agréables et bienveillantes, au pire, acceptables. Or il quoi de plus commun dans les discussions convenues que d’entendre dire que la courtoisie, l’amabilité, la politesse se perdent, et en particulier que “les jeunes d’aujourd’hui sont”… je vous laisse finir la phrase selon votre humeur et votre préjugé personnel.

 

Je dis préjugé parce qu’il y a 25 ans, on entendait déjà les mêmes discours et à l’époque, les jeunes de ma génération étaient déjà perçus comme mal élevés, des mini barbares irrespectueux, désinvoltes et grossiers, bref, des malapris, des gougnafiers. Et ce n’est pas nouveau puisque Platon, dans La République, fait dire à Socrate:

 

le professeur, dans un tel cas, craint ses élèves et les flatte, les élèves n’ont cure de leurs professeurs, pas plus que de tous ceux qui s’occupent d’eux ; et, pour tout dire, les jeunes imitent les anciens et s’opposent violemment à eux en paroles et en actes, tandis que les anciens, s’abaissant au niveau des jeunes, se gavent de bouffonneries et de plaisanteries, imitant les jeunes pour ne pas paraître désagréables et despotiques.

 

Bref, il semble que depuis même l’antiquité, la politesse n’en finisse pas de se perdre…

Et c’est relativement compréhensible, si nous attendons que les autres la pratiquent avant de nous y mettre. Car c’est souvent une excuse qui nous dédouane de nos propres manquements en la matière. En d’autre termes, nos belles valeurs, nous les exigeons souvent davantage des autres que de nous-mêmes et drapons nos auto-dérogations dans les voiles pudiques des bonnes excuses du type “je ne vais quand même pas être poli avec cet ostrogoth de Dupont-Durand, vu que ça lui arracherait une prémolaire de dire bonjour”.

 

 

 

Des normes aussi variables que les cours du pétrole

 

Il faut dire que la définition même de la politesse est très vague et varie en fonction du milieu, de la culture etc. Du coup, comment s’y reconnaître entre courtoisie conventionnellemanque d’éducation et incivilité flagrante?

 

La notion de politesse est aussi en constante évolution. Le “bonjour Monsieur/Madame” qu’on exigeait autrefois est aujourd’hui heureusement limité aujourd’hui au “bonjour”.  Il n’y a pas si longtemps, l’interruption d’une conversation pour répondre à son portable était considérée comme inadmissible, d’une impolitesse crasse, d’une inconvenance tout à fait cavalière. Pourtant aujourd’hui elle est largement admise, probablement en vertu de la croyance généralisée qu’elle reflète l’ampleur de notre importance (personnellement, elle m’agace, nous avons tous nos limites). De même, les formules de politesse épistolaires ampoulées sont en train de disparaître au profit d’expressions plus légères.

 

Autre exemple, le merci, incontournable chez nous, apparaît, dans certaines cultures comme une marque de distance et son abandon signifie une relation proche. La politesse n’a donc rien d’universel, ce qui n’en facilite pas l’exigence.

 

 

 

Etre exemplaire de sa propre définition de la politesse

 

Attention donc à l’excès de principes qui peuvent nous ancrer dans des attentes vis-à-vis des autres, la déception leur sera directement proportionnelle. Attachons-nous plutôt à être l’incarnation de nos propres principes de politesse et d’amabilité. Etre exemplaire de ce qui a de la valeur à nos yeux, c’est aussi être authentique et cohérent, d’une part, et ça suscite des comportements équivalents chez autrui d’autre part.

 

Pour ma part, je limiterais la politesse à quelques principes simples:

 

  • Dire bonjour à ses proches, au boulot comme à la boulangère, au personnel de nettoyage ou au chauffeur du bus.
  • Dire merci pour un service rendu (service au sens le plus large).
  • Laisser l’interlocuteur finir sa phrase (pas toujours facile!).
  • Tenir la porte à la personne derrière soi.
  • Dire s’il te plaît/s’il vous plaît lorsqu’on demande quelque chose.

 

Et lorsque j’estime exaspérant d’être potentiellement interrompue par le diktat du téléphone portable, je peux toujours avoir recours à la communication non violente ou à la demande assertive pour exprimer mon sentiment à mon interlocuteur.

 

Et vous? Que considérez-vous comme les principes de politesse essentiels?

 

 

 

Politesse vs amabilité

 

Et après tout, la question tourne certainement bien plus autour de l’amabilité que de la politesse.Tout simplement parce que lorsqu’on fait preuve d’amabilité, le plus souvent, on se montre poli!

 

Car je suis souvent surprise de constater certaines attitudes que mes principes moraux étriqués associent à l’incivilité, comme la froideur de certains clients vis à vis des caissières, par exemple, voire même l’ignorance complète. Ou encore les bonjour/merci/aurevoir, distants, presque inconscients, sans considération ou prise en compte réelle de l’existence de l’autre. Et pour moi, cette politesse mécanique est peut-être pire que l’absence de politesse, c’est une sorte de négation de l’autre d’autant plus violente qu’elle est sournoise.

 

Un regard, un sourire, un mot aimable, un merci sincère à la femme de ménage de l’entreprise, au guichetier, à la serveuse, au collaborateur à qui on confie une tâche, au collègue à qui on transmet une information mettent de la chaleur humaine dans de minuscules interactions sociales qui deviennent plus satisfaisantes, voire réjouissantes – donc nourrissantes, et participent à la satisfaction du besoin de reconnaissance et d’appartenance. Entrer dans leur bulle un instant, ou les laisser entrer dans la nôtre, avec un peu de chaleur et de sincérité, c’est une vraie source de vitamines mentales.

 

D’autre part, l’amabilité attire l’amabilité et inversement, l’incivilité engendre l’incivilité. Demander quelque chose avec le sourire, avec gentillesse a bien plus de chances de nous obtenir les bonnes grâces et une place de choix dans les petits papiers de nos contemporains, et donc de développer la confiance mutuelle et des relations plus solides et plus saines, réduisant au passage les éventuels stress et anxiété sociale. Et tout cela, évidemment, ça nourrit la bonne humeur autant que l’estime de soi.

 

Bien sûr, il y aura toujours des mauvais coucheurs, des cuistres, des mufles et des butors, et il m’arrive comme probablement tout à chacun d’avoir envie d’expliquer à certaines personnes que leur accueil est aussi agréable que celui de la postière de la chanson. Cependant, céder à la tentation de s’agacer, de s’offusquer et de jouer les reines outragées est bien plus coûteux en énergie que de les gratifier d’un sourire et de passer à autre chose.

 

 

 

Mini coaching: mettre davantage d’amabilité dans votre vie

 

Si vous avez le sentiment que le monde autour de vous manque d’amabilité, peut-être en manquez-vous vous même, ou peut-être que vos attentes sont trop élevées? Ou encore, peut-être que vous attendez que les autres, cette entité vague sur laquelle nous n’avons aucune prise, s’y mettent pour vous y mettre? Autant attendre la passage des marchands de miracles et il serait assez gonflé d’attendre des autres ce que vous n’être pas prêts à faire.

 

Souvenez-vous aussi que nous élaborons des systèmes bien huilés pour entretenir nos croyances, aussi si vous êtes convaincu(e) que la politesse se perd, vous avez sans doute tendance à remarquer les signes d’incivilité et à ne pas voir les marques d’amabilité.

