Sylvaine Pascual – Publié dans L’actualité d’Ithaque Tweet

Le succès de l’auto-entreprise le montre: nombreux sont ceux qui sont tentés par la création d’entreprise. Pourtant, l’autre constat, c’est qu’une création sur deux est un échec. Ceci est en partie due à la faiblesse de l’accompagnement à la création d’entreprise, qui enrobe des recettes toutes faites dans des y’a qu’a / il faut qui sont le fruit d’une expertise, certes, mais d’une expertise qui s’enferme dans des convictions figées et qui oublie l’élément principal: le créateur, parce qu’elle ne sait pas trop quoi en faire.
On trouve ainsi de nombreux écrits qui, à tort ou à raison, décrivent le profil idéal d’un entrepreneur, avec un côté déterminisme définitif: on a le profil ou on ne l’a pas, et ceux qui ne l’ont pas peuvent remballer leur projet et retourner gonfler les chiffres du chômage.
Pourtant, être entrepreneur est ausi un état d’esprit qui se construit et se développe, autour de ces compétences spécifiques qui ne sont pas uniquement opérationnelles et techniques. Elles sont aussi: relationnelles, communicationnelles. Ce renforcement de la dynamique personnelle pour construire la dynamique entrepreneuriale est indispensable à la réussite d’un tel projet. La situation personnelle et familiale, les sources de motivations, les compétences managériales, les capacités à évaluer et prendre des risques, à agir, à s’affirmer, à déléguer, à prendre des décisions, à évaluer ses stratégies etc. sont souvent négligées, au profit de compétences techniques et opérationnelle de la gestion et du développement de l’entreprise qui, seules, sont insuffisantes.
La création d’entreprise version Ithaque
Environ la moitié des clients d’Ithaque en reconversion professionnelle décident de se lancer dans la création d’entreprise. Dans l’esprit qui anime Ithaque depuis trois ans (l’association des compétences personnelles et professionnelles) et qui s’exprime dans l’accompagnement à la reconversion professionnelle et à la recherche d’emploi, nous avons eu envie de proposer un accompagnement qui allie le développement des trois pôles de compétences entrepreneuriales, de façon à permettre aux créateurs d’entreprise de mettre toutes les chances de leur côté.
Cet accompatnement a été conçu par Sylvie Bellard et moi autour de la spécialisation en relations humaines qui est la marque de fabrique et la valeur ajoutée d’Ithaque, de l’expertise en création et gestion d’entreprise liée au parcours professionnel de Sylvie, et des techniques du coaching qui garantissent un projet développé en fonction du créateur d’entreprise.
Son objectif est de développer un état d’esprit entrepreneurial tout en préparant soigneusement les étapes de la création: accompagner la personne, pour l’aider à mieux comprendre l’équilibre dynamique de son projet, les liens entre tous les éléments humains et techniques de son projet. Afin qu’elle décide de créer avec confiance en maitrisant son projet – aller au-delà de la formalisation de documents pour obtenir par exemple des financements – et dispose d’un premier référentiel pour piloter la première année d’exercice. Vivre son projet, le porter et être porté par son projet.
Création: rêver les pieds à plat sur le plancher des vaches
Sylvie Bellard:
« Avoir un projet de création ne se limite pas à faire des tableaux de chiffres. Celui qui dit ou vend cela ne vous dit pas tout. Par exemple, quand vous achetez une résidence principale, vous ne regardez pas que l’aspect financier, vous regardez aussi l’environnement, le quartier, le potentiel, les voisins, la proximité des transports, les commerces, les écoles etc… c’est-à-dire tous les aspects qui prennent en compte les personnes concernées par le projet.
C’est exactement la même chose dans la création d’entreprise. Au cœur du projet il y a une personne, des personnes et il est primordial pour donner vie au projet dans toute sa dimension de commencer par le commencement : LA PERSONNE. Cet outil est la phase de préparation indispensable à la prise de décision de créer ou pas une entreprise.
