Dynamique olympique et plaisir au travail (4): expérimentation et pratique

sans expérimentation et pratique, aucune chance d'augmenter le plaisir au travail!

 

La dernière étape de notre exploration d’une dynamique olympique au service du plaisir au travail, après le sens et la préparation mentale, c’est l’expérimentation et la pratique, qui fluidifient le geste et le rendent plus efficace. Ce geste, qu’il soit sportif ou professionnel, procure du plaisir lorsqu’on se l’est approprié, qu’on l’a mis à sa main et largement pratiqué;)

sans expérimentation et pratique, aucune chance d'augmenter le plaisir au travail!

Expérimentation et pratique: un entraînement olympique;)

En matière de plaisir au travail, la plupart d’entre nous n’a pas exactement bénéficié d’un entraîneur olympique et avons donc construit, vaille que vaille, des compétences émotionnelles, relationnelles, organisationnelles d’un niveau, disons, départemental à régional, mais le plus souvent insuffisantes pour les JO du boulot. Car disons-le, se bricoler une vie professionnelle réjouissante nécessite un job crafting de niveau international, tant la vie en entreprise est aux prises avec les tue-mouche du plaisir au travail (conflits, mauvaise ambiance, harcèlement, triangle relationnel etc)

Et cela demande de l’entrainement. Pas pour répéter un geste mécaniquement copié, mais pour se l’approprier, expérimenter avec lui jusqu’à l’affiner, le fluidifier, le personnaliser au point qu’il devienne simple et efficace… pour nous.

olypique-pratique

 

Expérimentation et personnalisation de la compétence

Expérimenter est au cœur de la performance mais aussi du plaisir d’un athlète. Il ne cherche pas à se contraindre à adopter un geste, un comportement, l’expression d’une compétence qui seraient considérés comme universels. Au contraire, il cherche encore et toujours à identifier les gestes, les siens propres, qui vont lui permettre de s’améliorer. Et il y a plus de plaisir à construire la performance en fonction de soi et de ses spécificités physiques et morales, qu’en fonction de recettes toutes faites établies par autrui.

Ainsi, vous avez sans doute remarqué des différences frappantes entre les athlètes:

 – Au départ d’un 100m dos, il n’y a pas deux nageurs avec la même position.
 – Il n’y a pas deux sauteurs en longueur qui ont la même technique.
 – A la course, certains aiment partir vite, d’autres sont plus à l’aise avec une accélération tardive.

Au delà de fondamentaux communs à tous, c’est la personnalisation du geste qui va faire la différence. Seule l’expérimentation peut permettre l’identification de la technique optimale pour chacun.

olympique-experimentation

Il en va de même au travail: au delà de fondamentaux qui tiennent essentiellement des bases assertives de la communication, il n’y a pas de comportement idéal, de compétence idéalement maîtrisée. Il n’y a pas non plus de plaisir normé, modélisé, à appliquer tel qu’il pourrait être décrit dans la référence supposée ultime qui s’intitulerait “Les 5 secrets du plaisir au travail enfin révélés”.

Il n’y a pas une seule manière d’être un manager, un ingénieur, un DAF heureux, un écrivain qui aime son travail, un commerçant qui se régale etc. Il y en a une par personne. Et sans expérimentation et mise en pratique, l’application de recettes, c’est un peu comme une course en montagne avec des chaussures qui ne sont pas à notre pied: ça fait mal et ça ne mène pas bien loin;).

Lorsque nous nous retrouvons face à des options possibles pour améliorer notre quotidien professionnel, elles sont parfois un peu trop présentées comme des solutions incontournables à appliquer selon un processus strict, qui laissent à penser qu’on tient là une stratégie imparable. Et lorsqu’elle ne fonctionne pas, le malheureux candidat au mieux-être se retrouve au mieux à conclure définitivement que c’est bien gentil mais que ça ne marche pas, au pire à penser qu’ils sont nuls, puisque même avec LA solution unique, miracle et merveilleuse, il n’y arrivent pas.

Je pense par exemple à la to-do-list présentée comme LA solution anti-procrastination alors que dans la plupart des cas, elle la renforce! Combien de procrastinateurs se sont entêtés en s’infligeant une pression terrible sans jamais voir l’ombre d’une amélioration.