 

Etre à l’initiative de comportements aimables a l’avantage d’apporter des résultats positifs immédiats, de récolter rapidement l’amabilité retour, alors sortez l’Email diamant, et au turbin!

 

Quels sont les principes de bases de l’amabilité, à vos yeux?

Dans quelle mesure les mettez-vous en pratique?

Dans quelle mesure les mettez-vous en pratique avec chaleur et sincérité?

Comment vous y prendre pour être davantage exemplaire de ces principes?

 

 

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Le cocktail relationnel du dr House (1): tout le monde (se) ment

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi / Compétences relationnelles

 

 

 

Relationnel et Dr House dans un même titre, ça tient de l’oxymore aguicheur, j’en conviens. Mais en vertu du bon principe du bon docteur en question, “tout le monde ment”, ce qui ne facilite pas la relation et en affirmant cette vérité universelle un poil péremptoire, il nous donne des clés pour y remédier et favoriser des relations plus fluides. Je vous propose donc de partir explorer nos petits mensonges entre amis et collègues…

 

 

tut le monde se ment... et donc ment aux autres

 

 

Tout le monde (se) ment

 

Que celui qui n’a jamais versé dans les petits arrangements avec lui-même nous jette le premier gravier et nous donnerons joyeusement dans l’auto-lapidation collective pour nous repentir de ne pas être ce merveilleux super-héros, qui répond au nom délicieusement aristocratique de Captain Javel de la Vérité. Ô gloire à celui dont l’estime de soi n’a pas de pellicules et sent bon l’amande douce!

 

Pour nous autres, simples mortels sans super pouvoir, c’est un peu plus dur. Nous jetons un voile pudique à nos propres yeux sur certaines caractéristiques que nous n’apprécions pas, nous enrobons nos actes parfois peu cohérents avec nos discours dans les papier cadeaux des valeurs, nous refusons d’admettre nos sentiments, etc. Et du coup, nous nous mentons à nous-mêmes et par là même, nous mentons aux autres. D’ailleurs, selon Dan Ariely, professeur de psychologie et d’économie comportementale à l’université de Duke (Etats-Unis), nous avons une forte tendance à mentir “juste un peu”.

 

Et ça n’est pas une tare rédhibitoire: en vertu du principe que tous nos comportements visent un bénéfice, si le mensonge existe, c’est aussi qu’il a une utilité. D’autre part, nous mentons tous et ça ne nous empêche pas d’être des gens très bien, Il ne s’agit donc pas tant de pointer du doigt les affreux arrangements avec la vérité des autres, mais d’explorer les rouages de nos petits et grand mensonges, leurs bénéfices et leur limites. Et d’en profiter au passage pour améliorer la qualité de nos relations.

 

 

 

Tout le monde ment

 

Pour nous préserver d’un jugement, par auto-aveuglement ou méconnaissance de soi, parce que nous avons fini par croire aux discours que nous nous tenons à nous-mêmes, pour éviter de fâcher, nous mentons tous, en particulier sur qui nous sommes et ce que nous pensons. Je ne parle pas ici de vilains mensonges volontairement destinés à tromper cet autre, forcément ennemi malfaisant ou proie manipulable, mais plutôt de ces petites choses pas tout à fait vraies que nous disons plus ou moins consciemment sur nos sentiments et émotions, sur notre expérience de vie, notre histoire personnelle et professionnelle.

 

Dans un sens comme dans l’autre, d’ailleurs, car une histoire embellie ou une autre minimisée peuvent potentiellement avoir le même résultat sur l’estime de soi et les relations: en diminuer ou en augmenter la qualité, selon la nature et la raison du mensonge.

 

Je ne parle pas ici de ce jardin secret que nous cultivons tous et qui ne regarde personne: à la transparence cristalline nul n’est tenu. Je parle de ces petites failles de l’authenticité qui peuvent avoir toutes sortes de bénéfices immédiats:

 

  • Nous montrer sous notre meilleur jour
  • Préserver quelqu’un
  • Ne pas décevoir
  • Renvoyer à l’interlocuteur l’image qu’il a de nous
  • Nous mettre en valeur
  • Eviter le conflit ou la confrontation
  • Eviter nous de montrer tel que nous sommes
  • Cacher à nous-mêmes un trait que nous considérons négatif
  • Eviter le jugement, le rejet, la désapprobation
  • Eviter la réaction de l’interlocuteur

 

Les remèdes du Docteur House

 

Quel rapport avec notre bon docteur grand spécialiste du mensonge? Dans l’affirmation que tout le monde ment se cache une sorte d’antidote aux relations pourries: si nous voulons réellement savoir à quoi nous en tenir sur la personne qu’est le nouveau collègue, le chef ou tout autre interlocuteur potentiel, autant ne pas se contenter de ce qu’il ou elle dit, puisqu’il ou elle (se) ment et donc transmet des informations qui, comme disait Béru, nous enduisent d’erreur. Mieux vaut prendre le temps d’observer froidement les faits pour les analyser, plutôt que de croire sur parole Dupont-Durand quand il vous affirme qu’il est la droiture même, au risque d’être bien déçu lorsqu’il aura oeuvré dans l’ombre pour obtenir cette promotion à votre place.

 

A l’inverse, pour éviter d’envenimer inutilement une relation autrement parfaitement acceptable, ou de heurter gratuitement ses contemporains, il est bon de distinguer les moments où l’excès d’authenticité peut avoir des effets pervers.

 

Le Dr House nous offre ainsi un moyen de protéger ses fesses dans la relation et d’éviter ainsi attentes vaines, déceptions et ressentiment. Combien de personnes se sont associées ou ont monté des partenariats sans déceler certains traits qui se sont avérés par la suite invivables, comme des conflits de valeurs? Combien d’entre nous se sont enthousiasmés pour une relation a priori excellente et qui a pourri plus vite qu’un cèpe après les premières gelées? Nous aurons l’occasion d’explorer le sujet en détails:

 

  • Mensonge et tromperie sur la marchandise
  • Le mensonge comme compétence relationnelle
  • Voir l’autre au delà de ses arrangements avec lui-même et/ou avec la vérité: le cocktail relationnel du Dr House

 

Et n’imaginez pas que je vais vous servir du décodage des boniments d’autrui en trois coups de cuiller à pot par l’observation du langage du corps! Il ne s’agit pas tant de s’escrimer vainement à devenir un parfait petit détecteur de mensonges que de mieux percevoir nos interlocuteurs, mieux comprendre leurs contradictions, leurs craintes, leurs motivations, leurs fonctionnements et d’en tirer des conclusions sur les cercles relationnels dans lesquels nous allons les placer, en fonction du degré d’intimité que nous allons accorder à la relation: proches, connaissances/collègues ou étrangers. C’est donc une sorte de cocktail préventif aux relations pourries;)

 

Et vous, comment vous y prenez-vous pour mieux cerner vos interlocuteurs?

Comment décidez-vous le degré de proximité que vous allez accorder la la relation

Comment choisissez-vous vos associés, vos partenaires, vos clients, vos collaborateurs?

