Changer son monde, changer le monde

changer son mode, changer le monde

 

L’après Charlie, quel peut-il être? Nous sommes nombreux à avoir la cafetière qui se met la rate au court-bouillon pour ne pas laisser retomber le soufflé, pour réfléchir à ce que nous pouvons faire pour vivre le monde en mieux, pendant que nos hommes politiques vont s’occuper de “prendre leurs responsabilités” en pondant du liberticide en veux-tu-en-voilà plutôt que de l’éducatif, du fraternel, de l’huile à mayonnaise de vivre ensemble. Peut-être que nous pouvons tous commencer par être un poil plus exemplaires des valeurs que nous aimons porter en bandoulière.

changer son mode, changer le monde

 

Malheureusement, nous avons le sentiment d’être impuissants face à l’extrémisme (TOUS les extrémismes) et que nos actes seront sans conséquence, une goutte de bonnes intention dans un océan inerte. Et nous avons sacrément tort.

Attendre des politiques qu’ils prennent les choses en main est évidemment légitime, même si on aimerait qu’ils s’y prennent autrement. Mais au niveau individuel, que pouvons-nous faire? La question me met ladite cafetière en ébullition depuis plusieurs jours et deux éléments de réponse pointent le bout de leur joli tarin à chaque fois que j’y pense:

  • Etre plus exemplaires de nos valeurs (que j’avais déjà un peu évoqué )
  • Apaiser nos rapports aux autres

Seulement voilà, ce carnage m’a laissé l’âme nouée et le verbe en rideau. Je n’ai pas de mots, j’ai le clavier aux abonnés absents. Et en cherchant un exemple de ce que je voulais exprimer, je suis tombée sur cette courte animation de RSAnimate, qui résume peu ou prou le premier point : changer notre monde, c’est changer le monde et cela passe justement par le fait de trouver les moyens d’exprimer nos valeurs profondes. Je vous fais une traduction personnelle de ce texte de Jody Willliams, prix Nobel de la paix 1997.

 

 

 

“Ce qui a nourri ma passion pour le changement, c’est l’indignation face à l’injustice.

Tout le monde peut être acteur du changement. Il suffit de découvrir ce qui vous exalte le plus – il peut s’agir de n’importe quoi. Une question qui vous passionne et qui, en y oeuvrant, vous permet de contribuer au bien commun, Y COMPRIS pour ceux que vous n’appréciez pas particulièrement, politiquement ou idéologiquement. Je crois que tout le monde devrait consacrer deux ou trois heures par mois au bénévolat.

Il me semble que beaucoup de gens croient que s’ils ne peuvent s’attaquer à tous les problèmes du monde et y trouver des solutions qui changeront tout en une nuit, ça ne sert à rien.

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce point de vue. Je crois que chacune de nos actions contribue au changement. Je crois au pouvoir que chacun d’entre nous a, pouvoir de décider de participer activement à la création du monde dans lequel nous voulons vivre, ou de décider de ne rien faire (ce qui est aussi un choix, même si nous prétendons le contraire).

Combien de gens disent “Oh moi, la politique, ça ne m’intéresse pas”. Pourtant, chacun de nos actes est politique, parce que les interactions entre être humains sont politiques. Je crois que nous devons nous sentir capables de faire ce choix. Et si nous choisissons d’être enthousiasmés par quelque chose et  de pourtant ne rien faire? C’est un choix. Le choix de ne rien faire. Et croyez-moi, d’autres se sentiront capables de faire le choix de l’action, de prendre la place et de les utiliser pour accomplir ce qu’ILS ont décidé.”

 

En d’autres termes, il ne suffit pas de revendiquer des valeurs, de les porter en drapeau de notre vertu une fois par siècle – de préférence après une tragédie – encore faut-il en faire concrètement quelque chose. Chaque fois que nous n’agissons pas pour être exemplaires et promoteurs bienveillants de nos valeurs, d’autres le font à notre place, parfois malgré nous, avec des valeurs parfois opposées, parfois discutables, parfois ignobles. Et eux, puisqu’ils agissent, façonnent le monde.

Soyons donc l’incarnation, les chevaliers pas si masqués de nos valeurs, dans chacun de nos actes et œuvrons dans le sens du bien commun (une valeur qui s’exprime au détriment de l’autre est une prise de pouvoir, une violence), du vivre ensemble, pour un monde plus beau, plus drôle, plus accueillant, plus nourrissant. Ne cherchons ni à les imposer, ni à les exiger d’autrui, mais à montrer simplement ce qu’elles signifient à nos yeux, à agir en harmonie avec elles. Alors nous aurons une influence positive sur notre petit monde et de goutte d’eau en effet papillon, nous changerons le monde.

Quelles sont les valeurs qui vous animent?

Quelles sont les valeurs que vous aimeriez voir fleurir dans le monde?

A quelles actions concrètes correspondent-elles? Ou bien quelles actions concrètes, quels comportements en sont des exemples manifestes?

Comment les exprimer davantage, les incarner?

Jody Williams parle de bénévolat, ce qui me paraît limitatif. C’est tout notre mode de vie qui peut respirer nos valeurs. Sur le plan professionnel, cela passe par nos choix de carrière, d’entreprises porteuses de sens, par les partis que nous prenons, par l’expression de nos idées et de nos opinions. Cela passe aussi par des comportements et des façons d’être en relation sans peur et sans reproche, nous y reviendrons. Quand j’aurais retrouvé un peu de verbe:)

Et vous, quelles actions individuelles voyez-vous pour créer le monde après Charlie?

 

 

 

Un clin d’oeil à Céline, Vincent, François, Titou et Pepita, Laurent avec qui on a évoqué l’ #aprèsCharlie et qui m’ont inspirée et poussée à réfléchir:)

 

 

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