Ensuite, la création d’entreprise, c’est rêver les pieds bien à plat sur le plancher des vaches pour anticiper, agir et piloter cet équilibre dynamique qui caractérise une organisation : l’offre, les besoins pour la proposer (locaux, matériel, stocks, logisitque etc.) et le financement de ces besoins.
Un exemple: une variation du Chiffre d’Affaires – C.A. – va impacter la Marge sur Coût Variable – M.C.V. -, et donc la Marge Brute – M.B. - et in fine le Résultat Net, ainsi que le Besoin en Fonds de Roulement – B.F.R. -, les Capitaux Propres – C.P. -, et les questions de financement ne sont pas loin : comment financer l’innovation, le renouvellement de l’outil de production, rembourser les emprunts… et d’anticiper un nouvel équilibre dynamique en travaillant sur les leviers d’action ad hoc pour continuer de se développer, avec aisance et assurance. »
Le business plan: une personne et son projet
Pour Sylvie, dans un business plan les chiffres sont la conséquence des hypothèses retenues pour le projet. Les chiffres parlent s’ils se rapportent à des mots, des hypothèses, une situation. Ils font sens pour peu qu’on ne se limite pas à la résolution d’une équation comptable emplois = Ressources.
Projeter de créer une entreprise, par l’engagement que cela implique, les risques et opportunités que cela comportent, nécessite de construire son projet avec méthode ; Se poser les bonnes questions, y apporter les réponses adéquates, recueillir les informations utiles et prendre des décisions cohérentes par rapport à soi et par rapport au projet.
Votre projet sera un succès s’il est en relation étroite avec ce que vous êtes, ce que vous voulez, et la réalité du marché.
Une part d’expertise, une part de coaching
Pour rappel, la différence entre coaching et conseil d’expert, c’est justement le conseil. Le coaching consiste à amener le client à trouver ses propres solutions, le conseil consiste à proposer des solutions issues de l’expertise. Le risque du conseil seul est l’enfermement dans des idées qui risquent d’ignorer la spécificité de la personne. L’association conseil/coaching permet de garantir un accompagnement qui prend en compte la personne et l’intègre dans tous les processus.
La part de coaching et la part d’expertise deviennent alors un tout cohérent, « un tout qui me caractérise et qui caractérise mon accompagnement et le programme tel que nous l’avons conçu », dit Sylvie, qui prendra en charge la totalité de l’accompagnement opérationnel. « Ce jonglage est partie intégrante de l’accompagnement. Dans les années 90, mon assistante avait été absente pendant plus de 3 mois. Comme elle n’a pas été remplacée, j’ai fonctionné de la manière suivante: chaque fois que je travaillais sur un sujet de la responsabilité de mon assistante je m’asseyais à son bureau et lorsque je reprenais ma mission de CG je m’asseyais à mon bureau. Cette organisation m’a permis de me positionner clairement tant pour moi-même que pour mes collègues et de continuer à proposer à nos clients internes la prestation qu’ils attendaient de notre service. J’ai gardé de cette expérience une grande facilité à passer d’un mode de fonctionnement à un autre. »
Accompagnement : la dynamique entrepreneuriale
La partie « compétence entrepreneuriale peut être prise en charge indifféremment par Sylvie ou par Sylvaine. En revanche, l’accompagnement opérationnel sera intégralement pris en charge par Sylvie.
Bonjour les filles,
Je profites de ce message pour féliciter Sylvie dans ses nouvelles fonctions. En tant que créateur d’entreprise et sensibiliser aux questions RH, je ne peux que confirmer votre approche. Je crois que tout créateur d’entreprise peut appliquer l’une de mes devises : Patience + Persévérance = Réussite.
A titre personnel et par expérience, j’ai moi-même mis en application votre démarche pour ma création d’entreprise en cours (la troisième fois). En conséquence, je recommande aux lecteurs créateurs d’entreprises de ce blog ce service que vous mettez en place.