 

 

 

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Se mentir à soi-même: miroir du manque

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Brainstorming, critique et créativité

Sylvaine Pascual – Publié dans Objectifs, décisions et solutions

 

 

 

Inventé en 1940 par Alex Osborn, publicitaire américain, le brainstorming est censé favoriser la créativité en groupe, en particulier concernant la résolution de problème. Mais en réalité, dès les années cinquante, des études* ont montré que la méthode collective ne favorisait pas l’émergence d’idées originales ou plus nombreuses. La raison: son principe trèèèèès nord-américain d’absence de critique, qui se révèle peu efficace.

 

 

 

pourquoi le remue-méninges ne marche pasVilaine critique, tais-toi!

 

Le remue-méninge tel qu’il est encore pratiqué, a pour objectif de favoriser la créativité dans le cadre de la résolution d’un problème, la conception, l’innovation etc. Il repose sur quatre principes:

  • Aucune critique n’est autorisée
  • Penser et s’exprimer librement et son corollaire: autoriser et accueillir la totalité des idées, toutes étant considérées comme bonnes.
  • Multiplier les idées en rebondissant sur celles exprimées.
  • Chercher à obtenir le plus grand nombre d’idées possibles, au prétexte qu’une bonne idée à plus de chances d’émerger d’une grande quantité que d’une petite.

La critique serait donc l’ennemie de la créativité, qui bride l’imagination et l’expression, et elle est donc priée de se taire. A juste titre? Apparemment pas.

 

 

 

Absence de critiques et idées superficielles

 

Cette jolie vidéo RSAnimate nous explique pourquoi le brainstorming ne marche pas: la faute à l’absence de débat et de discussion, bref, de critique des idées, justement.

 

 

 

La principale règle du remue-méninge est l’interdiction de critiquer les idées des autres, toutes doivent être considérées comme de bonnes idées. Cette règle étant censée éviter l’auto-censure de ceux qui pourraient craindre les jugements et de débrider ainsi l’imagination.

 

Pourtant, la recherche* a montré que le groupe qui fonctionne selon les principes de remue-méninge génère moins d’idées et des idées moins originales que si chacun avait réfléchi dans son coin. D’autre part un groupe dans lequel le débat et la discussion sont autorisés génèrent entre 25 et 40% d’idées en plus.

 

Tout ça parce qu’en l’absence de critique possible, nous avons tendance à traiter chaque idée de façon superficielle, sans la creuser suffisamment (faire preuve d’esprit critique) et l’association d’idées y perd. D’autant plus que c’elle-ci est limitée par notre langage qui s’en tient en général toujours aux mêmes métaphores et clichés. Ainsi, si l’on suggère le mot “bleu”, on peut prévoir que les associations tourneront autour de “vert”, “océan” et “ciel” et au final n’aboutiront pas à grand-chose de plus original que “jeans” ou “schtroumphs”.

 

Inversement, la critique des idées permet d’aller plus loin parce qu’elle éveille la réflexion et nous pousse à réfléchir plus avant, plus dans les détails et c’est à ce moment-là que l’imagination est la plus sollicitée.

 

 

 

Réhabilitons la critique des idées

Ajoutons à cela les recherches** qui ont montré que la règle d’absence de critique ne limite pas l’auto-censure par crainte du ridicule ou de l’exclusion et nous voilà en plein angélisme typiquement américain: la croyance qu’interdire la verbalisation d’un jugement  donne au groupe une bienveillance magique et des relations saines, version “tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil”. Nous interdire d’exprimer une critique ne la supprime pas de notre cerveau, et du coup nous nous attendons aux critiques non verbalisées des autres.

 

D’autre part, il ne suffit pas de donner l’injonction de penser et de s’exprimer librement pour que ça se produise, sinon aucun d’entre nous n’aurait jamais la moindre hésitation à prendre la parole pour raconter les idées les plus farfelues. Ca fait irrésistiblement penser au sempiternel conseil pour les entretiens d’embauche: “détendez-vous”. Ah ben sans blague;)

 

Inversement, dans un contexte très 2013 de constant French Bashing, d’herbe plus verte et de croyances souvent erronées autour d’un état d’esprit américain teeeeellement plus tourné vers l’accueil de l’autre que chez nous, il est assez ironique de constater qu’au fond, ce sont les américains eux-mêmes qui ont démontré que notre bon vieil esprit critique a ses avantages…

 

L’esprit critique version compétence relationnelle réside simplement dans l’art de formuler, pour se concentrer sur l’évaluation de l’idée et non de la personne, tout en y mettant le lard et la manière, comme on dit chez les amateurs de rugby, histoire de ne pas passer ses interlocuteurs à la moulinette de jugements féroces et sans nuance.

 

 

 

 

*Taylor, Berry & Block – Yale University, Does group participation when using brainstorming facilitate or inhibit creative thinking ?

** Marshall Scott Poole & Andrea Hollingstead, Theories of Small Group

 

 

Voir aussi

 

Créativité, inspiration et moule safranée

Résolution de problèmes: l’orientation solutions

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L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative

Créativité: la stratégie Walt Disney

 

 

 

 

 

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L’intégration dans un nouveau poste (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans Vie professionnelle

 

 

 

En ces temps difficiles, s’intégrer dans une nouvelle équipe est à la fois plus crucial… et plus difficile. Entre méfiance mutuelle, crainte du changement et ambiance qui n’en finit plus de se dégrader, l’intégration tient parfois plus du parcours du combattant que du pique-nique convivial. J’ai répondu aux questions de Sophie Girardeau pour Monster sur le sujet.

 

 

 

l'intégration est difficile. Comment la favoriser?Refus d’intégration

 

Lors d’un week à Londres récemment, j’ai découvert à ma grande surprise que l’immense communauté française y vit à la mode des expatriés, en circuit fermé : peu de contacts avec l’indigène, considéré comme « trop différent », peu de volonté d’améliorer un anglais parfois indigne même de la cuisine… bref, exactement ce que je reprochais à nombre d’anglophones installés en France. Si nous en sommes à nous comporter de la sorte, vis-à-vis de cultures relativement proches des nôtres, qui sommes-nous alors pour exiger de la part d’expatriés de cultures moins proches qu’ils évitent le communautarisme et cherchent à s’intégrer par tous les moyens ?

 

Cette absence d’envie de rencontrer l’autre à mi-chemin est dérangeante à mes yeux, car potentiellement elle peut se reproduire à l’envi dans tous les groupes auxquels nous appartenons : renfermés sur nous-mêmes, peu enclins à aller à la rencontre de la différence ou de la nouveauté, à nous frotter à des convictions ou des perceptions qui pourraient remettre en cause les nôtres.

 

Ramené à nos vies personnelles et professionnelles, cela signifie plusieurs choses :

Le manque d’envie d’intégrer le nouveau dans l’équipe, dans l’immeuble, dans l’association, et son corollaire, le manque d’envie de s’intégrer dans une équipe, dans une entreprise, dans une communauté. Chacun replié sur soi construit une crainte grandissante de l’autre, intrus, boulet ou persécuteur potentiel, nourrie de conclusions hâtives et d’idées toutes faites.

 

  • Le manque de bonne volonté à intégrer génère des frustrations, des sentiments de rejet, de solitude, d’isolement, du ressentiment.
  • Le manque apparent de bonne volonté à intégrer traduit des craintes à prendre en compte.
  • Le manque de bonne volonté à s’intégrer peut générer du rejet, du ressentiment, de la méfiance.
  • Le manque apparent de bonne volonté à s’intégrer traduit une peur du rejet, du jugement, une timidité.