Ce qui signifie que dans tous les domaines possibles de job crafting destiné à augmenter le plaisir au travail, les techniques possibles vont nécessiter appropriation et personnalisation, pour que le geste devienne fluide justement parce qu’il est cohérent avec nous-mêmes. Le tai-chi-zombie (discipline en passe d’olympisation^^) vous en dira plus:

les outils de développement personnel sont des pistes à s'approprier, pas des solutions miracle

 

Triplette opérationnelle de l’expérimentation

Nous avons déjà évoqué la triplette opérationnelle du coaching, et c’est bien d’elle qu’il s’agit ici, une fois l’objectif clarifié:

  1. L’évaluation : de la situation qu’on vise à améliorer autant que des talents, compétences, valeurs à disposition et sur lesquels s’appuyer
  2. Le choix d’une solution parmi toutes les options possibles
  3. La mise en pratique, sous forme d’une phase de test, une expérimentation.
Pendant et à l’issue de cette phase de test, il suffit de remettre en place une autre triplette:
  1. L’évaluation: se mettre à l’écoute de ce qui se passe tant au niveau physique qu’émotionnel afin d’entirer des enseignements.
  2. La décision de maintenir ou de modifier sa façon de faire que ce soit en termes de stratégie, d’environnement, de comportement, de gestion de l’émotion, de compétences ….
  3. La mise en action en conséquence, dans une nouvelle phase de test.

les triplettes opérationnelle et reltionnelle du coaching

Les évaluations des stratégies expérimentées pour regagner en plaisir au travail, quelle que soit leur nature, s’appuieront, comme pour un sportif, sur un mélange de ressenti et d’efficacité. Un geste efficace mais désagréable ne vaut pas mieux qu’un geste appréciable qui ne mène pas à grand-chose en termes de résultats. Ce sont bien entendu nos émotions qui vont nous éclairer sur la façon dont nous nous sentons dans ces phases de test:

Le rôle et l'utilité des émotions au travail

 

En finir avec l’échec

Dans l’expérimentation la notion d’échec n’existe pas, seule la leçon à tirer de l’expérience importe, quel que soit le résultat de celle-ci. C’est aussi ce qui permet à un athlète de ne pas ruminer une épreuve qui se passe mal, d’éviter la dévalorisation et l’excès de regrets, mais de passer rapidement aux leçons à en tirer pour renouveler ses stratégies, sans se dévaloriser. En d’autres termes, l’expérimentation participe d’un mental solide et le renforce.

Le job crafting de niveau olympique, c’est un peu le MOF (meilleur ouvrier de France) de son plaisir au travail: c’est une aptitude sans limite à pratique l’essai erreur jusqu’à obtenir toute la satisfaction que nous recherchons:

assurer un amour du métier solide et durable

 

La pratique pour peaufiner le geste

Un bon geste sportif ne s’apprend pas en 35 secondes, soit le temps de le décrire. Son acquisition et son appropriation nécessitent un entraînement quotidien et… de longue haleine. Voilà une platitude plate comme un bassin à aviron. Mais qui mérite d’être répétée, car si nous l’acceptons pour le sport, nous avons déjà plus de mal à l’intégrer dans nos vies professionnelles:

– Pour les compétences métier, la formation continue, pourtant indispensable, est souvent négligée, voire distillée sous des formes inappropriées (formations de 3 jours sans aucune mise en pratique dans le travail). Nous avons aussi parfois du mal à nous trouver légitimes en tant que débutant. N’oublions pas que même Usain Bolt a commencé par des épreuves locales.

 – Pour les compétences informelles ou intangibles, à savoir les compétences émotionnelles et relationnelles, qui sont d’autant plus négligées qu’elles sont peu prises en compte comme faisant partie intégrante de la performance professionnelle.

olympique-paufiner

Par ailleurs, les compétences informelles sont souvent considérées comme devant être de l’ordre du “normal”, de “l’automatique”, alors qu’elles ne sont ni innées, ni enseignées. Tout comme Usain Bolt ne courrait pas aussi vite s’il n’avait pas pratiqué pour peaufiner son geste, vous et moi avons besoin d’entraînement pour acquérir et développer des compétences relationnelles et émotionnelles efficaces.

Elles sont parfois longues à s’approprier et à personnaliser et exigent une pratique régulière pour devenir une compétence inconsciente, à défaut de quoi elles vont continuer à paraître aussi artificielles et peu aisées que son premier lancer de javelot.

L’expérimentation et la pratique, comme pour arriver aux JO, sont un chemin qui s’inscrit dans la durée, avec des hauts et des bas, des accomplissements, des écueils et des embourbements. Elles nécessitent donc du courage et de l’endurance, qui se travaillent comme un mental de champion. Mais comme vous avez déjà entamé cette démarche avec l’article Dynamique olympique: la préparation mentale, vous êtes déjà au courant^^

Je vous passe donc le témoin et à vous de jouer;)

 

 

A lire aussi: Un résultat positif en entraîne-t-il d’autres?

 

Aller plus loin

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