Sylvaine Pascual - Publié dans: Bien-être et estime
de soi
Entre la culture de la peur et le développement des technologies nous avons de moins en moins l'occasion de parler avec des inconnus: nous demandons de moins en moins notre chemin, l'heure
etc. Et c'est sans doute dommage, car ces mini échanges à priori anodins participent à la satisfaction de nos besoins affectifs.

Hier, je m'arrête un moment dans le café où j'écris une bonne partie de mes articles. Tous les dimanches, j'y croise un couple
de personne âgées, tous mignons, tous coquets. Nous échangeons chaque dimanche un sourire poli. Ce matin, je décide d'aller un pouillème plus loin et nous discuttons un moment. Ils sont
charmants!
L'autre jour, c'est à l'arrêt de bus que j'engage la conversation avec le jeune femme qui attend. Expert comptable en pleine réflexion sur son évolution professionnelle, nous échangeons quelques
mots sur son absence d'envie d'ouvrir son propre cabinet.
L'autre jour encore, au Starbucks de la Défense où j'attends un client, je discute netbooks avec mon jeune voisin de table.
Perte de temps ou instants précieux?
Evidemment, à une époque où chaque minute de nos journées d'enfer se doit d'être rentabilisée, discuter deux ou trois minutes avec de parfaits étrangers, sons objectif autre que d'échanger un
instant, peut facilement considéré comme une vraie perte de temps.
Or, ces petites parenthèses sans grande importance, pour peu qu'on prenne le temps de s'y laisser aller un moment, sont des nourritures affectives au même titre qu'une conversation avec une
personne proche, simplement en petite quantité à chaque fois.
Ce sont aussi des nourritures à estime de soi: nous y laissons des petites traces de nous-mêmes qui sont comme autant de cailloux repères sur le chemin de la connaissance de nous: entre notre façon
d'entrer en relation, ce que nous avons envie de partager, ce que nous cachons, l'image que nous voulons donner de nous-mêmes.
Et puis ça rend l'attente du bus vachement plus fun.
Nourritures affectives
Ces échanges participent à la satisfaction de nos besoins d'interaction,
d'intégration et de
reconnaissance. L'espace d'un instant, nous appartenons à la même sphère, si petite soit-elle, nous créons un groupe qui nous appartient
et dans lequel nous nous reconnaissons mutuellement.
Bref, ce sont des nourritures, qui sont aux besoins affectifs de que le cookie aux pépites de chocolat de 10h ou les cacahuètes de l'apéro sont aux besoins alimentaires: un petit plaisir savoureux
qui comble un petit creux ou ouvre l'appétit.
Car en discutant avec des inconnus, nous ouvrons aussi la porte à la possibilité que le lien se développe au delà de ce bref échange et débouche sur une relation, quelle qu'en soit la nature.
Moi qui ait tendance à être très facilement absorbée dans mes pensées, je me suis fixée cet objectif d'inclure davantage l'environnement dans lequel je me trouve en engageant la conversation avec
de parfaits inconnus. C'est une ressource incroyable de micro moments de sourires, de partage purement gratuit puisque dans quelques secondes, cet inconnu(e) va retourner dans les rangs fournis des
anonymes.
Et vous, vous arrive-t-il de converser avec des inconnus?
Qu'en retirez-vous?
Quelques astuces pour tirer le maximum d'une conversation engagée avec un(e) inconnu(e)
- Ne pas attendre quelque chose de la conversation, y rentrer avec une simple curiosité pour la personne.
Considérer les autres comme potentiellement passionnants, sources d'aprentissage, dignes d'intérêt.
- Engager la conversation avec toutes sortes de personnes, et pas seulement la jolie blonde/le beau mec qui ferait un chouette partenaire à siestes crapuleuses - ceci n'est pas un guide de
drague pour wanabee séducteur version j'emballe-donc-je-suis, il s'agit de nourritures affectives. Le + si affinités est une possibilité, pas l'objectif.
- Le bus qui n'arrive pas, le temps qu'il fait, un objet que possède la personne, une caractéristique, il y a des dizaines d'éléments parfois très anodin qui peuvent être utilisés pour entrer
en conversation. Choisissez-en un sur lequel vous pourrez rebondir. J'ai abordé mon voisin de table au Starbucks en lui demandant comment il avait choisi son netbook.
- Nous adorons parler de nous! Profitez-en, posez des questions, tout en évitant les questions impliquantes qui poussent à se dévoiler d'une façon potentiellement gênante, plutôt
inappropriées dans ces circonstances.
Voir aussi:
u besoin de reconnaissance
Besoins affectifs: bien-être et dépendances
Répondre à son besoin d'appartenance sociale
10 trucs pour engager la conversation dans une soirée
Les dossiers d'Ithaque: Développer ses talents et ressources
Les dossiers d'Ithaque: Bien-être et estime de soi
Les dossiers d'Ithaque: Le plein de vitamines mentales
Coaching relationnel
Ateliers individuels de développement personnel