Inversement, un peu de bienveillance et de reconnaissance mutuelles favorisent une intégration plus fluide.

 

 

Faciliter l’intégration

 

C’est tout l’objet de l’excellent article de Sophie Girardeau qui détaille quelques conseils pour une intégration plus fluide, en mode petit guide de survie en terrain hostile. Sommaire:

 

1- S’intégrer dans une nouvelle équipe

  • Observer
  • Rassurer
  • Ne pas rester dans son coin
  • Ne pas se laisser décourager
  • Ne pas imposer ses méthodes de travail
  • Ne pas juger hâtivement

2- Intégrer un nouveau dans l’équipe

  • Se rappeler qu’on a tous été nouveau
  • Faire preuve de bienveillance
  • Ne pas se monter la tête à plusieurs.

 

Nous aurons l’occasion de revenir dans un prochain billet sur les intégrations ratées et leurs coûts, et comment les réussir à la place. En attendant, bonne lecture!

Bonjour, je suis la nouvelle – Sophie Girardeau pour Monster.

 

 

 

Voir aussi

 

L’égo, frein majeur à l’intelligence collaborative - itw dans l’Express

Recadrer un comportement pénible: interview dans Management

Comportements au travail: Interview sur journaldunet.com

Comment dépasser le rejet d’une candidature en 6 points

Confiance et assurance, les clés de la recherche d’emploi

Ithaque dans les médias

 

 

 

 

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Image de soi: de la dévalorisation au regard bienveillant

Sylvaine Pascual – Publié dans Bien-être et estime de soi

 

 

Tweetée par Anne-Claude Benamiche avec le joli commentaire “c’est un beau jour pour adoucir son regard sur soi”, cette vidéo pose une passionnante question: celle de la pertinence du regard que nous posons sur nous-mêmes. Car souvent, entre jugement, dévalorisation et focalisation sur le négatif, nous peinons à voir qui nous sommes réellement. Et nous sommes plus beaux que nous croyons. Dans tous les sens du terme.  

 

.

 

Adoucir le regard sur soiImage de soi et changement de perception

 

Il y a fort à parier que la crainte du regard des autres trouve sa source dans les jugements très durs que nous passons sur nous-mêmes. Habitués aux critiques acerbes que nous formulons sur nous-mêmes, nous finissons par nous imaginer que les autres ont autant de discours négatifs sur nous que nous en avons nous-mêmes. Probablement à tort.

 

Dans cette vidéo, des personnes sont amenées à se décrire à un artiste qui les dessine, puis une autre personne les décrit à leur tour. La différence de résultat est frappante: visiblement, nous nous voyons bien plus moches que la réalité d’une part et que les autres d’autre part. Cette vidéo est intéressante à double titre:

 

  1. Elle montre dans un premier temps le regard excessivement dur que nous portons sur nous-mêmes et son manque d’objectivité.
  2. Elle montre aussi que le regard des autres est bien plus bienveillant qu’on ne l’imagine. Et aussi potentiellement plus objectif, puisqu’ici, les portraits dressés par les autres sont souvent bien plus ressemblants que ceux dépeints par les personnes elles-mêmes.

En d’autres termes, lorsque nous sommes en dévalorisation, de la même manière que nous croyons l’autre meilleur que nous, il nous croit meilleur que lui. Et à l’arrivée, chacun a de l’autre une image plus juste que de lui-même.

 

La confrontation avec cette vision plus objective et bienveillante telle qu’elle est montrée dans cette vidéo a un effet très émouvant: la prise de conscience qu’un autre regard est possible, un regard réconfortant qui peut encourager un changement dans la perception que nous avons de nous-mêmes et améliorer l’image de soi. Vilain petit canard à ses propres yeux, joli cygne aux yeux d’autrui, il y a sans doute là de quoi “adoucir son regard sur soi”: reconnaissons le joli piaf que nous sommes et celui que nous voyons chez les autres!

 

 

 

 

Le regard de l’autre au bénéfice de l’image de soi

 

Ce qui est valable pour nos caractéristiques physiques l’est aussi pour nos traits de personnalités et nos compétences. Nous sommes souvent, au premier abord, très mauvais juges de nous-mêmes qui nous voyons plus moches, plus gros, plus petits, mais aussi plus bêtes, plus incapables que nous le sommes en réalité, et aussi souvent que les autres.

 

La dévalorisation s’exprime de bien des manières, entre discours interne négatif, excès d’exigence envers soi-même, non acceptation de qui nous sommes et comparaisons défavorables. Alors que le regard de l’autre nous renvoie bien plus de caractéristiques positives que nous l’imaginons.

 

Nous pouvons en tirer quelques pistes pour redorer notre image de nous-mêmes et au passage renforcer l’estime de soi:

 

 

 

Faire profiter autrui de notre regard bienveillant sur lui

 

Inversement, nous avons donc la capacité à renforcer l’estime de soi des autres en leur renvoyant un regard bienveillant, à leur bénéfice mais aussi au nôtre. Car être un miroir positif, c’est susciter chez l’autre un plaisir et une gratitude qui rejaillissent immédiatement sur nous. Car rappelons-nous que reconnaître la valeur des autres ne se fait pas au détriment de soi, plutôt l’inverse… Le double effet kiss-cool d’une gentillesse courageuse et affirmée!

 

Profitons-en donc pour réhabiliter quelques bonnes pratiques relationnelles qui améliorent l’ambiance au travail et favorisent la coopération et la confiance mutuelle:

 

 

 

 

Voir aussi

 

Se parler à soi-même comme on aimerait qu’on nous parle

Etat d’esprit positif: modifier un discours intérieur

10 bonnes raisons de se moquer du regard des autres

Compétences relationnelles: les pièges de la lecture de pensée

Les pièges de la comparaison

Vie professionnelle: des attitudes à réhabiliter

 

 

 

 

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Bien-être et plaisir au travail: les compétences psychosociales

Sylvaine Pascual – Publié dans Talents et ressources / Vie professionnelle

 

 

 

 

Les 10 compétences psychosociales définies par l’OMS sont autant d’aptitudes considérées comme essentielles et trans-culturelles qui permettent de “répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne”, tout en maintenant “un état de bien-être mental”. Étonnamment, ces compétences ont été cantonnées à l’éducation, alors qu’elles nous concernent tous et font partie des facteurs déterminants du bien-être et du plaisir au travail.

 

 

 

Elles renforcent le sentiment d'efficacité personnelle et l'estime de soiCompétences psychosociales: définition

 

« Les compétences psychosociales sont la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adaptant un comportement approprié et positif, à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement.

Les compétences psychosociales ont un rôle important à jouer dans la promotion de la santé dans son sens le plus large, en termes de bien-être physique, mental et social. Plus particulièrement quand les problèmes de santé sont liés à un comportement, et quand le comportement est lié à une incapacité à répondre efficacement au stress et aux pressions de la vie, l’amélioration de la compétence psychosociale pourrait être un élément important dans la promotion de la santé et du bien-être, puisque les comportements sont de plus en plus impliqués dans l’origine des problèmes de santé. » O.M.S., 1993

 

C’est certainement parce que les compétences psychosociales ont été définies dans le cadre de l’OMS avec un but de responsabilisation face à la santé qu’elles se retrouvent essentiellement cantonnées à la sphère éducative. Pourtant, elles ont un impact et des bénéfices plus vastes.

 

 

 

10 compétences psychosociales

 

Souvent présentées en binômes, ces compétences sont étroitement liées à l’estime de soi et aux compétences relationnelles, qui sont les deux face d’une même pièce: relation à soi et relation à l’autre étant le cocktail indispensable de l’atteinte de nos objectifs et de la réalisation de nos ambitions.

 

Les 10 compétences psychosociales

 

 

Car rappelons que dans toute vie professionnelle, la réussite, quelle que soit la définition que nous mettons dessus, ne se trouve pas sous les sabots d’un fringant cheval solitaire qui aurait juste besoin de prendre confiance en lui sans se soucier du reste du troupeau, trop souvent considéré comme un ramassis de mulets asservis et sans ambition. Elle passe par nos relations avec nos partenaires, nos clients, nos patrons, nos collègues, nos collaborateurs, nos pairs.

 

 

 

Sentiment d’efficacité personnelle et d’estime de soi

 

Renforcées et entretenues au quotidien, en particulier au travail, elles ont de multiples bénéfices qui s’articulent autour des valeurs sociales qu’elles sous-tendent. En particulier, elles accroissent le sentiment d’efficacité personnelle, l’estime de soi, la confiance en soi, améliorent les relations et par tous ces biais, ont un impact direct sur l’humeur et le sentiment d’être heureux.

 

  • Elles permettent d’agir, plus en accord avec soi-même et avec les autres, avec plus de facilité et de fluidité, donc de bien-être.
  • Elles développent la tolérance, la bienveillance et favorisent ainsi le capital collaboratif* et une ambiance sereine.
  • Elles permettent d’éviter l’excès de tensions interpersonnelles et de les résoudre plus facilement lorsqu’elles arrivent.
  • Elles permettent de développer la prise de recul, de renforcer les ressources internes, la confiance en soi
  • Elles renforcent le sentiment d’efficacité personnelle et donc la motivation à se dépasser, d’avoir des projets, de les mener à bien

 

 

 

Mini coaching: renforcer ses compétences psychosociales

 

De relations pourries en difficulté à prendre des décisions, de petits égoïsmes en émotions exprimées à tort et à travers, de manque d’idée en difficultés face aux problèmes, nous pouvons tous avoir un bât qui blesse à un niveau ou à un autre, et nous retrouver avec une progression plus difficile vers nos objectifs, ou des relations égratignées. Renforcer ces compétences nous aide à pallier à ces aléas et à y faire face beaucoup plus sereinement.

 

Pour chacune des compétences, sur une échelle de 1 à 10, comment vous évaluez-vous?

Qu’es-ce qui vous manque pour passer au chiffre supérieur?

Comment pouvez-vous combler ce manque?

Qu’avez-vous besoin d’apprendre, de comprendre, de faire?

Quel plan d’action allez-vous mettre en oeuvre?

 

Transformez-le en objectif SMART, et bonne route dans le développement de vos talents et ressources ;) )

Des pistes pour vous aider:

 

 

* J’ai eu envie de vous servir une platitude linguistique sur un plateau^^

 

 

 

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Aller plus loin

 

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Petit précis de communication non violente (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans Mieux communiquer / Compétences relationnelles / Les étagères d’Ithaque

 

 

 

Parce que rien n’est plus simple que de se pourrir les relations par des interactions teintées de petits jeux de pouvoir verbaux, voici un petit ouvrage ultra précieux pour découvrir la communication non violente – dite CNV – et la pratiquer au quotidien, histoire d’adoucir un poil nos relations, tout en nous faisant bien mieux comprendre…

 

 

 

 

Pratiquer chaque jour une communication bienveillante, respectueuse de soi et d'autruiRatés de la communication: de la violence verbale

 

Les ratés de la communication sont légions. Entre maladresse et tentation – plus ou moins consciente – de prise de pouvoir, mille et une petites manipulations se glissent dans nos interactions. La plupart du temps, elles sont minimes et ont peu de conséquences. Mais parfois, leur fréquence et leur nature leur fait prendre un ampleur qui pourrait nuire à la relation aussi sûrement que les limaces nuisent à la conservation de la salade.

 

Interprétations, minimisations, non-demandes, généralisations, accusations, dévalorisations etc, nous avons recours à des collections de trucs pas folichons quand il s’agit de nous faire comprendre d’une part, et de bien nous entendre d’autre part. Dès lors, nos communications, et en particulier nos expressions du reproche et de la critique perdent en grâce et en élégance ce qu’elles gagnent en violence verbale. Et en efficacité!

 

 

 

 

La communication non violente: des bénéfices en veux-tu en voilà

 

La communication non violente est un ensemble de processus verbaux qui favorisent la compréhension et l’acceptation de nos messages, dans un cadre bienveillant et respectueux des deux parties. Avec des bénéfices multiples pour la relation:

 

  • Améliorer la qualité de la relation
  • Augmenter la confiance mutuelle
  • Sortir des jeux de pouvoir
  • Augmenter la compréhension mutuelle
  • Favoriser l’acceptation de l’autre et le respect des différences mutuelles
  • Créer un sentiment de sécurité dans la relation

Et au delà de ces bénéfices pour la relation aux autres, la CVN permet aussi de clarifier la relation à soi-même, en comprenant mieux se qui se passe à l’intérieur de nous, en particulier lorsque nous sommes submergés par l’émotion.

 

 

 

La communication non-violente au quotidien

 

Dans ce petit ouvrage ultra pratique, Marshall B. Rosenberg, père de la communication non-violente, décortique de façon limpide et fluide

 

  • Comment nous nous y prenons pour nous planter en beauté dans nos discours
  • Comment le recours à certaines techniques pourrit la communication
  • Comment nous y prendre à la place.

Tout cela de manière ultra pratique et simple à mettre en oeuvre. Le tout est très proche de la communication dite assertive dont j’ai déjà parlé. Cependant, l’avantage majeur ce cette communication non-violente, par rapport à la demande assertive, c’est que là où cette dernière est réservée à des demandes délicates et importantes, la communication non-violente est un état d’esprit bienveillant et dans l’accueil de l’autre, et peut se développer et se pratiquer au quotidien.

 

Tour d’horizon rapide des 5 principes autour desquels s’articule la CNV, qui sont décrits de façon si précieuse dans ce court ouvrage, et sur lesquels nous auront l’occasion de revenir dans autant d’articles:

 

  1. Exprimer ce que j’observe, sans jugement ou évaluation
  2. Exprimer les sentiments suscités par la situation
  3. Exprimer les besoins qui génèrent ces sentiments
  4. Faire des demandes claires, simples et réalisables
  5. Ecouter et accueillir les propos d’autrui avec bienveillance et sans jugement

 

 

Voir aussi

 

Ratés de la communication: compliments & quand-mêmisations

Les pièges de la lecture de pensée

Autopsie d’une incompréhension sémantique

Les dessous de la médisance

Juger moins juger mieux

Compétences relationnelles: l’affirmation de soi

Réhabiliter la gentillesse

11 comportements qui tuent au travail

 

 

 

 

Aller plus loin

 

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Guide de survie aux abrutis: bocal à con et manque de pot (1)

Sylvaine Pascual – Publié dans  Bien-être et estime de soi / Compétences relationnelles

 

 

 

Parfois, c’est pas de bol, nous ne disposons pas des bocaux adéquats pour y ranger nos abrutis personnels. Pas assez grands, pas assez nombreux, nos bocaux à con habituels ne correspondent pas aux dimensions rabelaisiennes de la connerie qui nous entoure… Avant de s’insurger contre un monde vraiment, vraiment mal fait, il est peut-être temps de vérifier si notre système d’évaluation de la pénibilité d’autrui ne présenterait pas quelques défaillances…. Commençons par observer ce qui se passe quand les abrutis autour de nous sont étonnamment nombreux.

 

 

 

 

Quand nous avons trop d'abrutis dans nos bocaux, il est temps de revoir notre système d'évaluation de la connerie d'auitruiManque de pots

 

Quel ennui : il y a tellement de cons autour de vous que vous n’avez plus assez de pots dans lesquels les enfermer. Votre cave déborde, votre laboratoire à con tourne en surrégime faute de personnel suffisant pour traiter le flux. Il est peut-être temps de vous questionner sur votre seuil de tolérance à la connerie…

 

 

Avoir une armoire à bocaux, c’est bien normal. C’est même utile, lorsqu’on y range des bocaux à con, puisqu’elle permet l’expérimentation de ses compétences relationnelles, à mesure de leur acquisition.  Parfois elle croule un peu sous les pots, parfois elle est presque vide, en fonction des événements, de l’état d’esprit, des périodes fastes et des coups de mou et des fluctuations de l’estime et de la confiance en soi qui vont avec. Cependant, elle ne se remplit pas particulièrement plus vite qu’elle ne se vide. Jusque-là, tout va bien.

 

Mais parfois, ce n’est plus une armoire remplie de bocaux à con, ce n’est même plus une cave, c’est un entrepôt, une collection d’entrepôts, une usine de production de bocaux qui fait les 3/8, une mégalopole d’entrepôts à bocaux !

 

 

 

Débordement temporaire et déstockage naturel

 

Si c’est temporaire et inhabituel, il est probable qu’une situation précise vous ait conduit au bord de la crise de nerfs relationnelle, et que les moindres manquements de vos contemporains prennent des proportions dantesques parce que vous êtes à fleur de peau (je me retiens de faire un jeu de mots facile, là ;)). Pas de quoi s’inquiéter, il suffit certainement :

  • Soit d’attendre que ça se tasse, que la situation soit derrière vous, parce qu’elle est à la fois l’origine du problème et en cours de résolution.
  • Soit de mettre en œuvre un poil de lecture émotionnelle pour comprendre et traiter l’origine du débordement, c’est-à-dire le(s) besoin(s) à combler qui se sont exprimés de cette manière. Et éviter que la situation s’installe et devienne votre lot.
  • Ou encore de remonter à l’origine du problème en passant par la technique du pourquoi, toujours dans le but de traiter le déclencheur, mais en y parvenant par un autre biais.

Vous pouvez aussi, en parallèle vous retrousser les manches, poser vos agacements là où ils ont leur vraie place et passer en revue vos stocks colossaux, pour évaluer avec un pouillème plus d’objectivité l’ampleur réelle de la pénibilité relationnelle des habitants de vos bocaux. Ca vous permettra de prendre un peu de recul et de ne pas vous laisser submerger par l’arbre qui cache la forêt.

 

Un peu de courage, le déstockage a alors de fortes chances de se faire en douceur et naturellement, la perception de la connerie de nos contemporains étant potentiellement bien moins sensible lorsque nous sommes en pleine possession de nos moyens. Les bocaux vont même s’ouvrir tous seuls à coup de bienveillance retrouvée.

 

 

 

Excès de bocaux et déstockage manuel

 

Si c’est durable, voire permanent, alors il est temps de vous pencher sur vos mécanismes internes et relationnels. Parce que détester tout le monde, c’est fatigant, ça nuit à la réussite de nos objectifs et on finit par se sentir très seul, à être l’unique être humain doté d’un cerveau digne de ce nom, au milieu de ces océans de connerie. Elle n’est pas fun, la vie d’un Robinson du neurone entouré de Vendredi demeurés.

 

La comparaison descendante à son propre avantage de façon systématique est plus l’indicateur d’un dysfonctionnement de l’estime de soi qu’un gage de supériorité. Et cette fragilité a choisi de s’exprimer en mode indignation vertueuse et généralisée. Quoi de mieux qu’une prétendue bêtise abyssale de l’humanité entière pour entretenir cet arrangement avec soi-même, version persécuteur-victime ?

 

Ce cas est un peu plus délicat, car le fait qu’il soit ancré montre tout un système de convictions dans lequel l’égo tire directement sa nourriture. Le bousculer peut être plus déstabilisant. Mais en même temps, ne pas le questionner est une illusion de confort, alors mettons de côté l’auto-complaisance pour nous observer nous-mêmes avec beaucoup de bienveillance. Après tout, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a ;)

 

 

 

Mini coaching : déstockage de bocaux à con

 

Bouclez vos ceintures, le voyage à la rencontre de soi-même, quand on dégaine du bocal à con plus souvent qu’à son tour, peut être un peu caillouteux…

 

Car voir la paille à pénibilité dans l’oeil du voisin revient souvent à ignorer avec une complaisance confortable ses propres manquements en termes de compétences relationnelles, ainsi que la taille de son égo. Un peu de remise en question de soi, plutôt que toujours de l’autre, ça permet de sortir des jeux de pouvoir et de construire des relations plus saines. Mais je suis certaine que votre engagement dans votre développement personnel aura raison d’éventuels aveuglements. Allons-y donc franco, et avec bienveillance:

 

  • Dans quelle mesure votre armoire à bocaux est-elle remplie de manière acceptable? Excessive?
  • Comment cet excès s’exprime-t-il?
  • Que reprochez-vous à vos contemporains?
  • Qu’est-ce que ça vous dit sur vous-même?
  • Sur vos besoins à combler?
  • Sur votre (manque de) confiance en vous? d’affirmation de vous? de tolérance?
  • Quels sont les bénéfices à avoir autant de bocaux?
  • Quels sont les coûts?
  • Sur une échelle de 1 à 10, quel est votre propre degré de pénibilité relationnelle
  • Comment s’exprime-t-elle?
  • Comment y remédier?
  • Qu’allez-vous faire pour retrouver une armoire raisonnable?
  • Quelles ressources, quelles compétences relationnelles allez-vous développer?
  • Quelles demandes assertives allez-vous faire?

 

 

Un petit clin d’oeil au passage à Mario-Jacques Castonguay, avec qui nous avions discuté des prolongements possibles du bocal à con;)

 

 

 

Voir aussi

 

Guide de survie aux abrutis: le bocal à con

Sortir d’un bocal à con en 10 étapes

Scrumday2012 : le bocal à con rencontre les pratiques agiles

Bocal à con, sérendipité et vitamines mentales

Compétences relationnelles: l’affirmation de soi

Dossier: bien-être et estime de soi

 

 

 

 

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Wifi neuronal: éviter la perte d’empathie et les relations pourries

Sylvaine Pascual – Publié dans Compétences relationnelles

 

 

Nous avons vu dans l’article Wifi neuronal et compétences relationnelles que nous sommes faits pour être empathiques de par l’existence de nos neurones miroirs. Cependant, mis à mal par la société moderne, ils peineraient à fonctionner normalement et seraient responsables d’une partie des relations pourries…

 

 

 

La perte d'empathie peut avoir un impact négatif sur nos relations. voici comment 'éviter.Le wifi neuronal au service de nos relations

 

Dans cette vidéo passionnante, le journaliste Patrice Van Eersel simplifie pour nous le mécanisme neurones miroirs/neurones moteurs, générateur de l’empathie indispensable à la relation et à la communication.

 

L’imagerie du cerveau montre que nous entrons en résonance par nos neurones miroirs avec notre entourage, et que c’est comme ça que nous éprouvons de la compassion. Lorsque nous voyons une personne souffrir, nous souffrons aussi, ce qui suscite en nous l’envie d’aider. Pour s’aider soi-même en fait (envolée, l’illusion du merveilleux altruisme).

 

Mais si notre cerveau est par nature “neuro-social”, comme le décrit le psychologue Daniel Goleman dans son livre Cultiver l’intelligence relationnelle.  Il est fait pour entrer en résonance avec celui des autres, et cette faculté semble mise à mal par certains aspects de la vie moderne.

 

 

 

 

Un mécanisme menacé

Les neurones miroirs déclenchent donc l’empathie et la compassion, qui vont à leur tour déclencher les neurones moteurs pour passer à l’action et apporter aide et assistance. Ce qui signifie, en d’autres termes, que nous avons l’entraide dans le sang, sous la forme d’un partenariat étroit entre neurones miroirs et neurones moteurs. Cependant, ce mécanisme humain et naturel serait entravé pour trois raisons:

 

  • La vie dans les villes: sollicités en permanence, nous ne pouvons pas agir sur toutes nos compassions (on comprend mieux l’intérêt d’un fonctionnement tribal, ou du moins par petites communautés)
  • Le temps passé devant la télé: les neurones miroirs ne cessent d’entrer en résonance avec les stimuli émotionnels véhiculés par ce que nous voyons, mais sans jamais pouvoir agir. Les neurones moteurs ne sont donc pas en phase avec les neurones miroirs
  • La multiplication des relations en contact indirect (par sms, téléphone etc) qui diminuent le contact physique direct, essentiel au bon fonctionnement des neurones qui ont besoin de l’ensemble de la panoplie sensorielle.

 

 

Perte d’empathie et relations pourries

En diminuant nos capacités à être empathiques, ces menaces diminuent la compréhension mutuelle et affaiblissent nos liens et inversement renforcent les comportements négatifs, de l’indifférence à la violence. Il est intéressant de constater que les comportements moralement violents – de la simple persécution à la manipulation perverse en passant par le harcèlement – semblent se multiplier, en particulier dans les entreprises.

 

Les dommages collatéraux sont à chercher du côté de l’estime de soi et des besoins d’appartenance et de reconnaissance de plus en plus mal comblés, bien entendu, avec toute la chargé émotionnelle négative qu’ils suscitent.

 

Mais on les trouve aussi dans le bien-être et la santé, par l’impact direct sur le système immunitaire et le système endocrinien. Les échanges positifs diminuent le cortisol, indicateur de stress, et augmentent les anticorps, gardiens du système immunitaire. Inversement, les échanges négatifs ou l’absence d’échanges augmentent le stress et affaiblissement le système immunitaire.

Trouver l’équilibre

Il est donc indispensable de compenser les effets potentiellement néfastes de la vie moderne et des technologies en trouvant des équilibres au milieu de tout cela. Il ne s’agit bien entendu pas de vanter les mérites d’un retour à une vie idéalisée à l’écart de la technologie. Il s’agit essentiellement de rechercher des usages qui nous permettent d’en retirer les bénéfices tout en se préservant des conséquences potentiellement toxiques.

 

Selon Daniel Goleman : « Nous ne devons pourtant pas nous déclarer battus. Le sentiment d’urgence peut réveiller nos consciences, nous rappeler que l’enjeu crucial du XXI° siècle sera d’élargir le cercle de ceux que nous considérons comme Nous et de réduire le nombre de ceux qui nous apparaissent comme Eux. Le câblage de notre cerveau social nous relie tous au noyau de notre humanité commune. »

 

 

 

10 pistes pour protéger ses neurones-miroirs et favoriser les relations

Cherchons donc, pour prendre soin de nous-mêmes et de notre entourage, quelques pistes qui vont aider au bon fonctionnement de nos neurones miroirs, avec tous les bénéfices relationnels que cela implique.

 

1- Rechercher le contact physique qui a de multiples bénéfices sur le renforcement de la relation et la santé. Le contact physique favorise la reconnaissance, la confiance, le sentiment de sécurité et peut favoriser la production d’ocytocine, hormone sociale par excellence.

 

2- Évoluer dans des communautés à taille humaine et en contact direct à l’intérieur desquelles le mécanisme neurones miroirs et neurones moteurs va pouvoir s’exprimer normalement.

 

3- Diminuer les stimuli émotionnels négatifs. C’est à dire s’exposer moins à eux, dans la mesure du possible. Voir Se protéger d’une société psychotoxique.

 

4- Déconnecter: éteindre de temps à autres nos smartphones, nos ordinateurs, nos télés, bref, nos écrans, pour profiter de l’instant présent et se ré-ancrer dans la vraie vie. Voir: Butinage relationnel: maudit smartphone.

 

5- Cultiver la gentillesse (la vraie gentillesse, pas la serpillière) puisqu’elle active les neurones de tout le monde et nous permet des échanges positifs nourrissants. Il semblerait même qu’elle soit contagieuse, donc en être à l’initiative, c’est aussi augmenter ses chances d’en recevoir.

 

6- Entretenir la bonne humeur parce qu’elle est contagieuse et qu’il est possible de le faire à plusieurs:  rire, sourire, se faire plaisir, renforcer l’optimisme, engranger les vitamines mentales etc.

 

7- S’autoriser l’entraide et la coopération, plus nourrissantes que la méfiance et le repli sur soi. S’essayer à l’entraide et à la coopération, sans attendre rien d’autre en retour que le plaisir de faire ensemble, est une excellente manière de découvrir… que c’est possible.

 

8- Explorer ses besoins d’appartenance et de reconnaissance pour mieux comprendre comment les combler davantage et mettre en place des solutions sympas pour les satisfaire, pas à pas. Les besoins d’appartenance et de reconnaissance sont souvent très liés et peuvent se nourrir mutuellement.

 

9- S’autoriser l’IRL, prolongement naturel des réseaux sociaux. L’IRL, (in real life, dans la vraie vie) qui permet de rendre réelle une relation qui s’est développée sur Internet. Les réseaux sociaux sont un moyen comme un autre de faire des rencontres, amicales ou professionnelles, autour de thématiques ou par simples affinités, et d’autoriser ainsi le renforcement d’éléments mentionnés ci-dessus. Sortons de derrière nos écrans et allons à leur rencontre… en chair et en os. Voir: Twitter, entre virtuel et l’IRL.

 

10- Passer plus de temps ailleurs que devant un écran. Lever le nez dans les transports, redécouvrir les bienfaits du contact avec la nature, faire des choix délibérés de ce qu’on veut regarder à la télé au lieu de la laisser allumée etc., il existe plein de solutions pour revenir dans le présent et dans nos environnements.

 

 

 

Voir aussi

 

Ressources complémentaires

Why Have We Lost the Need for Physical Touch?

 

 

 

 

 

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Vivre (et travailler) ensemble, une histoire de temps

Sylvaine Pascual – Publié dans: Bien-être /  Relations / Regards croisés

 

 

De rythmes effrénés en besoin de loisirs et de détente, de nouvelles technologies en désir de lenteur, notre relation au temps est sacrément soumise à tout un tas de distorsions qui ont un impact direct sur notre capacité à (bien) vivre et travailler ensemble. Un colloque du CESE apporte des éclairages intéressants et parfois inattendus sur ce sujet.

 

 

 

Réaccorder nos temporalités pour bien vivre et travailler ensembleChacun, les autres et le temps

 

“Vivre ensemble, cela signifie se côtoyer, se croiser, partager les mêmes moments.
Or chacune et chacun d’entre nous ne se représente pas le temps de la même manière.
Nous n’entretenons pas le même rapport au passé, qu’il soit collectif ou individuel ni à l’avenir, dans lequel nous nous projetons tous différemment.
Identifier cette disparité constitue la première démarche pour faciliter le Vivre ensemble.” nous dit le site Vivre ensemble, du Centre économique, social et environnemental.

 

Ces liens entre le temps et nos façons de vivre – et travailler – ensemble ont fait l’objet d’un colloque passionnant le 29 novembre 2012, ainsi que d’un sondage porteur d’enseignements passionnants sur notre relation au temps et aux autres.

L’urgence et l’horizon, présentation du colloque Vivre ensemble entre temps long et temps court – Roger Pol Droit

 

 

 

Comment évoluent nos vécus du temps?

 

Claire GIBAULT, Conseillère CESE, chef d’orchestre

“Quelque chose, apparemment, est arrivé au temps. On le constate dans nos rythmes de travail, nos manières de nous informer, de manger ou de nous distraire. Mais comment qualifier cette métamorphose ? Suffit-il de parler d’accélération ? Est-il possible de ralentir ? Si oui, comment ?“ La réponse en vidéo:

 


Claire Gibault – Vivre ensemble 2012 – cese par le_cese

 

 

 

Comment réaccorder nos temporalités

 

Etienne KLEIN, Physicien, Directeur de recherche au CEA

“Nous sommes moins les victimes d’une supposée accélération du temps que d’une superposition de présents multiples et désaccordés : en même temps que nous travaillons, nous jetons un œil sur nos mails, écoutons la radio et pensons à autre chose encore, et cela chacun à son propre rythme, dans sa propre sphère…
Nous ne vivons donc plus dans une temporalité commune : tandis que certains d’entre nous sont hyperactifs, comme embarqués dans une sorte de tourbillon existentiel, d’autres, mis hors du temps ou choisissant de s’y mettre, attendent, s’ennuient ou méditent.
Comment inventer une « diététique de l’instant qui passe », qui permette que, de façon régulière, le temps des uns se réaccorde au temps des autres ? »

 


Etienne Klein – Vivre ensemble 2012 – cese par le_cese

 

 

 

Sondage: Vivre ensemble, entre temps court et temps long

 

Cette étude a été réalisée par Ipsos pour le Conseil Economique Social et Environnemental et KPMG dans le cadre du Colloque Vivre Ensemble du 29 novembre 2012. Voici la présentation des résultats ainsi qu’un résumé des conclusions tirées pas le CESE. Pour le rapport complet, lire: Sondage vivre ensemble

 

 

 

1- La crise économique menace notre capacité à bien vivre ensemble

 

En plus du moral en berne, la crise a une autre conséquence directe dans l’opinion: elle met à mal la cohésion nationale: “En effet, lorsqu’on demande aux Français qu’est-ce qui selon eux menace le plus notre capacité à bien vivre ensemble, c’est la crise économique et financière qui est la plus citée (à 47% soit près d’un Français sur deux). Le défi qu’elle pose pour le financement du système de solidarité nationale paraît justifier cette première place. D’ailleurs, entre 2011 et 2012 la crise progresse assez nettement dans la hiérarchie des menaces (+8 points), notamment au détriment del’accroissement des inégalités sociales qui en est pourtant l’une des conséquences (-16 à 27%).”

 

Mais la crise n’est pas la seule à menacer la capacité à bien vivre ensemble. Les français citent ainsi:

 

  • Les extrémismes religieux (27%)
  • L’individualisme (25%): “Chez les cadres, c’est la première menace citée, à 39% contre 38% à la crise et 37% aux inégalités.”

 

2- Plus de temps à travailler et à s’épanouir individuellement que de temps en famille ou à la rencontre des gens

 

“ les Français pensent qu’aujourd’hui qu’on passe de moins en moins de temps à créer du lien avec son entourage. Pour une majorité de personnes interrogées, on consacre aujourd’hui moins de temps qu’il y a 20 ans à la famille (65%) à aller à la rencontre des gens (77%).”

 

  • Pour 38% des personnes interrogées, on passe aujourd’hui en France plus de temps à s’épanouir individuellement.
  • 15 ans après la mise en place des 35 heures, et alors qu’on parle de plus en plus de revoir ce dispositif, 44% des Français considèrent qu’on passe plus de temps à travailler aujourd’hui en France qu’il y a 20 ans. Cette idée est même majoritaire chez les actifs (49%) et en particulier chez les cadres (52%).

 

3- Un rapport personnel au temps qui diffère selon le profil sociodémographique

 

55% des français ont le sentiment de prendre leur temps, contre 45% qui se sentent pressés. Sans surprise, le statut professionnel est déterminant: 54% des actifs se disent pressés, contre 35% des retraités. Chez les actifs, les cadres sont les plus pressés (61% contre 45% des ouvriers).

 

“D’une manière générale, les catégories « supérieures » sont davantage « prises par le temps » : 55% des diplômés bac +3 ou plus et 51% des personnes dont les revenus sont les plus élevés sont pressés, contre 44% des sans diplôme et 39% des personnes dont les revenus sont les plus faibles.”

 

A nouveau sans surprise, pour des raisons de répartition des tâches ménagères et domestiques: “51% des femmes sont pressées contre seulement 37% des hommes. A l’opposé, 62% des hommes disent plutôt prendre leur temps, contre 48% des femmes.”

 

 

4- Le temps vécu n’est pas toujours en harmonie avec le temps voulu

 

1/3 des français regrettent que leur activité professionnelle leur prenne trop de temps, et particulièrement les cadres (53%). S’ils disposaient de plus de temps

 

  • 45% le consacreraient à leurs proches
  • 32% à leurs loisirs

 

 

Un clin d’oeil reconnaissant à @sysiphe92 qui m’a signalé ce colloque;)

 

 

Voir aussi

 

5 trucs pour bien déconnecter du boulot

Eloge de la slow attitude: interview sur France Info

Bien-être personnel, relationnel et professionnel: 8 ebooks gratuits

Ralentir: les vertus de la lenteur

Relations, bien-être: le bruit et la fureur

Bien-être, relations: les instants de convivialité

 

 

 

 

 


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